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Jour 296 ☼ — Judas, le marteau d'Israël

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Résumé : Avant la lecture, le frère Paul-Adrien présente la famille des Maccabées, aussi appelés Asmonéens : Matathias le prêtre et ses cinq fils, chacun avec son surnom, dont Judas « le marteau ». Il souligne que ce livre est écrit pour cette famille sacerdotale et guerrière, qui rétablira la royauté à Jérusalem jusqu'à Hérode le Grand. La lecture du chapitre 3 de 1 Maccabées raconte l'éloge de Judas, ses victoires sur Apollonios et Séron, la riposte d'Antiochos et la mobilisation de Lysias, puis la prière du peuple à Mispa avant la bataille d'Emmaüs. Le commentaire fait le point sur l'enchaînement des batailles, de plus en plus importantes à mesure que la résistance devient sérieuse. L'épisode se termine par quelques proverbes sur l'insensé.

Introduction

Notre secours est dans le nom du Seigneur, qui a fait le ciel et la terre.

Avant qu'on y aille, je vous parle deux secondes de cette famille de Judas Maccabée. C'est hyper important, parce qu'en fait on a écrit ce livre pour parler d'elle, tellement elle va avoir une influence importante sur toute la suite de l'histoire juive. Donc il faut que je vous explique quand même ce qu'est cette famille : la famille des Maccabées, qu'on appelle encore les Asmonéens. Les Asmonéens, ça vient d'un ancêtre qui se serait appelé Hashmonaï.

Et si vous connaissez l'histoire du peuple juif, là, tout de suite, ça vous dit des choses. Parce que les Asmonéens, c'est le nom de la dernière dynastie royale juive. C'est eux qui vont rétablir la royauté en Juda. Et bon gré, mal gré, c'est ce qui va vous emmener jusqu'à Hérode le Grand : Hérode le Grand va devenir roi juif en se mariant à la dernière princesse asmonéenne.

Si je devais faire un parallèle, ce serait avec le premier livre de Samuel. Le premier livre de Samuel vous parle de l'accession au trône de David ; le premier livre des Maccabées vous parle de l'accession au trône des Asmonéens. En fait, ce qui va se passer, c'est que c'est une famille qui va tellement prouver sa valeur, précisément au temps de la révolte contre l'Empire séleucide, qu'ils vont pouvoir reprendre le pouvoir et rétablir la royauté sur Jérusalem.

Donc, dans cette famille, je vous présente le père, Matathias, qui est un prêtre — c'est une famille sacerdotale. Et il a cinq fils, qui ont tous des surnoms. Jean, surnommé Gaddi, qui veut probablement dire « le chanceux ». Simon, surnommé Thassi, qui signifie peut-être « l'audacieux ». Judas — alors Judas, c'est la star de la famille : lui, il est surnommé Maccabée. Maccabée, ça veut dire « le marteau ». Pas besoin d'explication. Ensuite, Éléazar, surnommé Avaran, qui peut se lire « le perçant ». Jonathan, surnommé Apphous, qui pourrait signifier « le diplomate », « le pacificateur », « le prudent ».

Et alors, on a entendu hier le discours d'adieu de Matathias, qui dresse le testament spirituel de cette famille et qui relisait l'histoire d'Israël en s'inspirant non pas d'abord de David, de Moïse ou d'Abraham, mais de personnages relativement secondaires, mais qui ont pour caractéristique commune d'être des guerriers de la foi : Pinhas, Élie, Josué, Caleb. Donc là, on reprend un ancien idéal et on le remet au goût du jour : celui du héros militaire, celui du guerrier sacré — sachant que cette famille est une famille sacerdotale. On est dans une fusion prêtre-guerrier. C'est à la fois très beau et, en même temps, très embêtant. On aura le temps de revenir là-dessus.

Lecture : 1 Maccabées 3

Après la mort de Matathias, son fils Judas, appelé Maccabée, se leva à sa place. Tous ses frères et tous les partisans de son père lui vinrent en aide et menèrent avec allégresse le combat pour Israël.

Judas étendit le renom glorieux de son peuple. Revêtu de son armure comme un héros et fort de ses armes de guerre, il livra des batailles, protégea le camp de son épée. Tel un lion en pleine action, pareil au lionceau rugissant vers sa proie, il traquait les hommes infidèles à la loi. Il les pourchassait et livrait au feu ceux qui troublaient son peuple. Devant la crainte qu'il inspirait, les hommes infidèles à la loi furent abaissés et tous les malfaisants pris de panique. Par sa main advint le salut. À bien des rois, il rendit la vie amère. Il réjouit Jacob par ses exploits. Son souvenir est à jamais béni. Il parcourut les villes de Juda, il en extermina les impies, il détourna la colère qui pesait sur Israël. Son nom retentit jusqu'aux extrémités de la terre et il rassembla ceux qui allaient périr.

