Jour 311 ☼ — Un vin nouveau pour des cœurs neufs
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Résumé : Dans cet épisode, le frère Paul-Adrien lit un long bloc de Luc 5 jusqu'à 6,11 : l'appel de Simon-Pierre après la pêche miraculeuse, la purification du lépreux, la guérison du paralytique avec pardon des péchés, l'appel de Lévi le publicain, les paraboles du vêtement neuf et du vin nouveau, puis les deux controverses sur le sabbat. Le commentaire montre d'abord que Luc a construit le début de son récit à l'envers, pour rappeler qu'avant d'être disciple il faut un chemin de conversion. Il dégage ensuite la structure d'inclusion de tout le passage — deux épisodes sur la loi au début, deux sur le sabbat à la fin — dont le centre est l'appel de Lévi : le sommet de la loi, c'est de se lever pour suivre Jésus. L'épisode se termine sur la montée de l'hostilité, de l'admiration jusqu'à l'envie de meurtre, et sur la suite du poème de la femme parfaite.
Introduction
Notre secours est dans le nom du Seigneur, qui a fait le ciel et la terre.
Nous allons commencer aujourd'hui, chapitre 5, avec l'appel de Simon-Pierre. À nouveau, vous verrez, il y a quelque chose de curieux là. Jésus venait de guérir sa belle-mère, l'épisode d'avant, et puis là, on va les retrouver au milieu d'un lac, on a l'impression qu'ils ne se connaissent pas. Et même, on va vous donner son surnom, comme ça, comme si jamais c'était une chose acquise : Simon-Pierre.
Ce qui fait qu'au total, toute cette première partie qu'on vient d'entendre, elle est construite exactement à l'envers. Normalement, séquence logique, on aurait dû avoir Jésus qui enseigne au bord d'un lac et qui monte dans la barque de saint Pierre et qui fait un miracle. Simon-Pierre, émerveillé, qui se met à le suivre, qui l'emmène chez lui pour qu'il guérisse sa belle-mère. De là, les miracles s'étendent à tout Capharnaüm, et ensuite, ils retournent chez lui à Nazareth, et puis là, ça se passe parce que ses amis d'enfance sont jaloux. Bon, si vous regardez bien, ça a été construit exactement à l'envers.
Et ça a été construit exactement à l'envers pour vous ramener, d'une part, un, à la citation d'Isaïe qu'on avait entendue sur l'Évangile qui est annoncé aux pauvres, et d'autre part, deux, à la lutte de Jésus au désert. Avant d'être un disciple et avant de partir à la pêche miraculeuse pour aller prêcher l'Évangile de Dieu, il y a tout un chemin à faire de conversion, de purification.
Bon, en tout cas, ce sera le premier épisode de la lecture d'aujourd'hui. On partira ensuite à la suite de Jésus prêcher l'Évangile. Vous aurez alors une succession de six petits récits. Luc, chapitre 5, jusqu'à 6, verset 11.
Lecture : Luc 5 – 6,11
Or, la foule se pressait autour de lui, autour de Jésus, pour écouter la parole de Dieu, tandis qu'il se tenait au bord du lac de Génézareth. Il vit deux barques qui se trouvaient au bord du lac. Les pêcheurs en étaient descendus et lavaient leurs filets. Jésus monta dans une des barques qui appartenait à Simon, et il lui demanda de s'écarter un peu du rivage. Puis il s'assit et, de la barque, il enseignait les foules.
Quand il eut fini de parler, il dit à Simon : « Avance au large, et jetez vos filets pour la pêche. » Simon lui répondit : « Maître, nous avons peiné toute la nuit sans rien prendre, mais sur ta parole, je vais jeter les filets. » Et l'ayant fait, ils capturèrent une telle quantité de poissons que leurs filets allaient se déchirer. Ils firent signe à leurs compagnons de l'autre barque de venir les aider. Ceux-ci vinrent et remplirent les deux barques, à tel point qu'elles enfonçaient.
