Jour 340 ☾ — La mort engloutie dans la victoire
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Résumé : Dans cet épisode consacré aux chapitres 15 et 16 de la première lettre aux Corinthiens, le frère Paul-Adrien lit ce qu'il présente comme une « masterclass » de l'histoire de la théologie : la proclamation du Christ ressuscité, la démonstration que sans la résurrection la foi est sans contenu, et l'enseignement sur le corps ressuscité. Le commentaire éclaire les images utilisées par Paul — la semence, la variété des éclats du soleil, de la lune et des étoiles — et les prolonge par celle de la chrysalide et du papillon. Il détaille aussi les quatre propriétés du corps glorieux selon la tradition : impassibilité, subtilité, agilité et clarté. L'épisode se termine par une prière sur la victoire du Christ sur la mort et le péché.
Introduction
Aujourd'hui, suite et fin de la lettre aux Corinthiens, le chapitre 15 et 16. Nouvelle partie : saint Paul nous parle cette fois-ci de la résurrection des morts, avant de conclure sa lettre. Alors ça aussi, dans l'histoire de la théologie, je ne sais pas comment vous dire, mais c'est une masterclass.
Lecture : 1 Corinthiens 15
Frères, je vous rappelle la bonne nouvelle que je vous ai annoncée. Cet évangile, vous l'avez reçu et c'est en lui que vous tenez bon. C'est par lui que vous serez sauvés si vous le gardez tel que je vous l'ai annoncé. Autrement, c'est pour rien que vous êtes devenus croyants.
Avant tout, je vous ai transmis ceci, que j'ai moi-même reçu : le Christ est mort pour nos péchés conformément aux Écritures, et il fut mis au tombeau. Il est ressuscité le troisième jour conformément aux Écritures. Il est apparu à Pierre, puis aux Douze. Ensuite, il est apparu à plus de cinq cents frères à la fois — la plupart sont encore vivants, et quelques-uns sont endormis dans la mort. Ensuite, il est apparu à Jacques, puis à tous les apôtres. Et en tout dernier lieu, il est même apparu à l'avorton que je suis.
Car moi, je suis le plus petit des apôtres, je ne suis pas digne d'être appelé apôtre, puisque j'ai persécuté l'Église de Dieu. Mais ce que je suis, je le suis par la grâce de Dieu, et sa grâce venant en moi, la grâce de Dieu en moi n'a pas été stérile. Je me suis donné de la peine plus que tous les autres. À vrai dire, ce n'est pas moi, c'est la grâce de Dieu avec moi.
Bref, qu'il s'agisse de moi ou des autres, voilà ce que nous proclamons, voilà ce que vous croyez : nous proclamons que le Christ est ressuscité d'entre les morts. Alors, comment certains d'entre vous peuvent-ils affirmer qu'il n'y a pas de résurrection des morts ? S'il n'y a pas de résurrection des morts, le Christ non plus n'est pas ressuscité. Et si le Christ n'est pas ressuscité, notre proclamation est sans contenu, votre foi aussi est sans contenu. Et nous faisons figure de faux témoins de Dieu, pour avoir affirmé, en témoignant au sujet de Dieu, qu'il a ressuscité le Christ, alors qu'il ne l'a pas ressuscité, si vraiment les morts ne ressuscitent pas. Car si les morts ne ressuscitent pas, le Christ non plus n'est pas ressuscité. Et si le Christ n'est pas ressuscité, votre foi est sans valeur, vous êtes encore sous l'emprise de vos péchés, et donc ceux qui se sont endormis dans le Christ sont perdus. Si nous avons mis notre espoir dans le Christ pour cette vie seulement, nous sommes les plus à plaindre de tous les hommes.
Mais non ! Le Christ est ressuscité d'entre les morts, lui, premier ressuscité parmi ceux qui se sont endormis. Car la mort étant venue par un homme, c'est par un homme aussi que vient la résurrection des morts. En effet, de même que tous les hommes meurent en Adam, de même, c'est dans le Christ que tous recevront la vie. Mais chacun à son rang : en premier, le Christ ; et ensuite, lors du retour du Christ, ceux qui lui appartiennent. Alors, tout sera achevé, quand le Christ remettra le pouvoir royal à Dieu son Père, après avoir anéanti, parmi les êtres célestes, toute principauté, toute souveraineté et puissance. Car c'est lui qui doit régner jusqu'au jour où Dieu aura mis sous ses pieds tous ses ennemis. Et le dernier ennemi qui sera anéanti, c'est la mort, car il a tout mis sous ses pieds. Mais quand le Christ reviendra, lorsque le Christ dira : « Tout est soumis désormais », c'est évidemment à l'exclusion de celui qui lui aura soumis toutes choses. Et quand tout sera mis sous le pouvoir du Fils, lui-même se mettra alors sous le pouvoir du Père qui lui aura tout soumis, et ainsi Dieu sera tout en tous.
