Jour 341 ☼ — Une offrande vivante pour Dieu
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Résumé : Dernier jour dans la lettre aux Romains, avec les chapitres 15 et 16 : l'exhortation aux forts à porter la fragilité des faibles, le Christ serviteur des Juifs et espérance des nations, les projets de voyage de Paul vers Jérusalem puis l'Espagne, et la longue liste des salutations personnelles. Le frère Paul-Adrien s'arrête sur la mention de Phébé, « ministre de l'Église de Cencrées », et sur le débat des exégètes autour des diaconesses. Il déploie ensuite le vocabulaire sacerdotal du verset 15,16 — leitourgos, « accomplir un acte de prêtre », « offrande agréée » — pour montrer que Paul comprend son évangélisation comme un office de sacrificateur. L'annonce de l'Évangile aux nations devient ainsi une procession eucharistique, où le feu du sacrifice est l'Esprit-Saint qui descend d'en haut.
Introduction
Notre secours est dans le nom du Seigneur qui a fait le ciel et la terre.
Aujourd'hui, c'est notre dernier chapitre dans la lettre aux Romains. Ah, petite déception quand même, parce que la lettre aux Romains, c'était quelque chose. Ça n'a pas toujours été très simple, je pense. Il y a des moments où vous avez décroché. Enfin, c'est Paul. Si jamais je n'avais pas toutes mes années d'études et passé mon temps à les lire, à les relire, à les relire… C'est compliqué, c'est compliqué. Mais vous avez senti le souffle et l'aspect génial qu'il y a derrière.
N'oubliez jamais que c'est grâce à cette lettre aux Romains que vous venez de lire que vous, les hommes, vous n'êtes pas circoncis. Moi, je dis : rien que ça, ça vaut à Paul une reconnaissance éternelle.
Aujourd'hui, les deux derniers chapitres, 15 et 16. Ils se lisent très bien, je vous laisse les découvrir par vous-même. Bonne écoute.
Lecture : Romains 15
Nous, les forts, nous devons porter la fragilité des faibles et non pas faire ce qui nous plaît. Que chacun de nous fasse ce qui plaît à son prochain en vue du bien, dans un but constructif. Car le Christ n'a pas fait ce qui lui plaisait, mais de lui il est écrit : « Sur moi sont retombées les insultes de ceux qui t'insultent. »
Or, tout ce qui a été écrit à l'avance dans les livres saints l'a été pour nous instruire, afin que, grâce à la persévérance et au réconfort des Écritures, nous ayons l'espérance. Que le Dieu de la persévérance et du réconfort vous donne d'être d'accord les uns avec les autres, selon le Christ Jésus. Ainsi, d'un même cœur, d'une seule voix, vous rendrez gloire à Dieu, le Père de notre Seigneur Jésus-Christ.
Accueillez-vous donc les uns les autres comme le Christ vous a accueillis, pour la gloire de Dieu. Car je vous le déclare : le Christ s'est fait le serviteur des Juifs en raison de la fidélité de Dieu, pour réaliser les promesses faites à nos pères. Quant aux nations, c'est en raison de sa miséricorde qu'elles rendent gloire à Dieu, comme le dit l'Écriture : « C'est pourquoi je proclamerai ta louange parmi les nations, je chanterai ton nom. » Et il est dit encore : « Réjouissez-vous, nations, avec son peuple. » Et encore : « Louez le Seigneur, toutes les nations ; que tous les peuples chantent sa louange. » Et à son tour, Isaïe déclare : « Il paraîtra, le rejeton de Jessé, celui qui se lève pour commander aux nations, et c'est en lui que les nations mettront leur espérance. »
Que le Dieu de l'espérance vous remplisse de toute joie et de paix dans la foi, afin que vous débordiez d'espérance par la puissance de l'Esprit-Saint.
Moi-même, je suis convaincu, mes frères, que vous êtes pleins de bonnes qualités, remplis de toute connaissance de Dieu, et capables aussi de vous reprendre les uns les autres. Mais je vous ai écrit avec un peu d'audace, comme pour raviver votre mémoire sur certains points, et c'est en raison de la grâce que Dieu m'a donnée. Cette grâce, c'est d'être ministre du Christ Jésus pour les nations, avec la fonction sacrée d'annoncer l'Évangile de Dieu, afin que l'offrande des nations soit acceptée, acceptée par Dieu, sanctifiée dans l'Esprit-Saint.