À cette vue, Simon-Pierre tomba aux genoux de Jésus en disant : « Éloigne-toi de moi, Seigneur, car je suis un homme pécheur. » En effet, un grand effroi l'avait saisi, lui et tous ceux qui étaient avec lui, devant la quantité de poissons qu'ils avaient pêchés. Et de même Jacques et Jean, fils de Zébédée, les associés de Simon. Jésus dit à Simon : « Sois sans crainte, désormais, ce sont des hommes que tu prendras. » Alors, ils ramenèrent les barques au rivage et, laissant tout, ils le suivirent.
Jésus était dans une ville, quand survint un homme couvert de lèpre. Voyant Jésus, il tomba face contre terre et le supplia : « Seigneur, si tu le veux, tu peux me purifier. » Jésus étendit la main et le toucha en disant : « Je le veux, sois purifié. » À l'instant même, la lèpre le quitta. Alors Jésus lui ordonna de ne le dire à personne : « Va plutôt te montrer au prêtre et donne pour ta purification ce que Moïse a prescrit. Ce sera pour tous un témoignage. »
De plus en plus, on parlait de Jésus. De grandes foules accouraient pour l'entendre et se faire guérir de leurs maladies. Mais lui se retirait dans les endroits déserts et il priait.
Un jour que Jésus enseignait, il y avait dans l'assistance des pharisiens et des docteurs de la loi venus de tous les villages de Galilée et de Judée, ainsi que de Jérusalem. Et la puissance du Seigneur était à l'œuvre pour lui faire opérer des guérisons. Arrivent des gens portant sur une civière un homme qui était paralysé. Ils cherchaient à le faire entrer pour le placer devant Jésus, mais ne voyant pas comment faire à cause de la foule, ils montèrent sur le toit et, en écartant les tuiles, ils le firent descendre avec sa civière en plein milieu, devant Jésus. Voyant leur foi, il dit : « Homme, tes péchés te sont pardonnés. » Les scribes et les pharisiens se mirent à raisonner : « Qui est celui-là ? Il dit des blasphèmes. Qui donc peut pardonner les péchés, sinon Dieu seul ? » Mais Jésus, saisissant leurs pensées, leur répondit : « Pourquoi ces pensées dans vos cœurs ? Qu'est-ce qui est le plus facile ? De dire : "Tes péchés te sont pardonnés", ou de dire : "Lève-toi et marche" ? Eh bien, pour que vous sachiez que le Fils de l'homme a autorité sur la terre pour pardonner les péchés… » Jésus s'adressa à celui qui était paralysé : « Je te le dis, lève-toi, prends ta civière et retourne dans ta maison. » À l'instant même, celui-ci se releva devant eux. Il prit ce qui lui servait de lit et s'en alla dans sa maison en rendant gloire à Dieu. Tous furent saisis de stupeur et ils rendaient gloire à Dieu. Remplis de crainte, ils disaient : « Nous avons vu des choses extraordinaires aujourd'hui. »
Après cela, Jésus sortit et remarqua un publicain, c'est-à-dire un collecteur d'impôts, du nom de Lévi, assis au bureau des impôts. Il lui dit : « Suis-moi. » Abandonnant tout, l'homme se leva et le suivit. Lévi donna pour Jésus une grande réception dans sa maison. Il y avait là une foule nombreuse de publicains et d'autres gens attablés avec eux. Les pharisiens et les scribes de leur parti récriminaient en disant à ses disciples : « Pourquoi mangez-vous et buvez-vous avec les publicains et les pécheurs ? » Jésus leur répondit : « Ce ne sont pas les gens en bonne santé qui ont besoin du médecin, ce sont les malades. Et je ne suis pas venu appeler des justes, mais des pécheurs, pour qu'ils se convertissent. »
