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Rm 16,1-27
Liturgie · samedi, 31ᵉ sem. ordinaire (impaire)
Bible Crampon (1923)

1 Je vous recommande Phœbé, notre sœur, qui est diaconesse de l'Eglise de Cenchrées,

2 afin que vous la receviez en Notre-Seigneur d'une manière digne des saints, et que vous l'assistiez dans toutes les choses où elle pourrait avoir besoin de vous, car elle aussi a donné aide à plusieurs et à moi-même.

3 Saluez Prisca et Aquila, mes coopérateurs en Jésus-Christ,

4 eux qui, pour sauver ma vie, ont exposé leur tête ; ce n'est pas moi seul qui leur rend grâces, ce sont encore toutes les Eglises des Gentils.

5 Saluez aussi l'Eglise qui est dans leur maison. — Saluez Epénète, mon bien-aimé, qui a été pour le Christ les prémices de l'Asie. —

6 Saluez Marie, qui a pris beaucoup de peine pour vous. —

7 Saluez Andronique et Junias, mes parents et mes compagnons de captivité, qui jouissent d'une grande considération parmi les apôtres et qui même ont été dans le Christ avant moi. —

8 Saluez Amplias, mon bien-aimé dans le Seigneur. —

9 Saluez Urbain, notre coopérateur dans le Christ, et Stachys, mon bien-aimé. —

10 Saluez Apelle, qui a fait ses preuves dans le Christ. Saluez ceux de la maison d'Aristobule. —

11 Saluez Hérodion, mon parent. Saluez ceux de la maison de Narcisse qui sont dans le Seigneur. —

12 Saluez Tryphène et Tryphose, qui travaillent dans le Seigneur. Saluez Perside, la bien-aimée qui a beaucoup travaillé dans le Seigneur. —

13 Saluez Rufus, distingué dans le Seigneur, et sa mère, qui est aussi la mienne. —

14 Saluez Asyncrite, Phlégon, Hermés, Patrobas, Hermas, et les frères qui sont avec eux. —

15 Saluez Philologue et Julie, Nérée et sa sœur, ainsi qu'Olympias, et tous les saints qui sont avec eux. —

16 Saluez-vous les uns les autres par un saint baiser. Toutes les Eglises du Christ vous saluent.

17 Je vous exhorte, mes frères, à prendre garde à ceux qui causent les divisions et les scandales, en s'écartant de l'enseignement que vous avez reçu ; éloignez-vous d'eux.

18 Car de tels hommes ne servent point le Christ Notre-Seigneur, mais leur propre ventre, et avec leurs paroles douces et leur langage flatteur, ils séduisent les cœurs des simples.

19 Car votre obéissance est arrivée aux oreilles de tous ; je me réjouis donc à votre sujet ; mais je désire que vous soyez prudents pour le bien et simple pour le mal.

20 Le Dieu de paix écrasera bientôt Satan sous vos pieds. Que la grâce de Notre-Seigneur Jésus-Christ soit avec vous !

21 Timothée, le compagnon de mes travaux, vous salue, ainsi que Lucius, Jason et Sosipater, mes parents. —

22 Je vous salue dans le Seigneur, moi Tertius, qui ai écrit cette lettre. —

23 Caïus, mon hôte et celui de l'Eglise, vous salue. Eraste, le trésorier de la ville, vous salue, ainsi que Quartus, notre frère.

24 [Que la grâce de Notre-Seigneur Jésus-Christ soit avec vous tous ! Amen !]

25 A celui qui peut vous affermir selon mon Evangile et la prédication de Jésus-Christ, — conformément à la révélation du mystère resté caché durant de longs siècles,

26 mais manifesté maintenant, et, selon l'ordre du Dieu éternel, porté par les écrits des prophètes, à la connaissance de toutes les nations pour qu'elles obéissent à la foi, —

27 à Dieu, seul sage, soit la gloire par Jésus-Christ aux siècles des siècles ! Amen !

— Rm 16,1-27 —
Commentaire

DE LA LETTRE AUX ROMAINS

Commentaire

1. Situation

La Lettre aux Romains est la plus longue, la plus importante et la mieux structurée des lettres de Paul.

Son interprétation a été décisive dans les grands moments de crise de l'Eglise, surtout au 5ème siècle (face à l'hérésie du moine Pélage : l'homme gagne son salut par son effort personnel), et au 16ème siècle (Luther et Calvin se séparent de Rome).

