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Jour 306 ☼ — Simon, entre fidélité et ambition

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Résumé : Dans cet épisode consacré au chapitre 13 du premier livre des Maccabées, le frère Paul-Adrien lit l'accession de Simon au pouvoir, la ruse de Tryphon et la mort de Jonathan, le monument funéraire de Modine, l'accord avec Démétrios et la prise de Gazara puis de la citadelle de Jérusalem. Le commentaire souligne que ce livre, derrière l'apparente succession de batailles, offre une véritable réflexion sur le pouvoir : Simon vient se proposer lui-même, tire bénéfice de la mort de son frère, se fait bâtir une septième pyramide et gagne désormais ses guerres par l'habileté militaire. De la guerre sainte pour la Loi, on glisse vers une guerre humaine aux relents nationalistes et d'ambition personnelle. L'épisode se termine par quelques versets du livre des Proverbes.

Introduction

Notre secours est dans le nom du Seigneur qui a fait le ciel et la terre.

Non, vraiment, il y a quelque chose de très étonnant. Au début, dans ce livre, on a l'impression d'avoir simplement une succession de batailles. Et en fait, ce qu'on vous offre, c'est une réflexion beaucoup plus profonde sur le pouvoir. Oh, c'est un très, très beau texte.

Alors, dans tout ça, qu'est-ce que va devenir Simon, le troisième frère asmonéen à accéder au pouvoir ? Eh bien, on va voir. Maccabées, chapitre 13.

Lecture : 1 Maccabées 13

Simon apprit que Tryphon avait réuni une grande armée pour se rendre au pays de Juda et le ravager. Voyant que le peuple tremblait d'épouvante, il monta à Jérusalem, rassembla le peuple et l'exhorta en ces termes : « Vous savez bien vous-mêmes tout ce que nous avons fait, moi, mes frères, la maison de mon père, en faveur des lois et du lieu saint. Vous connaissez les guerres et les angoisses que nous avons traversées. C'est pour cela, pour Israël, que tous mes frères ont péri, et je suis resté moi seul. Maintenant, quelle que soit la détresse de ce temps, il ne sera pas dit que j'ai épargné ma vie, car je ne suis pas meilleur que mes frères. Au contraire, je vengerai ma nation et le lieu saint, vos femmes et vos enfants, puisque toutes les nations païennes, poussées par la haine, se sont liguées pour nous anéantir. »

L'esprit du peuple se ranima dès qu'il entendit ces paroles, et tous répondirent d'une voix forte : « C'est toi qui es notre guide, à la place de Juda et de Jonathan, ton frère. Prends la tête de notre combat, et tout ce que tu nous diras, nous le ferons. »

Simon rassembla donc tous les hommes de guerre. Il se hâta d'achever les remparts de Jérusalem et fortifia la ville tout autour. Il envoya à Jopé Jonathan, fils d'Absalom, accompagné d'une troupe importante. Celui-ci en chassa les habitants et s'y établit.

Tryphon quitta Ptolémaïs avec une armée nombreuse pour pénétrer dans le pays de Juda. Il emmenait avec lui Jonathan sous bonne garde. Simon, lui, établit son camp à Adida, en face de la plaine.

Apprenant que Simon avait pris la relève de son frère Jonathan, et qu'il s'apprêtait à lui livrer bataille, Tryphon lui envoya des messagers pour lui dire : « Ton frère Jonathan doit de l'argent au trésor royal, en raison des fonctions qu'il exerçait. C'est pour cela que nous le retenons captif. Envoie donc maintenant une somme de cent talents d'argent, et deux de ses fils en otages, de peur qu'une fois relâché, il ne se dresse contre nous. À cette condition, nous le relâcherons. »

Simon se rendit bien compte que ces paroles étaient trompeuses. Mais il envoya chercher l'argent et les jeunes enfants, de peur de s'attirer une grande hostilité de la part du peuple. On aurait pu dire : « C'est parce que Simon ne lui a pas envoyé l'argent et les jeunes enfants que Jonathan a péri. » Simon envoya donc les deux jeunes enfants et la somme de cent talents, mais Tryphon renia sa parole et ne relâcha pas Jonathan.

