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Jour 275 ☾ — Ni par la force mais par l'esprit

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Résumé : Dans cet épisode, le frère Paul-Adrien poursuit la lecture du prophète Zacharie avec les chapitres 3 à 6, soit les cinq dernières des huit visions. Au centre se tiennent deux hommes : Josué, le grand prêtre revêtu d'habits neufs après avoir porté les habits souillés du peuple, et Zorobabel, le descendant de David chargé de rebâtir le Temple. Le commentaire montre que ces visions apparemment surréalistes sont en réalité très structurées, se répondant deux à deux autour du cœur du message : « Ni par la bravoure, ni par la force, mais par mon esprit seulement. » Dieu ne se contente pas de surveiller le monde, il vient bichonner et réconforter son peuple au cœur d'un chantier laborieux.

Introduction

Nous retournons dans notre prophète Zacharie, qui est là pour nous rappeler le sens de ce qui est en train de se passer à Jérusalem. Ça signifie quoi, de rebâtir le Temple ?

Aujourd'hui, nous enchaînons trois chapitres. Au total, ça vous fait huit visions. Je n'ai pas voulu faire quatre et quatre, j'ai voulu respecter le texte. C'est pour ça que nous avons entendu hier les trois premières visions introductives, qui vous posent le cadre cosmique pour vous montrer le sens de ce qui est entrepris à Jérusalem.

Et ensuite, parmi les cinq qui nous restent à écouter aujourd'hui, que je n'ai toujours pas voulu couper, vous avez les deux visions centrales, la vision 4 et la vision numéro 5, qui vont cette fois-ci vous montrer jusqu'où Dieu veut aller. Ces deux visions concerneront deux hommes : Josué, fils de Josadaq, qui est le grand prêtre nouvellement intronisé à Jérusalem, et l'autre homme est Zorobabel, le descendant de la lignée davidique que Cyrus, roi de Perse, a institué gouverneur de Jérusalem.

Et puis ensuite, on repartira pour les visions conclusives : un rouleau volant, où il sera question de la loi et de la justice, et d'une femme qui symbolise la méchanceté qu'il va falloir bannir, et puis des chars.

Lecture : Zacharie 3-6

« Josué n'est-il pas un tison tiré du feu ? » Or, Josué, debout devant l'ange, était vêtu d'habits sordides. Le Seigneur reprit et dit à ceux qui se tenaient devant lui : « Enlevez-lui ces habits sordides. » Puis il dit à Josué : « Vois, je passe sur ta faute, et je te revêts de parure. » Il reprit : « Mettez sur sa tête un turban immaculé. » On mit sur sa tête un turban immaculé, et on le revêtit d'habits. L'ange du Seigneur se tenait là.

L'ange du Seigneur donna cet avertissement à Josué : « Ainsi parle le Seigneur de l'univers : Si tu marches dans mes voies, si tu gardes mes observances, tu gouverneras ma maison, tu garderas mes parvis, et je te ferai accéder au rang de ceux qui se tiennent là. Écoute donc, Josué, grand prêtre, toi et tes compagnons qui siègent devant toi, écoute, car ces hommes sont un signe. Voici que je fais venir mon serviteur : le Germe. Voici la pierre que je dépose devant Josué. Sur cette seule pierre, il y a des yeux au nombre de sept. Voici que je grave moi-même son inscription, oracle du Seigneur de l'univers, et j'ôterai la faute de ce pays en un seul jour. Ce jour-là, oracle du Seigneur de l'univers, vous vous inviterez l'un l'autre sous la vigne et sous le figuier. »

L'ange qui me parlait revint et me réveilla, comme on réveille un homme. Il me dit : « Que vois-tu ? » « Je vois un chandelier tout en or, avec un vase à son sommet, surmonté de sept lampes et de sept canaux pour ses lampes. Sur lui, il y a deux oliviers, l'un à la droite du vase et l'autre à sa gauche. » Prenant la parole, je dis à l'ange qui me parlait : « Qu'est-ce que cela, mon seigneur ? » L'ange qui me parlait me répondit : « Ne le sais-tu pas ? » Je dis : « Non, mon seigneur. »

