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Jour 275 ☼ — Recommencer… et déjà s’arrêter

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Résumé : Après les listes et les bagages, les 42 360 rapatriés arrivent à Jérusalem sous la conduite de Zorobabel. Le frère Paul-Adrien lit Esdras 3 et 4 : la reconstruction de l'autel, la reprise du culte, la fête des Tentes, la pose des fondations du Temple dans un mélange de cris de joie et de pleurs, puis la coalition des adversaires qui écrivent au roi de Perse pour faire cesser les travaux. Le commentaire présente Zorobabel, petit-fils du roi Joiakîn — descendant de David mais simple gouverneur —, souligne que le Temple est désormais payé par les offrandes volontaires du peuple et non par le trésor royal, et explique le refus opposé aux Samaritains, dont la religion a trop divergé. À peine commencé, le chantier est déjà interrompu.

Introduction

Notre secours est dans le nom du Seigneur qui a fait le ciel et la terre.

Je ne sais pas si vous avez remarqué, mais tous les dix jours ou presque — je me suis dit que ça faisait ni trop ni trop peu, comme ça vous avez le temps de digérer —, je vous relance un petit peu pour que vous nous aidiez à poursuivre ce podcast. On a vraiment énormément de projets. Ce podcast, en fait, dans ma tête, c'est juste une première édition. J'aimerais bien le continuer après. Donc les liens sont en bas. Aidez-nous. Notamment, j'aimerais bien faire un autre podcast consacré entièrement aux évangiles. Ah, chut, ça reste entre nous, ne le dites à personne, c'est encore un secret, d'accord ? Euh, je vous adore. Et on y retourne.

La dernière fois, nous avons fait nos paquets. On a fait des listes. On a pris la vaisselle sacrée. Et on retourne à Jérusalem. Comment ça va se passer ?

Une toute petite précision, mais qui a son importance. 42 360 personnes sont revenues lors de cette première vague de retour d'exil. Ils sont commandés par Zorobabel — on aura à parler de lui. On pourrait se dire : 42 360, c'est beaucoup. Et c'est beaucoup. Mais en attendant, sur ces 42 360, il y en a un dixième, ce sont des prêtres ou des fils de prêtres. Un prêtre pour dix laïcs ! Je ne sais pas si vous vous rendez compte, mais c'est énorme. C'est l'élite religieuse, en fait, qui est revenue. On les avait quittés la dernière fois dans le livre des Chroniques, on avait montré comment c'était eux qui essayaient de tenir la maison. Voilà qu'on les retrouve fer de lance du retour d'exil.

Et d'ailleurs, particulièrement sous-représentés sont les lévites : 341, c'est nul. Normalement, ça devrait être l'inverse. Normalement, il devrait y avoir 341 prêtres et 1 000 lévites. Ah oui, mais souvenez-vous d'Ézéchiel qui vous avait dit que les lévites avaient failli. Et en plus, ils ont un second rôle dans la liturgie du temple, donc pas dit que ça les ait beaucoup intéressés.

Bon, mettons ça de côté. L'heure est à la joie. Au retour, on va reconstruire le temple. Esdras 3 et 4.

Lecture : Esdras 3-4

Quand arriva le septième mois, les fils d'Israël étaient dans leurs villes. Le peuple se réunit comme un seul homme à Jérusalem. Alors Josué, fils de Yotsadak, se leva avec ses frères, les prêtres, ainsi que Zorobabel, fils de Salathiel, avec ses frères, et ils bâtirent l'autel du Dieu d'Israël pour y offrir des holocaustes, selon ce qui est écrit dans la loi de Moïse, l'homme de Dieu. Ils érigèrent l'autel sur ses fondations, terrifiés qu'ils étaient par les peuples des autres pays, et ils y offrirent des holocaustes pour le Seigneur, ceux du matin et ceux du soir. Puis ils célébrèrent la fête des Tentes, comme cela est écrit. Ils offraient l'holocauste jour après jour, selon le nombre fixé par la coutume de chaque jour ; et après cela, l'holocauste perpétuel, les holocaustes pour les nouvelles lunes et pour toutes les solennités saintes, et les holocaustes pour tous ceux qui faisaient des offrandes volontaires au Seigneur. Dès le premier jour du septième mois, ils commencèrent à offrir des holocaustes, et pourtant les fondations du Temple du Seigneur n'étaient pas encore posées.

Ils donnèrent de l'argent aux tailleurs de pierre et aux charpentiers. Ils donnèrent également des vivres, de la boisson et de l'huile aux Sidoniens et aux Tyriens, pour qu'ils fassent venir du bois de cèdre depuis le Liban, par la mer, jusqu'à Jaffa, selon l'autorisation reçue de Cyrus, roi des Perses.

