Jour 322 ☾ — Résister au mal dans la foi
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Résumé : Cet épisode achève la première lettre de saint Pierre avec les chapitres 3 à 5, une lettre si belle qu'elle se passe d'introduction. Le frère Paul-Adrien y relève d'abord l'hymne du Christ qui, insulté, ne rend pas l'insulte — le thème de la souffrance expiatrice. Il montre ensuite comment le verset « soyez prêts à rendre raison de l'espérance qui est en vous » a donné naissance à toute une discipline théologique, l'apologétique, qui doit se pratiquer avec douceur et honnêteté intellectuelle. Il explique enfin la descente aux enfers, en distinguant l'enfer (prison du diable) des enfers (séjour des morts, aujourd'hui vides), avant de reprendre en prière l'avertissement de Pierre sur le lion rugissant.
Introduction
Nous continuons et terminons aujourd'hui notre première lettre de saint Pierre, qui est tellement belle qu'elle se passe d'introduction. Vous allez voir, il y a de ces phrases là-dedans : il suffit de les écouter pour devenir plus saint. C'est très étonnant, mais dans ces lettres, il y a contenue une force qui vous vient directement de l'Église primitive. Les trois derniers chapitres de la première lettre de Pierre. Bonne écoute.
Lecture : 1 Pierre 3-5
Première lettre de saint Pierre, chapitre 3.
Vous, les femmes, soyez soumises à votre mari, pour que, même si certains refusent d'obéir à la parole de Dieu, ils soient gagnés par la conduite de leur femme, et non par des paroles, en ouvrant les yeux devant votre attitude pure et pleine de respect. Que votre parure ne soit pas extérieure — coiffure élaborée, bijoux d'or, vêtements recherchés — mais qu'elle soit une qualité d'humanité au plus intime de votre cœur. Parure impérissable d'un esprit doux et paisible, voilà ce qui a de la grande valeur devant Dieu. C'est cela qui faisait la parure des saintes femmes de jadis, elles qui espéraient en Dieu, soumises chacune à leur mari, comme Sara, qui obéissait à Abraham en l'appelant Seigneur. Et vous êtes devenues les filles de Sara, en faisant le bien, sans vous laisser troubler par aucune crainte.
De même, vous, les maris, sachez comprendre, dans la vie commune, que la femme est un être plus délicat. Accordez-lui l'honneur qui lui revient, puisqu'elle hérite, au même titre que vous, de la grâce de la vie. Et ainsi, rien ne fera obstacle à vos prières.
Vous tous, enfin, vivez en parfait accord, dans la sympathie, l'amour fraternel, la compassion et l'esprit d'humilité. Ne rendez pas le mal pour le mal, ni l'insulte pour l'insulte. Au contraire, invoquez sur les autres la bénédiction, car c'est à cela que vous avez été appelés, afin de recevoir en héritage cette bénédiction.
En effet, comme il est écrit : « Celui qui veut aimer la vie et connaître des jours heureux, qu'il garde sa langue du mal et ses lèvres des paroles perfides, qu'il se détourne du mal et qu'il fasse le bien, qu'il recherche la paix et qu'il la poursuive, car le Seigneur regarde les justes, il écoute, attentif à leurs demandes, mais le Seigneur affronte les méchants. »
Qui donc vous fera du mal, si vous cherchez le bien avec ardeur ? Mais s'il vous arrivait de souffrir pour la justice, heureux seriez-vous ! Comme dit l'Écriture : n'ayez aucune crainte de ces gens-là, ne vous laissez pas troubler. Honorez dans vos cœurs la sainteté du Seigneur, le Christ. Soyez prêts à tout moment à présenter une défense devant quiconque vous demande de rendre raison de l'espérance qui est en vous. Mais faites-le avec douceur et respect. Ayez une conscience droite, afin que vos adversaires soient pris de honte sur le point même où ils disent du mal de vous, pour la bonne conduite que vous avez dans le Christ. Car mieux vaudrait souffrir en faisant le bien, si c'était la volonté de Dieu, plutôt qu'en faisant le mal.
Car le Christ, lui aussi, a souffert pour les péchés, une seule fois, lui le juste pour les injustes, afin de vous introduire devant Dieu. Il a été mis à mort dans la chair, mais vivifié dans l'Esprit. C'est en lui qu'il est parti proclamer son message aux esprits qui étaient en captivité. Ceux-ci, jadis, avaient refusé d'obéir, au temps où se prolongeait la patience de Dieu, quand Noé construisit l'arche, dans laquelle un petit nombre, en tout huit personnes, furent sauvées à travers l'eau. C'était une figure du baptême qui vous sauve maintenant. Le baptême ne purifie pas de souillures extérieures, mais il est l'engagement envers Dieu d'une conscience droite, et il sauve par la résurrection de Jésus Christ, lui qui est à la droite de Dieu, après s'en être allé au ciel, lui à qui sont soumis les anges, ainsi que les souverainetés et les puissances.