« Voici la parole que le Seigneur adresse à Zorobabel : Ni par la bravoure, ni par la force, mais par mon esprit seulement, déclare le Seigneur de l'univers. Qui es-tu, grande montagne ? Devant Zorobabel, te voici une plaine. Il en extrait la première pierre parmi les acclamations : la grâce, la grâce sur elle ! »

La parole du Seigneur me fut adressée : « Les mains de Zorobabel ont fondé cette maison, ses mains l'achèveront. Alors vous saurez que le Seigneur de l'univers m'a envoyé vers vous. Qui donc méprisait les jours des modestes commencements ? Qu'on se réjouisse plutôt en voyant le fil à plomb dans la main de Zorobabel. Quant aux sept lampes, ce sont les yeux du Seigneur, eux qui parcourent toute la terre. »

Je pris encore la parole et je lui dis : « Que sont ces deux oliviers, sur la droite du chandelier et sur la gauche ? » Une seconde fois, je lui demandai : « Que sont donc ces deux branches d'oliviers qui, par deux conduits en or, font couler de l'or ? » Il me répondit : « Ne le sais-tu pas ? » Je dis : « Non, mon seigneur. » Alors il me dit : « Ce sont les deux hommes qui ont reçu l'onction et qui se tiennent devant le maître de toute la terre. »

De nouveau, je levai les yeux et voici ce que j'ai vu : c'était un livre qui volait. L'ange qui me parlait me dit : « Que vois-tu ? » Je répondis : « Je vois un livre qui vole, long de vingt coudées et large de dix. » Alors il me dit : « Ceci est la malédiction qui s'élance sur tout le pays, car tout voleur reste impuni, et impunis tous les parjures. Je la lancerai, oracle du Seigneur de l'univers. Elle entrera dans la maison du voleur et dans la maison de celui qui jure faussement par mon nom. Elle viendra loger au cœur de leur maison et les consumera, poutres et pierres. »

L'ange qui me parlait s'avança et me dit : « Lève les yeux et regarde ce qui s'avance. » Et je dis : « Qu'est-ce que c'est ? » Il me répondit : « C'est un boisseau qui s'avance. » Il ajouta : « C'est leur injustice dans tout le pays. » Or, voici qu'un couvercle de plomb se souleva : une femme était assise à l'intérieur du boisseau. Il dit alors : « C'est la méchanceté. » Il la repoussa à l'intérieur du boisseau et jeta une masse de plomb sur l'orifice.

Je levai les yeux et voici ce que j'ai vu : deux femmes, des femmes qui s'avançaient. Le vent soufflait dans leurs ailes, des ailes pareilles à celles d'une cigogne. Elles soulevèrent le boisseau entre terre et ciel. Alors je dis à l'ange qui me parlait : « Où emportent-elles le boisseau ? » Il me répondit : « Au pays de Babylone, pour lui construire une maison. Ensuite, elles lui prépareront un socle et le fixeront là. »

De nouveau, je levai les yeux et voici ce que j'ai vu : quatre chars qui s'élançaient d'entre les deux montagnes. Et ces montagnes, qui sont les plus grandes des montagnes, ces montagnes étaient de bronze. Le premier char avait des chevaux roux. Le deuxième char, des chevaux noirs. Le troisième char, des chevaux blancs. Et le quatrième char, des chevaux tachetés, vigoureux.

