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Jour 323 ☼ — Étienne, témoin jusqu'au pardon

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Résumé : Étienne, arrêté la veille pour avoir parlé contre le Temple, présente sa défense devant le grand prêtre : une relecture de toute l'histoire sainte, d'Abraham à Salomon, qui montre que Dieu se révèle hors de Jérusalem et n'habite pas une maison faite de main d'homme. Le discours s'achève par une charge frontale contre la dureté de cœur de ses auditeurs, puis par la vision du Fils de l'homme debout à la droite de Dieu — ce qui déclenche la lapidation. Le frère Paul-Adrien souligne la logique implacable de cette plaidoirie qui subvertit toute l'histoire d'Israël, et l'ultime parole d'Étienne, qui après avoir tant chargé ses juges demande pour eux le pardon. L'épisode se termine par la seconde partie du psaume 138.

Introduction

Notre secours est dans le nom du Seigneur qui a fait le ciel et la terre.

Ça me déprime : les textes sont de plus en plus longs et ils sont de plus en plus riches, je ne sais pas comment je peux commenter. Aujourd'hui, Étienne. Pour rappel, Étienne, c'est le chef des sept diacres. Nous nous étions arrêtés hier en plein stress : il s'était fait arrêter. Aujourd'hui, il va présenter sa défense. Est-ce que ça va bien se passer ? Suspense. Bonne écoute.

Lecture : Actes des Apôtres 7

Le grand prêtre demanda : « Cela est-il exact ? » Étienne dit alors : « Frères et pères, écoutez. Le Dieu de gloire est apparu à notre père Abraham, quand il était en Mésopotamie, avant de venir habiter Harran, et il lui a dit : "Sors de ton pays et de ta parenté, va dans le pays que je te montrerai." Alors, étant sorti du pays des Chaldéens, il vint habiter Harran. Après la mort de son père, Dieu le fit émigrer de là-bas vers le pays où vous-mêmes vous habitez maintenant. Et là, il ne lui donna rien en héritage, pas même de quoi poser le pied. Mais il promit de lui donner ce pays en possession, ainsi qu'à sa descendance après lui, alors qu'il n'avait pas encore d'enfant.

Dieu lui déclara que ses descendants seraient des immigrés en terre étrangère, que l'on en ferait des esclaves et qu'on les maltraiterait pendant quatre cents ans. "Mais, dit Dieu, la nation dont ils seront esclaves, moi, je la jugerai, et après cela ils sortiront et ils me rendront un culte en ce lieu." Et Dieu lui donna l'alliance de la circoncision. Ainsi, Abraham engendra Isaac et le circoncit le huitième jour. Isaac fit de même pour Jacob, et Jacob pour les douze patriarches.

Les patriarches, jaloux de Joseph, le vendirent pour être conduit en Égypte, mais Dieu était avec lui et il le tira de toutes ses épreuves. Il lui donna grâce et sagesse devant Pharaon, roi d'Égypte, et celui-ci le mit à la tête de l'Égypte et de toute la maison royale. Puis une famine arriva sur toute l'Égypte et Canaan, ainsi qu'une grande détresse, et nos pères ne trouvaient plus de nourriture. Quand Jacob apprit qu'il y avait du blé en Égypte, il y envoya nos pères une première fois. Et à la deuxième fois, Joseph se fit reconnaître par ses frères, et ainsi son origine fut dévoilée à Pharaon. Joseph envoya chercher son père Jacob et toute sa parenté, à savoir soixante-quinze personnes. Jacob alors descendit en Égypte, et il y mourut ainsi que nos pères. Ils furent transportés à Sichem et déposés dans le tombeau qu'Abraham avait acheté à prix d'argent aux fils de Hamor, à Sichem.

Comme s'approchait le temps où devait s'accomplir la promesse par laquelle Dieu s'était engagé envers Abraham, le peuple devint fécond et se multiplia en Égypte, jusqu'à ce qu'un autre roi, qui n'avait pas connu Joseph, arrive au pouvoir en Égypte. Ayant pris des dispositions perverses contre notre peuple, il maltraita nos pères au point de leur faire abandonner leurs nouveau-nés pour qu'ils ne puissent plus vivre.

C'est à ce moment que Moïse vint au monde. Il était beau sous le regard de Dieu. Il fut élevé pendant trois mois dans la maison de son père, puis abandonné. La fille de Pharaon le recueillit et l'éleva comme son fils. Moïse fut éduqué dans toute la sagesse des Égyptiens. Il était puissant par ses paroles et par ses actes.

