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Jour 286 ☼ — La joie de Jérusalem, le silence de Dieu

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Résumé : Dans cet épisode consacré au chapitre 12 de Néhémie, le frère Paul-Adrien lit les listes de prêtres et de lévites, puis le récit de la dédicace du rempart de Jérusalem, célébrée par deux grands chœurs en procession et par une joie qui « s'entendit de loin ». Le commentaire salue tout ce que ce chapitre réussit — la continuité du culte, la ville entière devenue espace sacré, la louange comme véritable rempart, l'anticipation de la Jérusalem céleste — avant d'exprimer une profonde réticence : Dieu ne répond pas. Pas de nuée, pas de feu, pas de prophète, comme au temps d'Abraham, de Moïse ou de David. Le frère y lit le commencement du silence de Dieu, quatre siècles d'attente jusqu'au Christ, et invite à la gratitude envers ce peuple qui a donné le meilleur de lui-même sans recevoir de réponse.

Introduction

Notre secours est dans le nom du Seigneur qui a fait le ciel et la terre.

On a tout reconstruit : le temple, la communauté, les murs. On a fait une grande prière, on a pris des engagements. Qu'est-ce qu'il reste à faire pour célébrer l'Alliance ? On va voir.

Lecture : Néhémie 12

Voici les prêtres et les lévites qui montèrent avec Zorobabel, fils de Salathiel, et Josué : Séraïa, Jérémie, Esdras, Amaria, Malouk, Hattoush, Shekhania, Rehoum, Mérémoth, Iddo, Guinnetoï, Abia, Miyamin, Maadia, Bilga, Shemaya et Yoïarib, Yédaïa, Sallou, Amok, Hilkia, Yédaïa. Ceux-là étaient les chefs des prêtres et leurs frères au temps de Josué.

Les lévites étaient Josué, Binnouï, Qadmiel, Chérébia, Juda, Mattania, qui, avec ses frères, étaient chargés des chants de louanges, tandis que Bakbouquia, Ounni et leurs frères leur faisaient face pour les offices.

Josué engendra Yoakim, Yoakim engendra Éliashib, Éliashib Yoïada, Yoïada engendra Jonathan et Jonathan engendra Yaddoua.

Au temps de Yoakim, les prêtres chefs des familles étaient : pour la famille de Séraïa, Méraïa ; pour celle de Jérémie, Anania ; pour celle d'Esdras, Meshoullam ; pour celle d'Amaria, Yéhohanan ; pour celle de Méliku, Jonathan ; pour celle de Shebania, Joseph ; pour celle de Harim, Adna ; pour celle de Méraïoth, Helqaï ; pour celle d'Iddo, Zacharie ; pour celle de Guinnetôn, Meshoullam ; pour celle d'Abia, Zikri ; pour celle de Minyamin ; pour celle de Moadia, Piltaï ; pour celle de Bilga, Shammoua ; pour celle de Shemaya, Jonathan ; pour celle de Yoïarib, Mattenaï ; pour celle de Yédaïa, Ouzzi ; pour celle de Sallaï, Qallaï ; pour celle d'Amok, Éber ; pour celle de Hilkia, Hashabia.

Au temps d'Éliashib, de Yoïada, de Yohanan et de Yaddoua, les lévites, chefs des familles, ainsi que les prêtres, furent enregistrés jusqu'au règne de Darius le Perse. Les fils de Lévi, chefs de famille, furent inscrits au livre des Annales jusqu'au temps de Yohanan, fils d'Éliashib.

Les chefs des lévites étaient Hashabia, Chérébia, Josué, Binnouï, Qadmiel et leurs frères qui leur faisaient face pour louer et rendre grâce, selon les prescriptions de David, l'homme de Dieu, chacun d'après leur tour de service. Mattania, Bakbouquia, Abdias, Meshoullam, Talmon et Aqqoub, gardiens-portiers, montaient la garde aux entrepôts près des portes. Ceux-là vivaient au temps de Yoakim, fils de Yoçadaq, et au temps de Néhémie, le gouverneur, et d'Esdras, le prêtre-scribe.

Pour la dédicace du rempart de Jérusalem, on alla chercher des lévites partout. On les fit venir à Jérusalem pour célébrer la dédicace dans l'allégresse, par des actions de grâces et des chants, avec des cymbales, harpes et cithares. Les fils des chantres se rassemblèrent donc depuis la région qui entoure Jérusalem et depuis les villages des Netophatites, depuis Beth-Gilgal et les campagnes de Guéba et d'Azmaweth : les chantres, en effet, s'étaient bâti des villages tout autour de Jérusalem.

Prêtres et lévites se purifièrent eux-mêmes, puis ils purifièrent le peuple, les portes et le rempart.