1 Pierre, chapitre 4.
Puisque le Christ a donc souffert dans la chair, vous aussi, armez-vous de la même pensée, à savoir : quiconque a souffert dans la chair en a fini avec le péché. Alors vous vivrez le temps qui reste à passer dans la chair, non plus selon les convoitises humaines, mais selon la volonté de Dieu. Il a assez duré, le temps passé à faire ce que veulent les gens des nations, quand vous vous laissiez aller aux débauches, aux convoitises, à l'ivrognerie, aux orgies, aux beuveries et aux cultes interdits des idoles. À ce propos, ils trouvent étrange que vous ne couriez plus avec eux vers les mêmes débordements d'inconduite, et ils vous couvrent d'injures. Ils auront des comptes à rendre à celui qui se tient prêt à juger les vivants et les morts. C'est pour cela que l'Évangile a été annoncé aussi aux morts, afin que, jugés selon les hommes dans la chair, ils vivent selon Dieu dans l'esprit.
La fin de toute chose est proche. Soyez donc raisonnables et sobres en vue de la prière. Avant tout, ayez entre vous une charité intense, car la charité couvre une multitude de péchés. Pratiquez l'hospitalité les uns envers les autres, sans récriminer. Ce que chacun de vous a reçu comme don de la grâce, mettez-le au service des autres, en bons gérants de la grâce de Dieu, qui est si diverse. Si quelqu'un parle, qu'il le fasse comme pour des paroles de Dieu. Celui qui assure le service, qu'il s'en acquitte comme avec la force procurée par Dieu. Ainsi, en tout, Dieu sera glorifié par Jésus Christ, à qui appartiennent la gloire et la souveraineté pour les siècles des siècles. Amen.
Bien-aimés, ne trouvez pas étrange le brasier allumé parmi vous pour vous mettre à l'épreuve. Ce qui vous arrive n'a rien d'étrange. Dans la mesure où vous communiez aux souffrances du Christ, réjouissez-vous, afin d'être dans la joie et l'allégresse quand sa gloire se révélera. Si l'on vous insulte pour le nom du Christ, heureux êtes-vous, parce que l'Esprit de gloire, l'Esprit de Dieu, repose sur vous. Que personne d'entre vous, en effet, n'ait à souffrir comme meurtrier, voleur, malfaiteur ou comme agitateur. Mais si c'est comme chrétien, qu'il n'ait pas de honte, et qu'il rende gloire à Dieu pour ce nom-là. Car voici le temps du jugement : il commence par la famille de Dieu. Or, s'il vient d'abord sur nous, quelle sera la fin de ceux qui refusent d'obéir à l'Évangile de Dieu ? Et si le juste est sauvé à grand-peine, l'impie, le pécheur, où va-t-il se montrer ? Ainsi, ceux qui souffrent en faisant la volonté de Dieu, qu'ils confient leur âme au Créateur fidèle, en faisant le bien.
1 Pierre, chapitre 5.
Quant aux anciens en fonction parmi vous, je les exhorte, moi qui suis ancien comme eux et témoin des souffrances du Christ, communiant à la gloire qui va se révéler. Soyez les pasteurs du troupeau qui se trouve chez vous. Veillez sur lui, non par contrainte, mais de plein gré, selon Dieu ; non par cupidité, mais par dévouement ; non pas en commandant en maîtres à ceux qui vous sont confiés, mais en devenant les modèles du troupeau. Et quand se manifestera le chef des pasteurs, vous recevrez la couronne de gloire qui ne se flétrit pas.
De même, vous les jeunes gens, soyez soumis aux anciens. Et vous tous, les uns envers les autres, prenez l'humilité comme tenue de service. En effet, Dieu s'oppose aux orgueilleux ; aux humbles, il accorde sa grâce. Abaissez-vous donc sous la main puissante de Dieu, puisqu'il vous élèvera en temps voulu. Déchargez-vous sur lui de tous vos soucis, puisqu'il prend soin de vous.
Soyez sobres, veillez. Votre adversaire, le diable, comme un lion rugissant, rôde, cherchant qui dévorer. Résistez-lui avec la force de la foi, car vous savez que tous vos frères, de par le monde, sont en butte aux mêmes souffrances. Après que vous aurez souffert un peu de temps, le Dieu de toute grâce, lui qui, dans le Christ Jésus, vous a appelés à sa gloire éternelle, vous rétablira lui-même, vous affermira, vous fortifiera, vous rendra inébranlables. À lui la souveraineté pour les siècles. Amen.
