Jour 305 ☼ — Jonathan piégé par les honneurs
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Résumé : Après une visite des coulisses du podcast (les bruits de bouche, le jus de pomme et les prises reprises quatre fois), le frère Paul-Adrien lit le chapitre 12 du premier livre des Maccabées : les ambassades de Jonathan à Rome et à Sparte, ses campagnes jusqu'à Damas, la fortification de Jérusalem par Simon, et enfin le piège de Tryphon à Ptolémaïs. Le commentaire interroge le silence de Rome, la vanité d'une alliance avec Sparte recherchée pour la seule fierté symbolique, et surtout la grosseur d'une ruse à laquelle Jonathan se laisse prendre. La clé est au verset 43 : ce sont les flatteries et les honneurs de Tryphon qui l'ont aveuglé au point de le perdre. L'épisode se termine par les Proverbes sur l'homme éprouvé par la bouche de qui fait son éloge.
Introduction
Notre secours est dans le nom du Seigneur qui a fait le ciel et la terre.
Avant mon petit commentaire, je fais de la pub pour ce podcast, parce qu'on est bientôt à la fin de l'Ancien Testament. Alors, entre nous, je vais vous dire une chose — je ne sais pas si vous l'entendez, mais dans ce podcast, je vous fais visiter les coulisses : il y a parfois des bruits de bouche. C'est inévitable, on ne peut pas faire autrement, ça vient comme ça, naturellement. Sauf que c'est hyper compliqué, parce que pour vous, ce n'est pas agréable à écouter. Alors on en laisse quelques-uns pour bien vous prouver que ce n'est pas de l'intelligence artificielle et que c'est bien moi, le frère Paul-Adrien, qui vous parle. Mais on en enlève un maximum pour que ce soit agréable. Sauf que c'est chaud, chaud, chaud comme la braise, à enlever.
Du coup, j'ai essayé plusieurs trucs : l'huile d'olive cul sec pour tapisser la gorge. Et ensuite, j'ai trouvé que ce qui était le plus efficace, c'était le jus de pomme, ce qui est d'ailleurs plus agréable à boire. Alors ça n'enlève pas tous les bruits de bouche, ça en enlève la moitié. Et parfois, vous ne vous rendez pas compte, mais je suis obligé de reprendre quatre fois les mêmes prises, parce que sur certaines syllabes, je ne peux pas m'empêcher de faire un petit bruit comme ça. Et il faut quand même que j'essaye d'aider celui qui va venir derrière, pour enlever tous les bruits de bouche, en tout cas le maximum. Et ça, ça veut dire quoi ? Ça veut dire qu'en fait, vous ne vous rendez pas compte à quel point on essaye de vous faire un beau petit podcast avec les moyens du bord. Parce que moi, le coup du jus de pomme, ce n'est pas comme si j'avais une formation pour devenir podcasteur. Donc on prend soin de vous. Les liens sont en bas, merci de votre soutien. Si je vous disais le nombre de litres de jus de pomme que je me suis enfilé depuis un an, ça mérite un petit soutien de votre part.
Nous continuons avec les Maccabées, chapitre 12. On avait vu hier comment Jonathan, maintenant, jouait dans la cour des grands et traitait d'égal à égal avec les empereurs et les rois. On l'avait même vu transformer son armée juive en une armée de mercenaires pour faire la police dans les rues d'Antioche et réprimer dans le sang les révolutions populaires. Décidément. Et en même temps, vous sentez que... c'est aussi eux qui ont donné l'indépendance à la Judée. Donc les Asmonéens, la famille des Maccabées, on n'en dit pas du mal, on sait ce qu'on leur doit — mais on n'est pas dupes non plus.
Lecture : 1 Maccabées 12
Voyant que les circonstances lui étaient favorables, Jonathan choisit des hommes qu'il envoya à Rome pour confirmer et renouveler l'amitié avec les Romains. À Sparte également, ainsi qu'en d'autres régions, il envoya des lettres rédigées dans le même sens.
Ces hommes se rendirent donc à Rome. Ils entrèrent au Sénat et s'y exprimèrent en ces termes : « Le grand prêtre Jonathan et la nation des Juifs nous ont envoyés renouveler l'amitié et l'alliance avec eux comme par le passé. » On leur donna des lettres pour les autorités locales, recommandant de les escorter en paix vers le pays de Juda.
Voici la copie de la lettre que Jonathan écrivit aux gens de Sparte : « Le grand prêtre Jonathan, le conseil des anciens de la nation, les prêtres et le reste du peuple juif, aux Spartiates, leurs frères, salut ! Autrefois déjà, une lettre fut envoyée au grand prêtre Onias de la part d'Arius, qui régnait parmi vous. Cette lettre attestait que vous êtes nos frères, comme le montre la copie ci-dessous. Onias reçut avec honneur l'homme qui était envoyé et prit la lettre, où il était clairement question d'alliance et d'amitié.