Je demandai à l'ange qui me parlait : « Ceux-ci, que sont-ils, mon seigneur ? » L'ange me répondit : « Ce sont les quatre vents du ciel qui s'élancent après s'être tenus devant le maître de toute la terre. » Alors les blancs s'élançaient à leur suite, et les chevaux tachetés s'élançaient vers la terre du midi. Vigoureux, ils s'élançaient, impatients de parcourir la terre. Alors le Seigneur leur ordonna : « Allez parcourir la terre. » Et ils parcoururent la terre. Il m'appela et me dit : « Vois, ceux qui s'élancent vers la terre du nord font descendre mon souffle sur la terre du nord. »

La parole du Seigneur me fut adressée : « Fais une collecte auprès des déportés, auprès de Heldaï, auprès de Tobie et auprès de Yedaya. Toi-même, tu viendras. Ce jour, tu viendras à la maison de Josias, fils de Sophonie, où ils sont arrivés de Babylone. Tu prendras l'argent et l'or pour en faire des couronnes, tu les mettras sur la tête de Josué, fils de Josadaq, le grand prêtre. Puis tu lui parleras pour lui dire : Ainsi parle le Seigneur de l'univers : Voici un homme dont le nom est Germe. De lui, quelque chose va germer. Il reconstruira le temple du Seigneur. C'est lui qui reconstruira le temple du Seigneur. C'est lui qui sera vêtu de majesté. Il siégera sur son trône, il aura le pouvoir. Un prêtre aussi siégera sur son trône, et il y aura une volonté de paix entre eux deux. Quant aux couronnes, elles deviendront pour Heldaï, Tobie, Yedaya et pour Hen, fils de Sophonie, un mémorial dans le temple du Seigneur. Alors, ceux qui sont au loin viendront reconstruire le temple du Seigneur, et vous saurez que le Seigneur de l'univers m'a envoyé vers vous. Cela arrivera si vous écoutez vraiment la voix du Seigneur, votre Dieu. »

Commentaire

Ces visions sont très colorées. Elles ont un aspect surréaliste, et certainement que le genre apocalyptique joue avec, tant et si bien que vous pourriez avoir l'impression — moi je ne sais pas — d'un esprit qui divague, d'un esprit quasiment de drogué, qui a des visions qui surgissent de manière totalement aléatoire. Et en fait, il y a une sagesse derrière. Ces visions, elles se répondent. Elles s'organisent. Derrière, il y a une logique. Il y a un plan qui se dévoile.

Regardez, en fait, elles sont hyper structurées. La première et la dernière vision parlaient toutes deux de chars et de cavaliers, avec ces anges qui symbolisent l'œil de Dieu qui surveille. Pour vous montrer que le monde n'est pas livré au hasard, mais que le monde existe sous la vigilance active de Dieu. Et c'est ainsi que vous avez des sentinelles qui parcourent le monde.

Ensuite, vous aviez la deuxième et l'avant-dernière vision, la septième, lesquelles se répondaient à nouveau. La deuxième, c'était cette image avec les cornes et les forgerons. La septième, c'était cette femme qui représente la malice. Dans ces deux visions, il était question du mal qu'il fallait expulser. À travers les cornes, c'était le mal extérieur, les empires. À travers cette vision de la femme, c'est la malice intérieure, c'est l'impureté et l'apostasie qui rongent le peuple de Dieu.

Alors après, on avait la troisième vision qui répondait à la sixième, où il était question d'un espace à consacrer au Seigneur, soit en bâtissant un temple — c'était l'homme qui arpentait Jérusalem —, soit en modifiant l'injustice, et c'est cette histoire de rouleau qui parcourt le pays.

Et c'est ainsi qu'après avoir préparé la scène et allumé les projecteurs, si je puis dire, avec ces premières visions, on arrive au centre, qui est l'objet de toutes les préoccupations de Dieu et qui concerne deux hommes : Josué et Zorobabel. Je note en passant qu'on retrouvera dans Apocalypse 11 la vision de ces deux témoins.

Alors reprenons. La première scène, c'était Josué, le grand prêtre — parce que comme on était revenu à Jérusalem, qu'on avait à nouveau un temple, il y a à nouveau un grand prêtre. On le voit dans une scénette avec un tribunal céleste et Satan qui l'accuse. On a l'impression de revoir l'histoire de Job. Avec une petite différence : dans Job, Dieu tolérait Satan, alors qu'ici vous avez cette phrase, « que le Seigneur te réprime », qui vous donnera cette autre phrase encore plus claire dans le livre de l'Apocalypse : « Il est rejeté, l'accusateur de nos frères. » À chaque fois, on progresse de vision en vision.