Je mets donc ma fierté dans le Christ Jésus pour ce qui est du service de Dieu. Car je n'oserais rien dire s'il ne s'agissait de ce que le Christ a mis en œuvre par moi, afin d'amener les nations païennes à l'obéissance de la foi, par la parole et l'action, la puissance des signes et des prodiges, la puissance de l'Esprit de Dieu. Ainsi, depuis Jérusalem, en rayonnant jusqu'à la Dalmatie, j'ai mené à bien l'annonce de l'Évangile du Christ. Je l'ai fait en mettant mon honneur à n'évangéliser que là où le nom du Christ n'avait pas encore été prononcé, car je ne voulais pas bâtir sur les fondations posées par un autre, mais j'ai agi selon cette parole de l'Écriture : « Ceux à qui l'on n'avait pas annoncé verront, ceux qui n'en avaient pas entendu parler comprendront. »
Et c'est précisément ce qui m'a empêché tant de fois d'aller chez vous. Mais maintenant, je n'ai plus de champ d'action dans les régions où je suis, et j'ai depuis des années le désir d'aller chez vous quand je me rendrai en Espagne. En effet, j'espère bien que je vous verrai en passant, et que je recevrai de vous l'aide nécessaire pour me rendre là-bas, quand j'aurai d'abord un peu profité de cette rencontre avec vous.
Maintenant, je m'en vais à Jérusalem pour le service des fidèles, car la Macédoine et la Grèce ont décidé un partage fraternel en faveur des pauvres de la communauté de Jérusalem. Elles ont pris cette décision, en effet, car elles ont une dette envers eux. Puisque les nations ont reçu une part des biens spirituels des fidèles de Jérusalem, elles leur sont à leur tour redevables d'une aide matérielle. Quand donc j'aurai accompli ce service, après leur avoir remis en bonne et due forme le fruit de ce partage, je m'en irai en Espagne en passant par chez vous. Et je le sais bien : quand je me rendrai chez vous, c'est avec la pleine bénédiction du Christ que je viendrai.
Je vous exhorte, frères, par notre Seigneur Jésus-Christ et par l'amour de l'Esprit, à soutenir mon combat en priant Dieu pour moi, afin que j'échappe à ceux qui, en Judée, refusent de croire, et que mon service à Jérusalem soit bien accepté par les fidèles. Alors je pourrai, par la volonté de Dieu, arriver chez vous dans la joie et prendre du repos au milieu de vous. Que le Dieu de la paix soit avec vous tous. Amen.
Lecture : Romains 16
Je vous recommande Phébé, notre sœur, ministre de l'Église qui est à Cencrées. Accueillez-la dans le Seigneur, comme il convient à des fidèles. Aidez-la en toute affaire où elle aurait besoin de vous, car elle a prêté assistance à beaucoup de gens, de même qu'à moi.
Saluez de ma part Prisca et Aquilas, mes compagnons de travail en Jésus-Christ, eux qui ont risqué leur tête pour me sauver la vie. Je ne suis d'ailleurs pas seul à leur être reconnaissant : toutes les Églises des nations le sont. Saluez l'Église qui se rassemble dans leur maison. Saluez mon cher Épénète, qui fut le premier à croire au Christ dans la province d'Asie. Saluez Marie, qui s'est donné beaucoup de peine pour vous. Saluez Andronikos et Junias, qui sont de ma parenté. Ils furent mes compagnons de captivité. Ce sont des apôtres bien connus. Ils ont même appartenu au Christ avant moi. Saluez Ampliatus, qui m'est cher dans le Seigneur. Saluez Urbain, notre compagnon de travail dans le Christ, et mon cher Stachys. Saluez Apellès, qui a fait ses preuves dans le Christ. Saluez les gens de chez Aristobule. Saluez Hérodion, qui est de ma parenté. Saluez les gens de chez Narcisse, ceux qui croient au Seigneur. Saluez Tryphène et Tryphose, elles qui se donnent de la peine dans le Seigneur. Saluez la chère Persis, qui s'est donné beaucoup de peine dans le Seigneur. Saluez Rufus, choisi par le Seigneur, et sa mère, qui est aussi la mienne. Saluez Asyncrite, Phlégon, Hermès, Patrobas, Hermas et les frères qui sont avec eux. Saluez Philologue et Julie, Nérée et sa sœur, et Olympas, et tous les fidèles qui sont avec eux. Saluez-vous les uns les autres par un baiser de paix. Toutes les Églises du Christ vous saluent.
Je vous exhorte, frères, à faire attention à ceux qui provoquent des divisions et des scandales, contrairement à l'enseignement que vous avez reçu. Évitez-les. Car les gens de cette espèce ne sont pas au service de notre Seigneur le Christ, mais de leur propre appétit. Par leurs bonnes paroles et leurs éloges, ils séduisent les cœurs sans malice. Votre obéissance est connue de tous, et je m'en réjouis pour vous, mais je veux que vous soyez avisés en vue du bien, et sans compromission avec le mal. Alors, sans délai, le Dieu de la paix écrasera Satan sous vos pieds. Que la grâce de notre Seigneur Jésus soit avec vous.
Timothée, mon compagnon de travail, vous salue, ainsi que Lucius, Jason et Sosipatros, qui sont de ma parenté. Moi aussi, Tertius, à qui cette lettre a été dictée, je vous salue dans le Seigneur. Gaius vous salue, lui qui me donne l'hospitalité, à moi et à toute l'Église. Éraste, le trésorier de la ville, et notre frère Quartus vous saluent.