Alors Apollonios rassembla des païens et une troupe importante venue de Samarie pour combattre Israël. Judas en fut informé, il sortit à sa rencontre, le battit et le tua. Il y eut de nombreuses victimes et les survivants s'enfuirent. On ramassa le butin et Judas s'empara du glaive d'Apollonios pour s'en servir tous les jours au combat.

Séron, commandant de l'armée de Syrie, apprit que Judas avait réuni autour de lui un groupe, une assemblée de fidèles, pour marcher au combat. Il se dit : « Je me ferai un nom et je me couvrirai de gloire dans le royaume. Je combattrai Judas et ses compagnons qui méprisent l'ordre du roi. » Il partit donc à son tour, accompagné d'une forte troupe d'hommes impies, pour tirer vengeance des fils d'Israël.

Tandis qu'il approchait de la montée de Bethorone, Judas sortit à sa rencontre avec une poignée d'hommes. À la vue de la troupe qui montait vers eux, ses hommes dirent à Judas : « Comment pourrons-nous, en si petit nombre, lutter contre une foule si nombreuse et si forte ? De plus, nous sommes exténués, car nous n'avons rien mangé aujourd'hui. »

Judas leur répondit : « Il arrive facilement qu'une multitude tombe aux mains d'un petit nombre. Pour le Ciel, peu importe d'opérer le salut au moyen de beaucoup d'hommes ou seulement de quelques-uns. En effet, la victoire au combat ne dépend pas de l'importance de l'armée : c'est du Ciel que vient la force. Eux, ils viennent vers nous débordant d'orgueil et de mépris pour la loi, afin de nous détruire, ainsi que nos femmes et nos enfants, et de nous dépouiller de nos biens. Nous, nous combattons pour nos vies et nos lois, et le Ciel lui-même les écrasera devant nous. Ne les craignez donc pas ! »

Après ces paroles, il se rua sur eux à l'improviste. Séron et sa troupe furent écrasés. On les poursuivit dans la descente de Bethorone jusqu'à la plaine. Huit cents hommes environ tombèrent. Les autres s'enfuirent au pays des Philistins.

Judas et ses frères commencèrent à inspirer de la crainte et la panique s'empara des nations païennes d'alentour. Le nom de Judas parvint jusqu'aux oreilles du roi et tous les païens commentaient ses actes de guerre.

Lorsqu'il entendit ces récits, le roi Antiochos fut transporté de colère. Il fit rassembler toutes les troupes de son royaume, une armée très puissante. Il ouvrit son trésor, donna aux troupes leur solde pour un an et leur commanda de se tenir prêtes à toute éventualité. Il s'aperçut alors que l'argent manquait dans ses coffres et que le produit des impôts de la province était maigre, à cause de la révolte et de la misère provoquée dans le pays par la suppression des coutumes ancestrales. Il eut peur de n'être plus en mesure, comme c'était une fois ou l'autre arrivé, de faire les mêmes dépenses et largesses qu'auparavant. En effet, il avait l'habitude de distribuer des présents d'une main plus généreuse encore que ses prédécesseurs. Et se trouvant dans une grande perplexité, il décida de se rendre en Perse pour y lever les impôts des provinces et récolter beaucoup d'argent.

Lysias, personnage illustre et membre de la famille royale, fut laissé à la tête des affaires du royaume, depuis les rives de l'Euphrate jusqu'aux frontières de l'Égypte. Le roi lui confia aussi l'éducation de son fils Antiochos jusqu'à son retour. Il lui laissa la moitié des troupes et les éléphants, et l'instruisit de toutes ses volontés. Pour ce qui est des habitants de la Judée et de Jérusalem, Lysias devait leur envoyer une armée qui les anéantirait, qui exterminerait la force d'Israël et le reste de ceux qui étaient à Jérusalem, en effaçant de ce lieu jusqu'à leur souvenir. Il devait installer des étrangers sur tout le territoire et lotir leur pays.

Le roi prit avec lui l'autre moitié des troupes et partit d'Antioche, la capitale du royaume, en l'an 147 de l'empire grec. Il franchit l'Euphrate et traversa le Haut-Pays.

