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Jour 315 ☾ — Le festin de la miséricorde

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Résumé : Le frère Paul-Adrien lit la fin du chapitre 14 de Luc — l'invitation aux pauvres, la parabole du grand dîner où les invités se dérobent, puis les conditions pour suivre Jésus (porter sa croix, calculer la dépense, renoncer à tout) — avant les trois paraboles de la miséricorde du chapitre 15. Le commentaire montre comment ces trois récits se suivent et s'amplifient : une perte qui passe d'un centième à un dixième puis à la moitié, un mouvement de recherche qui va du dehors vers le plus intime, un accent qui se déplace de l'initiative de Dieu à notre valeur puis à la relation restaurée. Il termine en invitant à réconcilier en soi les deux fils de la parabole, restée volontairement inachevée.

Introduction

Alors là, c'est là que les Athéniens s'atteignirent. On va arriver dans Luc, fin du chapitre 14, et surtout Luc chapitre 15, ce qu'on appelle les paraboles de la miséricorde, avec la parabole de la brebis perdue, la parabole de la pièce d'argent perdue, la parabole du fils perdu. Mais écoutez, tout ça se mérite. Donc avant, il y aura la fin du chapitre 14, qui est très beau aussi.

On va continuer sur le thème du festin. Je vous avais dit que le festin, c'était plus qu'une convenance sociale, c'était l'image de la vie éternelle. On vous parlera d'un roi qui va chercher des convives pour les inviter à ses noces. Et si vous vous souvenez bien, je vous avais dit, quand on était dans l'Ancien Testament, que ça avait déjà existé, qu'il y avait déjà eu un roi qui vraiment avait envoyé des messagers, des prédicateurs populaires, pour inviter le peuple à célébrer une fête à Jérusalem. C'était le roi Ézéchias, dans 2 Chroniques 30. Mais si, évidemment, vous vous en souvenez, tout le monde s'en souvient. Sauf qu'Ézéchias avait invité à la Pâque. Et ici, le roi invite aux noces. Mais c'est peut-être la même chose : la Pâque, c'est Jésus qui va donner sa vie pour se marier avec l'Église.

Et toujours avant ces fameuses paraboles de la miséricorde, qui se méritent — vous ne les aurez pas comme ça —, Jésus va intercaler encore et toujours un petit enseignement pour reprendre cette invitation aux noces. Il va leur dire, par exemple, qu'il va falloir porter sa croix. C'est comme ça qu'on peut répondre à l'invitation. Il va leur dire que cette invitation, en fait, elle n'est pas négociable. C'est un roi qui s'avance avec vingt mille personnes et vous, vous n'en avez que dix mille, etc., etc.

Donc vous aurez d'un côté le roi qui envoie les messagers — ça, ce sera le début de la lecture — et puis ensuite Jésus qui va expliquer aux invités comment répondre à l'invitation. Tout le monde me suit bien. Et là, vous allez basculer chapitre 15 avec les trois paraboles de la miséricorde. Et maintenant, bonne écoute.

Lecture : Luc 14-15

Jésus disait aussi à celui qui l'avait invité : « Quand tu donnes un déjeuner ou un dîner, n'invite pas tes amis, ni tes frères, ni tes parents, ni de riches voisins. Sinon, eux aussi te rendraient l'invitation et ce serait pour toi un don en retour. Au contraire, quand tu donnes une réception, invite des pauvres, des estropiés, des boiteux, des aveugles. Heureux seras-tu, parce qu'ils n'ont rien à te donner en retour, et cela te sera rendu à la résurrection des justes. »

En entendant parler Jésus, un des convives lui dit : « Heureux celui qui participera au repas dans le royaume de Dieu ! »

Jésus lui dit : « Un homme donnait un grand dîner, et il avait invité beaucoup de monde. À l'heure du dîner, il envoya son serviteur dire aux invités : "Venez, tout est prêt." Mais ils se mirent tous unanimement à s'excuser. Le premier lui dit : "J'ai acheté un champ et je suis obligé d'aller le voir. Je t'en prie, excuse-moi." Un autre dit : "J'ai acheté cinq paires de bœufs et je pars les essayer. Je t'en prie, excuse-moi." De retour, le serviteur rapporta ses paroles à son maître. Alors, pris de colère, le maître de maison dit à son serviteur : "Dépêche-toi d'aller sur les places et dans les rues de la ville : les pauvres, les estropiés, les aveugles et les boiteux, amène-les ici." Le serviteur revint lui dire : "Maître, ce que tu as ordonné est exécuté, mais il reste encore de la place." Le maître dit alors au serviteur : "Va sur les routes et dans les sentiers, et fais entrer les gens de force, afin que ma maison soit remplie. Car, je vous le dis, aucun de ces hommes qui avaient été invités ne goûtera de mon dîner." »

De grandes foules faisaient route avec Jésus. Il se retourna et leur dit : « Si quelqu'un vient à moi sans me préférer à son père, sa mère, sa femme, ses enfants, ses frères et sœurs, et même à sa propre vie, il ne peut pas être mon disciple. Celui qui ne porte pas sa croix pour marcher à ma suite ne peut pas être mon disciple.

