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Jour 278 ☾ — Un roi humble, monté sur un âne

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Résumé : Troisième et dernière étape chez le prophète Zacharie, dont le regard se tourne désormais vers l'avenir lointain. Le frère Paul-Adrien lit les chapitres 9 et 10, avec leurs oracles contre Tyr, Sidon et les cités philistines, la promesse du rassemblement d'Éphraïm et de Juda, et surtout l'annonce du roi humble et victorieux monté sur un ânon. Le commentaire montre comment ce verset concentre en lui toutes les grandes prophéties messianiques antérieures — Isaïe 9, Isaïe 53, Jérémie 23, Isaïe 2, le psaume 72 — et sera cité par les évangiles au dimanche des Rameaux. Il propose enfin une lecture de l'effacement de Zorobabel et de la descendance davidique comme une purification nécessaire, pour que la famille de David abandonne ses rêves de grandeur avant la venue de Jésus.

Introduction

On retourne chez notre prophète Zacharie, troisième et dernière étape. Cette fois-ci, les visions vont prendre de l'ampleur. Vous vous souvenez de ce que je vous avais dit ? Huit premières visions inaugurales qui parlaient de Zorobabel et de Josué pour leur promettre une restauration future. Ensuite, deux chapitres de transition sur cette question du jeûne. Et maintenant, le regard du prophète se tourne au loin. Il envisage l'avenir.

Que vont devenir les promesses de restaurer le trône davidique maintenant que la Judée est devenue une toute petite parcelle administrative d'un empire perse plus large qui le dépasse et le domine ? Eh bien, la réponse aujourd'hui dans un oracle : il y aura une très importante postérité. Normalement, vous devriez la voir. On se retrouve dans les commentaires, mais vous me direz si vous l'avez.

Lecture : Zacharie 9–10

Proclamation. Parole du Seigneur au pays de Hadrak et de Damas, son repos. Car le Seigneur a les yeux sur les hommes et sur toutes les tribus d'Israël. Il en sera de même pour Hamath, qui en fera partie, ainsi que pour Tyr et Sidon, parce qu'elle est très habile.

Tyr s'est construit une forteresse, amoncelant l'argent comme de la poussière et l'or comme la boue des rues. Voici que le Seigneur en prendra possession. Il précipitera ses remparts dans la mer. Elle-même sera dévorée par le feu.

Ascalon le verra et sera épouvantée. Et Gaza, qui se tordra de douleur. Et Ékron aussi, car son appui s'est couvert de honte. Le roi disparaîtra de Gaza. Ascalon n'aura plus d'habitants. Et un bâtard habitera dans Ashdod. Je supprimerai l'orgueil du Philistin.

J'ôterai de sa bouche le sang qu'il boit et de ses dents les horreurs qu'il mange. Il sera lui aussi un reste pour notre Dieu. Il sera comme un familier en Juda. Et Ékron sera pareil au Jébuséen.

Auprès de ma maison, je camperai comme une garde contre ceux qui vont et qui viennent. Plus personne pour venir l'opprimer, maintenant que je l'ai vu de mes yeux.

Exulte de toutes tes forces, fille de Sion. Pousse des cris de joie, fille de Jérusalem. Voici ton roi qui vient à toi. Il est juste et victorieux, pauvre et monté sur un âne, un ânon, le petit de l'ânesse.

Ce roi fera disparaître d'Éphraïm les chars de guerre et de Jérusalem les chevaux de combat. Il brisera l'arc de guerre et il proclamera la paix aux nations. Sa domination s'étendra d'une mer à l'autre et de l'Euphrate à l'autre bout du pays.

Quant à toi, par le sang de ton alliance, je fais sortir tes captifs de la citerne sans eau. Revenez à la place forte, captifs pleins d'espérance. Aujourd'hui même, je l'affirme, je te rendrai au double.

Car j'ai tendu mon arc, c'est Juda. Je le garnis d'une flèche, c'est Éphraïm. Je vais exciter tes fils, ô Sion, contre les fils des Grecs. Je ferai de toi une épée de héros.

Alors le Seigneur apparaîtra au-dessus d'eux et sa flèche jaillira comme l'éclair. Le Seigneur Dieu sonnera du cor. Il s'avancera dans les ouragans du midi. Le Seigneur de l'univers les protégera. Ils mangeront et piétineront les pierres de fronde. Ils boiront en faisant du tapage comme pris de vin. Et ils seront remplis comme la coupe d'aspersion, comme les cornes de l'autel.

Et le Seigneur, leur Dieu, les sauvera ce jour-là, eux, les brebis de son peuple. Oui, des pierres de diadème scintilleront sur sa terre. Oui, quelle prospérité, quelle beauté que la leur ! Le froment épanouira les jeunes gens et le vin nouveau les jeunes filles.

