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Jour 344 ☼ — Paul, obéir jusqu'à la croix

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Résumé : Le frère Paul-Adrien lit le chapitre 21 des Actes des Apôtres : la dernière montée de Paul vers Jérusalem, les adieux à Tyr et à Césarée, la prophétie d'Agabos qui annonce ses chaînes, l'accueil chaleureux de Jacques et des anciens, puis l'émeute dans le Temple et l'arrestation de Paul par l'officier romain. Le commentaire montre un Paul configuré au Christ, qui refuse de céder à la peur et prend sa croix, jusqu'à obéir à un ordre des colonnes de l'Église manifestement voué à l'échec. L'épisode se termine par trois versets du livre des Proverbes.

Introduction

Notre secours est dans le nom du Seigneur, qui a fait le ciel et la terre.

À l'heure où je vous parle, on est en train de mettre en ligne le player pour avoir une écoute plus facile de ce podcast « La Bible en un an ». Alors peut-être que vous écouterez cet épisode dans quelques mois, etc., et donc l'actualité aura changé. Peut-être qu'à la place, ou bien on se sera fait pirater — parce que de temps en temps on se fait attaquer — et il aura disparu, ce que j'espère pas. Ou alors on aura réussi à transformer l'essai, on sera passé dans l'application.

Mais je vous dis ça parce qu'il y a ce podcast, et il y a autour de ce podcast. Le but, c'est de le faire vivre, et en le faisant vivre, le but c'est de faire rayonner la parole de Dieu. Donc aidez-nous ! Je vous rappelle la phrase de saint Paul qu'on a vue hier : il y a plus de joie à donner qu'à recevoir. Eh oui ! Moi, je ne suis pas fabricant de tentes. Ma manière de vivre et de payer les patates, c'est de vous faire un podcast. Eh bien, vous serez peut-être étonnés de l'apprendre, mais les liens sont dans la description. Je vous embrasse !

Et on y va. On était dans la dernière partie de la vie de saint Paul. Je vous avais parlé hier d'un changement d'ambiance. Paul est en train de se diriger vers Jérusalem. Il y a peut-être un parallèle entre saint Paul qui se dirige vers Jérusalem parce qu'il a accompli un vœu, et Jésus qui s'était rendu une dernière fois à Jérusalem pour accomplir sa mission. Mon Dieu, ce qu'il est lourd, ce qu'il est triste, ce chemin.

Lecture : Actes des Apôtres 21

Alors, après nous être séparés d'eux, nous avons gagné le large et filé droit sur Kos, le lendemain sur Rhodes et de là sur Patara. Puis, ayant trouvé un bateau qui faisait la traversée vers la Phénicie, nous sommes montés à bord et nous avons gagné le large. Arrivés en vue de Chypre, nous avons laissé l'île sur notre gauche, nous avons navigué vers la Syrie et nous avons débarqué à Tyr. C'est là, en effet, que le bateau déchargeait sa cargaison.

Ayant trouvé les disciples, nous sommes restés sept jours avec eux. Ceux-ci, poussés par l'Esprit, disaient à Paul de ne pas monter à Jérusalem. Mais quand notre séjour a été achevé, nous sommes partis et nous avons repris la route, accompagnés jusqu'en dehors de la ville par tous, y compris les femmes et les enfants. À genoux sur le rivage, nous avons prié. Après nous être dit adieu les uns aux autres, nous avons embarqué à nouveau sur le bateau, tandis qu'ils retournaient chez eux.

Quant à nous, achevant notre traversée depuis Tyr, nous sommes arrivés à Ptolémaïs. Ayant salué les frères, nous avons passé une journée chez eux. Partis le lendemain, nous sommes allés à Césarée. Nous sommes entrés dans la maison de Philippe, l'évangélisateur, qui était l'un des sept, et nous sommes restés chez lui. Il avait quatre filles non mariées qui prophétisaient.

