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Jour 283 ☼ — La joie du Seigneur est notre force

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Résumé : Court chapitre aujourd'hui : Néhémie 8, la grande lecture publique de la loi devant la porte des Eaux. Le frère Paul-Adrien souligne le retour d'Esdras aux côtés de Néhémie — nouveau tandem qui remplace celui de Zorobabel et de Josué, passage de la théologie du premier temple à celle du second, du système monarchique au système administratif. Mais le vrai sujet du texte, c'est le peuple : c'est lui qui se rassemble de sa propre initiative, lui qui demande à être instruit, lui qui construit l'estrade d'Esdras, lui qui pleure en entendant la loi, puis qui se laisse conduire à la joie et célèbre la fête des Tentes. Une certaine vision de l'Église, et du synode.

Introduction

Notre secours est dans le nom du Seigneur qui a fait le ciel et la terre.

Aujourd'hui, un court chapitre. Ça m'énerve un petit peu, parce que je me dis que ce n'est pas tout à fait juste. Il y a des fois, je n'ai pas le choix, parce que c'est coincé entre deux longs chapitres et donc il y a une journée avec un tout petit chapitre, alors qu'il y a d'autres fois où j'ai plein de choses à dire mais où je n'ai pas le temps dans le commentaire. Ah non, tout ça, ce n'est pas très juste. En attendant, profitons-en : pour une fois, ce sera lecture courte.

Lecture : Néhémie 8

Tout le peuple se rassembla comme un seul homme sur la place située devant la porte des Eaux. On demanda au scribe Esdras d'apporter le livre de la loi de Moïse, que le Seigneur avait prescrite à Israël. Alors le prêtre Esdras apporta la loi en présence de l'assemblée, composée des hommes, des femmes et de tous les enfants en âge de comprendre. C'était le premier jour du septième mois. Esdras, tourné vers la place de la porte des Eaux, fit la lecture dans le livre de la loi de Moïse, depuis le lever du jour jusqu'à midi, en présence des hommes, des femmes et de tous les enfants en âge de comprendre. Tout le peuple écoutait la lecture de la loi.

Le scribe Esdras se tenait sur une tribune de bois construite tout exprès. Près de lui se tenaient, à sa droite, Matitya, Shéma, Anania, Ouriya, Hilkiya et Maaséya, et à sa gauche, Pedaya, Mishaël, Malkiya, Hashoum, Hashbaddana, Zekarya et Meshoullam. Tout le peuple le voyait, car il dominait l'assemblée. Quand il ouvrit le livre, tout le monde se mit debout. Alors Esdras bénit le Seigneur, le Dieu très grand, et tout le peuple, levant les mains, répondit : « Amen ! Amen ! » Puis ils s'inclinèrent et se prosternèrent devant le Seigneur, le visage contre terre.

Josué, Bani, Chérébia, Yamine, Akoub, Chabétaï, Hodia, Maaséya, Kelita, Azaria, Yozabad, Hanane, Pelaya, qui étaient lévites, expliquaient la loi au peuple, pendant que le peuple, debout, demeurait sur place. Esdras lisait un passage dans le livre de la loi de Dieu, puis les lévites traduisaient, donnaient le sens, et l'on pouvait comprendre.

Néhémie le gouverneur, Esdras qui était prêtre et scribe, et les lévites qui donnaient les explications dirent à tout le peuple : « Ce jour est consacré au Seigneur votre Dieu. Ne prenez pas le deuil, ne pleurez pas. » Car ils pleuraient tous en entendant les paroles de la loi.

Esdras leur dit encore : « Allez, mangez des viandes savoureuses, buvez des boissons aromatisées et envoyez une part à celui qui n'a rien de prêt. Car ce jour est consacré à notre Dieu. Ne vous affligez pas : la joie de Dieu est votre rempart. »

Les lévites calmaient tout le peuple en disant : « Cessez de pleurer, car ce jour est saint. Ne vous affligez pas. » Puis tout le peuple se dispersa pour aller manger, boire, envoyer des parts à ceux qui n'avaient rien de prêt, et se livrer à de grandes réjouissances. En effet, ils avaient compris les paroles qu'on leur avait fait entendre.

