Jour 267 ☼ — Deux rois, deux visions d'Israël
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Résumé : Dans cet épisode consacré aux chapitres 27 et 28 du deuxième livre des Chroniques, le frère Paul-Adrien lit coup sur coup deux règnes : celui de Yotam, bref et droit, et celui d'Acaz, apostat, qui sacrifie ses fils par le feu et ferme la maison du Seigneur. Le commentaire relève d'abord l'ascendance sacerdotale de la mère de Yotam, fille de Sadoc, confirmation de la mainmise tentée par Ozias sur le contre-pouvoir sacerdotal. Puis il souligne le passage inédit du prophète Oded : un royaume du Nord qui écoute les prophètes, prend pitié et soigne ses frères de Juda, seul endroit où survit l'idéal des douze tribus — alors même qu'il va bientôt disparaître. Ce chapitre, dit le frère, est un requiem qui annonce le chant final du livre des Chroniques. L'épisode se termine par les Proverbes 21, 16-20.
Introduction
Notre secours est dans le nom du Seigneur, qui a fait le ciel et la terre.
Aujourd'hui, deux pour le prix d'un, deux rois. D'abord le roi Yotam et ensuite le roi Acaz.
Le roi Yotam, ce sera vite fait, un tout petit chapitre. Vous notez simplement, on vous dira au début, que sa mère s'appelait Yerousha, fille de Sadoc. Sadoc, c'est le grand prêtre. Donc si jamais sa mère est fille de Sadoc, ça veut dire que sa mère était issue de la tribu sacerdotale lévitique du grand prêtre. Et si c'était la mère, ça veut donc dire que c'était la femme de l'ancien roi. Je ne sais pas si tout le monde me suit, mais ça veut dire que c'était la femme d'Ozias, le roi dont on a parlé dans l'épisode précédent, parce qu'il avait voulu offrir de l'encens.
Et c'est ce que je vous disais, avec cette constitution d'une classe sacerdotale en contre-pouvoir : en fait, ils s'étaient mariés avec une Sadocide, avec une lointaine héritière de la grande tribu sacerdotale, pour justement cumuler le prestige sacerdotal et le prestige royal, et mettre la main sur ce contre-pouvoir sacerdotal. Il n'y avait pas réussi. Mais vous voyez jusqu'où il était allé. Bref, ça vous confirme ce que je vous disais la dernière fois.
En attendant, Yotam, puis Acaz. Acaz, on a déjà longuement entendu son histoire dans les livres des Rois, souvenez-vous. C'est celui qui sacrifiait son fils au dieu Molok. C'est lui que le prophète Isaïe va aller voir pour lui promettre un signe, un nouvel enfant qu'on appellera Emmanuel. Est-ce que vous arrivez à faire les liens ? Bon, si jamais vous ne vous en souvenez pas, de toute façon, le livre des Chroniques est là pour vous le rappeler.
Aujourd'hui, deux Chroniques, 27-28.
Lecture : 2 Chroniques 27-28
Yotam avait vingt-cinq ans lorsqu'il devint roi, et il régna seize ans à Jérusalem. Sa mère s'appelait Yerousha, fille de Sadoc. Il fit ce qui est droit aux yeux du Seigneur, tout comme avait fait Ozias son père, sans toutefois entrer dans le temple du Seigneur. Mais le peuple continuait à se corrompre.
C'est Yotam qui bâtit la porte haute de la maison du Seigneur. Il fit beaucoup de travaux sur le rempart de l'Ophel. Il construisit des villes dans la montagne de Juda, et dans la région boisée des citadelles et des tours.
C'est lui qui combattit le roi des fils d'Ammon et l'emporta sur eux. Les fils d'Ammon lui donnèrent cette année-là cent talents d'argent, dix mille quintaux de blé et dix mille quintaux d'orge. Et ils lui en apportèrent autant la deuxième et la troisième année.
Yotam s'affermit, car il marchait constamment en présence du Seigneur son Dieu.
Le reste des actions de Yotam, toutes ses guerres et ce qu'il a entrepris, voilà que cela est écrit dans le livre des rois d'Israël et de Juda. Il avait vingt-cinq ans lorsqu'il devint roi, et il régna seize ans à Jérusalem. Yotam reposa avec ses pères, et on l'ensevelit dans la cité de David. Son fils Acaz régna à sa place.