La deuxième année de leur arrivée à la maison de Dieu à Jérusalem, au deuxième mois, Zorobabel, fils de Salathiel, et Josué, fils de Yotsadak, avec le reste de leurs frères, les prêtres, les lévites, et tous ceux qui étaient revenus de la captivité à Jérusalem, se mirent à l'ouvrage. Et ils établirent les lévites, ceux qui avaient vingt ans et plus, pour qu'ils surveillent les travaux de la maison du Seigneur. Alors Josué, ses fils et ses frères, Cadmiel et ses fils, les fils d'Odavia, ainsi que les fils de Hénadad, leurs fils et leurs frères, lévites, se chargèrent tous ensemble de surveiller ceux qui travaillaient pour la maison de Dieu.

Alors les maçons posèrent les fondations du Temple du Seigneur, tandis que prenaient place les prêtres revêtus de leurs ornements, avec les trompettes, puis les lévites, fils d'Asaph, avec les cymbales, afin de louer le Seigneur selon les indications de David, roi d'Israël. Et ils louaient le Seigneur et lui rendaient grâce en chantant : « Il est bon, éternel est son amour pour Israël. » Tout le peuple faisait de grandes ovations en louant le Seigneur, à cause de la fondation de la maison du Seigneur. Beaucoup de prêtres, de lévites et de chefs de famille, parmi les plus âgés qui avaient vu la première maison, pleuraient à chaudes larmes tandis que, sous leurs yeux, on posait les fondations de cette maison-ci. Mais beaucoup élevaient la voix en joyeuses ovations. Le peuple ne pouvait distinguer entre le bruit des ovations joyeuses et le bruit des pleurs. Le peuple faisait de grandes ovations dont le bruit s'entendait de très loin.

Quand les adversaires de Juda et de Benjamin apprirent que les rapatriés construisaient un temple au Seigneur, le Dieu d'Israël, ils s'approchèrent de Zorobabel et des chefs de famille et leur dirent : « Nous voulons bâtir avec vous, comme vous en effet nous cherchons votre Dieu et lui offrons des sacrifices depuis le temps d'Assarhaddon, roi d'Assour, celui qui nous a fait monter ici. » Zorobabel, Josué et le reste des chefs des familles d'Israël leur répondirent : « Ce n'est pas à vous et à nous de bâtir une maison pour notre Dieu, c'est à nous seuls de la bâtir pour le Seigneur, le Dieu d'Israël, comme nous l'a ordonné le roi Cyrus, roi de Perse. »

Alors les gens du pays découragèrent le peuple de Juda et l'intimidèrent pour l'empêcher de construire. Ils soudoyèrent des conseillers contre le peuple pour faire échouer son projet, durant tout le temps de Cyrus, roi de Perse, et jusqu'au règne de Darius, roi de Perse.

Sous le règne de Xerxès, au commencement de son règne, ils rédigèrent une accusation contre les habitants de Juda et de Jérusalem. Au temps d'Artaxerxès, Bishlam, Mithridate, Tabéel, ainsi que leurs autres collègues, écrivirent à Artaxerxès, roi de Perse. Le texte de la lettre était écrit en caractères araméens et traduit en cette langue.

Le chancelier Rehoum et le secrétaire Shimshaï écrivirent la lettre suivante au roi Artaxerxès : « Le chancelier Rehoum, le secrétaire Shimshaï et le reste de leurs collègues, les gens de Dine, d'Apharsatak, de Tarpel, d'Apharas, d'Ourouk, de Babylone, de Suse, c'est-à-dire les Élamites, et les autres peuples que le grand et illustre Assourbanipal a déportés et a fait résider dans les villes de Samarie et dans le reste de la Transeuphratène, etc. » Voici la copie de la lettre qu'ils envoyèrent :

« Au roi Artaxerxès, tes serviteurs, gens de Transeuphratène, etc. Qu'il soit porté à la connaissance du roi que les Juifs qui sont montés de chez toi pour venir vers nous, à Jérusalem, reconstruisent la ville rebelle et mauvaise. Ils relèvent les murs et posent les fondations. Maintenant, qu'il soit porté à la connaissance du roi que si cette ville est reconstruite et les murs relevés, alors ils ne verseront plus de tribut, ni d'impôts, ni de droits de passage, ce qui finalement portera préjudice au roi. Or, parce que nous mangeons le sel du palais et qu'il nous paraît inacceptable de voir le roi tourné en dérision, nous envoyons au roi des informations à ce sujet, pour qu'on fasse des recherches dans le livre des mémoires de tes pères. Dans ce livre des mémoires, tu trouveras et tu apprendras que cette ville est une ville rebelle, qu'elle porte préjudice au roi et aux provinces, et que depuis des temps anciens on y a fomenté des révoltes. C'est à cause de cela que cette ville a été détruite. Nous faisons connaître au roi que si cette ville est reconstruite, si les murs en sont relevés, dès lors tu n'auras plus de possession en Transeuphratène. »

