Jour 282 ☼ — Néhémie, droit dans ses bottes
← J281 ☾ · 📋 Index · 🎧 Écouter · J282 ☾ →
Résumé : Dans cet épisode consacré aux chapitres 6 et 7 du livre de Néhémie, le frère Paul-Adrien lit le récit des complots répétés de Sanballat, Tobie et Guèshem contre Néhémie, l'achèvement du rempart en cinquante-deux jours, puis la longue liste du recensement des rapatriés de l'exil. Le commentaire dégage les quatre techniques employées par les ennemis — le guet-apens, la diffamation, le piège destiné à décrédibiliser, la zizanie semée dans le peuple — et note qu'ici, contrairement à l'ordinaire, l'opposition va decrescendo. En face, Néhémie reste droit dans ses bottes : il ne répond pas aux complots par d'autres complots, mais par la confiance en Dieu et en la mission reçue du roi. Une belle figure politique, qui montre que le pouvoir ne corrompt pas forcément.
Introduction
Notre secours est dans le nom du Seigneur qui a fait le ciel et la terre.
La dernière fois, dans le livre de Néhémie, nous avions parlé des ennemis qui se dressaient contre lui. Et vous allez voir comment les complots se multiplient aujourd'hui. Je vous invite à voir comment Néhémie leur répond et comment il arrive à garder le sentiment de sa dignité et de sa grandeur. Il ne répond pas par la mesquinerie, il ne répond pas aux complots par d'autres complots. Il reste droit dans ses bottes, ce qui est une manière de faire confiance à Dieu, en faisant confiance à l'administration, au roi Artaxerxès qui l'a envoyé.
C'est vraiment une belle figure, Néhémie. On n'arrête pas de nous dire que dans la vie politique c'est facile de vendre son âme, et que le pouvoir corrompt forcément. Vous avez en lui un autre exemple. Il fait partie de ces politiciens qu'on finit — même s'ils ne sont pas toujours de notre sensibilité — qu'on finit par aimer, parce qu'il y a une rectitude chez eux.
Et puis après, vous entendrez, pour le plaisir des uns, une nouvelle liste de personnes. Merci, Seigneur ! On arrête de râler et on se pose la question : mais qu'est-ce que celle-là va m'apprendre ? Ce sera quoi, le petit truc ? On se retrouve dans les commentaires, d'accord ?
Lecture : Néhémie 6 et 7
Sanballat, Tobie, Guèshem l'Arabe et nos autres ennemis apprirent que j'avais reconstruit le rempart et qu'il ne restait plus une seule brèche. À cette date toutefois, je n'avais pas encore posé les battants des portes.
Alors Sanballat ainsi que Guèshem me firent dire : « Viens, rencontrons-nous à Kephirim, dans la vallée d'Ono. » Mais ils projetaient de me faire du mal.
Je leur envoyai donc des messagers avec cette réponse : « Je suis occupé à un grand travail et je ne puis descendre. Pourquoi le travail cesserait-il ? Devrais-je le quitter pour descendre vers vous ? »
Quatre fois ils m'adressèrent la même invitation, et je leur fis la même réponse.
Une cinquième fois encore, Sanballat m'envoya son serviteur, porteur d'une lettre ouverte où il disait : « On entend dire parmi les nations que toi et les Juifs songeriez à vous révolter. Ce serait pour cette raison que tu reconstruis le rempart. Et selon ces dires, c'est toi qui deviendrais leur roi. Tu aurais même mis en place des prophètes pour proclamer à ton sujet dans Jérusalem : "Il y a un roi en Juda." Et maintenant, ces bruits-là vont parvenir aux oreilles du roi. Viens donc à présent, que nous tenions conseil ensemble. »
Mais je lui fis répondre : « Il n'y a rien de vrai dans tes paroles. Tout cela, c'est toi-même qui l'inventes. »
Eux tous, en effet, voulaient nous effrayer, en se disant : « Leurs mains vont abandonner l'ouvrage, il ne se fera jamais. » Et maintenant, mon Dieu, fortifie mes mains !