Pour notre part, sans en éprouver le besoin, puisque nous avons le réconfort des livres saints qui sont entre nos mains, nous nous sommes cependant permis d'envoyer quelqu'un pour renouveler la fraternité et l'amitié qui nous lie à vous, afin de ne pas nous comporter comme des étrangers à votre égard. En effet, il s'est écoulé beaucoup de temps depuis que vous nous avez envoyé cette lettre. Sans cesse, en toute occasion, aux fêtes comme aux jours appropriés, nous nous souvenons de vous dans les sacrifices que nous offrons et dans nos prières, car il est juste et convenable de penser à des frères. Oui, nous nous réjouissons de votre gloire.
Quant à nous, nous avons été assaillis par bien des épreuves et bien des guerres. Les rois d'alentour nous ont combattus. Au moment de ces guerres, nous n'avons pas voulu vous importuner, pas plus que nos autres alliés et amis, car nous avons pour nous aider l'aide du ciel. Et ainsi, d'ailleurs, avons-nous été délivrés de nos ennemis, et eux, ils ont été humiliés.
Nous avons donc choisi Nouménios, fils d'Antiochos, et Antipater, fils de Jason, et nous les avons envoyés auprès des Romains pour renouveler l'amitié et l'alliance établies antérieurement avec eux. Nous leur avons prescrit d'aller aussi chez vous, de vous saluer et de vous remettre de notre part la lettre concernant le renouvellement de nos liens de fraternité. Vous voudrez donc bien nous répondre à ce sujet. »
Voici la copie de la lettre qui avait été envoyée à Onias : « Arius, roi des Spartiates, à Onias, le grand prêtre, salut ! Dans un document sur les Spartiates et les Juifs, on a découvert qu'ils sont frères et qu'ils sont de la race d'Abraham. Maintenant que nous savons cela, vous voudrez bien nous adresser vos salutations. Pour notre part, nous vous répondrons ceci : votre bétail et vos biens sont à nous, et les nôtres sont à vous. C'est pourquoi nous ordonnons qu'on vous apporte un message en ce sens. »
Jonathan apprit que les généraux de Démétrios étaient revenus avec une armée plus nombreuse qu'auparavant pour lui faire la guerre. Il quitta donc Jérusalem et se porta à leur rencontre dans le pays de Hamath, sans leur laisser le temps de pénétrer dans son propre pays. Il envoya des espions dans leur camp. Ceux-ci revinrent lui annoncer que les ennemis avaient pris leurs dispositions pour l'attaquer durant la nuit.
Au coucher du soleil, Jonathan ordonna à ses hommes de veiller et de garder les armes sous la main pour être prêts au combat pendant toute la nuit. Il plaça aussi des sentinelles. Lorsque les adversaires apprirent que Jonathan et ses hommes étaient prêts au combat, ils prirent peur. Le cœur plein d'effroi, ils se retirèrent, tout en allumant des feux dans leur camp. Jonathan et ses hommes ne s'aperçurent de rien jusqu'au matin, car ils voyaient briller les feux.
Jonathan se lança à leur poursuite, mais sans les rejoindre, car ils avaient déjà franchi le fleuve Éleuthère. Alors il se tourna contre la tribu arabe des Zabadéens. Il les battit et s'empara de leur butin. Après avoir donné le signal du départ, il se rendit à Damas et parcourut toute la région.
De son côté, Simon sortit et s'avança jusqu'à Ascalon et jusqu'aux forteresses voisines. De là, il retourna vers Joppé et s'en empara, car il avait appris que ses habitants voulaient livrer la forteresse aux hommes de Démétrios. Il y installa donc une garnison pour la défendre.
De retour à Jérusalem, Jonathan réunit les anciens du peuple et prit avec eux la décision de bâtir des forteresses en Judée, de surélever les remparts de Jérusalem et d'élever un grand mur de séparation entre la ville et la citadelle, pour isoler complètement celle-ci et empêcher d'y vendre ou d'y acheter. On se rassembla donc pour rebâtir la ville. Une partie du mur du torrent, à l'est de la ville, s'était écroulée. On restaura aussi le quartier appelé Kaphénatha. Quant à Simon, il rebâtit Adida dans le Bas-Pays. Il la fortifia et la munit de portes et de verrous.
Or, Tryphon avait le projet de devenir roi sur l'Asie, de ceindre le diadème et de porter la main sur le jeune roi Antiochus. Cependant, comme il craignait que Jonathan ne le laisse pas faire et le combatte, il cherchait le moyen de s'emparer de lui pour le faire périr. Il partit donc pour Bethsan. Jonathan sortit à sa rencontre et marcha sur Bethsan avec quarante mille hommes d'élite.
Voyant qu'il était accompagné d'une troupe nombreuse, Tryphon n'osa pas porter la main sur lui. Au contraire, il l'accueillit avec honneur, le recommanda à tous ses amis, lui fit des cadeaux et ordonna à ses amis et à ses troupes d'obéir à Jonathan comme à lui-même. Et il dit à Jonathan : « Pourquoi as-tu imposé cette fatigue à tout ce peuple, alors qu'aucune guerre ne nous menace ? Renvoie-les donc dans leurs foyers, choisis quelques hommes pour t'escorter et viens avec moi à Ptolémaïs. Je te livrerai cette ville et les autres forteresses, ainsi que le reste des troupes et tous les fonctionnaires. Ensuite, je m'en retournerai, car c'est dans ce but que je suis venu. »
Jonathan lui fit confiance et agit selon ce qu'il avait dit. Il renvoya ses troupes, qui retournèrent au pays de Juda. Il ne garda avec lui que trois mille hommes, dont il laissa deux mille en Galilée. Les mille autres l'accompagnèrent.