À celui qui peut vous rendre fort selon mon Évangile qui proclame Jésus-Christ, révélation d'un mystère gardé depuis toujours dans le silence, mystère maintenant manifesté au moyen des écrits prophétiques, selon l'ordre du Dieu éternel, mystère porté à la connaissance de toutes les nations pour les amener à l'obéissance de la foi, à celui qui est le seul sage, Dieu, par Jésus-Christ, à lui la gloire pour les siècles. Amen.
Commentaire
Vous avez entendu Paul, au chapitre 15, verset 25, qui disait : « Je pars maintenant pour Jérusalem. » Là, pour le moment, il est encore en Macédoine, en Grèce, et il va partir à Jérusalem pour offrir une offrande, une collecte. Ça, ça va correspondre à ce qu'on va lire juste après. Juste après la lettre aux Romains, on va retourner dans les Actes des Apôtres, on va reprendre Actes 19, ce sera le troisième voyage missionnaire, et vous verrez comment, à la fin de ce voyage, Paul décide d'aller à Jérusalem. Donc on va attendre de repartir sur les Actes pour parler davantage de ce voyage à Jérusalem, et vous verrez jusqu'où ce voyage nous amènera.
Toujours dans les petites choses, je le note en passant : il a été fait mention d'une Phébé diaconesse. Mais non, il y avait des femmes diacres ? Eh bien, peut-être. En fait, on ne sait pas exactement, mais il y a une immense littérature à ce sujet. En ce moment, il semblerait qu'il y ait un consensus des exégètes pour dire que ce ministère de diaconesse, qui était institué dans l'Antiquité, n'était pas un ministère sacramentel. En fait, du coup, on ne sait pas très bien ce qu'il faut en penser.
Et maintenant que je vous ai bien chauffé sur une question délicate que j'ai ouverte sans trop la développer, je repars sur la manière dont Paul présentait son apostolat, ce qu'on a entendu dans le chapitre 15. Parce qu'il y a des choses à dire, et ça nous permettra de faire une belle petite transition sur les Actes des Apôtres que nous allons reprendre demain.
Regardons en particulier, au chapitre 15, le verset 16 :
Cette grâce, c'est d'être ministre du Christ Jésus pour les nations, avec la fonction sacrée d'annoncer l'Évangile de Dieu, afin que l'offrande des nations soit acceptée par Dieu, sanctifiée dans l'Esprit-Saint.
Alors, cette phrase-là, je suis sûr que tout le monde la trouve très belle, mais en même temps qu'on passe tous à côté. Donc je vais reprendre un ou deux mots pour vous montrer quand même la beauté et la saveur qu'il y a dedans.
« Ministre du Christ Jésus » : en grec leitourgos, qui est le même mot que « liturgie » et qui qualifie le service sacré. « Exerçant une fonction sacrée d'annoncer l'Évangile » : en grec hierourgounta, c'est-à-dire « accomplir un acte de prêtre ». Et Paul termine en disant « afin que l'offrande des nations soit agréée ». Ça, c'est un vocabulaire sacrificiel.
Paul ne se voit pas comme un prédicateur itinérant. Il comprend son œuvre d'évangélisation comme un office de prêtre, comme un office de sacrificateur, quelqu'un qui offre à Dieu une offrande. C'est ce qu'on disait dans l'épisode précédent, quand Paul disait : « Je vous engage à vous offrir en hostie vivante. C'est là le culte rationnel qui plaît à Dieu. » Celui qui vous évangélise, c'est celui qui vous permet d'accomplir cette offrande de votre vie.
L'évangélisation des nations, le pèlerinage eschatologique des nations qui convergent vers Jérusalem, c'est une procession eucharistique. C'est accomplir cette prophétie d'Isaïe, je vous la cite : « … tous vos frères en offrande au Seigneur. »
D'ailleurs, la citation que je vous ai donnée, Paul l'a terminée en disant qu'il faut que cette offrande soit sanctifiée par l'Esprit-Saint. Normalement, un sacrifice, on le brûle. Il est donné en holocauste et la fumée monte jusqu'à Dieu. Ce que vous dit saint Paul, c'est que le véritable feu, c'est celui qui descend d'en haut, et c'est l'Esprit qui va vous enflammer d'amour pour Dieu, et c'est ça qui va vous faire monter au ciel comme une offrande d'agréable odeur.
Vous voyez comment c'est riche ! On va la conclure, cette lettre. Qu'est-ce que vous voulez ? Demain, on retournera dans les Actes des Apôtres.
Proverbes 29,7-9
Le juste connaît la cause des faibles, le méchant l'ignore.
Les provocateurs embrasent la cité, les sages font retomber la colère.
Le sage est-il en procès avec un fou ? Qu'on se fâche ou plaisante, plus moyen d'avoir la paix.