CapBibliqueCapBiblique

Jour 315 ☼ — La conversion ou le néant

← J314 ☾ · 📋 Index · 🎧 Écouter · J315 ☾ →


Résumé : Dans cet épisode consacré à l'évangile selon saint Luc, le frère Paul-Adrien lit le chapitre 13 en entier et le début du chapitre 14, jusqu'au verset 11. Des faits divices tragiques — les Galiléens massacrés par Pilate, la tour de Siloé effondrée — deviennent pour Jésus l'occasion d'un appel pressant à la conversion, prolongé par la parabole du figuier, la guérison de la femme courbée un jour de sabbat, la graine de moutarde, le levain, la porte étroite et la leçon sur les dernières places. Le commentaire relie le grand arbre de la moutarde au cèdre orgueilleux de Tyr chez Ézéchiel, montre comment Jésus désamorce le venin désespérant des questions sur le nombre des élus, et rappelle que le festin des dernières places est celui des noces éternelles. L'épisode se termine par un couplet du psaume 118.

Introduction

Notre secours est dans le nom du Seigneur qui a fait le ciel et la terre.

Et vous savez quoi ? Aujourd'hui, c'est le 315e jour. 315, ça se termine par 5. Et les jours qui se terminent par 5, il se passe quoi ? Eh bien, il se passe que le frère Paul-Adrien fait sa petite pub pour vous dire de ne pas hésiter à nous soutenir, à nous aider à payer les patates. En ce moment, vous ne le savez pas, mais moi, je vous le dis, j'ai mon équipe qui travaille d'arrache-pied pour sortir une web-app avec un player, un lecteur, qui vous permettra de lire ce podcast plus facilement. C'est peut-être un peu dommage de le proposer au 315e jour, mais pour les générations futures, pour vos enfants, pensez-y, aidez-nous. Allez, au nom de la France, au nom des futures générations chrétiennes, soyez généreux, soyez sympas. C'est quand même extraordinaire, toute cette aventure. Bref, pour témoigner votre amitié, les liens sont en bas, parce que la vie est belle et que les patates, ça coûte cher.

Et nous continuons sur l'évangile selon saint Luc. Nous en sommes au chapitre 13 et nous allons poursuivre jusqu'au chapitre 14, jusqu'au verset 11. Vous allez voir, au début du chapitre 13, on vous parlera de Ponce Pilate qui avait tué des gens, et d'une tour à Siloé qui s'était effondrée. On n'a pas de référence ou de preuves archéologiques, mais ce que l'on sait par ailleurs du caractère de Ponce Pilate et ce que l'on sait des constructions à l'époque de Jésus coïncide bien.

Je vous dis ça parce que ces incidents vont permettre à Jésus de continuer sur le thème de l'apocalypse, de l'eschatologie, de la fin des temps, avec la parabole du figuier. Cette parabole du figuier, on l'avait déjà vue dans Marc et dans Matthieu, elle permettait de montrer le retour du Christ. Vous l'avez ici et elle vous rappelle que dans l'épisode précédent, il y avait quand même une petite tonalité apocalyptique.

Bon, j'en ai déjà trop dit en guise d'introduction. Luc, chapitre 13 et chapitre 14 jusqu'au verset 11.

Lecture : Luc 13

À ce moment-là, des gens qui se trouvaient là rapportèrent à Jésus l'affaire des Galiléens que Pilate avait fait massacrer, mêlant leur sang à celui des sacrifices qu'ils offraient. Jésus leur répondit : « Pensez-vous que ces Galiléens étaient de plus grands pécheurs que tous les autres Galiléens pour avoir subi un tel sort ? Eh bien, je vous le dis : pas du tout ! Mais si vous ne vous convertissez pas, vous périrez tous de même. Et ces dix-huit personnes tuées par la chute de la tour de Siloé, pensez-vous qu'elles étaient plus coupables que tous les autres habitants de Jérusalem ? Eh bien, je vous le dis : pas du tout ! Mais si vous ne vous convertissez pas, vous périrez tous de même. »