Par Sylvain, que je considère comme un frère digne de confiance, je vous écris ces quelques mots pour vous exhorter et pour attester que c'est vraiment dans la grâce de Dieu que vous tenez ferme. La communauté qui est à Babylone, choisie comme vous par Dieu, vous salue, ainsi que Marc, mon fils. Saluez-vous les uns les autres par un baiser fraternel. Paix à vous tous qui êtes dans le Christ.
Commentaire
Il y avait une hymne que je n'avais pas eu le temps de vous commenter.
Insulté, il ne rendit pas l'insulte. Maltraité, il ne répondit pas. C'est par ces blessures que nous sommes guéris.
Ça, c'est ce qu'on appellera plus tard le thème de la souffrance expiatrice : le Christ qui prend sur lui notre châtiment pour en faire l'expression de la miséricorde.
Aujourd'hui, on avait d'autres versets. Par exemple, chapitre 3, verset 15 :
Soyez prêts à tout moment à présenter une défense devant quiconque vous demande de rendre raison de l'espérance qui est en vous, mais faites-le avec douceur et respect.
C'est exactement ce verset qui a donné naissance à ce qu'on appelle l'apologétique, qui est une discipline théologique pour rendre compte de sa foi. Vous savez, quand vous avez des personnes musulmanes ou des personnes athées qui viennent vous titiller sur tel ou tel point du dogme, pour vous dire : « Est-ce qu'on est vraiment sûr que Jésus a existé, que Dieu existe, et que les chrétiens, ce n'est pas des polythéistes qui s'ignorent ? » Il s'agit d'expliquer notre foi et de la défendre. Et on apporte des arguments rationnels, en montrant les Écritures, en donnant des réponses. Et ça, ça s'appelle l'apologétique.
Si jamais ça s'appelle l'apologétique, c'est parce que c'est ce verbe-là qui a été utilisé dans le verset qu'on vient d'entendre : apologeo en grec, défendre. Et Pierre vous disait dans quel état d'esprit il fallait le faire. Le but, ce n'est pas d'avoir raison pour avoir raison. Le but, c'est toujours et partout le triomphe, par la foi, de la charité. Donc il vous disait qu'il fallait le faire avec un esprit de bienveillance et de douceur. Tous les coups ne sont pas bons. Il faut le faire avec douceur, il faut le faire avec respect et avec honnêteté intellectuelle. Donc, un simple verset qui a donné naissance, carrément, à une discipline théologique. Pas mal, non ?
Allez, encore un tout dernier verset, qu'on avait au chapitre 3, verset 19 :
C'est lui, le Christ, qui est parti proclamer son message aux esprits qui étaient en captivité.
Ça, c'est le thème de la descente aux enfers. C'est une question que j'ai souvent : pourquoi est-ce que Jésus est descendu aux enfers ? Quand on dit, en récitant le Credo : « Il est mort sous Ponce Pilate, il est descendu aux enfers et le troisième jour il est ressuscité. »
Alors, attention à ne pas me confondre tout ça. L'enfer au singulier, c'est la demeure du diable, la prison, là où il est enchaîné. Les enfers au pluriel, c'est le séjour des morts. Et c'est là qu'est descendu Jésus. Jésus, il n'est pas venu rendre visite au diable. Il est venu rendre visite à Adam, à Abraham, à Moïse, à toutes ces âmes justes qui étaient mortes. Mais comme le paradis n'avait pas encore été ouvert, elles étaient bien quelque part : elles étaient dans ce qu'on appelle le Shéol, l'antichambre du paradis. Le Christ meurt le vendredi, il descend dans les enfers, il leur annonce la résurrection, et là, il prend tout ce beau monde pour les amener au paradis. Et donc, depuis, les enfers sont fermés. Il n'y a plus personne dedans.
En guise de prière, ce verset — pour moi, ça me touche énormément parce que je le récite très souvent le soir ; ça fait partie des complies, les prières traditionnelles pour dormir. Donc ce sera notre petite prière aujourd'hui. Saint Pierre vous parle du démon qui rugit à la recherche de sa proie.
Prière
Au nom du Père, et du Fils, et du Saint-Esprit. Amen.
Dans la lettre de saint Pierre : soyez sobres, soyez vigilants. Votre adversaire, comme un lion qui rugit, va et vient à la recherche de sa proie. Résistez-lui avec la force de la foi.
Seigneur, je te demande cette même foi qui animait saint Pierre. Je te demande l'espérance des premiers chrétiens. Je te demande la charité qui était la leur. Je te demande, Seigneur, d'avoir leur protection. Seigneur, par ton nom, je rejette Satan en enfer.
Gloire au Père, au Fils et au Saint-Esprit, au Dieu qui est, qui était et qui vient, maintenant et toujours et pour les siècles des siècles. Amen.