Demandez au Seigneur la pluie, la pluie de printemps. C'est le Seigneur qui provoque les orages. Il leur donnera une pluie abondante, et à chacun de l'herbe dans son champ.

Puisque les théraphim ont fait de fausses prédictions, que les devins ont eu des visions mensongères, puisqu'ils ont débité des songes trompeurs et donné de vaines consolations, voilà pourquoi le peuple est parti comme un troupeau malheureux, faute de berger.

Contre les bergers s'est enflammée ma colère. Contre les boucs, je vais sévir. Car le Seigneur de l'univers visitera son troupeau, la maison de Juda. Dans le combat, il en fera sa monture, la monture d'honneur.

De Juda sortira une pierre d'angle. De lui sortira un piquet solide. De lui sortira un arc de guerre. De lui sortiront tous ceux qui s'imposent, ensemble.

Ils seront comme des héros piétinant dans le combat la boue des chemins. Ils combattront, car le Seigneur est avec eux. Et ceux qui montent des chevaux seront couverts de honte.

De la maison de Juda je ferai des héros, et je sauverai la maison de Joseph. Je les rétablirai, car j'en aurai compassion. Ils seront comme si je ne les avais pas rejetés. Car moi, le Seigneur, je suis leur Dieu, et je les exaucerai.

Ceux d'Éphraïm seront comme des héros. Comme sous l'effet du vin, leur cœur se réjouira. En les voyant, leurs fils se réjouiront. Leur cœur exultera dans le Seigneur.

Je vais siffler pour les rassembler, car je les ai rachetés. Ils seront aussi nombreux qu'autrefois. Je les ai disséminés parmi les nations, mais au loin, ils se souviendront de moi. Ils vivront avec leurs fils et ils reviendront.

Je les ramènerai de la terre d'Égypte et d'Assour, je les rassemblerai. Je les ferai entrer au pays de Galaad et au Liban. Et cela ne sera pas suffisant pour eux.

Il passera par la mer, une mer d'angoisse. Il frappera les flots dans la mer. Toutes les profondeurs du Nil seront asséchées. L'orgueil d'Assour sera abattu et le sceptre de l'Égypte disparaîtra. J'en ferai des héros dans la puissance du Seigneur. C'est en son nom qu'ils marcheront, oracle du Seigneur.

Commentaire

Alors, je vous avais parlé d'une prophétie qui allait avoir une immense postérité. Est-ce que vous l'avez trouvée ? Ben, quand même ! C'était 9,9 :

Exulte de toutes tes forces, fille de Sion. Pousse des cris de joie, fille de Jérusalem. Voici ton roi qui vient à toi. Il est juste et victorieux. Pauvre ! Il est monté sur un âne. Un âne. Non. Le petit de l'ânesse.

Mais oui ! C'est exactement ce verset qui sera cité dans les évangiles pour le dimanche des Rameaux. À votre avis, pourquoi est-ce que Jésus va monter sur un âne pour se rendre à Jérusalem ? C'est exactement pour accomplir cette prophétie de Zacharie.

Donc, un roi pauvre, monté sur un âne. Non pas sur un cheval, qui était le symbole de l'armée, d'une puissance militaire. Ce qui avait déjà été plus ou moins préparé dans les visions précédentes. Souvenez-vous, le dernier oracle où Dieu a prédit qu'il y aurait une guerre, mais pas une guerre armée humaine, où Dieu allait donner à l'armée juive la victoire. Ça fait longtemps qu'on n'en a pas entendu parler. Et là, vous le retrouviez encore, ce thème de ce roi qui n'a pas d'armée. C'était au début du chapitre, avec un oracle contre Ékron, Tyr, Sidon. Ça, ça reprend d'anciennes prophéties d'Ézéchiel, qui d'ailleurs n'étaient pas encore réalisées. Donc, on les reprend. Et cette fois-ci, on vous dit que c'est Dieu qui va faire la guerre. Ni les hommes, et encore moins un roi juif.

Si Dieu décharge le roi de Jérusalem de devoir faire la guerre et d'avoir à protéger militairement son pays, on peut faire évoluer cette figure. D'autant plus que, dans le contexte de l'Empire perse, ça prend tout son sens. Parce qu'après tout, normalement, c'est à l'Empire perse de jouer les gendarmes régionaux.

Bon, je reviens à ma figure de ce roi humble et victorieux monté sur un âne, le petit de l'ânesse. On a l'impression que, pour Zacharie, c'est une manière de condenser sur cette figure royale pas mal de prophéties qu'on avait déjà eues par ailleurs. Par exemple, on avait vu Isaïe, chapitre 9 : un enfant nous est né, prince de la paix. Et, bon, ici, on vous montre un roi pacifique. On avait encore Jérémie 23,5 : je susciterai à David un germe juste, il règnera en roi, il prospérera. Et là, on vous dit que ce roi est juste et victorieux. Mais, en même temps, on vous dit qu'il est pauvre, ce qui le rapproche d'Isaïe 53, le chant du serviteur : il n'avait ni éclat ni beauté. On le met sur un âne, qui était le symbole royal. C'était quand même la monture que David avait utilisée pour se rendre à Jérusalem.