Après quoi, il se remit en marche pour envahir le pays et le dévaster. Il fit un détour par le chemin d'Adora, mais Simon et son armée lui faisaient obstacle partout où il passait. De leur côté, les occupants de la citadelle de Jérusalem envoyèrent des messagers auprès de Tryphon, le pressant de les rejoindre par le désert et de leur faire parvenir des vivres. Tryphon prépara donc toute sa cavalerie. Mais la neige tomba cette nuit-là en telle abondance qu'il ne put s'y rendre. Il quitta ce lieu pour le pays de Galaad. Aux approches de Baskama, il tua Jonathan, qui fut enseveli en ce lieu. Puis il rebroussa chemin et retourna dans son pays.

Simon envoya recueillir les ossements de son frère Jonathan et l'ensevelit à Modine, la ville de ses pères. Tout Israël mena un grand deuil et se lamenta sur lui pendant de nombreux jours. Sur le tombeau de son père et de ses frères, Simon bâtit un monument assez élevé pour être vu de loin, en pierre polie, à l'arrière comme une façade. On y dressa sept pyramides, l'une en face de l'autre, en l'honneur de son père, de sa mère et de ses quatre frères. Il leur fit des socles et les entoura de hautes colonnes. Sur ces colonnes, en souvenir, il plaça un décor d'armes et des vaisseaux sculptés en relief, pour être vus de tous ceux qui navigueraient sur la mer. Tel fut le monument funéraire qu'il éleva à Modine et qui existe encore aujourd'hui.

Cependant Tryphon, dans sa duplicité à l'égard du jeune roi Antiochos, finit par le tuer. Il devint roi à sa place, s'empara du diadème de l'Asie, et causa beaucoup de torts à son pays.

Quant à Simon, il rebâtit les forteresses de Judée, les entoura de hautes tours et de remparts élevés, munis de portes et de verrous. Dans ces forteresses, il entreposa des vivres. Simon choisit quelques hommes qu'il envoya au roi Démétrios pour que celui-ci accorde au pays une remise d'impôts, car tous les actes de Tryphon n'avaient été que pillages. Le roi Démétrios lui envoya une réponse conforme à sa demande. Il lui écrivit la lettre suivante :

« Le roi Démétrios à Simon, grand prêtre et ami des rois, aux anciens et à la nation des Juifs, salut. Nous avons reçu volontiers la couronne d'or et la palme que vous nous avez envoyées. Nous sommes disposés à conclure avec vous une paix complète et à prescrire aux fonctionnaires de vous accorder la remise d'impôts. Tout ce que nous avons statué en votre faveur reste confirmé. Les forteresses que vous avez bâties, qu'elles soient vôtres. Nous vous faisons grâce des négligences et des fautes commises jusqu'à ce jour. Nous renonçons à la couronne que vous nous devez. S'il est encore à Jérusalem d'autres redevances à payer, qu'il ne soit plus rien exigé à l'avenir. Enfin, s'il en est parmi vous qui sont aptes à être enrôlés dans notre garde du corps, qu'ils s'y fassent inscrire, et qu'il y ait la paix entre nous. »

C'est en l'année 170 de l'empire grec que le joug des nations païennes fut retiré d'Israël, et le peuple se mit à mentionner sur les actes et les contrats la première année de Simon, grand prêtre éminent, chef de l'armée et guide des Juifs.

En ces jours-là, Simon mit le siège devant Gazara et l'encercla. Il construisit une tour roulante, la mena tout près de la ville, attaqua un de ses bastions et s'en empara. De la tour, les combattants se précipitèrent dans la ville, où il se produisit une véritable panique. Les habitants de la ville montèrent sur les remparts avec leurs femmes et leurs enfants, déchirèrent leurs vêtements et crièrent d'une voix forte pour supplier Simon de leur tendre la main droite en signe de paix. Ils disaient : « Ne nous traite pas selon nos méchancetés, mais selon ta miséricorde. » Simon le leur accorda et cessa le combat, mais il les expulsa de la ville. Puis il purifia les maisons où se trouvaient les idoles. C'est ainsi qu'il fit son entrée dans la ville au chant des hymnes et des bénédictions. Il en expulsa toute impureté et y installa des hommes fidèles à la loi. Il la fortifia et s'y fit construire une demeure.

De leur côté, les habitants de la citadelle de Jérusalem étaient empêchés de sortir et de se rendre à la campagne, d'acheter et de vendre. Ils eurent terriblement faim, et bon nombre d'entre eux furent emportés par la famine. Ils crièrent à Simon de conclure avec eux la paix, ce qu'il leur accorda. Cependant il les expulsa de ce lieu et purifia la citadelle de Jérusalem. Alors il y fit son entrée, le vingt-troisième jour du deuxième mois de l'année 171, avec des acclamations et des branches de palmiers, au son des cithares, des cymbales et des harpes, avec des hymnes et des cantiques, parce qu'un grand ennemi avait été brisé et jeté hors d'Israël. Simon décida de commémorer ce jour-là chaque année dans l'allégresse. Il fortifia aussi la citadelle de Jérusalem. C'est là qu'il habita, lui et les siens. Voyant que son fils Jean était devenu un homme, Simon le plaça à la tête de toutes les troupes. Jean résidait à Gazara.