Comme nous restions là plusieurs jours, un prophète nommé Agabos descendit de Judée. Il vint vers nous, enleva la ceinture de Paul, se ligota les pieds et les mains et déclara : « Voilà ce que dit l'Esprit Saint : l'homme à qui appartient cette ceinture, les Juifs le ligoteront de la sorte à Jérusalem et le livreront aux mains des nations. »

Quand nous avons entendu cela, nous et les frères qui habitaient là, nous l'exhortions à ne pas monter à Jérusalem. Alors Paul répondit : « Que faites-vous là, à pleurer et à me briser le cœur ? Moi, je suis prêt non seulement à me laisser ligoter, mais encore à mourir à Jérusalem pour le nom du Seigneur Jésus. » N'ayant pu le persuader, nous n'avons pas insisté. Nous avons dit : « Que la volonté du Seigneur soit faite. »

À la fin du séjour, nos préparatifs étant achevés, nous sommes montés à Jérusalem. Quelques disciples venus avec nous de Césarée nous conduisirent chez un certain Mnason de Chypre, un disciple des premiers jours, pour que nous y recevions l'hospitalité. Les frères, à notre arrivée à Jérusalem, nous ont fait bon accueil.

Le lendemain, Paul s'est rendu avec nous chez Jacques, où sont arrivés tous les anciens. Après les avoir salués, il leur expliqua en détail ce que Dieu avait fait parmi les nations à travers son ministère. L'ayant écouté, ils glorifiaient Dieu. Ils dirent à Paul : « Tu vois, frère, combien de dizaines de milliers de Juifs sont devenus croyants, et ils ont tous une ardeur jalouse pour la loi. Or, ils ont entendu ce que l'on colporte à ton sujet : par ton enseignement, tu détournes de Moïse tous les Juifs des nations, en leur disant de ne pas circoncire leurs enfants et de ne pas suivre les coutumes. Que faut-il donc faire ? De toute façon, ils apprendront ton arrivée. Fais donc ce que nous allons te dire. Nous avons ici quatre hommes qui sont tenus par un vœu. Prends-les avec toi, accomplis la purification en même temps qu'eux et paie ce qu'il faut pour qu'ils se fassent raser la tête. Alors tout le monde saura qu'il n'y a rien de vrai dans ce que l'on colporte sur toi, mais que tu marches, toi aussi, en gardant la loi. Quant aux croyants venus des nations, nous leur avons écrit nos décisions : ils doivent se garder des viandes offertes en sacrifice aux idoles, du sang, de la viande non saignée et des unions illégitimes. »

Alors, le lendemain, Paul prit ces hommes avec lui, accomplit la purification en même temps qu'eux, et il entra dans le Temple pour indiquer à quelle date, le temps de la purification étant achevé, l'offrande serait présentée pour chacun d'eux.

Les sept jours de la purification allaient s'achever quand les Juifs venus de la province d'Asie, voyant Paul dans le Temple, semèrent la confusion dans toute la foule et mirent la main sur lui en s'écriant : « Israélites, au secours ! Voilà l'homme qui, auprès de tous et partout, répand son enseignement contre le peuple, contre la loi et contre ce lieu. Bien plus, il a aussi fait entrer des Grecs dans le Temple, il a souillé ce lieu saint. » En effet, ils avaient vu auparavant Trophime d'Éphèse avec Paul dans la ville, et ils pensaient que celui-ci l'avait introduit dans le Temple.

La ville tout entière s'agita, le peuple accourut de toutes parts. On se saisit de Paul et on l'entraîna hors du Temple, dont on ferma aussitôt les portes, tandis qu'on cherchait à le tuer.