Comme il avait atteint l'âge de quarante ans, la pensée lui vint d'aller visiter ses frères, les fils d'Israël. Voyant que l'un d'entre eux était maltraité, il prit sa défense et frappa l'Égyptien pour venger celui qui était agressé. Il pensait que ses frères comprendraient que Dieu leur donnait par lui le salut. Mais eux ne le comprirent pas. Le lendemain, il se fit voir à eux pendant qu'ils se battaient et il essayait de rétablir la paix entre eux en leur disant : "Vous êtes frères, pourquoi vous faire du mal les uns aux autres ?" Mais celui qui maltraitait son compagnon repoussa Moïse en disant : "Qui t'a établi chef et juge sur nous ? Veux-tu me tuer comme tu as tué hier l'Égyptien ?" À ces mots, Moïse s'enfuit et il séjourna en immigré dans le pays de Madiane, où il engendra deux fils.

Quarante ans s'écoulèrent. Un ange lui apparut au désert du mont Sinaï, dans la flamme d'un buisson en feu. Ayant vu, Moïse s'étonna de la vision, et lorsqu'il s'approcha pour regarder, la voix du Seigneur se fit entendre : "Je suis le Dieu de tes pères, le Dieu d'Abraham, d'Isaac et de Jacob." Moïse se mit à trembler, il n'osait plus regarder. Le Seigneur lui dit : "Retire les sandales de tes pieds, car le lieu où tu te tiens est une terre sainte. J'ai vu, oui, j'ai vu la misère de mon peuple qui est en Égypte. J'ai entendu leur gémissement et je suis descendu pour les délivrer. Et maintenant, va, je t'envoie en Égypte."

Ce Moïse qu'on avait rejeté en disant "Qui t'a établi chef et juge ?", Dieu l'a envoyé comme chef et libérateur, avec l'aide de l'ange qui lui était apparu dans le buisson. Et c'est lui qui les a fait sortir, en faisant des prodiges et des signes au pays d'Égypte, à la mer Rouge et au désert pendant quarante ans. C'est ce Moïse qui a dit aux fils d'Israël : "Dieu suscitera pour vous, du milieu de vos frères, un prophète comme moi." C'est lui qui était présent lors de l'assemblée au désert, avec l'ange qui lui parlait sur le mont Sinaï, et avec nos pères. Il reçut des paroles vivantes pour nous les donner.

Mais nos pères n'ont pas voulu lui obéir. Bien plus, ils le repoussèrent. De cœur, ils retournaient en Égypte quand ils dirent à Aaron : "Fabrique-nous des dieux qui marcheront devant nous, car ce Moïse qui nous a fait sortir du pays d'Égypte, nous ne savons pas ce qui lui est arrivé." Et en ces jours-là, ils fabriquèrent un veau et offrirent un sacrifice à cette idole. Ils se réjouissaient de l'œuvre de leurs mains. Alors Dieu se détourna et les laissa rendre un culte à l'armée du ciel, comme il est écrit dans le livre des prophètes : "Des victimes et des sacrifices, m'en avez-vous présenté pendant quarante ans au désert, maison d'Israël ? Mais vous avez porté la tente de Moloch et l'étoile de votre dieu Réphane, ces images que vous avez fabriquées pour vous prosterner devant elles. Je vous déporte au-delà de Babylone."

Nos pères, dans le désert, avaient la tente du Témoignage. Et elle avait été faite d'après les ordres de celui qui parlait à Moïse et qui lui en avait montré le modèle. Après avoir reçu cette tente, nos pères, avec Josué, la firent entrer dans le pays que les nations possédaient, avant que Dieu les chasse loin du visage de nos pères. Cela dura jusqu'au temps de David. Celui-ci trouva grâce devant Dieu et il pria afin de trouver une demeure au Dieu de Jacob. Mais ce fut Salomon qui lui construisit une maison. Pourtant, le Très-Haut n'habite pas dans ce qui est fait de main d'homme. Comme le dit le prophète : "Le ciel est mon trône, la terre l'escabeau de mes pieds. Quelle maison me bâtirez-vous, dit le Seigneur ? Quel sera le lieu de mon repos ? N'est-ce pas ma main qui a fait tout cela ?"

Et vous, qui êtes-vous, vous qui avez la nuque raide, vous dont le cœur et les oreilles sont fermés à l'Alliance ? Depuis toujours, vous résistez à l'Esprit Saint. Mais vous êtes bien comme vos pères. Y a-t-il un prophète que vos pères n'aient pas persécuté ? Ils ont même tué ceux qui annonçaient d'avance la venue du Juste, celui-là que maintenant vous venez de livrer et d'assassiner. Vous qui aviez reçu la loi sur ordre des anges, vous ne l'avez pas observée. »

Ceux qui écoutaient ce discours avaient le cœur exaspéré et grinçaient des dents contre Étienne. Mais lui, rempli de l'Esprit Saint, fixait le ciel du regard. Il vit la gloire de Dieu et Jésus debout à la droite de Dieu, et il déclara : « Voici que je contemple les cieux ouverts et le Fils de l'homme debout à la droite de Dieu. »

Alors ils poussèrent de grands cris et se bouchèrent les oreilles. Tous ensemble, ils se précipitèrent sur lui, l'entraînèrent hors de la ville et se mirent à le lapider. Les témoins avaient déposé leurs vêtements aux pieds d'un jeune homme appelé Saul. Étienne, pendant qu'on le lapidait, priait ainsi : « Seigneur Jésus, reçois mon esprit. » Puis, se mettant à genoux, il s'écria d'une voix forte : « Seigneur, ne leur compte pas ce péché. » Et après cette parole, il s'endormit dans la mort. Quant à Saul, il approuvait ce meurtre.