Jésus disait encore cette parabole : « Quelqu'un avait un figuier planté dans sa vigne. Il vint chercher du fruit sur ce figuier, et n'en trouva pas. Il dit alors à son vigneron : "Voilà trois ans que je viens chercher du fruit sur ce figuier, et je n'en trouve pas. Coupe-le. À quoi bon le laisser épuiser le sol ?" Mais le vigneron lui répondit : "Maître, laisse-le encore cette année, le temps que je bêche autour pour y mettre du fumier. Peut-être donnera-t-il du fruit à l'avenir. Sinon, tu le couperas." »

Jésus était en train d'enseigner dans une synagogue, le jour du sabbat. Voici qu'il y avait là une femme possédée par un esprit qui la rendait infirme depuis dix-huit ans. Elle était toute courbée et absolument incapable de se redresser. Quand Jésus la vit, il l'interpella et lui dit : « Femme, te voici délivrée de ton infirmité. » Et il lui imposa les mains. À l'instant même, elle redevint droite et rendait gloire à Dieu.

Alors le chef de la synagogue, indigné de voir Jésus faire une guérison le jour du sabbat, prit la parole et dit à la foule : « Il y a six jours pour travailler. Venez donc vous faire guérir ces jours-là, et pas le jour du sabbat. » Le Seigneur lui répliqua : « Hypocrites ! Chacun de vous, le jour du sabbat, ne détache-t-il pas de la mangeoire son bœuf ou son âne pour le mener boire ? Alors cette femme, une fille d'Abraham, que Satan avait liée voici dix-huit ans, ne fallait-il pas la délivrer de ce lien le jour du sabbat ? » À cette parole de Jésus, tous ses adversaires furent remplis de honte, et toute la foule était dans la joie à cause de toutes les actions éclatantes qu'il faisait.

Jésus disait donc : « À quoi le règne de Dieu est-il comparable ? À quoi vais-je le comparer ? Il est comparable à une graine de moutarde qu'un homme a prise et jetée dans son jardin. Elle a poussé, elle est devenue un arbre, et les oiseaux du ciel ont fait leur nid dans ses branches. »

Il dit encore : « À quoi pourrais-je comparer le règne de Dieu ? Il est comparable au levain qu'une femme a pris et enfoui dans trois mesures de farine, jusqu'à ce que toute la pâte ait levé. »

Tandis qu'il faisait route vers Jérusalem, Jésus traversait villes et villages en enseignant. Quelqu'un lui demanda : « Seigneur, n'y a-t-il que peu de gens qui soient sauvés ? » Jésus leur dit : « Efforcez-vous d'entrer par la porte étroite, car, je vous le déclare, beaucoup chercheront à entrer et n'y parviendront pas. Lorsque le maître de maison se sera levé pour fermer la porte, si vous, du dehors, vous vous mettez à frapper à la porte en disant : "Seigneur, ouvre-nous", il vous répondra : "Je ne sais pas d'où vous êtes." Alors vous vous mettrez à dire : "Nous avons mangé et bu en ta présence, et tu as enseigné sur nos places." Il vous répondra : "Je ne sais pas d'où vous êtes. Éloignez-vous de moi, vous tous qui commettez l'injustice." Et là, il y aura des pleurs et des grincements de dents, quand vous verrez Abraham, Isaac et Jacob, et tous les prophètes dans le royaume de Dieu, et que vous-mêmes, vous serez jetés dehors. Alors on viendra de l'orient et de l'occident, du nord et du midi, prendre place au festin dans le royaume de Dieu. Oui, il y a des derniers qui seront premiers, et des premiers qui seront derniers. »

À ce moment-là, quelques pharisiens s'approchèrent de Jésus pour lui dire : « Pars, va-t'en d'ici : Hérode veut te tuer. » Il leur répliqua : « Allez dire à ce renard : "Voici que j'expulse les démons et je fais des guérisons aujourd'hui et demain, et le troisième jour, j'arrive au terme. Mais il me faut continuer ma route aujourd'hui, demain et le jour suivant, car il ne convient pas qu'un prophète périsse en dehors de Jérusalem." Jérusalem, Jérusalem, toi qui tues les prophètes et qui lapides ceux qui te sont envoyés ! Combien de fois ai-je voulu rassembler tes enfants comme la poule rassemble ses poussins sous ses ailes, et vous n'avez pas voulu ! Voici que votre temple est abandonné à vous-mêmes. Je vous le déclare : vous ne me verrez plus jusqu'à ce que vienne le jour où vous direz : "Béni soit celui qui vient au nom du Seigneur." »

