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Jour 262 ☼ — La prière peut arrêter les guerres

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Résumé : Dans cet épisode consacré au chapitre 20 du deuxième livre des Chroniques — un passage absent du livre des Rois — le frère Paul-Adrien lit le récit de la coalition de Moab, d'Ammon et de Séïr montant contre Josaphat, du jeûne national proclamé par le roi, de la prière au Temple, de l'oracle du lévite Yahaziel et de la victoire obtenue sans combattre, au son de la louange. Le commentaire fait un détour par l'Inde et le jeûne du Mahatma Gandhi en janvier 1948, qui arrêta l'escalade de guerre civile entre hindous et musulmans. Le frère en tire une conviction : les miracles existent, et la prière des saints est réellement capable d'arrêter des guerres — raison même de vouloir devenir saint.

Introduction

Notre secours est dans le nom du Seigneur qui a fait le ciel et la terre.

Nous sommes toujours avec Josaphat et aujourd'hui, pour le coup, c'est un épisode qu'il n'y a pas dans le livre des Rois. Un peu de nouveauté : Josaphat qui refait alliance avec Dieu en réunissant le peuple, en refaisant alliance avec le peuple.

Petite parenthèse, toujours dans mon rapport avec le pape : c'est exactement le boulot du pape qu'il est en train de faire. Le pape, c'est celui qui veille à la communion dans la charité. Et là, vous avez un roi qui rassemble son peuple pour faire qahal, assemblée — en grec ecclesia, église. Fin de la parenthèse.

L'épisode d'aujourd'hui servira de contrepoint final. Vous vous souvenez que Josaphat avait fait alliance avec Achab et qu'on lui avait reproché ça ? Aujourd'hui, il essaye de se racheter.

Lecture : 2 Chroniques 20

À quelque temps de là, les fils de Moab et les fils d'Ammon, et avec eux des Méounites, vinrent faire la guerre à Josaphat. On vint en informer Josaphat : « Une grande multitude s'avance contre toi, venant d'au-delà de la mer, du pays d'Édom, et elle est déjà à Haçaçone-Tamar, c'est-à-dire Engaddi. »

Josaphat prit peur et décida de consulter le Seigneur. Puis il proclama un jeûne pour tout Juda. Et les gens de Juda se rassemblèrent pour chercher secours auprès du Seigneur. C'est de toutes les villes de Juda que l'on vint chercher le Seigneur.

Alors Josaphat se tint debout au milieu de l'assemblée de Juda, à Jérusalem, dans la maison du Seigneur, devant le Nouveau Parvis. Il dit : « Seigneur, Dieu de nos pères, n'es-tu pas le Dieu qui est au ciel ? N'est-ce pas toi qui domines sur tous les royaumes des nations ? Dans ta main, force et puissance : nul ne peut tenir devant toi. N'est-ce pas toi, ô notre Dieu, qui, face à ton peuple Israël, a dépossédé les habitants de ce pays et l'a donné pour toujours à la descendance d'Abraham, ton ami ? Là, ils se sont établis et ils ont construit un sanctuaire pour ton nom. Ils disaient : "Si un malheur tombe sur nous, épée, châtiment, peste ou famine, nous nous tiendrons devant cette maison et devant toi, puisque ton nom est dans cette maison. Nous crierons vers toi du fond de notre détresse. Toi, tu entendras et tu sauveras."

Maintenant, voici les fils d'Ammon, de Moab et de la montagne de Séïr, chez qui tu n'as pas laissé entrer les fils d'Israël lorsqu'ils venaient du pays d'Égypte. Ils se sont écartés d'eux sans les anéantir. Les voici qui nous récompensent en venant nous chasser de ton héritage, dont tu nous as faits héritiers. Ô notre Dieu, ne rendras-tu pas contre eux un jugement ? Car nous sommes sans force en face de cette foule immense qui marche contre nous. Nous ne savons que faire, mais nos yeux se tournent vers toi. »

Tous les gens de Juda se tenaient debout devant le Seigneur, et même leurs petits enfants, leurs femmes et leurs fils.