Autrement, que feront-ils, ceux qui se font baptiser pour les morts ? Si vraiment les morts ne ressuscitent pas, pourquoi se faire baptiser pour eux ? Et pourquoi, nous aussi, courons-nous des dangers à chaque instant ? Chaque jour, j'affronte la mort, et cela, frères, est votre fierté que je partage dans le Christ Jésus notre Seigneur. S'il n'y avait eu que de l'humain dans mon combat contre les bêtes à Éphèse, à quoi cela m'aurait-il servi ? Si les morts ne ressuscitent pas : mangeons, buvons, car demain nous mourrons. Mais ne vous y trompez pas : les mauvaises compagnies corrompent les bonnes mœurs. Reprenez donc vos esprits, et ne péchez pas. En effet, certains d'entre vous n'ont pas la connaissance de Dieu, et je vous le dis à votre honte.
Quelqu'un, après, pourrait dire : « Comment les morts ressuscitent-ils ? Avec quelle sorte de corps reviennent-ils ? » Réfléchis donc ! Ce que tu sèmes ne peut reprendre vie sans mourir d'abord. Et ce que tu sèmes, ce n'est pas le corps de la plante qui va pousser, c'est une simple graine, du blé par exemple, ou autre chose. Et Dieu lui donne un corps comme il l'a voulu : à chaque semence, un corps particulier.
Il y a plusieurs sortes de chair : autre est celle des hommes, et autre celle des bêtes ; autre celle des oiseaux, et autre celle des poissons. Il y a des corps célestes et des corps terrestres, mais autre est l'éclat des célestes, autre celui des terrestres. Autre est l'éclat du soleil, autre est l'éclat de la lune, autre est l'éclat des étoiles, et chaque étoile a même un éclat différent.
Ainsi en est-il de la résurrection des morts. Ce qui est semé périssable ressuscite impérissable. Ce qui est semé sans honneur ressuscite dans la gloire. Ce qui est semé faible ressuscite dans la puissance. Ce qui est semé corps physique ressuscite corps spirituel. Car s'il existe un corps physique, il existe aussi un corps spirituel.
L'Écriture dit : le premier homme, Adam, devint un être vivant. Le dernier Adam, le Christ, est devenu l'être spirituel qui donne la vie. Ce qui vient d'abord, ce n'est pas le spirituel, mais le physique ; ensuite seulement vient le spirituel. Pétri d'argile, le premier homme vient de la terre ; le deuxième homme, lui, vient du ciel. Comme Adam est fait d'argile, ainsi les hommes sont faits d'argile ; comme le Christ est du ciel, ainsi les hommes seront du ciel. Et de même que nous aurons été à l'image de celui qui est fait d'argile, de même nous serons à l'image de celui qui vient du ciel.
Je vous le déclare : la chair et le sang sont incapables de recevoir en héritage le royaume de Dieu, et ce qui est périssable ne reçoit pas en héritage ce qui est impérissable. C'est un mystère que je vous annonce : nous ne mourrons pas tous, mais tous nous serons transformés, et cela en un instant, en un clin d'œil, quand à la fin la trompette retentira. Car elle retentira, et les morts ressusciteront impérissables, et nous, nous serons transformés. Il faut en effet que cet être périssable que nous sommes revête ce qui est impérissable ; il faut que cet être mortel revête l'immortalité. Et quand cet être périssable aura revêtu ce qui est impérissable, quand cet être mortel aura revêtu l'immortalité, alors se réalisera la parole de l'Écriture : la mort a été engloutie dans la victoire. Ô mort, où est-elle, ta victoire ? Ô mort, où est-il, ton aiguillon ? L'aiguillon de la mort, c'est le péché ; ce qui donne force au péché, c'est la Loi. Rendons grâce à Dieu qui nous donne la victoire par notre Seigneur Jésus-Christ.
Ainsi, mes frères bien-aimés, soyez fermes, soyez inébranlables. Prenez une part toujours plus active à l'œuvre du Seigneur, car vous savez que dans le Seigneur, la peine que vous vous donnez n'est pas perdue.
Lecture : 1 Corinthiens 16
Au sujet de la collecte pour les fidèles de Jérusalem, faites, vous aussi, comme je l'ai prescrit aux Églises de Galatie. Le premier jour de la semaine, chacun mettra de côté ce qu'il a réussi à épargner, afin que l'on n'attende pas mon arrivée pour faire la collecte. Quand je serai là, ce sont les personnes jugées aptes par vous que j'enverrai, avec des lettres, porter à Jérusalem votre don généreux. S'il est bon que j'y aille aussi, ces personnes iront avec moi.
Je viendrai chez vous après avoir traversé la Macédoine. Je ne ferai que traverser la Macédoine, mais chez vous, je vais peut-être séjourner, et même rester pour l'hiver, afin que vous m'aidiez à me rendre où je voudrais aller. Cette fois-ci, en effet, je ne veux pas vous voir seulement en passant, j'espère bien rester quelque temps chez vous, si le Seigneur le permet. Je resterai à Éphèse jusqu'à la Pentecôte, car une porte s'est ouverte toute grande à mon activité, et les adversaires sont nombreux.
