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Jour 263 ☼ — Quand le roi perd la foi

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Résumé : Après le bon roi Josaphat, le frère Paul-Adrien lit les chapitres 21 et 22 du deuxième livre des Chroniques : Joram qui massacre ses frères, épouse une fille d'Acab et meurt d'un pourrissement intérieur, puis Ocosias, conseillé par sa mère Athalie, tué par Jéhou, et enfin Athalie qui extermine la descendance royale tandis que le petit Joas est caché au Temple. Le commentaire reprend le « jeu des sept différences » avec le livre des Rois — point de vue du Sud, cruauté de Joram, lettre d'Élie, rôle accru d'Athalie — puis file le parallèle avec les papes : on a eu de très mauvais papes, jamais un pape qui apostasie. Toute la différence tient à la prière du Christ pour Pierre ; Joram et Ocosias, eux, sont venus trop tôt. L'épisode s'achève sur cinq proverbes du chapitre 20.

Introduction

Notre secours est dans le nom du Seigneur qui a fait le ciel et la terre.

Il y avait un bon roi, Josaphat, mais évidemment, les choses ne sauraient continuer comme ça. Nous arrivons maintenant avec les deux autres rois qui suivent, Joram et Ocosias. On en avait déjà parlé longuement dans le livre des Rois. C'était le moment où le royaume de Juda était sous complète domination des Omrides, la dynastie du Nord, avec Acab et Jézabel qui étendaient leur influence sur le Sud.

Joram est sous coupe réglée. Le prochain roi de Jérusalem se verra affublé d'un prénom israélite du Nord, Ocosias, et cette cour israélite au Nord enverra même une princesse royale, Athalie, dans le Sud, dans la cour de Juda, pour vérifier que tout ce beau monde obéit bien aux Omrides.

Dans le livre des Rois, vous aviez le point de vue du Nord sur ces événements. Là, vous êtes dans le livre des Chroniques. C'est le point de vue du Sud qui sera donné. On continue notre jeu des sept différences, pour ceux qui ont bonne mémoire.

Lecture : 2 Chroniques 21-22

Josaphat reposa avec ses pères. Il fut enseveli avec eux dans la cité de David. Son fils Joram régna à sa place.

Celui-ci avait des frères, fils de Josaphat : Azarias, Yéhiel, Zacharie, Azariahou, Mikaël et Shefatias. Tous ceux-là étaient fils de Josaphat, roi d'Israël. Leur père leur avait donné de nombreux cadeaux en argent, en or et en objets précieux, ainsi que des villes fortes en Juda. Mais la royauté, il l'avait donnée à Joram, parce qu'il était l'aîné.

Joram s'établit à la tête du royaume de son père et s'y affermit. Alors il tua par l'épée tous ses frères et quelques princes d'Israël.

Joram avait trente-deux ans lorsqu'il devint roi. Il régna huit ans à Jérusalem. Il marcha dans les chemins des rois d'Israël, comme avait fait la maison d'Acab, car il avait pour femme une fille d'Acab. Et il fit ce qui est mal aux yeux du Seigneur. Mais le Seigneur ne voulut pas détruire la maison de David, à cause de l'alliance qu'il avait conclue avec David et parce qu'il avait promis de lui donner, à lui et à ses fils, une lampe pour toujours.

Du temps de Joram, le pays d'Édom se réunit. Il se révolta contre la domination de Juda et se donna un roi. Joram passa la frontière avec ses officiers et tous ses chars. S'étant levé de nuit, il battit les Édomites qui l'encerclaient, lui et les commandants de chars. Édom fut en révolte contre la domination de Juda jusqu'à ce jour. Alors, en ce temps-là, la ville de Libna se révolta contre sa domination.

Joram, en effet, avait abandonné le Seigneur, Dieu de ses pères. Il fit même des lieux sacrés dans les montagnes de Juda. Il poussa les habitants de Jérusalem à se prostituer et dévoya les gens de Juda.

Une lettre du prophète Élie lui parvint, qui disait : « Ainsi parle le Seigneur, le Dieu de ton père David. Tu n'as pas marché dans les chemins de Josaphat ton père, ni dans les chemins d'Aza, roi de Juda, mais tu as marché dans le chemin des rois d'Israël. Tu as poussé à la prostitution les gens de Juda et les habitants de Jérusalem, comme l'avait fait la maison d'Acab. Tu as même tué tes frères, la maison de ton père, et ils étaient meilleurs que toi. C'est pourquoi le Seigneur va frapper d'un grand fléau ton peuple, tes fils, tes femmes et tout ce qui t'appartient. Toi, tu seras frappé de nombreuses maladies, d'un mal d'entrailles tel que, par l'effet de ce mal, tu te videras jour après jour de tes entrailles. »

Le Seigneur excita contre Joram l'esprit des Philistins et des Arabes voisins des Éthiopiens. Ils montèrent contre le pays de Juda et l'envahirent. Ils s'emparèrent de toutes les richesses qui se trouvaient dans la maison du roi, ainsi que de ses fils et de ses femmes. Il ne lui resta plus qu'un fils, Ocosias.