Mais dès que Jonathan fut entré dans Ptolémaïs, les habitants fermèrent les portes, se saisirent de lui et tuèrent par l'épée tous ceux qui étaient entrés avec lui. Tryphon envoya des troupes et des cavaliers en Galilée et dans la Grande Plaine pour faire périr tous les hommes de Jonathan. Ceux-ci comprirent qu'il avait été arrêté et qu'il était perdu, lui et ses compagnons. Ils s'encouragèrent mutuellement et marchèrent en rangs serrés, prêts au combat. Voyant qu'ils étaient résolus à défendre leur vie, leurs poursuivants firent demi-tour, et tous les hommes de Jonathan rentrèrent sans encombre au pays de Juda.
Ils pleurèrent Jonathan et ses compagnons, accablés eux-mêmes par une forte crainte. Tout Israël mena un grand deuil. Alors toutes les nations païennes d'alentour cherchèrent à les anéantir, car elles se disaient : « Ils n'ont personne pour les gouverner ni pour les secourir. C'est le moment de les attaquer et d'effacer leur souvenir du milieu des hommes. »
Commentaire
Nous avions d'abord le retour de Rome, qui est assez curieux. Parce que, d'un côté, on multiplie les déclarations de bienveillance et de fraternité, et de l'autre côté, Rome n'intervient pas du tout. Ça sert à quoi d'avoir un allié comme ça qui ne vous aide pas ? C'est une très bonne question. Pourquoi Rome n'intervient-elle pas ?
Il y a peut-être une réponse, en fait, très simple : c'est peut-être parce que Jonathan est beaucoup plus pressé de chercher des alliances avec les rois séleucides et égyptiens qu'avec Rome. Peut-être que le fait que Rome n'intervienne pas, c'est le signe qu'il y a un problème.
D'ailleurs, regardez la manière dont on leur écrit. C'est un peu curieux, parce qu'il y a un peu une démonstration de force qui ne dit pas son nom. Mais quand même, regardez ce verset, le verset 12 :
Oui, nous nous réjouissons de votre gloire. Quant à nous, nous avons été assaillis par bien des épreuves et bien des guerres. Les rois d'alentour nous ont combattus, et nous n'avons pas voulu vous importuner, car nous avons pour nous aider l'aide du ciel. Et ainsi avons-nous été délivrés.
Là, en fait, vous êtes en train de dire à votre allié que vous n'avez rien à lui envier, et que vous n'avez pas besoin de son aide. Alors, on vous dit : oui, mais c'est parce qu'on a un plus grand allié, Dieu. Sur le papier, c'est très beau : c'est Dieu qui donne la victoire. Est-ce que vous sentez que vraiment Dieu est intervenu, d'une manière ou d'une autre, depuis deux, trois chapitres ? Ce n'est pas parce que vous êtes pieux que vous faites forcément la volonté de Dieu.
Et puis ensuite, juste après être allé voir Rome, on va voir les Spartiates. Ça veut dire quoi, d'aller voir les Spartiates ? D'abord, à cette époque-là, ils ne sont pas grand-chose. Et puis, pour le coup, la démocratie de Sparte… vous êtes en plein totalitarisme militaire. Ça, c'est Sparte, la cité guerrière. Alors, vous cherchez quoi, en allant les voir ? Ce que vous cherchez, c'est la fierté symbolique d'être reconnu d'une même gloire que Sparte.
Et puis ensuite, juste après, c'était la fin du chapitre, on avait la capture de Jonathan. Mais là aussi, il y a quand même une question, parce que la ruse, excusez-moi, mais elle était un peu grosse. Quand vous avez votre ennemi de toujours qui vous demande de vous dépouiller de toute votre armée, il n'y a pas des warnings qui se mettent à clignoter dans votre tête ?
Alors, pourquoi est-ce qu'il s'est fait avoir ? À cause de ce que lui a dit Tryphon, au verset 43 :
Voyant qu'il était accompagné d'une troupe nombreuse, Tryphon n'osa pas porter la main sur lui. Au contraire, il l'accueillit avec honneur, le recommanda à tous ses amis, lui fit des cadeaux et ordonna à ses amis et à ses troupes d'obéir à Jonathan comme à lui-même.
Ce sont les flatteries et les honneurs qui ont aveuglé Jonathan au point de le perdre.
Proverbes 27,21-24
On éprouve l'argent au creuset, l'or au fourneau, et l'homme par la bouche de qui fait son éloge.
Quand tu pilerais le sot dans un mortier, au milieu du grain, avec le pilon, sa sottise ne se détacherait pas de lui.
Juge bien de la mine de tes moutons et prends soin de tes troupeaux, car la richesse n'est pas éternelle, ni les trésors assurés d'âge en âge.