Si Timothée vient, veillez à ce qu'il n'ait rien à craindre chez vous, car il travaille à l'œuvre du Seigneur tout comme moi. Que personne donc ne le méprise. Aidez-le à revenir en paix auprès de moi, car je l'attends avec les frères. Au sujet d'Apollos notre frère, je l'ai fortement exhorté à venir chez vous avec les frères, mais la volonté n'y était vraiment pas pour qu'il vienne maintenant. Il viendra donc quand ce sera le moment favorable.
Veillez, tenez bon dans la foi, soyez des hommes, soyez forts, que tout chez vous se passe dans l'amour.
Frères, voici encore une exhortation. Vous savez que Stéphanas et les gens de sa maison ont été dans votre province les premiers à croire, et se sont engagés au service des fidèles. À votre tour, soyez soumis à de tels hommes, et à tous ceux qui collaborent et peinent avec eux. Je suis heureux de la présence de Stéphanas, de Fortunatus et d'Achaïcos, eux qui ont suppléé à votre absence. En effet, ils ont tranquillisé mon esprit et le vôtre. Sachez donc apprécier de tels hommes.
Les Églises de la province d'Asie vous saluent. Aquilas et Prisca vous saluent bien dans le Seigneur, avec l'Église qui se rassemble dans leur maison. Tous les frères vous saluent. Saluez-vous les uns les autres par un baiser de paix.
La salutation est de ma main à moi, Paul. Si quelqu'un n'aime pas le Seigneur, qu'il soit anathème. Maranatha : notre Seigneur vient ! Que la grâce du Seigneur Jésus soit avec vous. Je vous aime tous dans le Christ.
Commentaire
1 Corinthiens, chapitre 15, verset 26 :
Et le dernier ennemi qui sera vaincu, c'est la mort.
Un verset que l'on retrouve sur une tombe : celle de la famille d'Harry Potter. Eh oui, Rowling, en écrivant Harry Potter, l'a écrit sur la tombe de la famille Potter. C'est pas beau, ça ?
Le passage que vous venez d'entendre est important parce qu'il parle des corps ressuscités. C'est toujours la question qu'on se pose : avec quel corps ressusciterons-nous ? Quel sera notre âge lors de la résurrection ? Est-ce qu'on portera sur nous les marques de nos blessures ? Etc. C'était les mêmes questions que les Corinthiens, manifestement, avaient. Ils ne niaient pas la résurrection, mais ils avaient du mal à imaginer le comment. Et en plus, pour des Grecs qui étaient nourris de philosophie platonicienne, si la survie de l'âme était concevable, en revanche la résurrection du corps, ça, c'était difficile.
Et pour s'adapter à son auditoire, Paul ne répond pas par un traité spéculatif, mais par des images. L'image de la semence : autre est le grain, autre est la plante. Une autre image que j'aime beaucoup, mais qui n'est pas dans le texte, c'est l'image de la chrysalide et du papillon. Nous vivons sur terre comme une petite larve, et un jour nous allons arriver dans la chrysalide, à travers notre mort, la résurrection, et on terminera comme un joli papillon. C'est très fleur bleue, mais moi, ça me parle. Ça vous montre l'écart et la disproportion qu'il y a entre la vie terrestre et la vie céleste. C'est de la même manière que votre corps sera votre corps, mais transfiguré. C'est à la fois continuité et transformation.
Paul évoque ensuite la variété des corps :
Autre est l'éclat du soleil, autre est l'éclat de la lune, autre est l'éclat des étoiles, et chaque étoile a son éclat particulier.
Et les Pères de l'Église y ont vu là un indice qu'il y aurait différents degrés de gloire au ciel, selon la charité qui est vécue. Saint Thomas d'Aquin commentera en disant qu'il y a une même béatitude pour tout le monde, mais des splendeurs différentes.
Ensuite, Paul vous a parlé d'un corps spirituel — soma pneumatikon — c'est-à-dire d'un corps qui sera soumis à l'esprit, pour nous dire qu'au ciel, notre corps aura des propriétés particulières. Il sera impassible : plus de souffrance, plus de mort. Il sera ce qu'on appelle subtil : un corps totalement soumis à l'esprit ; ce que votre esprit voudra, le corps le réalisera. Agile : pas de contraintes — et c'est ainsi que vous avez vu le Christ apparaître dans des pièces pourtant fermées. Et puis ce qu'on appelle la clarté : le rayonnement de la gloire. Ça, c'était le verset que vous avez entendu :
Ce qui est semé périssable ressuscite impérissable. Ce qui est semé sans honneur ressuscite dans la gloire. Ce qui est semé faible ressuscite dans la puissance. Ce qui est semé corps physique ressuscite corps spirituel.
Et nous terminons par une prière.
Prière
Au nom du Père, et du Fils, et du Saint-Esprit. Amen.
La mort a été engloutie dans la victoire. Ô mort, où est ta victoire ? Ô mort, où est-il, ton aiguillon ?
Seigneur, en toi, je peux tout. En toi, je vaincrai la mort et le péché. Donne-moi ta clarté et ta charité, que je puisse rayonner de ta présence sur terre comme plus tard je rayonnerai de ta gloire dans le ciel. C'est toi que je veux voir, et c'est toi que je verrai.