Lysias choisit Ptolémée, fils de Dorymène, Nicanor et Gorgias, puissants personnages parmi les amis du roi. Il envoya avec eux quarante mille fantassins et sept mille cavaliers pour aller dévaster le pays de Juda, selon l'ordre du roi. Partis avec toute leur armée, ils arrivèrent près d'Emmaüs et ils établirent leur camp dans la plaine. Les marchands de la région entendirent parler d'eux. C'est munis d'une grande quantité d'argent et d'or, ainsi que d'entraves, qu'ils vinrent au camp avec l'intention d'emmener comme esclaves les fils d'Israël. Un contingent de Syrie et du pays des Philistins rejoignit cette armée.

Judas et ses frères virent que la menace s'aggravait et que des armées campaient sur leur territoire. Ils apprirent aussi que le roi avait ordonné de faire périr leur peuple jusqu'au dernier. Ils se dirent entre eux : « Relevons notre peuple de sa ruine. Combattons pour notre peuple et pour le Lieu saint. »

Afin d'être prêts au combat, la communauté se réunit pour prier, pour implorer miséricorde et pitié.

Jérusalem est inhabitée comme un désert. De ses enfants, aucun n'entre, aucun ne sort. On a foulé aux pieds le sanctuaire. Des étrangers occupent la citadelle, des païens s'y installent.

Ils déployèrent le livre de la Loi en Jacob, au sujet de ce que les païens, eux, cherchaient à savoir en interrogeant les images de leurs idoles. Ils apportèrent les habits sacerdotaux, les prémices et les dîmes. Ils réunirent les gens qui arrivaient aux termes fixés pour leur vœu de naziréat. Et ils crièrent à pleine voix vers le Seigneur, en disant : « Que faire de ces gens-là ? Où les emmener, puisque ton Lieu saint a été piétiné, profané, et que tes prêtres sont dans le deuil et l'humiliation ? Voici les païens ligués contre nous. Ils veulent nous exterminer. Toi, tu connais leur intention à notre égard. Comment pourrons-nous leur résister si tu ne nous aides pas ? » Ils sonnèrent de la trompe et poussèrent de grands cris.

Après cela, Judas établit des chefs du peuple : chefs de milliers, de centaines, de cinquantaines et de dizaines. À ceux qui bâtissaient leur maison, ou qui venaient de se fiancer ou de planter une vigne, et à ceux qui avaient peur, il dit de s'en retourner chez eux, conformément à la loi. L'armée se mit alors en marche et vint camper au sud d'Emmaüs.

« Équipez-vous, leur dit Judas, et soyez courageux. Tenez-vous prêts à combattre demain matin ces païens qui se sont ligués pour nous détruire, nous et notre Lieu saint. Car il vaut mieux mourir au combat que de voir les malheurs de notre nation et de notre Lieu saint. Ce que le Ciel aura voulu, il l'accomplira. »

Commentaire

En guise de commentaire, je vous fais peut-être un rapide point sur les batailles qu'on a eues jusqu'à présent, parce que sinon j'ai un peu peur que vous soyez complètement perdus.

Donc, dans le chapitre précédent, on était en train de jeter les bases de la guérilla : savoir comment est-ce qu'on pouvait adapter la loi aux exigences de la guerre et comment est-ce qu'on allait se réfugier dans les montagnes. Cette fois, c'est passé du côté de la résistance, avec un programme politique et théologique qui était donné par le discours d'adieu du père, Matathias, avec cette figure du héros guerrier. Ok, il passe le flambeau.

Et là, vous allez avoir les premières batailles en bonne et due forme. Vous allez avoir une succession de noms, vous allez peut-être être un peu perdus : Apollonios, Séron, Lysias, Gorgias, Nicanor. Vous allez avoir la tête qui tourne un peu — c'est fait exprès. Ça vous montre un côté un peu anarchique qu'il y avait dans cet empire séleucide.

Et ce qu'il faut retenir, c'est que les batailles sont de plus en plus importantes, parce qu'au début on prend cette bande de résistants pour des rigolos et, au fur et à mesure, ça devient une résistance sérieuse. Donc on passe des chefs locaux — au début du chapitre, Apollonios, Séron — et puis ensuite on est passé à des opérations militaires majeures, comme par exemple avec Lysias.

Proverbes 26,6-10

Il s'en coupe les pieds, il en aura l'injure à la bouche, celui qui confie une mission à l'insensé.

Elles vont de travers, les jambes du boiteux ; ainsi le proverbe dans la bouche du sot.

Autant bloquer le caillou dans la fronde que de faire honneur à un sot.

Le harpon que brandit un ivrogne, ainsi le proverbe dans la bouche d'un sot.

C'est beaucoup de blessures pour tous que d'embaucher l'insensé ou le premier venu.


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