C'est à partir de leur relecture de la Lettre aux Romains que les Réformés et les Luthériens du 16ème siècle ont formulé leurs thèses sur le salut de Dieu par la grâce acceptée dans la foi.

Cette lettre a été écrite par Paul lui-même (en la dictant à un secrétaire-écrivain) au printemps de 57 ou de 58, et probablement depuis Corinthe. On n'a jamais mis en doute son authenticité.

Paul estime avoir terminé son oeuvre apostolique en Orient. Il forme donc le projet de passer par Rome pour aller en Espagne (15, 19 - 31).Il envoie donc d'avance aux chrétiens de Rome ce qui représente le coeur de sa prédication et de son Evangile.

En effet, cette Lettre aborde en profondeur les points les plus centraux du message chrétien : la puissance du salut de Dieu, présenté comme une grâce à recevoir dans la foi, pour en être transformé. C'est une vie avec le Christ ressuscité, mais marquée par l'événement suprême du dessein de salut de Dieu que constituent enemble la prédication, le témoignage, la mort et la résurrection de Jésus. L'Esprit Saint que nous avons reçu insère en nous toute la richesse de vie et de nouveauté, qui est le fruit de cet événement unique.

Cet enseignement à la fois général, et sans doute adapté à des circonstances particulières de l'Eglise de Rome, se réalise en deux parties : - l'une doctrinale (1 - 11), - l'autre exhortative et de conclusion, pour encourager à une manière de vivre avec et selon le Christ, et qui traite de différents aspects de notre existence humaine (12 - 16).

La partie proprement doctrinale de la Lettre de Paul aux Romains (1, 16 - 11, 36), qui commence dès la fin des présentations (1, 1 - 15), est toute entière consacrée à la Bonne Nouvelle ou l'Evangile de Dieu qui nous vient de notre Seigneur Jésus le Christ, et elle se développe en trois thèmes : - La justice de Dieu nous est révélée par l'Evangile comme force de justice pour qui l'accueille avec foi (1, 16 - 4, 25), - L'amour de Dieu assure le salut à ceux qui sont justifiés par la foi (5, 1 - 8, 39), - Cette réalisation du salut de Dieu n'est pas en contradiction avec la promesse de Dieu faite jadis à Israël (9, 1 - 11, 36)

A côté de cette répartition de cette Lettre en deux parties, comme il vient d'être indiqué, on peut tout aussi bien n'y voir, d'un bout à l'autre que le développement, en trois temps successifs, d'une seule idée force très prégnante : - la justice miséricordieuse de Dieu se manifeste dans la manière selon laquelle Dieu traite les Juifs et les paiens (1 - 8), - la justice miséricordieuse de Dieu se manifeste dans la manière dont Dieu traite le peuple d'Israël (9 - 11), - la justice miséricordieuse de Dieu se manifeste dans la vie de ceux qui croient au Christ. (12 - 15).


Selon le découpage de cette Lettre, que nous continuons de suivre, notre passage se trouve dans la 2nde grande partie de ce document de Paul, appelée "partie exhortative et de conclusion" (12 - 16), qui, avant d'aborder la conclusion de cette Lettre, au chapitre 16, nous présente les exigences de la vie droite que nous sommes conduits à mener si nous vivons dans une confiance totale au Christ Jésus qui nous rend justes par la foi et qui nous transforme par son Esprit Saint. (12, 1 - 15, 13). Et, suite à cette section exhortative proprement dite, Paul conclut sa Lettre (15, 14 - 33), y ajoute un mot de recommandation pour une personne, Phoebé (16, 1 - 23), et termine par une doxologie ( 16, 25 - 27).

Cette exhortation développée traite successivement de deux thèmes : - la vie chrétienne, vue comme culte spirituel que nous rendons à Dieu (12, 1 - 13, 14), - le respect dû aux membres plus faibles de nos communautés de disciples de Jésus (14, 1 - 15, 13).

Après avoir lu l'exhortation proprement dite de la 2nde grande partie de cette Lettre aux Romains (12, 1 - 15, 13), et la première conclusion de cette Lettre, où il rend compte de son ministère (15, 14 - 21) et fait part de ses projets (15, 22 - 33), nous en arrivons à la toute dernière conclusion de cette grande Lettre, entièrement remplie de salutations à de nombreuses personnes situées à Rome et que Paul semble bien connaître.

2. Message

Voici donc un ensemble de recommandations et de salutations que Paul adresse à un certain nombre de ses connaissances Romaines.