Il y avait là Yahaziel, fils de Zacharie, fils de Benaya, fils de Yéiel, fils de Mattania. Il était lévite, du groupe des fils d'Asaph. Et l'esprit du Seigneur fut sur lui. Au milieu de l'assemblée, Yahaziel s'écria : « Soyez attentifs, vous tous de Juda et habitants de Jérusalem, et toi, roi Josaphat. Ainsi parle le Seigneur : ne craignez pas, ne vous effrayez pas devant cette foule immense, car ce combat n'est pas le vôtre, mais celui de Dieu. Demain, descendez vers eux. Voici qu'ils arrivent par la montée de Ciç. Vous les trouverez à l'extrémité du ravin, près du désert de Yerouël. Mais là, vous n'aurez pas à combattre. Restez sur place et prenez position. Vous verrez comment le Seigneur va vous sauver. Juda et Jérusalem, ne craignez pas, ne vous effrayez pas. Demain, sortez à leur rencontre : le Seigneur sera avec vous. »

Josaphat se mit à genoux, face contre terre. Tous les gens de Juda et les habitants de Jérusalem tombèrent devant la face du Seigneur. Ils se prosternèrent devant lui. Les lévites, appartenant aux fils des Qehatites et aux fils des Coréites, se levèrent pour louer à pleine voix le Seigneur, Dieu d'Israël.

De grand matin, ils se levèrent et partirent pour le désert de Teqoa. À leur départ, Josaphat, debout, s'écria : « Écoutez-moi, gens de Juda et habitants de Jérusalem. Ayez confiance dans le Seigneur votre Dieu, et vous tiendrez. Ayez confiance en ses prophètes, et vous réussirez. »

Après avoir pris conseil du peuple, il mit en place des hommes qui chantaient le Seigneur et louaient la splendeur de sa sainteté. Précédant la troupe, ils disaient : « Rendez grâce au Seigneur, éternel est son amour. »

Au moment où ils entonnaient l'acclamation et la louange, le Seigneur tendit une embuscade aux fils d'Ammon, de Moab et de la montagne de Séïr qui marchaient contre Juda. Ceux-ci furent battus. Les fils d'Ammon et de Moab se dressèrent contre les habitants de la montagne de Séïr pour les vouer à l'anathème et les anéantir. Puis, lorsqu'ils en eurent fini avec les habitants de Séïr, ils s'entraînèrent les uns les autres à se détruire.

Les gens de Juda parvinrent au promontoire d'où l'on a vue sur le désert, et ils se tournèrent vers la foule. Ils n'étaient plus que cadavres, gisants à terre, et pas un survivant.

Josaphat vint avec son peuple piller leur butin. Ils trouvèrent du bétail en quantité, des biens, des vêtements et des objets précieux. Ils en ramassèrent plus qu'ils n'en pouvaient porter. Il leur fallut trois jours pour piller le butin, car il était considérable.

Le quatrième jour, ils se rassemblèrent dans la vallée de la Bénédiction. Là, en effet, ils bénirent le Seigneur. Voilà pourquoi on a donné à ce lieu le nom de « vallée de la Bénédiction » jusqu'à ce jour.

Tous les hommes de Juda et de Jérusalem, Josaphat à leur tête, se mirent en marche pour retourner à Jérusalem dans la joie, car le Seigneur les avait réjouis au détriment de leurs ennemis. Ils entrèrent à Jérusalem au son des harpes, des cithares et des trompettes, jusqu'à la maison du Seigneur. La terreur de Dieu s'empara de tous les royaumes des pays environnants, lorsqu'ils apprirent que le Seigneur avait combattu contre les ennemis d'Israël. Alors le règne de Josaphat fut calme. Son Dieu lui donna le repos de tous côtés.

Josaphat régna sur Juda. Il avait trente-cinq ans lorsqu'il devint roi, et il régna vingt-cinq ans à Jérusalem. Le nom de sa mère était Azouba, et elle était fille de Chilhi. Il marcha dans le chemin de son père Asa. Il ne s'en détourna pas, faisant ce qui est droit aux yeux du Seigneur. Toutefois, les lieux sacrés ne disparurent pas, et le peuple n'attachait toujours pas son cœur au Dieu de ses pères.

Le reste des actions de Josaphat, des premières aux dernières, cela est écrit dans les annales de Jéhu, fils de Hanani, qui ont été reportées dans le livre des rois d'Israël.

Après cela, Josaphat, roi de Juda, s'associa avec le roi d'Israël, Ocozias, dont la conduite était mauvaise. Il s'associa avec lui pour aller construire des navires, pour aller à Tarsis. Ils construisirent les navires à Esiôn-Guéber. Mais Éliézer, fils de Dodavahou, de Marécha, prophétisa contre Josaphat en disant : « Parce que tu t'es associé à Ocozias, le Seigneur a fait une brèche dans tes œuvres. » Les navires se brisèrent et ne purent aller à Tarsis.