Je me rendis donc chez Shemaya, fils de Delaya, fils de Mehétabéel, qui avait un empêchement. Il déclara : « Rencontrons-nous dans la maison de Dieu, à l'intérieur du temple, et fermons bien les portes du temple, car on va venir pour te tuer. Oui, cette nuit, on viendra te tuer. »
Mais je répondis : « Un homme comme moi prendrait-il la fuite ? Et quel homme tel que moi pourrait entrer dans le temple et rester en vie ? Non, je n'y entrerai pas. »
Et je reconnus que ce n'était pas Dieu qui l'avait envoyé, mais qu'il avait ainsi prophétisé à mon sujet parce que Tobie et Sanballat l'avaient soudoyé. Et on l'avait soudoyé afin que, pris de frayeur, je fasse cela et commette un péché. Ils en auraient eu prétexte à me faire mauvaise réputation. Ainsi auraient-ils pu m'outrager.
Souviens-toi, mon Dieu, de Tobie et de Sanballat pour ce qu'ils ont fait, et de Noadia la prophétesse et des autres prophètes qui voulaient m'effrayer.
Le rempart fut achevé en cinquante-deux jours, le vingt-cinq du mois d'Éloul. Lorsque tous nos ennemis l'apprirent, toutes les nations autour de nous furent saisies de crainte. Ils furent abaissés à leurs propres yeux : ils reconnurent dans ce travail l'action de notre Dieu.
À cette même époque, les notables de Juda multipliaient leurs lettres à l'adresse de Tobie, tandis que celles de Tobie leur parvenaient, car il y avait en Juda beaucoup d'alliés, étant le gendre de Shekania, fils d'Arah, et son fils Yohanan ayant épousé la fille de Meshoullam, fils de Bérékia. Ils vantaient même, en ma présence, ses bonnes actions, et lui rapportaient mes paroles. Et Tobie envoyait des lettres pour m'effrayer.
Lorsque le rempart fut reconstruit et que j'eus posé les battants des portes, les portiers, les chantres et les lévites furent installés dans leurs fonctions. Je mis Jérusalem sous l'autorité de mon frère Hanani et de Hanania, commandant de la citadelle, qui était un homme de confiance et qui craignait Dieu plus que beaucoup d'autres.
Je leur dis : « Les portes de Jérusalem ne seront pas ouvertes tant que le soleil ne chauffera pas, et les gens seront encore debout quand on devra clore et verrouiller les battants. On instituera une garde pour les habitants de Jérusalem, chacun ayant son tour de garde, chacun devant sa maison. »
La ville était vaste en tous sens, elle était grande, mais la population y était peu nombreuse, et les maisons n'étaient pas reconstruites. Mon Dieu m'inspira de rassembler les gens, les notables, les magistrats et le peuple, pour en faire le recensement. Je trouvai le livre du recensement de ceux qui étaient revenus les premiers, et j'y trouvai les relevés suivants.
Voici les gens de la province qui sont montés de la captivité de l'exil. Ils avaient été déportés par Nabuchodonosor, roi de Babylone, et revinrent à Jérusalem et en Juda, chacun dans sa ville. Ils arrivèrent avec Zorobabel, Josué, Néhémie, Azarias, Rahamia, Nahamani, Mordokaï, Bilshân, Mispéreth, Bigwaï, Nehoum, Baana.