Acaz avait vingt ans lorsqu'il devint roi, et il régna seize ans à Jérusalem. Il ne fit pas ce qui est droit aux yeux du Seigneur, comme avait fait David son ancêtre. Il marcha dans les chemins des rois d'Israël, et il fit même des idoles de métal fondu en l'honneur des Baals. C'est lui qui brûla de l'encens dans la vallée de Ben-Hinnom et fit passer ses fils par le feu, selon les coutumes abominables des nations que le Seigneur avait dépossédées devant les fils d'Israël. Il offrit des sacrifices et brûla de l'encens dans les lieux sacrés, sur les collines et sous tout arbre verdoyant.
Le Seigneur son Dieu le livra aux mains du roi des Araméens. Ceux-ci le vainquirent et firent un grand nombre de prisonniers qu'ils emmenèrent à Damas. Il fut également livré aux mains du roi d'Israël, qui lui infligea une grande défaite. En un seul jour, Péqah, fils de Remalyahou, tua en Juda cent vingt mille hommes, tous de vaillants guerriers, car ils avaient abandonné le Seigneur, Dieu de leurs pères. Zikri, guerrier d'Éphraïm, tua Maaséyahou, fils du roi, Azrikam, chef de la maison du roi, et Elqana, le second du roi.
Les fils d'Israël firent prisonniers parmi leurs frères deux cent mille femmes, fils et filles. Ils prirent aussi un grand butin qu'ils emportèrent à Samarie.
Or, il y avait là un prophète du Seigneur nommé Oded. Il sortit au-devant de l'armée qui arrivait à Samarie, et dit : « Voici que, dans sa fureur contre Juda, le Seigneur, Dieu de vos pères, les a livrés entre vos mains, et vous les avez tués avec une rage qui est parvenue jusqu'au ciel. Et maintenant, vous parlez de soumettre les fils de Juda et de Jérusalem pour qu'ils soient vos serviteurs et vos servantes. Mais n'avez-vous pas à vous reprocher quelque offense envers le Seigneur votre Dieu ? Alors maintenant, écoutez-moi : renvoyez les prisonniers que vous avez faits parmi vos frères, car l'ardeur de la colère du Seigneur est sur vous. »
Quelques-uns d'entre les chefs des fils d'Éphraïm — Azarias, fils de Yohanan, Bèrèkya, fils de Meshillemoth, Yehizqiya, fils de Shalloum, et Amasa, fils de Hadlaï — se dressèrent contre ceux qui revenaient de l'expédition. Ils leur dirent : « Ne faites pas entrer ici les prisonniers. Ce serait nous charger d'une offense envers le Seigneur et ajouter à nos péchés et à nos offenses. Notre offense est déjà grande, et l'ardeur de la colère du Seigneur est sur Israël. »
La troupe abandonna les prisonniers et le butin devant les princes et toute l'assemblée. Alors se levèrent les hommes désignés par leur nom, qui prirent en charge les prisonniers. Avec le butin, ils habillèrent tous ceux d'entre eux qui étaient nus, leur donnèrent de quoi se vêtir et se chausser, les firent manger et boire, et les soignèrent. Ils conduisirent sur des ânes tous les éclopés et les emmenèrent à Jéricho, la ville des palmiers, auprès de leurs frères, puis ils retournèrent à Samarie.
À cette époque, le roi Acaz envoya demander de l'aide au roi d'Assour. Les Édomites étaient encore venus, avaient battu Juda et emmené des prisonniers. Les Philistins s'étaient répandus dans les villes du Bas-Pays et du Néguev de Juda. Ils avaient pris Beth-Shèmesh, Ayyalone, Guedérote, Soko et ses dépendances, Timna et ses dépendances, Guimzo et ses dépendances, et s'y étaient installés. En effet, le Seigneur humiliait Juda à cause d'Acaz, roi d'Israël, qui laissait Juda se relâcher et qui était gravement infidèle au Seigneur.
Téglath-Phalasar, roi d'Assour, vint l'attaquer et l'assiégea au lieu de le soutenir. En effet, Acaz avait dépouillé la maison du Seigneur, la maison du roi et des princes pour faire des présents. Mais cela ne lui fut d'aucune aide.