Commentaire

Étienne, Étienne, le proto-martyr, le premier martyr. En même temps, je ne peux pas m'empêcher de me dire que peut-être, quand même, qu'il l'a cherché. Regardez son discours.

C'est d'ailleurs intéressant, parce que je n'arrête pas de vous dire qu'Étienne a été arrêté, et le motif de son arrestation, c'est : « Il aurait dit des paroles contre le Temple. » Alors il se défend. Il se défend en prenant la Bible. Et il dit : « Moi, je n'invente rien. »

Regardez Abraham, le premier patriarche : il est passé en Mésopotamie, c'est là qu'il a eu les promesses. Sous-entendu : ce n'est pas Jérusalem. Ensuite, on passe à Joseph. Joseph, il a été carrément vendu par ses frères. Et les frères de Joseph, je vous rappelle, c'est les douze patriarches, c'est eux qui représentent Israël. Sous-entendu : vous avez peut-être tué Jésus, mais vous avez toujours voulu tuer tout le monde, et ça commence dès Joseph.

Ensuite, on passe à Moïse, le grand patriarche, qui lui aussi, tiens, était rejeté par ses frères. Lui aussi, il a eu une révélation en terre étrangère. Donc le côté Jérusalem, mont Sion, tout ça, on le relativise un petit peu. Pour vous dire que le temple, le tabernacle qu'il a proposé, ce n'était qu'un modèle. Ce n'était pas le Temple. Le vrai temple, il est dans le ciel, il n'est pas à Jérusalem.

De là, on passe au veau d'or, pour vous rappeler que le premier culte, le premier sacrifice officiel du peuple juif, c'est un acte idolâtrique. Et de là, enfin, on passe à Salomon, qui a construit le Temple. Mais c'est pour vous dire tout de suite que la Bible, en construisant le Temple, disait bien que Dieu n'habitait pas le Temple — enfin, pas au sens littéral, pas comme ça, quoi. Et les prophètes ont été parfaitement clairs là-dessus.

Tout cela est vrai. Y avait-il besoin de finir sur cette diatribe finale pour rappeler la dureté de cœur du peuple, en disant :

Depuis toujours, vous résistez à l'Esprit Saint. Mais vous êtes bien comme vos pères. Y a-t-il un prophète que vos pères n'aient pas persécuté ?

Toute l'histoire d'Israël est complètement subvertie par le christianisme naissant. Et voilà qu'à ce moment-là, il a une apparition. N'en jetez plus : pour dire que Jésus est assis à la droite de la Puissance. Alors là, on n'est plus dans le blasphème, on est carrément dans l'horreur et l'abomination de la désolation pour les pharisiens. À votre avis, il s'est passé quoi ? Ce qui devait arriver arriva. Ils ont pris des pierres et ils ont lapidé Étienne.

N'empêche que Étienne, sa dernière phrase, c'est quoi ?

Puis, se mettant à genoux, il s'écria d'une voix forte : « Seigneur, ne leur compte pas ce péché. »

Ce qui est d'autant plus fort qu'il a passé son temps à les charger dans son discours. N'empêche que c'était pour leur pardonner. Ce que dira plus tard saint Paul : « Dieu a enfermé tous les hommes dans le péché pour faire miséricorde à tous. »

Nous terminons — c'est la deuxième partie — avec notre psaume 138.

Psaume 138

Que tes pensées sont pour moi difficiles, Dieu, que leur somme est imposante ! Je les compte : plus nombreuses que le sable. Je m'éveille : je suis encore avec toi.

Dieu, si tu exterminais l'impie ! Hommes de sang, éloignez-vous de moi ! Tes adversaires profanent ton nom, ils le prononcent pour détruire.

Comment ne pas haïr tes ennemis, ne pas avoir en dégoût tes assaillants ? Je les hais d'une haine parfaite, je les tiens pour mes propres ennemis.

Scrute-moi, mon Dieu, tu sauras ma pensée. Éprouve-moi, tu connaîtras mon cœur. Vois si je prends le chemin des idoles, et conduis-moi par le chemin d'éternité.


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