Commentaire

Vous voyez, la manière dont vous accédez au pouvoir et les premiers actes que vous faites une fois parvenu au pouvoir, ça, dans l'esprit du livre des Maccabées, ça dit quelque chose de vous.

Simon ? Comment est-ce qu'il arrive au pouvoir ? C'était le début du chapitre 13 :

Voyant que le peuple tremblait d'épouvante, il monta à Jérusalem, rassembla le peuple et l'exhorta en ces termes : « Vous savez bien vous-mêmes tout ce que nous avons fait, moi, mes frères, la maison de mon père, en faveur des lois et du lieu saint. »

Ce qui veut dire, à mot couvert, que cette fois-ci personne n'est venu le chercher. C'est lui, au contraire, de son mouvement propre, qui allait voir la foule pour dresser son propre éloge et justifier ses prétentions, non pas par ses mérites personnels, mais par les mérites des autres. Si jamais j'osais, je dirais que ce serait encore pire que Jonathan, qui lui au moins avait reçu l'assentiment de son armée, qui voyait en lui un chef digne de les commander.

Et ensuite, c'est quoi son premier geste ? Son premier geste, c'est compliqué. Parce que son frère est vivant. Alors tant mieux, rendons grâce à Dieu. Mais en même temps, le fait que le frère soit vivant, ça remet en cause lui son propre pouvoir — que vous le vouliez ou non, c'est la règle du jeu. Alors on fait quoi ? On va essayer de le délivrer, mais en même temps, il se rend bien compte que tout ça, c'est une ruse, il ne pourra pas le délivrer. Du coup, vous rentrez dans des calculs politiques. Simon fait le maximum, mais ça ne suffit pas : son frère est tué, et lui, il conserve le pouvoir. Double jackpot.

Je ne dis pas qu'il l'a voulu, mais à partir du moment où vous rentrez en politique par ambition personnelle, ce qui est manifestement son cas à lui, vous ne pouvez pas empêcher les autres de se poser des questions sur vos motivations et sur ce que vous faites.

D'ailleurs, après… il se met à construire des pyramides. Depuis quand, dans la Bible, on se met à se construire des pyramides ? Verset 28 :

On y dressa sept pyramides, l'une en face de l'autre, en l'honneur de son père, de sa mère et de ses quatre frères.

Ça fait six. Elle est pour qui, la septième ? Elle est pour lui. Le but des pyramides, c'est de vaincre l'immortalité par un tombeau qui vous donne une gloire éternelle. Est-ce que vous trouvez ça vraiment digne de la piété juive ?

Bon, ça n'empêche pas Simon d'être un bon chef de guerre. Il construit des forteresses. Lui, il est plutôt du côté de l'ingénierie militaire. Sa spécialité à lui, c'est de fortifier les villes et de les assiéger. Verset 43 :

En ces jours-là, Simon mit le siège devant Gazara et l'encercla. Il construisit une tour roulante…

Ce que l'on appelle la poliorcétique, l'art des sièges. C'est chic de le dire comme ça.

Maintenant, pourquoi est-ce que le texte attire votre attention là-dessus ? Il n'y a jamais un détail qui est anodin dans la Bible. Eh bien, on ne le dit pas, mais ce n'est pas impossible que derrière, en vantant l'habileté de Simon, qui est réelle, ça vous donne quand même l'impression d'une guerre qui n'est plus gagnée grâce à Dieu, mais grâce à l'habileté humaine.

En attendant, cette fameuse citadelle, la cité de David, est enfin conquise à l'intérieur de Jérusalem. Le parti hellénistique est enfin expulsé. Oui, peut-être. Mais on sera passé d'une guerre sainte, motivée par la défense de la loi, à une guerre humaine avec des relents nationalistes et d'ambition personnelle.

Proverbes 27,25-27

On fauche le foin, le regain apparaît, on ramasse l'herbe des montagnes.

Les brebis te paieront le vêtement, les boucs, le prix d'un champ.

Le lait des chèvres suffira à te nourrir, à nourrir ta maison et à faire vivre tes servantes.


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