Le deuxième jour, les chefs de famille de tout le peuple se rassemblèrent autour du scribe Esdras pour scruter les paroles de la loi. Dans la loi que le Seigneur avait prescrite par l'intermédiaire de Moïse, ils trouvèrent écrit que les fils d'Israël devaient habiter dans des huttes durant la fête du septième mois, et qu'ils devaient l'annoncer et le faire publier dans toutes leurs villes et à Jérusalem, en ces termes : « Sortez dans la montagne et rapportez des rameaux d'oliviers, d'oliviers sauvages, de myrtes, de palmiers et d'autres arbres touffus, pour faire des huttes, comme il est écrit. »

Le peuple sortit donc, ils rapportèrent des rameaux et se firent des huttes, chacun sur son toit, dans leur propre cour, dans les cours de la maison de Dieu, ainsi que sur la place de la porte des Eaux et sur la place de la porte d'Éphraïm. Toute l'assemblée, ceux qui étaient revenus de la captivité, fit donc des huttes et habita dans ces huttes. Les fils d'Israël n'avaient rien fait de tel depuis les jours de Josué, fils de Noun, jusqu'à ce jour. Ce fut une très grande joie.

On lut dans le livre de la loi de Dieu chaque jour, depuis le premier jour jusqu'au dernier, sept jours durant qu'on célébra la fête. Le huitième jour eut lieu, selon la coutume, la clôture de la fête.

Commentaire

Il y a Esdras qui a fait sa réapparition, vous avez vu, au verset 4 :

Le scribe Esdras se tenait sur une tribune de bois construite tout exprès.

Près de lui, et il expliquait la loi. Eh bien, Esdras, on pensait l'avoir enterré, et voilà qu'il fait sa réapparition du séjour des morts. Souvenez-vous de ce que je vous disais : Esdras, Néhémie, c'est la même époque. Et donc là, on les voit qui travaillent de concert. Ce qui fait qu'on avait une liste qui reprenait quasiment telle quelle celle qu'on avait lue au début du livre d'Esdras.

C'est l'œuvre de la reconstruction qui est terminée, et maintenant on passe à autre chose dans le livre de Néhémie. L'œuvre de la reconstruction : on a commencé par refonder le temple, ça, c'était Zorobabel. Puis ensuite, la communauté qu'on a refondée en lisant de manière publique la Torah, ça, c'était Esdras. Et maintenant, on l'a dotée de murailles et d'un système de protection, ça, c'était Néhémie. Donc, on a bien progressé dans ces petits chapitres.

Et maintenant, qu'est-ce qu'on fait ? On voit le peuple se mettre en marche. Une fois qu'on a refondé, on y va. Et donc là, on est passé d'un tandem à un autre tandem. Le premier tandem, au début du livre, c'était Zorobabel, le fils lointain de David, auquel on avait adjoint Josué, fils de Yoçadak, le grand prêtre — ça, c'était Esdras, chapitre 3, verset 2. Eh bien maintenant, on est passé à un nouveau tandem : le scribe Esdras, qui travaille de pair avec le fonctionnaire Néhémie. On est passé de la théologie du premier temple à la théologie du deuxième temple, d'un système monarchique à un système administratif.

Alors, simplement, on fera attention, parce que malgré les apparences, le focus du texte n'est pas sur le couple Esdras-Néhémie, mais il est bien sur le peuple. C'est le peuple, ici, qui est présenté comme un acteur. Et c'est là où on voit que la refondation, elle a bien marché : parce que c'est le peuple qui prend en main son destin.

Alors ça se voit à de tout petits détails. C'était chapitre 8, verset 1, le tout premier verset que vous avez entendu :

Tout le peuple se rassembla comme un seul homme sur la place située devant la porte des Eaux. On demanda au scribe Esdras d'apporter le livre de la loi.

Tout le peuple se rassembla : initiative populaire, comme un seul homme, idéal de communion. Et on demanda au scribe Esdras. Ce n'est pas du tout le scribe Esdras qui a fait son curé, qui est monté en chaire pour faire une homélie : ce sont spontanément les gens du peuple qui ont demandé à ce qu'on leur explique ce que, maintenant, ils devaient faire. C'est quand même un peu le rêve de tous les curés de paroisse. Je soupçonne ce texte-là d'être en partie une réécriture un peu fantasmée de ce que les scribes, les prêtres, aimeraient vivre. N'empêche qu'en attendant, ça vous montre ce que c'est, le peuple de Dieu, là, qu'on a reformé : c'est eux qui demandent à être instruits. Alors on ne va pas leur refuser.

Et Esdras se plie au jeu. Sur une estrade, d'ailleurs, qu'on a construite tout exprès pour lui. Elle est construite par qui ? Ce n'est pas Esdras qui s'est dit : « Tiens, faites-moi une chaire, et je vais monter dedans. » C'est le peuple qui a construit une estrade pour Esdras.

