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Jour 292 ☾ — Judith, stratège victorieuse

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Résumé : Dans cet épisode consacré aux chapitres 14 et 15 du livre de Judith, le frère Paul-Adrien lit le plan de bataille dicté par Judith, la conversion d'Akior devant la tête d'Holoferne, la découverte du cadavre par l'eunuque Bagoas et la débandade de toute l'armée assyrienne. Le commentaire montre Judith passant d'agent secret à général en chef : elle impose sa stratégie, donne ses ordres à Israël et prévoit jusqu'aux réactions de l'ennemi. Il souligne aussi la conversion d'Akior, seul homme de la Bible que l'on voie explicitement se faire circoncire, signe que les païens peuvent reconnaître l'œuvre de Dieu. Enfin, l'effondrement d'une armée de 170 000 hommes par la mort de son seul chef dit quelque chose de la lutte contre le mal : atteint au cœur, le reste s'écroule.

Introduction

On s'approche gentiment de la fin, on n'y est pas encore. Nous allons d'abord commencer par exploiter la victoire avant de la célébrer comme il se doit. Judith, chapitre 14 et début du chapitre 15.

Lecture : Judith 14-15

Judith leur déclara : « Écoutez-moi donc, frères, prenez cette tête et suspendez-la au créneau de votre rempart. Ensuite, quand l'aurore brillera et que le soleil paraîtra sur la terre, vous prendrez chacun vos armes de combat. Vous, tous les hommes vigoureux, vous ferez une sortie hors de la ville. Vous vous donnerez un guide, comme pour descendre dans la plaine en direction de l'avant-poste des fils d'Assour. Mais vous ne descendrez pas. Les fils d'Assour saisiront leur armement, regagneront leur camp, éveilleront les généraux de l'armée et accourront autour de la tente d'Holoferne. Mais ils ne le trouveront pas. La peur alors fondra sur eux, ils s'enfuiront devant vous. Vous les poursuivrez, vous-mêmes et les habitants de tous les territoires d'Israël, et vous les abattrez sur les chemins de leur fuite. Mais auparavant, appelez-moi Akior l'Ammonite, afin qu'il voie et reconnaisse celui qui a méprisé la maison d'Israël, celui par qui il avait été envoyé vers nous comme un homme voué à la mort. »

On invita donc Akior à sortir de chez Osias. Sitôt arrivé, lorsqu'il vit la tête d'Holoferne dans la main d'un homme parmi l'assemblée du peuple, il tomba face contre terre, le souffle coupé. On le releva. Il se jeta aux pieds de Judith, se prosterna devant elle et lui dit : « Bénie sois-tu ! Dans toutes les tentes de Juda et dans toutes les nations, tous ceux qui entendront prononcer ton nom seront bouleversés. Informe-moi donc maintenant de tout ce que tu as fait durant ces jours-ci. »

Et elle lui fit, au milieu du peuple, le récit complet de ses actions, depuis le jour de son départ jusqu'à ce moment où elle leur parlait. Quand elle eut terminé, le peuple poussa des cris retentissants et remplit la ville de cris de joie.

En voyant tout ce que le Dieu d'Israël avait accompli, Akior crut en Dieu, sans réserve. Il se fit circoncire et fut admis définitivement dans la maison d'Israël.

Au lever de l'aurore, on suspendit la tête d'Holoferne au rempart. Les hommes de Bétulie prirent chacun leur arme et firent, par cohorte, une sortie en direction des cols de la montagne.

Quand les fils d'Assour les virent, ils envoyèrent prévenir leurs chefs. Ceux-ci allèrent chercher les généraux, les commandants et tous les officiers. Ils parvinrent à la tente d'Holoferne et dirent à celui qui était préposé à toutes ses affaires : « Réveille donc notre Seigneur, car les esclaves ont eu l'audace de descendre contre nous pour attaquer et pour se faire exterminer jusqu'au dernier. »

Bagoas entra donc et frappa à l'ouverture de la tente, supposant qu'Holoferne dormait avec Judith. Comme personne ne semblait rien entendre, il écarta le rideau, entra dans la chambre à coucher et trouva, jeté sur le marchepied, le cadavre sans la tête. Il poussa de grands cris, avec pleurs, gémissements et cris aigus, et déchira ses vêtements. Puis il entra dans la tente où logeait Judith, mais ne la trouva pas. Il bondit alors vers le peuple en hurlant : « Les esclaves se sont révoltés ! Une seule femme de chez les Hébreux a couvert de honte la maison du roi Nabucodonosor. Voilà Holoferne à terre, et sa tête a disparu ! »

À ces mots, les chefs de l'armée d'Assour, l'âme toute bouleversée, déchirèrent leur tunique. Ils poussèrent des hurlements et de grands cris au milieu du camp. Lorsqu'ils les entendirent, ceux qui se trouvaient dans les tentes furent mis hors d'eux-mêmes par ce qui s'était passé. Craintes et tremblements fondirent sur eux. Plus personne ne resta en place : ce fut la débandade générale. Ils s'enfuirent par tous les chemins de la plaine et de la région montagneuse. Ceux qui se trouvaient dans les campements de cette région, encerclant Bétulie, prirent la fuite eux aussi.