Nombre des hommes du peuple d'Israël : les fils de Paréosh, 2172 ; les fils de Shephatia, 372 ; les fils d'Arah, 652 ; les fils de Pahath-Moab, c'est-à-dire les fils de Josué et de Yoab, 2818 ; les fils d'Élam, 1254 ; les fils de Zattou, 845 ; les fils de Zakkaï, 760 ; les fils de Binnouï, 648 ; les fils de Bébaï, 628 ; les fils d'Azgad, 2322 ; les fils d'Adoniqam, 667 ; les fils de Bigwaï, 2067 ; les fils d'Adîn, 655 ; les fils d'Ater, c'est-à-dire d'Ézékias, 98 ; les fils de Hashoum, 328 ; les fils de Bécaï, 324 ; les fils de Harif, 112 ; les fils de Gabaon, 95 ; les hommes de Bethléem et de Netopha, 188 ; les hommes d'Anatoth, 128 ; les hommes de Beth-Azmaweth, 42 ; les hommes de Qiriath-Yearim, Kephira et Bééroth, 743 ; les hommes de Rama et de Guéba, 621 ; les hommes de Mikmas, 122 ; les hommes de Béthel et de Aï, 123 ; les hommes de l'autre Nébo, 52 ; les fils de Harim, 320 ; les fils de Jéricho, 345 ; les fils de Lod, Hadid et Ono, 721 ; les fils de Senaa, 3930.
Les prêtres : les fils de Yedaya, c'est-à-dire la maison de Josué, 973 ; les fils d'Immer, 1052 ; les fils de Pashehour, 1247 ; les fils de Harim, 1017.
Les lévites : les fils de Josué, c'est-à-dire Qadmiel, Binnouï et Hodwa, 74.
Les chantres : les fils d'Asaph, 148.
Les portiers : les fils de Shalloum, les fils d'Ater, les fils de Talmôn, les fils d'Aqqoub, les fils de Hatita, les fils de Shobaï, 138.
Les servants : les fils de Ciha, les fils de Hasoupha, les fils de Tabbaoth, les fils de Qéros, les fils de Sia, les fils de Padôn, les fils de Lebana, les fils de Hagaba, les fils de Shalmaï, les fils de Hanân, les fils de Guiddel, les fils de Gahar, les fils de Reaya, les fils de Recîn, les fils de Neqoda, les fils de Gazzam, les fils d'Ouzza, les fils de Paséah, les fils de Bécaï, les fils de Méounim, les fils de Nephishesim, les fils de Baqbouq, les fils de Haqoupha, les fils de Harhour, les fils de Batslith, les fils de Mehida, les fils de Harsha, les fils de Barqos, les fils de Sisera, les fils de Tamah, les fils de Neciah, les fils de Hatipha.
Les fils des serviteurs de Salomon : les fils de Sotaï, les fils de Sophéreth, les fils de Perida, les fils de Yaala, les fils de Darqôn, les fils de Guiddel, les fils de Shephatia, les fils de Hattil, les fils de Pokéreth-ha-Cebaïm, les fils d'Amôn. Total des servants et des fils des serviteurs de Salomon : 392.
Voici ceux qui sont montés de Tel-Mélah, Tel-Harsha, Keroub-Addôn et Immer, mais qui n'ont pas pu établir que leur famille et leur race étaient bien d'Israël : les fils de Delaya, les fils de Tobie, les fils de Neqoda, 642.
Et parmi les prêtres : les fils de Hobaya, les fils de Haqqoç, les fils de Barzillaï — celui qui avait pris pour femme l'une des filles de Barzillaï le Galaadite et avait été appelé de ce nom. Ceux-là recherchèrent leur registre généalogique, mais on ne le trouva pas. Ils furent alors déclarés impurs et exclus du sacerdoce, et le gouverneur leur interdit de manger des aliments sacrés, jusqu'à ce qu'un prêtre se tienne devant Dieu pour le consulter par les Ourim et les Toummim.
L'assemblée tout entière était de 42 360 personnes, sans compter leurs serviteurs et leurs servantes, au nombre de 7 337. Il y avait aussi 245 chanteurs et chanteuses. Les chameaux étaient au nombre de 435 et les ânes 6 720.