Et puis, derrière lui, il y a encore l'idée d'une royauté universelle, l'idée messianique que le roi d'Israël va apporter la paix, non seulement pour le peuple élu, mais aux nations entières. Ça, c'est Isaïe, chapitre 2 : ils forgeront leurs épées en socs de charrue. Puis, l'idée aussi d'une royauté universelle, psaume 72 : qu'il domine de la mer à la mer. Ça, c'est de l'Euphrate à la Méditerranée. Tous les rois se prosterneront devant lui.

Donc, si vous voulez, cette vision d'un roi humble et victorieux monté sur un ânon, c'est une prophétie particulièrement puissante. Parce qu'elle arrive à concentrer sur elle énormément de prophéties messianiques qui avaient été développées jusqu'à présent. Et c'est là où elle est puissante, cette prophétie. C'est qu'elle arrive à le dire d'une manière parfaitement claire. Avec cette image de l'ânon, il n'y a plus aucune ambiguïté.

C'est là qu'on comprend aussi pourquoi Dieu n'arrêtait pas de dire à David : « Ce n'est pas toi qui me construis mon temple parce que tu es parti à la guerre. » Comme s'il y avait une sorte de regret. C'est parce que le rêve que Dieu avait voulu mettre au cœur de la royauté messianique, c'était ce roi pacifique.

Alors, ça tombe pas mal que ça vienne en ce moment. Parce que si on regarde le contexte dans lequel on est en ce moment, il y avait un prétendant au trône, Zorobabel. Et on a vu comment Zorobabel, il avait disparu dans les limbes de l'histoire. On ne sait pas ce qu'il est devenu. La famille davidique va à nouveau prendre le chemin de l'exil. Cette fois-ci plus à Babylone, mais elle va quitter, nous dit la tradition, Jérusalem pour s'installer dans une campagne à Nazareth, sans trop savoir ce qu'elle allait devenir.

Ben, si vous remettez les deux ensemble, ça marche assez bien, parce que la tendance naturelle des gens, c'est de vouloir avoir un roi qui va rassurer, qui va faire la guerre, qui va aller en campagne. Et ce n'est pas ce que Dieu veut. Ce n'est pas le type de roi que lui a en tête. Enfin, même dans le livre des Chroniques, vous avez vu comment on n'a pas arrêté de déplacer la figure royale pour la rapprocher du grand prêtre, du pape ?

Et moi, je me dis quoi ? Ben, je me dis qu'il fallait peut-être ça. Il fallait peut-être que Zorobabel et sa descendance n'aient pas accès au trône et soient relégués dans la pénombre de l'oubli pour permettre une évolution de la fonction royale, pour qu'ils comprennent, pour que la famille de David abandonne ses rêves de grandeur à la manière des hommes. C'est comme si Dieu leur imposait une double peine, un double exil, parce qu'il en attend tellement d'eux qu'il faut qu'on soit bien sûrs qu'ils comprennent ce qu'on attend d'eux.

Ce qui fait que quand Jésus arrivera après quatre ou cinq siècles, ah ben, ils auront eu le temps, les fils de David, de méditer sur cette prophétie d'un roi humble et victorieux monté sur un ânon. Jésus naîtra dans une famille qui a perdu l'habitude du pouvoir et de la domination militaire. C'est un autre type de royauté qui aura été proposé et intégré, et c'est celui-là que Jésus reprendra.

Prière

Au nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit. Amen.

Seigneur, donne-moi de régner par la douceur. Donne-moi de régner par l'humilité. Donne-moi de monter sur mon âne dans le labeur de la vie quotidienne, en travaillant pour le bien de ma maison, en travaillant pour mes proches, sans vouloir régner par des problèmes, sans vouloir faire de grands coups d'éclat, mais simplement en ayant le soin de ceux qui me sont confiés, Seigneur. Donne-moi cette royauté-là, Seigneur.

Je prie aussi, tiens, pour vous, pour que vous soyez aussi ce roi victorieux, pour que toutes les personnes qui vous sont confiées puissent trouver en vous un refuge, un asile et une protection, qu'elles puissent trouver en vous les conseils pour vivre au jour le jour, qu'elles puissent trouver en vous une assistance matérielle et financière, que vous puissiez les réconforter par votre présence, et que votre sceptre royal, là où vous serez, dans votre famille ou en entreprise, soit votre bonté, et que votre bonté rayonne de votre visage et qu'elle illumine les gens autour de vous, afin que, voyant les belles actions que vous faites, ils rendent gloire à votre Père céleste.


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