Lecture : Luc 14,1-11

Un jour de sabbat, Jésus était entré dans la maison d'un chef des pharisiens pour y prendre son repas, et ces derniers l'observaient. Or, voici qu'il y avait devant lui un homme atteint d'hydropisie. Prenant la parole, Jésus s'adressa aux docteurs de la Loi et aux pharisiens pour leur demander : « Est-il permis, oui ou non, de faire une guérison le jour du sabbat ? » Ils gardèrent le silence. Prenant alors le malade, Jésus le guérit et le laissa aller. Puis il leur dit : « Si l'un de vous a un fils ou un bœuf qui tombe dans un puits, ne va-t-il pas aussitôt l'en retirer, même le jour du sabbat ? » Ils furent incapables de trouver une réponse.

Jésus dit une parabole aux invités, lorsqu'il remarqua comment ils choisissaient les premières places, et il leur dit : « Quand quelqu'un t'invite à des noces, ne va pas t'installer à la première place, de peur qu'il ait invité un autre plus considéré que toi. Alors celui qui vous a invités, toi et lui, viendra te dire : "Cède-lui ta place", et à ce moment-là, tu iras, plein de honte, prendre la dernière place. Au contraire, quand tu es invité, va te mettre à la dernière place. Alors, quand viendra celui qui t'a invité, il te dira : "Mon ami, avance plus haut", et ce sera pour toi un honneur aux yeux de tous ceux qui seront à la table avec toi. En effet, quiconque s'élève sera abaissé, et qui s'abaisse sera élevé. »

Commentaire

Donc, la vie éternelle, le retour du Christ, le royaume de Dieu, qu'il faut attendre comme un figuier, qui vous est présenté ensuite comme un sabbat — c'est l'image du repos — avec cette femme qui est guérie, tiens, encore un petit clin d'œil au féminisme de Luc : la vie éternelle comme un immense sabbat. C'est beau, ça.

Et puis ensuite, vous aviez une autre image, encore plus belle à mon avis, enfin pour moi : le grand arbre. Ça, c'est une parabole qui est connue, hein ? La graine de moutarde, la plus petite de toutes les graines, mais qui en poussant devient le plus grand arbre du potager. Sauf que maintenant, vous qui, avec moi, avez lu Ézéchiel et sa prophétie contre Tyr… Je vous dis ça parce que des prophéties qui parlent d'arbres magnifiques, élevés, grands, on en avait déjà eu. C'était pour parler de Tyr et de Sidon, ce grand cèdre, mais c'était pour dire qu'il allait être détruit. C'était le signal de l'orgueil humain. Voilà que cette fois-ci, dans l'Évangile, la même prophétie devient, dans la bouche de Jésus, un arbre qui devient le paradis. C'est à la fois très beau, c'est une reprise de l'Ancien Testament, mais avec le sourire du Christ en plus, lui qui pourtant est en plein milieu des complots.

Une graine de moutarde que l'on plante en terre. La graine de moutarde meurt dans la terre pour porter une vie nouvelle. C'est l'image du don de soi, c'est ça qui vous fait rentrer dans le royaume de Dieu. On la plante, cette graine de moutarde, nous dit l'Évangile, dans un jardin : c'est le jardin, le paradis retrouvé. Elle pousse : c'est l'image de la vie éternelle qui porte du fruit. Et alors que Tyr et Sidon avaient déchu de leur grandeur par orgueil, là, dans la foi et dans l'humilité, vous avez un arbre qui arrive à toucher jusqu'au ciel.