Certains chefs de famille firent des dons pour le travail. Le gouverneur versa au trésor 1 000 pièces d'or. Des chefs de famille versèrent au trésor des travaux 20 000 pièces d'or et 2 200 pièces d'argent. Quant aux dons faits par le reste du peuple, ils se montèrent à 20 000 pièces d'or, 2 000 pièces d'argent et 67 tuniques sacerdotales.
Alors s'installèrent prêtres, lévites, portiers et chantres, une partie du peuple, les servants et tout Israël, dans leurs villes. Ainsi, quand arriva le septième mois, les fils d'Israël étaient établis dans leurs villes.
Commentaire
Les familles qui reviennent, et voilà : l'œuvre de repeuplement a été faite, et bien faite.
Maintenant, remontons un tout petit peu en arrière, sur le fait que les remparts ont été reconstruits en cinquante-deux jours. Ce qui n'est pas mal. Ce qui n'est pas mal du tout ! Ça vous montre la capacité de mobilisation de cette communauté et comment Néhémie a réussi à susciter un élan. D'autant plus qu'ensuite, on vous disait qu'il y avait certaines dissensions parmi les notables. Aux versets 17 à 19 :
À cette même époque, les notables de Juda multipliaient leurs lettres à l'adresse de Tobie, tandis que celles de Tobie leur parvenaient, car il y avait en Juda beaucoup d'alliés, étant le gendre de Shekania, fils d'Arah, et son fils Yohanan ayant épousé la fille de Meshoullam, fils de Bérékia. Ils vantaient même, en ma présence, ses bonnes actions, et lui rapportaient mes paroles. Et Tobie envoyait des lettres pour m'effrayer.
Ça, ça vous montre les techniques des ennemis. Ici, vous les voyez en pleine subversion, qui essaient de désunir le peuple. Ça, c'était une technique : la technique de la discorde et de la zizanie.
Il y avait une deuxième technique, qui était celle de la diffamation. Aux versets 6 et 7 :
On entend dire parmi les nations que toi et les Juifs songeriez à vous révolter. Ce serait pour cette raison que tu reconstruis le rempart. Et selon ces dires, c'est toi qui deviendrais leur roi. Tu aurais même mis en place des prophètes pour proclamer à ton sujet dans Jérusalem : « Il y a un roi en Juda. » Et maintenant, ces bruits-là vont parvenir aux oreilles du roi.
Et puis ensuite, vous aviez la technique du complot, des pièges : on essayait d'attirer Néhémie à l'intérieur du temple pour le décrédibiliser. Et tout au début, vous aviez la technique du guet-apens : cette fois-ci, on essayait de fixer un rendez-vous avec lui pour le tuer, carrément.
Ce qui est curieux, c'est que normalement, les oppositions, ça va crescendo : c'est quand vous n'y arrivez plus que vous cherchez à tuer. Mais ici, vous êtes dans un empire, et c'est le monde des bruits de couloir et des intrigues. Et c'est le chemin inverse. On commence par le guet-apens, pour le faire tuer — mais on n'y arrive pas. Alors ensuite, on passe à la diffamation. Et comme on n'arrive toujours pas à le déstabiliser, on dresse un petit piège, juste le croc-en-jambe qu'il faut pour décrédibiliser la personne. Et comme on n'y arrive toujours pas, cette fois-ci on s'attaque à la base, et on essaie de mettre de la discorde dans le peuple.
Et en face de ça, la figure de Néhémie, je vous le disais en introduction, qui reste droit dans ses bottes. C'est toute une vision du monde politique qui est offerte ici.
Proverbes 24,1-4
N'envie pas les méchants, ne rêve pas d'être avec eux, car ils n'ont dans le cœur que violence, et sur les lèvres des paroles menaçantes.
Avec la sagesse, on se bâtit une maison. Avec l'intelligence, on la rend solide. Avec du savoir-faire, on remplit les pièces de mille biens précieux et beaux.