Le Seigneur le frappa aux entrailles d'un mal incurable. De jour en jour, par l'effet de son mal, il se vidait de ses entrailles, jusqu'à la fin de la deuxième année, et il mourut dans de cruelles souffrances. Le peuple ne fit pas pour lui de brasier, comme on l'avait fait pour ses pères. Joram avait trente-deux ans lorsqu'il devint roi et il régna huit ans à Jérusalem. Il partit sans laisser de regrets. On l'ensevelit dans la cité de David, mais non pas dans les tombeaux des rois.

Les habitants de Jérusalem firent roi, à la place de Joram, Ocosias, son plus jeune fils, car la troupe qui avait investi le camp avec les Arabes avait mis à mort tous les aînés. Ainsi devint roi Ocosias, fils de Joram, roi de Juda.

Il avait quarante-deux ans lorsqu'il devint roi et il régna un an à Jérusalem. Sa mère s'appelait Athalie, fille d'Omri. Lui aussi marcha dans les chemins de la maison d'Acab, car sa mère lui donnait de mauvais conseils. Il fit ce qui est mal aux yeux du Seigneur, comme les gens de la maison d'Acab, car, après la mort de son père, ils furent ses conseillers pour son malheur.

C'est même sur leur conseil qu'il partit avec Joram, fils d'Acab, roi d'Israël, pour combattre à Ramoth-de-Galaad Hazaël, roi d'Aram. Mais les Araméens blessèrent Joram. Il revint à Izréel se faire soigner des blessures qu'il avait reçues dans le combat contre Hazaël, roi d'Aram. Ocosias, fils de Joram, roi de Juda, descendit à Izréel pour voir Joram, fils d'Acab, parce qu'il était blessé.

De cette visite à Joram, Dieu fit la perte d'Ocosias. À son arrivée, celui-ci sortit avec Joram à la rencontre de Jéhou, fils de Nimshi, à qui le Seigneur avait donné l'onction pour supprimer la maison d'Acab. Alors que Jéhou faisait justice de la maison d'Acab, il trouva les princes de Juda et les neveux d'Ocosias qui étaient à son service, et il les tua. Puis il chercha Ocosias. On se saisit d'Ocosias dans Samarie, où il se cachait. On l'amena à Jéhou et on le mit à mort. On l'ensevelit, car on disait : « Il est le fils de Josaphat, et celui-ci a cherché le Seigneur de tout son cœur. » De la maison d'Ocosias, il n'y eut plus personne en mesure de régner.

Lorsqu'Athalie, mère d'Ocosias, apprit que son fils était mort, elle entreprit de faire périr toute la descendance royale dans la maison de Juda. Mais Josabeth, fille du roi Joram, prit Joas, fils d'Ocosias, pour le soustraire au massacre. Elle le cacha, lui et sa nourrice, dans une chambre de la maison du Seigneur. Fille du roi Joram et femme du prêtre Joad, elle était en effet la sœur d'Ocosias ; elle le dissimula ainsi au regard d'Athalie, qui ne put le mettre à mort. Joas demeura avec Josabeth pendant six ans, caché dans la maison de Dieu, tandis qu'Athalie régnait sur le pays.

Commentaire

On reprend notre jeu des sept différences. D'abord, le livre des Rois était centré sur Israël, alors que là on est centré sur Juda. Ce qui permet d'ailleurs d'avoir des détails en plus. Par exemple, le fait que Josabeth soit la sœur d'Ocosias. Et que Joram ait tué tous ses frères, ce qui insiste sur sa cruauté : on ne l'avait pas dans le livre des Rois. Est-ce qu'on est content de l'apprendre ? Je ne sais pas.

On a aussi cette lettre d'Élie qui arrive de nulle part, qui est assez curieuse. On pourrait même se demander si jamais elle est vraie. Ça ressemble vaguement à un certain artifice pour essayer de faire un lien entre Élie et le royaume de Juda. Élie est tellement important qu'on aimerait bien qu'il soit aussi intervenu en Juda, même si jamais c'était pour y faire le ménage.

Dans les différences aussi, on avait la mort de Joram par un pourrissement intérieur qui puait tellement qu'on n'osait plus s'approcher de lui. Oh, le pauvre ! On avait presque mal pour lui. Ce faisant, il inaugure une tradition biblique : il est le premier de ces tyrans qui mourront d'un pourrissement intérieur. Il y aura après lui Antiochus et Hérode Antipas. Parfaitement. Tout le reste, à quelques petits détails près — par exemple le rôle d'Athalie est ici plus développé, normal, on est dans le Sud.

Et les enfants, moi je continue mon parallèle avec les papes, parce que c'est ça la nouveauté du livre des Chroniques : c'est le déplacement de la fonction royale, et en même temps ça jette un autre regard sur ce que c'est qu'être pape, et ça rapproche ces événements bibliques aussi de nous. Du coup, révisons notre histoire. Est-ce que Joram vous a fait penser à un pape en particulier ? C'est important, les enfants, de connaître son histoire, de connaître les papes.

