Jour 285 ☼ — Un peuple qui s'engage par écrit
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Résumé : Dans cet épisode, le frère Paul-Adrien lit les chapitres 10 et 11 du livre de Néhémie : l'engagement solennel pris par écrit et scellé par les chefs, les prêtres et les lévites, puis les longues listes de ceux qui s'établissent à Jérusalem et dans les villes de Juda. Le commentaire montre que la nouveauté de cette liste est le repeuplement de tout le pays, et non plus seulement de la ville sainte. Il souligne surtout qu'en l'absence d'un Moïse, d'un David ou d'un Abraham, c'est le peuple entier qui contracte l'alliance avec Dieu — signe qu'on n'a plus affaire au même peuple qu'avant l'exil. Il interroge enfin la théocratie du second Temple qui se met en place, ses différences avec un régime répressif, et ce qui lui manque : rappeler que la miséricorde gratuite de Dieu devrait être la valeur qu'on cherche à imiter. L'épisode se termine par Proverbes 24, 15-20.
Introduction
Notre secours est dans le nom du Seigneur qui a fait le ciel et la terre. Aujourd'hui, journée 285. Qui l'eût cru ? On a bientôt terminé l'Ancien Testament, les enfants. On se motive, on donne le meilleur de soi-même, que ce soit dans les commentaires ou que ce soit dans l'écoute. On y va, on y va, on tient le bon bout, on ne craque pas. Et pour se soutenir les uns les autres, parce que là c'est le sprint final, les liens sont en bas. On a tous besoin d'être motivés.
Ceci dit, je trouve qu'on s'en tire plutôt pas mal. Il y a un petit côté sympa dans Esdras et dans Néhémie, même si, jamais, il y a des longues listes. Tiens, d'ailleurs, on va en retrouver une. Néhémie 10, 11. Et vous n'oubliez pas au passage de faire un petit tour dans les liens en bas. À tout de suite pour les commentaires.
Lecture : Néhémie 10-11
En conséquence, nous prenons un engagement ferme par écrit. Sur ce texte scellé figurent nos chefs, nos lévites et nos prêtres.
Sur les documents scellés figurent le gouverneur Néhémie, fils de Hakalia, et Sidkia, Seraya, Azarya, Jérémie, Pashehour, Amarya, Malkiya, Hattouch, Shebanya, Mallouk, Harim, Merémoth, Abdias, Daniel, Guinneton, Baruch, Meshoullam, Abiya, Miyamin, Maazia, Bilgaï, Shemaya. Ce sont les prêtres.
Puis les lévites : Josué, fils d'Azanya, Binnouï, des fils de Hénadad, Qadmiel, et leurs frères : Shebanya, Hodiya, Qelita, Pelaya, Hanan, Mika, Rehob, Hashabya, Zakkour, Shérébya, Shebanya, Hodiya, Bani, Beninou.
Les chefs du peuple : Paréosh, Pahath-Moab, Élam, Zattou, Bani, Bounni, Azgad, Bébaï, Adoniya, Bigvaï, Adin, Ater, Ézékias, Azzour, Hodiya, Hashoum, Bécaï, Harif, Anatoth, Nébaï, Magpiash, Meshoullam, Hézir, Meshézabel, Sadoq, Yaddoua, Pelatya, Hanan, Ananya, Hoshéa, Hananya, Hashoub, Hallohesh, Pilha, Shobeq, Rehoum, Hashabna, Maaséya, Ahiya, Hanan, Anan, Mallouk, Harim, Baana.
Le reste du peuple, prêtres, lévites, portiers, chantres, servants, tous ceux qui se sont séparés des peuples des autres pays pour se tourner vers la loi de Dieu, ainsi que leurs femmes, leurs fils et leurs filles, tous ceux qui peuvent comprendre, se joignent à leurs frères et aux notables, et ils s'engagent par promesse et serment à marcher selon la loi de Dieu donnée par l'intermédiaire de Moïse, le serviteur de Dieu, en gardant et observant tous les commandements du Seigneur notre Dieu, ses ordonnances et ses décrets.