Alors tous ceux des fils d'Israël qui étaient capables de combattre foncèrent en bande sur l'ennemi. Osias envoya des messagers à Bétomestaïm, à Choba, à Cola et dans tout le territoire d'Israël, pour leur annoncer l'issue des événements, afin qu'ils foncent tous sur l'adversaire et l'anéantissent. Lorsqu'ils entendirent les messagers, les fils d'Israël, tous ensemble, fondirent sur l'ennemi et le mirent en pièces jusqu'à Choba. Les habitants de Jérusalem survinrent également, ainsi que ceux de toute la région montagneuse, car on les avait informés de ce qui s'était passé dans le camp de leurs ennemis. Puis ce furent les gens de Galaad et de Galilée qui les prirent en tenaille et les frappèrent durement jusqu'à proximité de Damas et de sa région.

Le reste des habitants de Bétulie fondit sur le camp d'Assour, le pilla et s'enrichit considérablement. De retour du carnage, les fils d'Israël se rendirent maîtres de ce qui restait. Ceux des villages et des fermes de la montagne, ainsi que de la plaine, s'emparèrent d'un large butin, car il y en avait une quantité vraiment considérable.

Commentaire

La guerre n'était pas terminée. Vous avez peut-être tué le général en chef, mais il reste tout le camp assyrien et, qui sait, peut-être se trouve-t-il dans ce camp-là quelqu'un digne de lui succéder. Donc, Osias ayant définitivement prouvé son incompétence, Judith prend les choses en main.

D'abord en mettant la tête d'Holoferne en haut des murailles. Peut-être moins pour effrayer l'armée adverse, qui de toute façon est trop loin et ne pourra pas reconnaître cette tête, mais plutôt pour prouver aux Israélites que la victoire est la leur et qu'il y a là un signe d'encouragement. Et d'ailleurs, on voit le peuple qui, de reclus au fond des murailles, passe maintenant à l'attaque. Ah oui, mais maintenant qu'une femme a montré aux hommes qu'on pouvait avoir la victoire, il y aurait quelque chose d'humiliant pour les hommes à rester pleutres.

Et c'est ainsi que Judith passe d'agent secret à général en chef. C'est elle qui impose son plan de bataille : feindre de partir au combat pour obliger les Assyriens à chercher où est Holoferne. C'est elle qui va donner des ordres à tous les villages, à tout Israël, de poursuivre l'armée assyrienne en déroute. Et c'est elle, quasiment, qui finit par donner des ordres à l'armée assyrienne, en disant à l'avance ce qu'ils vont faire. Judith, c'est à la fois le David qui vient de décapiter le géant, et le chef de l'armée de David qui donne des ordres de stratégie militaire.

En même temps, on invite Akior à venir constater le décès d'Holoferne. Ah oui, parce qu'en fait, à part Judith, il est le seul à pouvoir dire que cette tête appartenait vraiment à Holoferne. Et on voit Akior qui tombe par terre, dans les pommes. Ah, heureusement qu'il y a Judith ! N'empêche qu'Akior est le seul qui comprend la bravoure de Judith. Et on nous dit, verset 7 :

« Bénie sois-tu ! Dans toutes les tentes de Juda et dans toutes les nations, tous ceux qui entendront prononcer ton nom seront bouleversés. »

C'est-à-dire qu'il voit en Judith l'œuvre de Dieu. C'est celui-là, celui-là seul, qui a vraiment compris ce qui se passait.

Et c'est ainsi qu'Akior devint juif, en se faisant circoncire. Sauf erreur de ma part, c'est la seule personne masculine à devenir juive et à se faire convertir. Vous avez peut-être des femmes, vous avez peut-être Ruth, vous avez peut-être Rahab, mais à ma connaissance, c'est le seul que l'on voit dans la Bible se faire convertir. Même Caleb, l'étranger, on ne nous dit pas qu'il s'est fait circoncire.

En même temps, c'est ce que je vous disais, la conversion d'Akior inaugure la fin des temps. S'il y a un païen qui a su reconnaître la puissance de Dieu à l'œuvre, c'est bien que tous les païens peuvent le reconnaître. Akior, un nom hébreu qui signifie « le frère de la lumière », parce que Jérusalem est censée être la lumière — la lumière des nations.

En attendant, le camp adverse, le camp des Assyriens, s'effondre dans l'anarchie, sous les cris effarouchés de l'eunuque Bagoas. Il y a là une leçon. C'est quand même curieux qu'il suffise de frapper à la tête tout un corps, 170 000 personnes, pour que l'armée s'effondre. Ça dit quelque chose de la chaîne de commandement. Ça dit quelque chose du climat de peur qui régnait dans cette armée. Ça dit aussi que personne n'avait vraiment envie de se battre. En fait, cette guerre, c'était une vendetta personnelle. Et quand les personnes qui ont un honneur à laver sont mortes, tout le monde rentre à la maison.

Ça vous dit aussi quelque chose de la lutte contre le mal, où une fois qu'on a atteint le mal au cœur, le reste s'effondre. Ça vous dit aussi quelque chose de ces chefs autoritaires incapables de déléguer l'exercice de leur commandement.

Bref, c'est ainsi qu'Israël a droit à ses Thermopyles à lui. Il aura suffi de deux personnes, Akior et Judith, en haut d'une montagne, pour tenir tête à toute une armée.

Au nom du Père, et du Fils, et du Saint-Esprit. Amen.

Prière

Seigneur, toi qui as mis en fuite une armée orgueilleuse par la main d'une faible femme, toi qui as changé la peur en courage et la soif en chant de victoire, je te rends grâce pour Judith, et derrière elle pour toutes ces femmes fortes dont la foi ne tremble pas et qui tiennent le flambeau au cœur de la nuit. Amen.


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