Commentaire

Aujourd'hui, je vous propose un détour du côté de l'Inde pour faire revivre le texte que vous venez d'entendre. Parce que ce à quoi ça me fait penser, c'est au Mahatma Gandhi. Parce que Gandhi a théorisé la non-violence, il a utilisé le jeûne comme une arme spirituelle et même comme une arme politique. D'abord pour résister à l'injustice britannique. Mais il y a un épisode extrêmement célèbre lors de la guerre civile 1947-1948 entre l'Inde et le Pakistan.

Avec l'indépendance, le Pakistan et l'Inde ont pris leur indépendance sur fond de tensions religieuses entre les hindous et les musulmans. Résultat : déplacements massifs de population, massacres réciproques, émeutes communautaires. Et puis à Calcutta et à Delhi, la tension devient extrême et complètement explosive. Les maisons sont brûlées, il y a des lynchages, il y a des viols collectifs, il y a des villages entièrement massacrés.

Gandhi a soixante-dix-sept ans, il est horrifié par ce qu'il voit, et il déclare le 12 janvier 1948 commencer un jeûne total jusqu'à la mort. Jusqu'à ce que cessent les tueries. Alors au début, tout le monde se moque de lui. Il y en a même qui disent : « Très bien, le Mahatma est âgé, il n'a qu'à mourir. » Sauf que Gandhi continue, et finalement, au bout de six jours, il a retourné complètement la population. Il faut imaginer des villes indiennes bondées de population, au bout de six jours, passer des émeutes de sang pour finalement faire des manifestations dans la rue, avec des milliers de personnes, pour renoncer à la violence et demander à Gandhi d'arrêter son jeûne.

Au total, Mahatma Gandhi n'aura pas réussi à arrêter la guerre entre l'Inde et le Pakistan, qui avait déjà lieu au Cachemire, mais à l'intérieur de l'Inde, son jeûne réussit à bloquer une escalade de guerre civile qui aurait pu faire des millions de morts.

Bon, eh bien ça, ça n'a l'air de rien, mais c'est l'épisode que vous venez d'entendre. Avec Josaphat, vous aviez une menace militaire écrasante, des coalitions de Moab, d'Ammon, d'Édom. Ici, vous aviez une guerre civile massive. Vous avez Josaphat qui proclame un jeûne national et tout le peuple qui prie dans le Temple. Et d'une certaine manière, c'est ce qui permet à Josaphat de gagner par la non-violence, parce que c'est Dieu qui prend le relais pour eux et qui fait un miracle qui les délivre. Ils n'ont même pas besoin de partir à la guerre.

Ce que je veux dire par là, c'est que vous vivez dans un monde où les miracles, ça existe. Et parce que les miracles existent, ça justifie le fait qu'il y ait des hommes qui se lèvent et qui y croient. Vous vivez dans un monde où des Josaphat, ça existe ; où des Mahatma Gandhi, qui sont capables, en jeûnant, d'arrêter des guerres entières, ça existe. J'aurais pu citer encore François d'Assise qui, au moment des croisades, va voir le sultan pour aller lui parler directement et de manière non-violente.

Les saints, c'est ça. C'est des personnes qui ont une telle puissance, une telle autorité morale, que leur prière est capable d'arrêter des guerres. Mais vraiment.

Et vous voyez, là, au moment où j'enregistre, on parle de la Palestine, de Gaza, de l'Iran, d'Israël. Vous auriez un Gandhi… Vous auriez un François d'Assise… Vous auriez un Josaphat… C'est peut-être naïf de ma part. Mais en tout cas, je veux y croire. Peut-être que la guerre se serait arrêtée.

C'est pour ça qu'on veut devenir saint. Ce n'est pas pour nous. C'est pour que le monde aille mieux. Moi, j'y crois. C'est pour ça que je veux devenir saint. C'est pour ça que je lis la Bible. C'est pour ça que je fais ce podcast. Et vous, avec moi. Moi, je n'arriverai peut-être pas à devenir saint. Mais ce n'est pas une raison pour qu'on m'empêche d'y croire.

Proverbes 20,21-25

Une fortune acquise en toute hâte finira par te porter malheur.

Ne dis pas : « Je rendrai le mal qu'on m'a fait. » Compte sur le Seigneur : il te sauvera.

Tricher sur le poids, le Seigneur en a horreur : rien de bon dans une balance truquée.

C'est le Seigneur qui dirige les pas de l'homme. Un mortel, comment saurait-il où il va ?

Voici un piège : dire à la légère « c'est sacré », et n'y réfléchir qu'après s'être engagé.


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