En conséquence, nous ne donnerons pas nos filles aux gens du pays et nous ne prendrons pas leurs filles pour nos fils. Si les gens du pays apportent pour les vendre, le jour du sabbat, des marchandises ou quelques denrées que ce soit, nous ne leur achèterons rien. Et la septième année, nous renoncerons aux produits du sol et remettrons les dettes de toutes sortes.
Nous nous sommes fixé pour règle de donner un tiers de sicle par an pour le culte dans la maison de notre Dieu, pour le pain de l'offrande, l'offrande de céréales, l'offrande perpétuelle et l'holocauste perpétuel, pour les sabbats, les nouvelles lunes, les solennités et pour toutes les choses consacrées, pour les sacrifices d'expiation en faveur d'Israël, pour tout le service de la maison de notre Dieu.
Nous, les prêtres, les lévites et le peuple, nous avons aussi réglé par le sort la question de l'offrande de bois que l'on doit apporter à la maison pour allumer le feu sur l'autel du Seigneur notre Dieu, comme il est écrit dans la loi.
De même, on doit apporter chaque année à la maison de notre Dieu les prémices de notre sol, les prémices de tous les fruits de tout arbre, ainsi que les premiers-nés de nos fils et de notre bétail, comme il est écrit dans la loi. Les premiers-nés de notre gros et de notre petit bétail, qu'on apporte à la maison de notre Dieu, sont destinés aux prêtres en fonction dans la maison de notre Dieu.
De plus, les prémices de nos fournées, de nos contributions, des fruits de tout arbre, du vin nouveau et de l'huile fraîche, nous les apporterons aux prêtres, dans les salles de la maison de notre Dieu. Et ce sont les lévites eux-mêmes qui percevront la dîme dans toutes les villes où nous travaillons. Un prêtre, fils d'Aaron, accompagnera les lévites quand ils percevront la dîme. Les lévites prélèveront le dixième de la dîme pour la maison de notre Dieu et l'apporteront dans les salles de la maison du trésor.
C'est en effet dans ces salles que les fils d'Israël et les fils de Lévi apportent la contribution en froment, vin nouveau et huile fraîche. Là se trouvent aussi les objets du sanctuaire, les prêtres en fonction, les portiers et les chantres. Ainsi, nous ne négligerons pas la maison de notre Dieu.
Alors les princes du peuple s'établirent à Jérusalem. Le reste du peuple tira au sort pour faire venir un homme sur dix habiter à Jérusalem, la ville sainte, tandis que les neuf autres resteraient dans leur ville. De plus, le peuple bénit tous les hommes qui furent volontaires pour habiter à Jérusalem.
Voici les chefs de la province qui s'établirent à Jérusalem. Dans les autres villes de Juda habitaient les Israélites, les prêtres, les lévites, les servants et les fils des serviteurs de Salomon, chacun en sa propriété, dans leur propre ville. À Jérusalem, donc, habitaient des fils de Juda et des fils de Benjamin.
Ce sont, parmi les fils de Juda : Ataya, fils d'Ouzziya, fils de Zacharie, fils d'Amarya, fils de Shefatya, fils de Mahalalel, d'entre les fils de Pérès ; Maaséya, fils de Baruch, fils de Kol-Hozé, fils de Hazaya, fils d'Adaya, fils de Yoyarib, fils de Zacharie, fils du Silonite. Le total des fils de Pérès habitant à Jérusalem était de quatre cent huit hommes d'armes.
Voici les fils de Benjamin : Sallou, fils de Meshoullam, fils de Yoèd, fils de Pedaya, fils de Qolaya, fils de Maaséya, fils d'Itiel, fils d'Isaïe ; et après lui Gabbaï, Sallaï : ils étaient neuf cent vingt-huit. Joël, fils de Zikri, était leur inspecteur, et Juda, fils de Hassenoua, était le second personnage de la ville.