Bref, dans cette vision, Josué, le grand prêtre, porte des habits sales, des habits souillés, qui représentent le péché du peuple, que le prêtre est censé porter pour le montrer devant Dieu et demander le pardon des péchés. Ce péché du peuple, c'est le peuple qui revient d'exil. Mais voilà que, ah, miracle, on va changer ses vêtements pour le revêtir d'une tunique éclatante. Ah ça, vous ne pouviez pas faire plus plaisir aux Juifs revenus d'exil que de leur montrer que les institutions sacerdotales avaient encore de la valeur devant Dieu, qui trouvait un refuge dans sa grâce et sa miséricorde.

Et ensuite, on avait un chandelier en or, la Ménorah, dont les sept lampes, disait le texte, représentent les sept yeux de Dieu qui parcourent la terre. C'est toujours ce symbole de Dieu qui scrute la terre, qu'on avait vu dans les premières et dernières visions et qu'on retrouve au centre.

De manière étonnante, on vous dit que cette omniscience de Dieu que symbolise la Ménorah est nourrie par deux hommes — deux oliviers ici — qui représentent évidemment Zorobabel et Josué. Alors, j'étais parti pour vous dire : eh oui, parce que jusqu'à preuve du contraire, la Ménorah, c'est nourri par de l'huile d'olive. Mais il y a des trucs qui ne collent pas. Là, on vous dit qu'elle est nourrie par de l'or qui vient des oliviers, et l'onction, l'huile, elle ne vient pas des oliviers. Au contraire, elle vient de Dieu, parce qu'on vous dit que ce sont les deux hommes, les deux oliviers, qui ont reçu l'onction de Dieu. Donc c'est un chandelier qui est assez étonnant, qui est composé à l'envers.

Et là, on continue dans l'étonnement. Vous avez quasiment Dieu qui bichonne Zorobabel. « T'inquiète pas, mon bichon, ce que tu as commencé, tes mains l'achèveront, tu vas aller jusqu'au bout. » Et en plus, que personne ne se moque de toi :

Qui donc méprisait les jours des modestes commencements ?

Sous-entendu : ce temple qu'on reconstruit, pour l'instant, ne ressemble pas à grand-chose, mais il ira jusqu'à être le dépôt de l'omniprésence divine. Ce n'est, je cite, « ni par la force, ni par la puissance, mais par mon esprit ». C'est Dieu qui est à l'œuvre dans ces institutions qu'on est en train de reconstruire.

Si vous voulez, c'est beau, parce qu'on est en train de reconstruire le temple avec Zorobabel et Josué, et on pourrait avoir l'impression que c'est à la force du poignet. D'ailleurs, ça l'est. N'empêche qu'au cœur de cette entreprise, il y a un rêve, il y a une vision de Dieu qui vient entourer son peuple de son amour pour le bichonner et le réconforter.

Prière

Au nom du Père, et du Fils, et du Saint-Esprit. Amen.

Seigneur, je te demande la grâce de ne jamais oublier que, dans toutes les entreprises que je fais, où parfois je suis noyé dans les questions administratives, dans les questions techniques, dans les questions humaines, je te demande, Seigneur, de ne jamais oublier pourquoi je le fais : pour le royaume du Ciel, pour qui je le fais : pour Dieu, et avec qui je le fais : avec toi et ton Esprit.

Seigneur, fais que ce que je vis dans mon travail, je le vive avec une certaine mystique, avec le sentiment que ce soit ta puissance qui se déploie, que ce soit une manière pour moi de vivre avec toi, d'être uni avec toi, et que ce soit toi d'abord qui sois à l'œuvre, Seigneur, dans tout ce que je vis, dans tout ce que je fais, dans tout ce que j'essaye de vivre. Amen.


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