Au temps où il était assiégé, le roi Acaz, lui, continuait à être infidèle au Seigneur. Il offrit des sacrifices aux dieux de Damas qui l'avaient frappé, car il se disait : « Puisque les dieux des rois d'Aram leur viennent en aide, je leur offrirai des sacrifices et ils me viendront en aide. » Mais ces dieux furent une cause de chute pour lui et pour tout Israël.
Acaz rassembla les objets de la maison de Dieu et les mit en pièces. Il ferma les portes de la maison du Seigneur et se fit des autels dans tous les coins de Jérusalem. Dans chacune des villes de Juda, il établit des lieux sacrés pour brûler de l'encens à d'autres dieux. Et il provoqua l'indignation du Seigneur, Dieu de ses pères.
Le reste de ses actions et toutes ses entreprises, des premières aux dernières, voici que cela est écrit dans le livre des rois de Juda et d'Israël. Acaz reposa avec ses pères, et on l'ensevelit dans la ville, à Jérusalem, car on ne le mit pas dans les tombeaux des rois d'Israël. Son fils Ézékias régna à sa place.
Commentaire
Tiens, d'ailleurs, non, on ne vous a pas parlé d'Isaïe. En fait, on a développé des nouveaux passages qui étaient inconnus dans la vie du roi Acaz.
Alors, on ne va pas revenir sur le jeu diplomatique des alliances, sur l'essor du grand empire assyrien : on en a déjà parlé dans le commentaire du livre des Rois. Je ne vais pas non plus vous reparler du fait d'offrir ses enfants en sacrifice, ça aussi, on en a parlé.
Ce qu'il y avait de nouveau ici, c'était le visage religieux de l'Israël du Nord qu'on vous a présenté dans ce chapitre. Nous, dans notre tête, on n'arrête pas de se dire qu'Israël, c'est des anciens Hébreux qui ont quasiment apostasié à force d'avoir des sanctuaires païens idolâtres, avec des veaux d'or, à Dan et à Béthel, et qui n'arrêtent pas d'être méchants avec les Judéens. Eh bien ici, on vous montre un autre Israël au Nord. Un Israël qui écoute les prophètes. Un Israël qui est pris de pitié. Un Israël qui prend soin de ses frères. Et ce sont eux qui n'ont pas oublié l'idéal de communion fraternelle. Le grand Israël, le fait de réunir un jour les douze tribus : il reste vivant en Israël, et beaucoup plus que dans le Sud.
Ce qui est paradoxal, parce qu'Israël est en train de vivre ses derniers moments. L'Assyrie est en train de prendre son essor et va envahir Israël. Et l'Assyrie qui, ici, est aidée par Juda. C'est Juda qui va aider l'Assyrie à démanteler le royaume des dix tribus. Donc il y a quelque chose, si vous voulez, d'ironique, de cruel, de triste. Là, il faut imaginer qu'un Juif, quand il écrit ça, ça lui fend le cœur. Cet idéal des douze tribus qui, un jour, seraient rassemblées : le seul endroit où il a perduré, c'était dans le royaume du Nord, qui va bientôt mourir.
Et en face, vous avez quoi ? Vous avez le roi Acaz qui, pour le coup, a complètement apostasié, qui sacrifie ses enfants. Normalement, il y avait Isaïe, là. C'est le moment où on était censé parler de ce prophète qui lui donnait des signes de la part de Dieu. Ici, il n'a même pas eu droit de cité. C'est vous dire qu'Acaz, là, ce n'est plus rien. C'est devenu un royaume païen.
Ce chapitre que vous venez d'entendre, c'est un requiem qui annonce le chant final du livre des Chroniques. On n'y est pas encore. Il y aura des hauts, il y aura des bas, il y aura des réformes. Mais vous venez d'entendre les premières notes du chant d'adieu final.
Proverbes 21,16-20
L'homme qui erre loin des voies de la raison ira reposer parmi les ombres. Qui aime faire la fête sera sans le sou ; qui aime le vin et les parfums ne fera pas fortune. Le méchant paiera pour le juste, et le fourbe à la place des honnêtes gens. Mieux vaut aller vivre au désert qu'avec une mégère acariâtre. Dans la demeure du sage, abondance et trésor désirable, mais l'insensé n'en fait qu'une bouchée.
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