Parmi les prêtres : Yedaya, fils de Yoyarib, Yakin ; Seraya, fils de Hilkiya, fils de Meshoullam, fils de Sadoq, fils de Merayoth, fils d'Ahitoub, recteur de la maison de Dieu, et ses frères, chargés du service de la maison : ils étaient huit cent vingt-deux. Adaya, fils de Yeroham, fils de Pelalya, fils d'Amsi, fils de Zacharie, fils de Pashehour, fils de Malkiya, et ses frères, chefs de famille : ils étaient deux cent quarante-deux. Et Amashsaï, fils d'Azarel, fils d'Ahzaï, fils de Meshillémoth, fils d'Immer, et ses frères, vaillants guerriers : ils étaient cent vingt-huit. Zabdiel, fils de Haggedolim, était leur inspecteur.
Parmi les lévites : Shemaya, fils de Hashoub, fils d'Azriqam, fils de Hashabya, fils de Bounni ; Shabtaï et Yozabad, d'entre les chefs lévitiques, responsables des travaux extérieurs de la maison de Dieu ; Mattanya, fils de Mika, fils de Zabdi, fils d'Asaph, le chef de chœur qui entonne la prière de louange ; Baqbouqya, le second parmi ses frères ; Abda, fils de Shammoua, fils de Galal, fils de Yedoutoun. Le total des lévites dans la ville sainte était de deux cent quatre-vingt-quatre.
Les portiers : Aqqoub, Talmon, avec leurs frères, montaient la garde aux portes : ils étaient cent soixante-douze.
Le reste d'Israël, avec les prêtres et les lévites, se trouvait dans toutes les villes de Juda, chacun dans son héritage. Les servants habitaient l'Ophel. Siha et Gishpa étaient à la tête des servants.
L'inspecteur des lévites de Jérusalem était Ouzzi, fils de Bani, fils de Hashabya, fils de Mattanya, fils de Mika. Il faisait partie des fils d'Asaph, les chantres chargés du service de la maison de Dieu. Il y avait en effet une prescription du roi à leur sujet, et un règlement concernant les chantres pour chaque jour. Petahya, fils de Meshézabel, l'un des fils de Zérah, fils de Juda, était aux côtés du roi pour toutes les affaires du peuple.
Dans les villages des campagnes habitèrent les fils de Juda : à Qiryath-ha-Arba et ses dépendances, à Dibôn et ses dépendances, à Yeqabciel et ses villages, à Beth-Pèleth, à Hassar-Shoual, à Bershéba et ses dépendances, à Ciqlag, à Mekona et ses dépendances, à En-Rimmôn, à Soréa, à Yarmouth, à Zanoah, à Adoullam et leurs villages, à Lakish et ses campagnes, à Azéqa et ses dépendances. Ils s'établirent donc de Bershéba jusqu'à la vallée de Hinnom.
Des fils de Benjamin, depuis Guéba, s'établirent à Mikmas, Aïa, Béthel et ses dépendances, à Anatoth, Nob, Ananya, Hasor, Rama, Guittaïm, Hadid, Ceboïm et Nebalath, Lod et Ono, la vallée des artisans. Parmi les lévites, certains des régions de Juda allèrent en Benjamin.
Commentaire
Alors, la liste : est-ce que vous avez trouvé ce qu'elle avait de particulier, cette fois ? Je vous dis qu'à chaque fois qu'il y avait une liste, ça permettait de faire un coup de sonde pour voir l'état du peuple, où on en était. Eh bien cette fois-ci, à travers cette liste, il s'agissait de vous montrer comment, maintenant, c'est tout le pays entier qu'on est en train de repeupler. Pas seulement Jérusalem. C'était ça, la nouveauté.
Une fois qu'on a dit ça, je retourne au début de l'épisode qu'on a entendu aujourd'hui. Si jamais vous avez fait attention, vous vous êtes aperçus que le peuple s'engageait par écrit. Ça veut dire quoi, s'engager par écrit ? Ça veut dire que l'épisode d'avant, on avait entendu une prière dans laquelle le peuple confessait son péché et demandait la miséricorde de Dieu. Je vous ai dit que dans la tête des Israélites, il y avait eu rupture d'alliance avec l'exil, et qu'il fallait à nouveau contracter une nouvelle alliance avec Dieu. Et donc, pour formaliser ce nouveau contrat, on couche par écrit ce qui vient d'être dit.