Il commence par demander aux Romains de bien accueillir Phoebe, diaconesse de Cenchrées, le port oriental de Corinthe, et dont on pense qu'elle était probablement la personne que Paul avait chargée de remettre sa Lettre à la communauté de Rome.

Parmi les noms de chrétiens de la communauté Romaine qu'il salue, notons le couple Judéo-chrétien Prisca et Aquilée, que Paul avait rencontrés à Corinthe et Ephèse, et qui se trouvent de retour à Rome, d'où ils avaient ét chassés pour un temps suite à un édit impérial, et qui étaient des collègues de métier de Paul. Et chaque fois qu'il les mentionne dans ses lettres, Paul parle de "l'Eglise qui se réunit chez eux" (1 Corinthiens, 16, 19; Actes, 18, 2 - 3, et 23 - 26), semblant indiquer qu'ils sont responsables d'une petite communauté domestique.

Relevons de même Junias et Andronicus, proches de Paul par la parenté, ainsi que par une expérience commune de la prison pour la foi en Jésus, et auxquels Paul donne ne titre "d'apôtres", qui n'était donc pas alors réservé aux Douze de façon exclusive. Plus anciens que Paul dans la foi, ils devaient appartenir à la première génération chrétienne.

Au verset 22, Tertius, scribe et secrétaire de Päul, à qui Paul a dicté cette Lettre aux Romains, s'introduit dans le texte pour saluer, de son côté, la communauté de Rome.

La doxologie finale des versets 25 - 27 s'adresse au Père, par Jésus : sa gloire est célébrée, car lui seul peut affermir la foi des Romains, lui seul est à l'origine du mystère du salut manifesté par Jésus Christ et les disciples qu'il a envoyés en mission, salut désormais offert aux païens pour qu'ils soient, eux aussi, conduits à l'obéissance de la foi.

3. Decouvertes

On se demande si ce chapitre 16 appartient bien à cette Lettre aux Romains, où la plupart le maintiennent, mais sans certitude absolue. En effet, il manque dans l'un des manuscrits les plus anciens dont nous disposons, tandis que dans d'autres manuscrits, la doxologie des versets 25 - 27 est reportée dans ailleurs, dans les lettres de Paul.

Entre les versets 3 - 15 de ce chapitre, Paul mentionne et salue 26 personnes : aurait-il pu connaître tant de monde ? De plus, la liste des femmes qu'il cite est très impressionnante.

Les versets 25 - 27 de ce dernier chapitre sont aussi majestueux que les 7 versets de l'unique première phrase qui a ouvert cette Lettre (1, 1 - 7). Paul s'y réfère à nouveau à son ministère de l'annonce de l'Evangile (16, 25 et 1, 1), cite le témoignage des écrits prophétiques (16, 26 et 1, 2), et parle de gagner les païens à l'obéissance de la foi (16, 26 et 1, 5).

Comme dans son hymne à la gloire de Dieu en 11, 36, Paul rend gloire à Dieu, dont le dessein éternel mystérieux a permis à des païens d'être admis à la communion dans la foi.

4. Prolongement

Comment saluons-nous nos proches, nos amis, nos collaborateurs ? Font-ils toujours partie de notre prière ? Et cette communion écclésiale est-elle ouverte à une accueil du plus grand nombre dans la foi ?

Les traitons-nous tous comme des "frères et soeurs" en Christ ? Faisons-nous l'effort de voir d'abord ce qui est positif, ce qui "édifie" dans leur existence ou leurs comportements,? Nous considérons-nous comme membres d'une Eglise où il n'y a plus ni homme, ni femme, ni esclave ni homme libre, où il n'y a plus que "Christ tout en tous'" ?

Prière

*Seigneur Jésus, le but de ta mission de salut est que nous appartenions, toutes et tous, à la grande famille de Dieu, dans laquelle ton Père et notre Père se donnera en partage et deviendra "tout en tous" dans notre existence achevée dans le mystère de ta résurrection partagée, et déjà, dans ton Esprit, nous ne formons qu'un seul corps, membres les uns des autres autour de toi notre "chef" unique qui nous conduit vers la vie éternelle du Royaume des cieux, dont notre plongée baptismale en ta mort-résurrection nous donne dès maintenant d'avoir part dans la foi : apprends-moi à exprimer, dans les circonstances concrètes de ma vie relationnelle, cette communion dans l'unité qui est le signe de notre réconciliation, accomplie en toi, une fois pour toutes, et communiquée dans la présence en nos coeurs de ton Esprit Saint. AMEN.

08.11.2003.*