Quel est celui d'entre vous qui, voulant bâtir une tour, ne commence pas par s'asseoir pour calculer la dépense et voir s'il a de quoi aller jusqu'au bout ? Car si jamais il pose les fondations et n'est pas capable d'achever, tous ceux qui le verront vont se moquer de lui : "Voilà un homme qui a commencé à bâtir et qui n'a pas été capable d'achever."

Et quel est le roi qui, partant en guerre contre un autre roi, ne commence par s'asseoir pour voir s'il peut, avec dix mille hommes, affronter l'autre qui marche contre lui avec vingt mille ? S'il ne le peut pas, il envoie, pendant que l'autre est encore au loin, une délégation pour demander les conditions de paix. Ainsi donc, celui d'entre vous qui ne renonce pas à tout ce qui lui appartient ne peut pas être mon disciple.

C'est une bonne chose que le sel. Et si le sel lui-même devient fade, avec quoi lui rendra-t-on de la saveur ? Il ne peut servir ni pour la terre, ni pour le fumier : on le jette dehors. Celui qui a des oreilles pour entendre, qu'il entende ! »

Les publicains et les pécheurs venaient tous à Jésus pour l'écouter. Les pharisiens et les scribes récriminaient contre lui : « Cet homme fait bon accueil aux pécheurs et il mange avec eux ! »

Alors Jésus leur dit cette parabole : « Si l'un de vous a cent brebis et qu'il en perde une, n'abandonne-t-il pas les quatre-vingt-dix-neuf autres dans le désert pour aller chercher celle qui est perdue, jusqu'à ce qu'il la retrouve ? Et quand il l'a retrouvée, il la prend sur ses épaules, tout joyeux. Et de retour chez lui, il rassemble ses amis et ses voisins pour leur dire : "Réjouissez-vous avec moi, car j'ai retrouvé ma brebis, celle qui était perdue." Je vous le dis : c'est ainsi qu'il y aura de la joie dans le ciel pour un seul pécheur qui se convertit, plus que pour quatre-vingt-dix-neuf justes qui n'ont pas besoin de conversion.

Ou encore, si une femme a dix pièces d'argent et qu'elle en perde une, ne va-t-elle pas allumer une lampe, balayer la maison et chercher avec soin jusqu'à ce qu'elle la retrouve ? Et quand elle l'a retrouvée, elle rassemble ses amies et ses voisines pour leur dire : "Réjouissez-vous avec moi, car j'ai retrouvé la pièce d'argent que j'avais perdue." Ainsi, je vous le dis : il y a de la joie devant les anges de Dieu pour un seul pécheur qui se convertit. »

Jésus dit encore : « Un homme avait deux fils. Le plus jeune dit à son père : "Père, donne-moi la part de fortune qui me revient." Et le père leur partagea ses biens. Peu de jours après, le plus jeune rassembla tout ce qu'il avait et partit pour un pays lointain, où il dilapida sa fortune en menant une vie de désordre. Il avait tout dépensé quand une grande famine survint dans ce pays, et il commença à se trouver dans le besoin. Il alla s'engager auprès d'un habitant de ce pays, qui l'envoya dans ses champs garder les porcs. Il aurait bien voulu se remplir le ventre avec les gousses que mangeaient les porcs, mais personne ne lui donnait rien.

Alors il rentra en lui-même et se dit : "Combien d'ouvriers de mon père ont du pain en abondance, et moi ici je meurs de faim ! Je me lèverai, j'irai vers mon père et je lui dirai : Père, j'ai péché contre le ciel et envers toi. Je ne suis plus digne d'être appelé ton fils. Traite-moi comme l'un de tes ouvriers." Il se leva et s'en alla vers son père.

Comme il était encore au loin, son père l'aperçut et fut saisi de compassion. Il courut se jeter à son cou et le couvrit de baisers. Le fils lui dit : "Père, j'ai péché contre le ciel et envers toi. Je ne suis plus digne d'être appelé ton fils." Mais le père dit à ses serviteurs : "Vite, apportez le plus beau vêtement pour l'habiller. Mettez-lui une bague au doigt et des sandales aux pieds. Allez chercher le veau gras, tuez-le, mangeons et festoyons. Car mon fils que voilà était mort, et il est revenu à la vie ; il était perdu, et il est retrouvé." Et ils commencèrent à festoyer.

Or, le fils aîné était aux champs. Quand il revint et fut près de la maison, il entendit la musique et les danses. Appelant un des serviteurs, il s'informa de ce qui se passait. Celui-ci répondit : "C'est ton frère qui est arrivé, et ton père a tué le veau gras, parce qu'il a retrouvé ton frère en bonne santé." Alors le fils aîné se mit en colère et il refusait d'entrer. Son père sortit le supplier. Mais il répliqua à son père : "Il y a tant d'années que je suis à ton service sans jamais avoir transgressé un seul de tes ordres, et jamais tu ne m'as donné un chevreau pour festoyer avec mes amis. Mais quand ton fils que voilà est revenu après avoir dévoré ton bien avec des prostituées, tu as fait tuer pour lui le veau gras !" Le père répondit : "Toi, mon enfant, tu es toujours avec moi, et tout ce qui est à moi est à toi. Il fallait festoyer et se réjouir, car ton frère que voilà était mort, et il est revenu à la vie ; il était perdu, et il est retrouvé." »

Commentaire

Ah, les trois paraboles de la miséricorde, qu'il n'y a que dans Luc. La brebis perdue — alors ça, ok, vous l'avez dans Matthieu, je m'excuse. Mais juste après, vous avez la pièce perdue, qui n'existe que dans Luc. Et vous avez ensuite le fils prodigue, qui n'existe lui aussi que dans Luc.