Alors, c'est à la fois très beau, et en même temps très triste et très émouvant. Parce que d'habitude, normalement, c'était un patriarche. Normalement, c'était une personne — Moïse, David, Abraham — qui contractait avec Dieu une alliance. On offrait un sacrifice à Dieu, et Dieu envoyait un signe : un arc-en-ciel, une torche qui passait entre des animaux pour Abraham, la théophanie du mont Sinaï, pour dire que Dieu avait accepté cette alliance. Alors, comme on essaie de vraiment faire une alliance avec Dieu, pour prouver à Dieu qu'on est de bonne volonté, on va s'engager, nous, humains, à de nouvelles conditions. Et en l'absence d'un Moïse, d'un David ou d'un Abraham, c'est le peuple qui tient ce rôle. Vous sentez que ce n'est plus le même peuple qu'avant l'exil.
Alors maintenant, c'est quoi l'engagement qu'ils mettent par écrit ? La réponse est : on accepte qu'il n'y ait plus de mariages mixtes. Encore ? Là, manifestement, il y a un truc. Et ensuite, deuxième engagement : oui, nous paierons l'impôt religieux. C'est que là, en fait, vous êtes en train de mettre en place une théocratie.
Avec ces questions de pureté, avec ces questions de hiérarchie sacerdotale et d'impôt religieux, moi, je m'excuse, mais du coup, ça pose quand même une question. C'est quoi la différence entre la théocratie du second Temple à Jérusalem, qu'on est en train de voir se mettre en place, et moi je ne sais pas quoi, mais par exemple l'Iran des mollahs, qui est aussi une théocratie ? C'est quoi la différence entre les deux ?
Alors, il y a des petites différences. D'abord, je pense que la principale, c'est de se dire que le royaume de Juda qui est en train d'être fondé, il ne se fait pas sur fond de revendications d'indépendance nationaliste. Ensuite, deuxième grosse différence, c'est qu'on ne vous a pas parlé d'un contrôle policier, ni d'une armée, ni d'une police des mœurs. Il y a bien des décisions extrêmement fortes qui sont prises ; vous pouvez voir qu'à chaque fois, dans le livre d'Esdras, ça a été fait sur un mode dialogal : le chef de la communauté pose une question, et ensuite la réponse appartient au peuple. Il n'y a pas de système répressif.
N'empêche qu'une fois qu'on a dit ça, il n'y a pas beaucoup de barrières, si vous voulez. Donc, à la fois, c'est extrêmement beau, ce qu'on vient de voir, que la refondation marche. Mais… comment je pourrais redire ça ? En fait, il manque une chose. Alors, formellement, elle est là, mais elle mériterait d'être dite. C'est que dans cette prière que vous avez entendue hier, on n'arrêtait pas de rappeler la miséricorde infinie de Dieu. Ce qui manque, ce serait de rappeler que la plus belle manière de rendre un culte à Dieu, c'est de l'imiter, jusqu'à faire de cette miséricorde gratuite LA valeur nationale qu'on cherche à imiter et à cultiver. Et là, pour le coup, ça éviterait toute ambiguïté. Mais ce n'est pas dit. Ce n'est pas dit.
Proverbes 24, 15-20. Ah, c'est très beau, ça.
Proverbes 24,15-20
Ne guette pas le domaine du juste, ne ravage pas sa propriété, car le juste tombe sept fois, mais se relève, alors que les méchants s'effondrent dans le malheur.
Si ton ennemi tombe, ne te réjouis pas. S'il s'effondre, ne jubile pas. Le Seigneur verrait cela d'un mauvais œil et détournerait de lui sa colère.
Ne t'indigne pas à leur vue, ne t'inquiète pas, car le mauvais n'a pas d'avenir, et la lampe des méchants s'éteindra.
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