Et d'ailleurs, il n'y a pas que le peuple, parce que les lévites aussi se sont remis en place. Les lévites, qu'on avait vus tout au début du livre d'Esdras avoir un peu de mal à se mettre en place, et qu'il avait bien fallu motiver pour qu'ils quittent Babylone. Eh bien voilà, c'est eux qui, de leur propre initiative, expliquent au peuple ce qu'Esdras est en train de lire. Verset 8 :

Esdras lisait un passage dans le livre de la loi de Dieu, puis les lévites traduisaient, donnaient le sens, et l'on pouvait comprendre.

Et au total, vous avez le peuple qui se rassemble. C'est un moment fondateur d'unité nationale. C'est le qahal, l'assemblée, l'ekklèsia. C'est une certaine vision de l'Église. Nous, on appellerait ça le synode. Sauf que parfois, on se dit que quand les groupes se réunissent en synode, c'est plutôt pour faire remonter leurs revendications et dire : « Moi, j'aimerais bien que dans l'Église, il y ait ça, et ça, et ça qui change. » Ici, le modèle du synode, c'est le peuple qui se rassemble de sa propre initiative pour réécouter la loi de Dieu.

Qui d'ailleurs se met à pleurer. C'est étonnant, ça. Pourquoi est-ce qu'ils se mettent à pleurer ? Est-ce qu'ils se mettent à pleurer de joie, parce que c'est la première fois qu'ils ont eu un tel mouvement d'unité nationale ? Sinon, les lévites ne leur diraient pas, verset 9 :

Ce jour est consacré au Seigneur votre Dieu. Ne prenez pas le deuil, ne pleurez pas.

Pourquoi est-ce qu'ils pleurent ? Probablement parce que les textes qu'on leur a lus, c'étaient des textes où on leur a dit ce qu'il fallait faire, ce qu'ils n'avaient pas fait, et les malheurs qu'ils risquaient d'encourir. Je suppose que c'est ça. Ça reste exigeant. Ce n'est pas parce que le peuple se rassemble qu'on le flatte dans le sens du poil. Sauf qu'ensuite, on leur dit : « Non, ne vous inquiétez pas. On vous a lu la loi, qui était exigeante, et on vous a dit qu'il y avait des bénédictions et qu'il y avait des malédictions, mais aujourd'hui, c'est la fête. Dieu nous aime, on est tous rassemblés. Donc soyez dociles, vivez ça comme un mouvement d'allégresse. »

Et on voit le peuple, docile, qui rentre dans l'intelligence de la liturgie, du cycle des saisons et des fêtes. Et qui fait la fête. Il a bien raison. Et c'est ainsi que vous les voyez tout de suite célébrer Souccot, la fête des Tentes. Alors, pour le coup, ça marche très bien, parce que la fête des Tentes, c'est quand vous avez quitté l'Égypte, que vous vous souvenez des quarante ans passés dans le désert, et que là, vous faites des petites huttes dans lesquelles vous allez vivre pendant une semaine. Ici, c'est pour se souvenir des soixante-dix ans passés en exil. Et ces tentes, ça ne représente pas simplement les tentes à Babylone ou dans le désert : ça représente aussi, maintenant, les cabanes de fortune qu'ils avaient probablement dû se construire à Jérusalem quand ils venaient d'arriver.

Et c'est une nouvelle manière de se réapproprier et son histoire personnelle, et l'histoire nationale du peuple juif, en même temps que de célébrer la reconstruction du peuple. D'ailleurs, on vous dit, verset 17, qu'il n'y avait pas eu de fête comme celle-là depuis les jours de Josué, fils de Noun, jusqu'à ce jour. C'est assez curieux, parce que Josué, on ne vous mentionne pas qu'il ait célébré une grande Souccot, et puis certainement qu'il y en avait eu d'autres avant, qui étaient tout aussi belles. Mais ça, c'est une manière de vous dire que, enfin, on a à nouveau pris possession de la Terre promise, comme Josué avant. Et qui sait, peut-être qu'on en a encore mieux pris possession.

Proverbes 24,5-10

Au sage appartient la force, celui qui a l'expérience augmente son pouvoir.

C'est en bon stratège que tu dois mener la guerre. Élargis ton conseil, et tu réussiras.

La sagesse vole trop haut pour le fou : au conseil de la cité, il ne dit mot.

Qui fait le mal avec préméditation mérite le nom de roi des rusés.

Le fou n'a de ruse que pour le péché, l'insolent, les gens l'ont en horreur.

Tu faiblis aux jours difficiles ? Difficile de croire à ta force.


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