Ils lui dirent alors : « Les disciples de Jean le Baptiste jeûnent souvent et font des prières ; de même ceux des pharisiens. Au contraire, les tiens mangent et boivent. » Et Jésus leur dit : « Pouvez-vous faire jeûner les invités de la noce pendant que l'époux est avec eux ? Mais des jours viendront où l'époux leur sera enlevé ; alors, en ces jours-là, ils jeûneront. »
Il leur dit aussi en parabole : « Personne ne déchire un morceau à un vêtement neuf pour le coudre sur un vieux vêtement. Autrement, on aura déchiré le neuf, et le morceau qui vient du neuf ne s'accordera pas avec le vieux. Et personne ne met du vin nouveau dans de vieilles outres. Autrement, le vin nouveau fera éclater les outres, il se répandra et les outres seront perdues. Mais on doit mettre le vin nouveau dans des outres neuves. Jamais celui qui a bu du vin vieux ne désire du nouveau, car il dit : "C'est le vieux qui est bon." »
Un jour de sabbat, Jésus traversait des champs. Ses disciples arrachaient des épis et les mangeaient, après les avoir froissés dans leurs mains. Quelques pharisiens dirent alors : « Pourquoi faites-vous ce qui n'est pas permis le jour du sabbat ? » Jésus leur répondit : « N'avez-vous pas lu ce que fit David, un jour qu'il eut faim, lui-même et tous ceux qui l'accompagnaient ? Il entra dans la maison de Dieu, prit les pains de l'offrande et en mangea, et en donna à ceux qui l'accompagnaient, alors que les prêtres seulement ont le droit d'en manger. » Il leur disait encore : « Le Fils de l'homme est maître du sabbat. »
Un autre jour de sabbat, Jésus était entré dans la synagogue et enseignait. Il y avait là un homme dont la main droite était desséchée. Les scribes et les pharisiens observaient Jésus pour voir s'il ferait une guérison le jour du sabbat. Ils auraient ainsi un motif pour l'accuser. Mais lui, connaissant leur raisonnement, dit à l'homme qui avait la main desséchée : « Lève-toi et tiens-toi debout là, au milieu. » L'homme se dressa et se tint debout. Jésus leur dit : « Je vous le demande, est-il permis, le jour du sabbat, de faire le bien ou de faire le mal, de sauver une vie ou de la perdre ? » Alors, promenant son regard sur eux tous, il dit à l'homme : « Étends la main. » Il le fit et sa main redevint normale.
Commentaire
C'est quand même assez génial, c'est très très beau. C'est quand même tout l'avantage de La Bible en un an, c'est que ça nous oblige à enfiler les épisodes les uns après les autres et vous avez une vue d'ensemble qui se dégage que vous ne pouvez pas avoir quand vous vous arrêtez verset après verset.
Donc, vous aurez eu successivement d'abord deux premiers miracles qui ont permis en fait de réintroduire des gens dans la communauté. Une question avec la purification d'une maladie, la lèpre, qui était dans l'Ancien Testament la maladie spirituelle par excellence — on se souvient de Myriam. Et ensuite, un deuxième miracle, cette fois-ci de guérison d'un paralytique, qui se traduit par le pardon des péchés.
En parlant du pardon des péchés, petite parenthèse. Jésus n'a pas dit « Je te pardonne les péchés », mais il a utilisé un passif divin : « Les péchés sont pardonnés » — sous-entendu par qui ? Par Dieu. Donc, au sens technique du terme, il n'y a pas de blasphème, il ne s'est pas mis à la place de Dieu. Il a simplement dit que c'était la volonté de Dieu que de pardonner les péchés et que tous les rites de purification, de guérison, devaient ramener à cette réconciliation entre l'homme et Dieu. C'est Jésus qui vient de réinterpréter la loi. En guérissant un lépreux et en pardonnant un paralytique, c'est Jésus qui vous explique que la Torah, ça doit servir à réconcilier l'homme avec l'homme et l'homme avec Dieu.