Le roi envoya cette réponse : « Au chancelier Rehoum, au secrétaire Shimshaï et à leurs autres collègues qui habitent à Samarie et dans le reste de la Transeuphratène : paix ! Maintenant donc, l'acte officiel que vous nous avez envoyé a été lu mot à mot devant moi. Sur mon ordre, on a fait des recherches et on a découvert que, depuis les temps anciens, cette ville se soulève contre les rois et qu'elle est travaillée par la révolte et la sédition. Il y eut à Jérusalem des rois puissants qui dominèrent toute la Transeuphratène, et on leur versait tribut, impôts et droits de passage. C'est pourquoi donnez l'ordre d'arrêter le travail de ces gens. Que cette ville ne soit pas rebâtie jusqu'à ce que j'en aie donné l'ordre. Gardez-vous d'agir avec négligence en cette affaire, de peur que le mal ne s'accroisse au préjudice des rois. »

Dès que la copie de l'acte officiel du roi Artaxerxès fut lue devant Rehoum et le secrétaire Shimshaï, ainsi que leurs collègues, ils allèrent en toute hâte à Jérusalem, auprès des Juifs, et ils leur firent arrêter le travail par la force et la violence. Alors on arrêta le travail de la maison de Dieu à Jérusalem. Il fut interrompu jusqu'à la deuxième année du règne de Darius, roi de Perse.

Commentaire

Un petit mot sur Zorobabel. Vous l'avez entendu, chapitre 3, verset 2. Mais qui est ce Zorobabel, qu'on avait déjà vu d'ailleurs dans l'épisode précédent, et qui semble avoir un rôle de dirigeant ? Zorobabel, c'est joli comme nom, en hébreu, qui signifie « semence née de Babylone » : Zerub-Babel, Babylone. Il est, comme vous le dit le texte, fils de Shéaltiel, qui lui-même était le fils de Jékonias, le roi Jékonias. Donc Zorobabel, c'est le petit-fils du dernier roi de Jérusalem. C'est un descendant direct de la lignée royale.

Sauf que là, ce qui est curieux, c'est qu'on ne vous l'a pas présenté comme de la lignée davidique. On ne vous a pas dit qu'il était roi ; alors, de fait, il n'est pas roi. En fait, il sera gouverneur. Parce que, quand même, l'Empire perse, ils veulent bien que les Juifs reviennent à Jérusalem — enfin, c'est peut-être pas non plus pour avoir un royaume indépendant. Donc un gouverneur, oui, nommé par les Perses ; un roi, peut-être pas quand même.

Vous notez que la première chose qu'ils font, c'est d'ailleurs pas de reconstruire le temple, mais de reconstruire l'autel. Une fois que l'autel est reconstruit, le culte peut reprendre. Avec la première fête, la fête des Tentes, qui précisément célébrait la délivrance d'Égypte. Ben, ça se comprend : c'est un peu la même histoire qui est en train de se rejouer. D'ailleurs, petit clin d'œil au temple de Salomon : on reprend du bois qui vient de Tyr.

Il y a quand même aussi une ou deux petites différences, qui sont d'ailleurs touchantes. Le premier temple, le temple de Salomon, avait été payé par le trésor royal. Ici, il n'y en a plus : ce sont les offrandes volontaires du peuple qui payent le temple. Mais après tout, on a peut-être gagné au change. Et deuxième différence : lors de la fête, on n'arrive plus à faire la différence entre la joie et les pleurs.

Et c'est là que les problèmes reviennent. Probablement de la part des Samaritains, qui au début se réjouissent qu'il y ait un temple qui se reconstruise, qui demandent de pouvoir s'y investir. Sauf que maintenant, la religion juive et la religion samaritaine ont tellement divergé que c'est plus possible. Souvenez-vous : la religion samaritaine, c'est l'ancien royaume du Nord qui avait été déporté par les Assyriens, repeuplé par des païens, et on avait essayé de se débrouiller pour ramener d'exil quelques prêtres du Nord pour faire l'éducation religieuse des païens qu'on avait transplantés en Samarie.

Du coup, la demande faite à Zorobabel de pouvoir se joindre à la communauté qui revient d'exil, c'est pas possible. Il refuse au nom d'une exclusivité du temple — sans quoi d'ailleurs il ne fait qu'obéir à Cyrus, qui avait donné ce temple aux Juifs seuls. Peut-être. N'empêche que, par dépit, plusieurs siècles après, les Samaritains construiront leur propre temple, au mont Garizim. Et est-ce qu'on peut leur en vouloir ?

Toujours est-il qu'il y a une coalition avec les satrapies environnantes, la Transeuphratène — ça sent bon la jalousie. Ils écrivent à l'empereur perse, qu'il stoppe les travaux. Ça vient de commencer, c'est déjà en train de s'arrêter.

Proverbes 22,26-29

Ne sois pas de ceux qui disent « marché conclu » et se portent caution pour un emprunt. Si tu n'as pas de quoi rembourser, pourquoi risquer la saisie du lit où tu dors ?

Ne déplace pas une borne ancienne : ce sont tes ancêtres qui l'ont posée.

As-tu vu un homme habile à l'ouvrage ? C'est au service des rois qu'il a sa place ; il ne l'a pas auprès des gens obscurs.


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