Et c'est là d'ailleurs où ça devient intéressant, parce que j'ai cherché pendant vingt minutes un parallèle avec un pape et je n'en ai pas trouvé. Et en réfléchissant là-dessus, je me suis dit que c'était très intéressant, parce qu'en fait, qu'est-ce qui s'est passé ? Joram, il avait apostasié la foi. Il était parti du côté de la foi israélite au Nord, qui était sous domination et sous influence des cultes cananéens.

Il n'y a pas de pape qui apostasie. On a eu des mauvais papes. On a eu des très mauvais papes. On a même eu ce qu'on appelle la pornocratie. On ne va pas rentrer dans les détails, mais on n'a pas toujours de quoi se réjouir ou d'être fier des papes. Mais des papes qui ont perdu la foi, ou qui aient dit des hérésies, il n'y en a pas.

Et en fait, ce que je viens de vous dire là, ça permet de vraiment comprendre ce que vous avez écouté. Imaginez, nous, un pape qui perd la foi. Mais vous imaginez le scandale, la détresse de tous les catholiques, de tout le milliard ! Mais on se dit : c'est la fin de l'Église. C'est inenvisageable. On n'arrive même pas à comprendre le concept. C'est exactement la manière dont les prophètes ont réagi quand ils ont vu que les rois de Juda perdaient la foi. Pour eux, c'était un tsunami. C'était incompréhensible.

Et ça vous montre la détresse de ce peuple qui se retrouve sans chef, sans pasteur. Nous, on lit ces textes et on pense surtout aux rois. On a l'impression de lire des chroniques royales — d'ailleurs, c'est ça. Mais il ne faut pas oublier le peuple atterré qui devait voir ça. Ou alors, au contraire, le peuple qui tout d'un coup se retrouve en open bar et qui se rue dans l'idolâtrie et l'athéisme. C'est incompréhensible. Et nous, comme on lit ça, on se dit : il y en a eu des bons, il y en a eu des mauvais. Mais non ! Mettez-vous dans la tête, dans la peau d'un juif, d'un israélite, et ça vous montre ce qu'il peut y avoir de traumatisant, pour un juif, à lire ces histoires.

Alors maintenant, nous, on n'a pas de pape qui ait professé d'hérésie ou qui ait perdu la foi. On se dit : on a de la chance, et eux n'ont pas eu de chance. Non, non, non, ce n'est pas ça qu'il faut dire. Parce que vous croyez quoi ? Vous croyez que les papes étaient de meilleurs hommes ? Regardez les Borgia, je vous ai parlé de la pornocratie — littéralement, ça veut dire le pouvoir par la débauche. Les papes n'étaient pas toujours de meilleurs hommes, et Joram et Ocosias n'étaient pas pires que beaucoup de personnes.

Alors, c'est quoi la différence ? La différence, c'est que le Christ n'était pas encore venu. Le drame de Joram et d'Ocosias, c'est que l'alliance qu'ils avaient était fondée par un homme — Moïse, David — qui avait ses propres fautes, et ce n'était pas fondé sur le Christ. C'est ça, la différence. La papauté est fondée sur la prière du Christ. C'est ce que dit Jésus dans l'Évangile : « J'ai prié pour toi, Pierre, afin que le diable ne te réclame pas. J'ai prié pour que, quand ta foi sera affermie et qu'elle ne défaillira pas, tu puisses réconforter tes frères. » Luc 22, 31-32.

Et il est là, le fondement de l'infaillibilité pontificale. Il n'est pas ailleurs. C'est cette prière-là qui fait toute la différence. Parce que maintenant que Jésus est mort, et qu'il est ressuscité, et qu'il est au ciel, il continue de veiller sur Pierre et ses successeurs. Il continue de prier. C'est ça, l'unique différence entre les rois d'Israël et les papes.

Alors, j'en reviens aux rois d'Israël. Ça veut dire quoi ? Ça veut dire qu'ils sont venus trop tôt. Ils n'ont pas eu de chance. La Révélation n'était pas encore achevée. Donc ne les jugeons pas, et plutôt, pleurons-les, en se disant qu'à leur place, on n'aurait pas fait mieux.

Proverbes 20,26-30

Le roi sage disperse au vent les méchants, il fait traîner sur eux la roue du battage.

C'est une lampe divine que l'esprit de l'homme, il explore les tréfonds de son être.

Tiens, celui-là, on dirait du Freud. Étonnant, non ?

Fidélité, loyauté forment la garde du roi, la fidélité affermira son trône.

Celui-là est très beau. On dirait du Aristote — je vous dirai pourquoi.

La beauté de la jeunesse, c'est sa vigueur, la parure des anciens, leurs cheveux blancs.

Je dis qu'on dirait du Aristote, parce qu'Aristote dit que le fruit de la vertu, c'est le plaisir et la joie, de la même manière que le fruit de la jeunesse, c'est la beauté.

Un dernier proverbe :

Faire saigner la plaie prévient l'infection, ainsi, les coups guérissent en profondeur.


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