Ce qui est intéressant, c'est toujours « La Bible en un an », le podcast : à force de tourner les pages, il y a des choses qu'on ne peut voir qu'en lisant rapidement la Bible. Et là, on s'aperçoit qu'en fait, elles se suivent, elles s'appellent, elles s'agencent les unes aux autres.

Par exemple, au début, on commence avec une perte relativement limitée : une brebis perdue sur cent, un centième. Ensuite, vous avez une deuxième parabole : une pièce perdue sur dix. Déjà, c'est plus sensible, c'est 10 % de perdu. Et ensuite, troisième parabole, le fils prodigue : un fils perdu sur deux. Donc là, c'est quasiment la moitié de perdue. Et là, pour le coup, un fils de perdu en entier, c'est même presque plus que la moitié. Donc vous voyez comment il y a une progression dramatique.

Mais de la même manière, regardez le mouvement de recherche. On commence avec la brebis perdue : un mouvement extérieur. Le berger qui quitte le troupeau et qui part chercher — donc le berger part. Ensuite, la pièce perdue : cette fois-ci, c'est une femme qui reste à l'intérieur de chez elle et qui passe le balai absolument partout. Mais vous restez dans un domaine plus intime. Et ensuite, troisième parabole, le fils perdu : cette fois-ci, le père ne quitte pas chez lui. Et en fait, tout le mouvement de recherche qu'on avait vu avant se concentre sur son seul regard. Il reste devant la porte à contempler une route qui était perdue. Et cette fois-ci, vous sentez tout le chagrin et tout le souci qu'il y a dans cet homme.

Et ce que vous sentez là, comment est-ce qu'on progresse de parabole en parabole ? On pourrait continuer comme ça, regardez. La brebis perdue : un récit assez bref, presque schématique, très bucolique. Puis ensuite, la pièce perdue : cette fois-ci, l'accent est mis sur l'effort minutieux et sur la joie partagée. C'est assez beau, parce qu'en fait, vous êtes juste une toute petite pièce. La pièce qu'on cherche, elle ne vaut rien du tout. Nous, on ne vaut rien, on est juste une toute petite pièce à l'échelle de l'univers. Ça n'empêche pas Dieu de nous chercher inlassablement. Et puis ensuite, troisième parabole : cette fois-ci, l'histoire a pris une ampleur qu'il n'y avait pas avant. Ça devient un véritable drame, avec des tensions, avec des dialogues, avec des retournements. Et vous voyez ce phénomène d'amplification.

Bon, au total : dans la brebis perdue, c'est Dieu qui est au centre, parce que c'est lui qui prend l'initiative de chercher. Dans la drachme perdue, là, on met l'accent sur la valeur, l'argent qui a été perdu. Et dans le fils perdu, l'accent n'est plus sur la recherche, l'accent n'est plus sur ce que vous, vous valez, mais il est sur la relation elle-même, sur la relation restaurée. Et c'est là, en fait, où on atteint véritablement la profondeur de la miséricorde : non seulement chercher et retrouver, mais réconcilier et se réjouir.

Dernière petite remarque avant de conclure et pour élargir le propos : deux fils en contrepoint. L'idéal de la parabole — en fait, il faut aller jusque-là —, c'est d'arriver à prendre le bon côté du fils perdu, c'est-à-dire cette simplicité d'en retrouver le père. Mais il ne faut pas oublier ce qu'il y avait de beau chez le fils aîné, à savoir qu'il n'a quand même jamais quitté la maison. Quitte à choisir, c'est ce que vous dit la parabole, il vaut mieux prendre l'exemple du fils prodigue. Mais normalement, il y a les deux fils à réconcilier encore. Cette parabole est inachevée : c'est à vous, dans votre vie, de l'achever, en réconciliant à l'intérieur de votre âme ces deux fils.

Nous terminons par une prière.

Prière

Au nom du Père, et du Fils, et du Saint-Esprit. Amen.

Seigneur, donne-moi d'être brebis perdue pour que je sois sur tes épaules. Donne-moi d'être une pièce de drachme pour que tu fouilles l'univers entier et que tu me recherches. Donne-moi d'être ce fils prodigue qui fait ta joie lorsqu'il te retrouve.

C'est toi qui, à mon doigt, passera l'anneau, symbole de l'autorité retrouvée ; les sandales, symbole du mariage avec l'Esprit Saint ; et le veau, symbole de la joie éternelle.

Mon Dieu, ma miséricorde, c'est par toi que je vis. Fais que je vive aussi pour toi. Amen.


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