Ça, c'était les deux premiers épisodes de notre lecture d'aujourd'hui. Et à la fin de notre lecture, il y avait encore deux autres épisodes sur un autre objet de la loi, qui était le sabbat. Il y avait l'épisode des grains de blé dans le champ : est-ce qu'on a le droit de prendre des épis et de les froisser le jour du sabbat ? Et deuxièmement, est-ce qu'on a le droit de faire des guérisons le jour du sabbat ? Est-ce qu'on a le droit de faire un miracle, une chose extraordinaire au nom de Dieu, le jour du sabbat ? Et c'est là qu'éclate l'humanisme chrétien, Jésus qui vous dit : c'est là que vous accomplissez votre vocation humaine, en disant « Le Fils de l'homme est maître du sabbat ».
Donc, en fait, vous avez deux épisodes de début, deux épisodes à la fin qui sont en lien. Ils parlent tous les deux de la loi. Et même, on pourrait continuer de tisser le parallélisme encore plus loin. Vous aviez au début un épisode en rase campagne, la purification du lépreux, et à la fin un épisode en rase campagne, les disciples dans le champ de blé. Vous aviez un épisode dans une ville, la guérison du paralytique, et à la fin vous avez un épisode dans une ville, la guérison le jour du sabbat.
Et c'est là qu'à nouveau vous retrouvez ces phénomènes d'inclusion, bien connus maintenant à la fin de ce podcast La Bible en un an. On se dit : ce qui est important, c'est ce qu'il y avait au milieu de tous ces épisodes. Du coup, tout le monde ouvre les oreilles. Qu'est-ce qu'il y avait au milieu ? Au milieu, il y avait l'appel d'un disciple en particulier — d'ailleurs, ce n'est pas Simon-Pierre, c'est un autre disciple, Lévi, Matthieu, le publicain. Eh bien, c'était ça la pointe de toute la lecture que vous venez d'entendre. Le sommet du sabbat, le sommet de la guérison et de la purification, le sommet de la loi, c'est de se lever pour suivre Jésus. Ça, c'était l'exemple et la leçon que vous donnait Lévi.
Et pour souligner l'importance de cet exemple, pour vous montrer dans quel esprit il faut vivre cette suite du Christ, Jésus vous donnait deux paraboles :
Personne ne déchire un morceau à un vêtement neuf pour le coudre sur un vieux vêtement.
Et personne ne met du vin nouveau dans de vieilles outres.
Jésus affirme une rupture totale, une nouveauté radicale. Il y a des choses nouvelles qui vont être dites. Bon, là encore, toujours la même chose : il y a une leçon pour nous. On avait vu la synagogue de Nazareth, il ne fallait pas lui ressembler. Là, il ne faut pas ressembler aux pharisiens qui sont engoncés dans leurs pratiques religieuses, et il y a une nouveauté à toujours retrouver.
Je termine juste en soulignant qu'au cours de ce chapitre, on sera passé de l'admiration qu'aura suscitée la première guérison du lépreux pour finalement arriver jusqu'à la perplexité, les pharisiens devant les paraboles de Jésus. Et à la fin de la lecture, du dernier épisode cette fois-ci, on passe de la perplexité à l'envie de meurtre : les pharisiens veulent tuer Jésus. Et à nouveau, avec ces pharisiens et cette envie de meurtre, on était retournés dans une synagogue. Verset 11 :
Quant à eux, ils furent remplis de fureur et discutaient entre eux sur ce qu'ils feraient à Jésus.
Donc, cette parabole sur le vin nouveau et le vieux vêtement, eh bien, il y a peut-être un vrai truc à méditer, hein. Au travail !
Nous, fin de l'épisode, on termine sur Proverbes 31, on continue notre poème sur la femme parfaite. Proverbes 31, 21 jusqu'à 26, de Lamed jusqu'à Pé.
Proverbes 31,21-26
Elle ne craint pas la neige pour sa maisonnée, car tous les siens ont des vêtements doublés. Elle s'est fait des couvertures, des vêtements de pourpre et de lin fin.
Aux portes de la ville, on reconnaît son mari, siégeant parmi les anciens.
Elle fabrique de l'étoffe pour la vendre. Elle propose des ceintures aux marchands.
Revêtue de force et de splendeur, elle sourit à l'avenir. Sa bouche s'exprime avec sagesse et sa langue enseigne la bonté.