Je fis alors monter les princes de Juda sur le rempart et j'organisai deux grands chœurs. Le premier chœur marcha sur le sommet du rempart, vers la droite, en direction de la porte du Fumier. Derrière eux marchaient Hoshaya et la moitié des princes de Juda, ainsi qu'Azaria, Esdras et Meshoullam, Juda, Benjamin, Shemaya et Jérémie, choisis parmi les prêtres et munis de trompettes ; puis Zacharie, fils de Jonathan, fils de Shemaya, fils de Mattania, fils de Mikaya, fils de Zakkour, fils d'Asaph, avec ses frères Shemaya, Azarel, Milalaï, Guilalaï, Maaï, Netanel, Juda, Hanani, munis des instruments de musique de David, l'homme de Dieu. Esdras, le scribe, marchait devant eux. Près de la porte de la Source, droit devant eux, ils gravirent les marches de la cité de David, par la montée du rempart, au-dessus de la maison de David, jusqu'à la porte des Eaux, à l'est.

Le second chœur marcha, lui, vers la gauche. Je le suivis, avec la moitié du peuple, par la montée du rempart, au-dessus de la tour des Fours et jusqu'à la partie large du rempart. Puis on alla au-dessus de la porte d'Éphraïm, la porte Vieille, la porte des Poissons, la tour de Hananéel et la tour des Cent, jusqu'à la porte des Brebis. On fit halte à la porte de la Garde.

Les deux chœurs prirent ensuite place dans la maison de Dieu. J'avais avec moi la moitié des magistrats, ainsi que les prêtres Éliakim, Maaséya, Minyamin, Mikaya, Élioénaï, Zacharie, Anania, munis de trompettes, et Maaséya, Shemaya, Éléazar, Ouzzi, Yéhohanan, Malkia, Élam et Ézer. Les chantres se firent entendre sous la direction de Yizrahya.

On offrit ce jour-là de grands sacrifices et les gens se livrèrent à la joie, car Dieu leur avait donné un grand sujet de joie. Femmes et enfants se réjouirent aussi, et la joie de Jérusalem s'entendit de loin.

En ce jour-là, on préposa aux salles prévues pour les provisions, contributions, prémices et dîmes, des hommes qui rassembleraient, de la campagne entourant les villes, les parts que la loi attribue aux prêtres et aux lévites. Car Juda mettait sa joie dans les prêtres et les lévites en fonction. Ce sont eux qui assuraient le service de leur Dieu et le service des purifications rituelles, tandis que les chantres et les portiers suivaient les prescriptions de David et de son fils Salomon. Car autrefois, au temps de David et d'Asaph, il y avait des chefs pour les chantres, et il y avait des chants de louanges et d'actions de grâces envers Dieu. Donc, au temps de Zorobabel et au temps de Néhémie, tout Israël versait aux chantres et aux portiers les parts qui leur revenaient pour chaque jour, et donnait aux lévites les offrandes consacrées, et les lévites en donnaient aux fils d'Aaron.

Commentaire

Alors oui, d'accord, on a eu droit à la totale. On a eu droit à une liste des prêtres et des lévites avec une généalogie détaillée, ce qui permet de relier tout ce beau monde jusqu'à l'origine sacerdotale du peuple d'Israël et de montrer ainsi la continuité du culte. 20 sur 20, c'est magnifique !

Alors oui, on a eu la grande dédicace de la muraille de Jérusalem, qui s'est faite en deux sens différents, comme la procession nocturne de Néhémie au début du livre. Et c'est magnifique ! Ce qui permet au peuple de se réapproprier son travail, qui — exploit — a été fait en 52 jours.

Alors oui, aussi : normalement, dans l'Ancien Testament, ce qu'on consacre, c'est un autel, un temple, une tente. Mais ici, c'est une muraille qui est sanctifiée. Grande nouveauté ! C'est-à-dire que c'est la ville elle-même qui devient un espace sacré, un espace protégé, un espace mis à part, une ville sainte, protégée contre l'extérieur et l'impureté, et maintenant centrée sur le culte. Et j'applaudis des deux mains !

En plus, il y a cette image des deux processions, ces chœurs liturgiques qui se répandent. Tout ça, c'est très, très beau ! La muraille qui devient ici une ceinture de louange autour de la ville, avec un accent mis sur les chantres, les cymbales, les instruments de David, et l'idée que c'est la louange qui est le rempart, la véritable protection d'Israël. Tout cela est magnifique ! En plus, l'organisation des chœurs, qui nous rappelle l'organisation dans les livres des Chroniques faite par David, la continuité du culte, la beauté du chant. Extraordinaire ! N'en jetez plus !

Et puis, il y avait le thème constant de la joie, qui ne cessait de venir et de revenir dans ce chapitre, qui nous montre le renouveau spirituel de la communauté et l'unité retrouvée.

On offrit ce jour-là de grands sacrifices et les gens se livrèrent à la joie, car Dieu leur avait donné un grand sujet de joie. Femmes et enfants se réjouirent aussi, et la joie de Jérusalem s'entendit de loin.