L'arbre, dans les religions antiques, était une image du pont. Parce qu'un arbre, c'est ce qui relie la terre et le ciel, comme les montagnes. L'arbre avec ses racines dans la terre et ses racines, entre guillemets, dans le ciel, les feuilles. Et ce qui relie la terre et le ciel accueille tous les oiseaux du monde. Généralement, dans l'Ancien Testament, les oiseaux sont plutôt vus en mauvaise part. Mais là, il s'agit peut-être de tous ces moineaux dont l'Évangile n'arrête pas de nous dire que Dieu les connaît par leur nom.

Bon, et puis ensuite, on continue les questions relatives à la vie, à l'enfer. Qui sera sauvé ? Ce qui est assez intéressant, parce que dans l'Ancien Testament, il n'était pas tellement question du salut après la mort, de ces questions de vie et d'enfer. Là, voilà que dans le Nouveau Testament, elles sont devenues centrales.

La personne lui dit : est-ce que beaucoup seront sauvés ? Autrement dit, est-ce que les gens vont aller, a priori, au paradis ou bien en enfer ? C'est une question qu'on me pose souvent : est-ce qu'il y aura beaucoup de personnes qui vont aller en enfer ? Réponse de Jésus : il y en a beaucoup qui prennent le chemin de la perdition. C'est très bien formulé, parce que « beaucoup », ça veut simplement dire qu'il faut faire attention, parce que ce sont des choses graves et qu'il y en a qui mettent leur vie en danger. Mais on ne sait pas, de manière relative, est-ce que c'est 20, 30, 40 % — on ne sait pas. On sait simplement qu'il y en a trop.

Et à l'inverse, Jésus vous dit : efforcez-vous de rentrer par la porte étroite. Autrement dit, avant de vous préoccuper du nombre, de la quantité et du salut des autres, préoccupez-vous de votre salut. C'est un peu la même question que parfois on me pose : est-ce que les païens, est-ce que les athées, est-ce que les musulmans iront en enfer, ou est-ce qu'ils pourront être sauvés aussi ? D'une certaine manière, Jésus vous avait donné la réponse, c'était un épisode avant. Il vous avait dit : celui qui a reçu peu, on lui demandera peu ; celui à qui on a donné beaucoup, on lui demandera beaucoup. Ce n'est pas le tout de ces questions. Il faudra qu'on attende d'ailleurs saint Paul pour qu'on soit un peu plus dans les détails, et là, je pourrai vous donner un peu d'autres billes. Mais vous voyez comment déjà Jésus, avec une sorte de grande sagesse, vous enlève le venin désespérant de ces questions pour replacer chacun en face de ses propres responsabilités.

Il est question, à la fin, d'un repas et de savoir quelle place il faut prendre, les bonnes places ou les moins bonnes places. Alors faites attention, parce que ça, on a l'impression qu'il s'agit simplement de convenances et de règles sociales. En fait, il s'agit d'une parabole, d'un enseignement. Évidemment, le festin dont il est question, c'est le festin des noces éternelles. Il s'agit ici du paradis et des places qu'il y a au paradis. Parce qu'il y aura des places au paradis. Jésus vous dit : celui qui transgresse le plus petit commandement sera tenu pour le plus petit dans le royaume des cieux. Puis plus tard, saint Paul vous parlera de la couronne de gloire, etc. Donc, une fois que je vous ai dit ça, relisez-le, vous verrez.

Nous terminons par un couplet du psaume 118.

Psaume 118, 137-144

Toi, tu es juste, Seigneur : tu es droit dans tes décisions. Tu promulgues tes exigences avec justice, avec entière fidélité.

Quand mes oppresseurs oublient ta parole, une ardeur me consume. La promesse tout entière est pure : elle est aimée de ton serviteur.

Moi, le chétif, le méprisé, je n'oublie pas tes préceptes. Justice éternelle est ta justice, et vérité, ta loi.

La détresse et l'angoisse m'ont saisi, je trouve en tes volontés mon plaisir. Justice éternelle, tes exigences : éclaire-moi, et je vivrai.


← J314 ☾ · 📋 Index · 🎧 Écouter · J315 ☾ →