Magnifique ! Et même, je suis d'accord pour dire que c'est tellement beau qu'on est en train d'anticiper la Jérusalem céleste, l'enceinte sacrée où Dieu demeure et où il se fait tout en tous — Apocalypse 21. Et oui, je veux bien aussi que cette liste de noms finisse par ressembler à ce livre de vie dans lequel le nom des justes et des sauvés sera écrit, dans le livre de l'Apocalypse. Tout ça, très bien. 20 sur 20.

Ok. Mais vous la sentez, ma réticence ? Vous le sentez qu'il y a un truc qui me chagrine quand même ? Je m'excuse, mais moi, ce n'est pas ce que je voulais entendre.

J'attendais quoi ? On vous a présenté des murailles reconstruites, un nouveau temple, on vous a présenté un peuple qui redemande de faire alliance. Je m'attendais à quoi ? Je m'attendais à avoir la réponse de Dieu ! Je m'attendais à ce que ce soit comme au temps de Salomon, où la nuée descend sur le Temple pour consacrer tout le monde, et le Temple — et puis là, c'est peut-être la ville entière. Et là, on a eu quoi ? Mais on n'a rien eu. Il n'y a pas eu la réponse de Dieu.

Eh bien moi, je suis super déçu. Peut-être que le peuple aussi était super déçu de ne pas avoir eu de réponse de Dieu. Alors oui, ça montre la foi de ce peuple qui, devant le silence de Dieu, compense par une joie débordante. Mais ce n'est pas ce que je leur souhaitais. Je le redis : quand Abraham faisait une alliance avec Dieu, il y avait la torche qui passait entre les animaux. Quand Dieu passait une alliance avec Moïse, il y avait de la pyrotechnie en haut du mont Sinaï. Quand Dieu passait une alliance avec David, il y avait un prophète. Mais ici, il n'y a rien.

Alors, qu'est-ce qu'il faut en conclure ? En fait, on ne sait pas. Ça fait quand même deux choses qui sont passées à la trappe dans tout ce livre — ce n'est pas un reproche que je fais : Zorobabel et la lignée davidique, qui est passée dans l'ombre de l'histoire, et l'absence de réponse de Dieu.

En fait, dans mes vieux livres de théologie, on parlait du silence de Dieu. La voix des prophètes qui s'est éteinte. Alors oui, en parallèle, il y a Aggée et Zacharie, puis il y aura Malachie. Mais eux aussi, ce sont les derniers prophètes de la Bible. Il faudra attendre quatre siècles, quatre siècles d'attente, pour que Dieu se remette à parler.

Pourquoi ? Comment ? On ne sait pas très bien. Mais nous, chrétiens — je vais encore sortir mon joker, mais pour le coup il commence à prendre son sens ici — Dieu, ce qui l'intéresse, ce n'est pas de refaire les mêmes choses. Il ne s'est pas dit : « Tiens, on reprend les mêmes choses, on recommence. » Ça n'avait pas marché une fois, pourquoi ça marcherait une deuxième fois ? Parce que Dieu attend. C'est peut-être une nouvelle alliance. Souvenez-vous, dans les prophètes — Ézéchiel, Isaïe, etc. — on avait le sentiment que les alliances, les promesses de Dieu, on s'attendait à quelque chose d'encore plus grandiose. Sauf que, pour le coup, ça ne peut pas être le peuple qui le fait. Ça doit être Dieu qui doit le faire. Et Dieu, pour l'instant, attend, attend, attend.

Manifestement, le peuple est prêt. Ce qu'il pouvait offrir de meilleur, il l'a donné. Et en face, il a quoi ? Le silence de Dieu.

Il faut imaginer que là, il y a un petit stress qui va commencer à s'instaurer et qui va aller crescendo, crescendo, crescendo, parce que ça ne va pas durer un siècle, ça ne va pas durer deux siècles : ça va durer quatre siècles. On est en moins 445 avant Jésus-Christ. Quatre longs siècles. Il y a un petit côté tragique que je trouve dans ces livres d'Esdras et de Néhémie. Mais je préfère être à ma place qu'à la leur.

Alors nous, on a la réponse. On sait qu'il y a une alliance nouvelle qui va arriver et que Dieu, finalement, a entendu la prière de ce peuple qui lui a consacré à nouveau une ville. Mais eux, ils ne l'avaient pas. Ils ne verront pas le Christ. Eh bien, moi, je dis que ça mérite de votre part un peu de gratitude envers ce peuple, malgré tous ses défauts, parce que ce qu'ils ont vécu, je ne sais pas si on l'aurait aussi bien supporté qu'eux.

Proverbes 24,21-25

Crains le Seigneur, mon fils, et aussi le roi, et ne fréquente pas le contestataire, car soudain surgira son désastre, l'échec que les deux lui réservent, qui le sait ?

Voici ce que disent encore les sages : être partial dans un jugement, ce n'est jamais bon. Quiconque dit au coupable : « Tu es innocent » sera vilipendé par la foule, honni parmi la nation. Mais à ceux qui sanctionnent, on saura gré, et leur viendra une heureuse bénédiction.


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