L'officier romain commandant la cohorte fut informé que tout Jérusalem était en pleine confusion. Il prit immédiatement avec lui des soldats et des centurions et descendit en courant vers la foule. À la vue du commandant et des soldats, on cessa de frapper Paul. Alors le commandant s'approcha, se saisit de lui et ordonna de l'attacher avec deux chaînes. Puis il demanda qui il était et ce qu'il avait fait. Dans la foule, les uns hurlaient une chose, les autres une autre. Ne réussissant pas à savoir quelque chose de précis à cause du tumulte, il donna l'ordre de conduire Paul à la forteresse. En arrivant aux marches de l'escalier, on dut le faire porter par les soldats à cause de la violence de la foule, car la multitude du peuple suivait en criant : « Mort à cet homme ! »

Comme on allait le faire entrer dans la forteresse, Paul dit au commandant : « M'est-il permis de te dire quelque chose ? » Il répondit : « Tu sais le grec ? Tu n'es donc pas l'Égyptien qui, voici quelques jours, a soulevé et entraîné au désert les quatre mille bandits ? » Paul dit : « Moi, je suis un Juif de Tarse en Cilicie, citoyen d'une ville qui n'est pas insignifiante. Je t'en prie, permets-moi de parler au peuple. » Avec sa permission, Paul, debout sur les marches, fit signe de la main au peuple. Un grand silence s'établit et il prit la parole en araméen.

Commentaire

Paul, qui va à Jérusalem, qui sait ce qui l'attend. Comment est-ce qu'il sait ? On ne sait pas, mais on se souvient de cette phrase qu'il dira plus tard :

Ce n'est plus moi qui vis, c'est le Christ qui vit en moi.

Paul est tellement configuré au Christ que lui aussi, à sa manière, est en train de revivre le chemin qui amenait Jésus à Jérusalem. Paul refuse de céder à la peur de la souffrance, et vous le voyez là, qui prend sa croix en bon disciple du Christ pour le suivre. Ce qui vous montre aussi que la forme ultime de la prédication, de l'évangélisation, c'est le don de sa vie. Paul est allé jusque-là.

Alors, c'est d'autant plus émouvant que, manifestement, tout le monde est au courant aussi, tout le monde le sait, et tout le monde accompagne saint Paul. On retrouve notre bon vieux prophète Agabos, qu'on avait déjà vu dans les Actes des Apôtres au chapitre 11, et qui là, dans un vieux geste prophétique, se lie les mains. On imagine la tête de saint Paul, qui avait peut-être déjà du mal à se motiver lui-même et qui n'en demandait pas tant. Enfin, tout le monde devait pleurer, et Paul, à chaque fois, qui est obligé de reconvaincre et de se remettre en route. Mon Dieu, c'est déjà assez pénible, mais ce n'est pas seulement Paul qui doit accepter de se mettre en route : c'est Paul qui doit aussi convaincre les autres de le laisser partir.

On a vu Agabos, on voit aussi Philippe. Philippe, on l'avait déjà vu au début des Actes des Apôtres : il avait dû fuir Jérusalem à cause de Paul. Voilà que maintenant, c'est lui qui l'accueille. Et c'est lui qui avait évangélisé l'eunuque et qui avait inventé la prédication itinérante qu'allait reprendre ensuite saint Paul. On le retrouve là, installé, on s'aperçoit qu'il a des filles. Vous voyez tous ces personnages qu'on avait vus au début des Actes des Apôtres et qu'on retrouve ici ? On est en train de clôturer pas mal de dossiers.

C'est d'autant plus beau qu'on se souvient que, dans la vie de saint Paul, tout n'a pas toujours été très simple. Comment il s'était, par exemple, brouillé avec Barnabé, comment il avait été plus ou moins fragilisé, marginalisé par la grande Église. Et là, maintenant, il se retrouve complètement intégré et soutenu par l'ensemble de la communauté chrétienne. C'est magnifique. Tout le monde le salue, tout le monde reconnaît son courage, tout le monde pleure avec lui. À Jérusalem, il est accueilli à bras ouverts par Jacques, le frère du Seigneur, le chef de la communauté des chrétiens de Jérusalem, dont on a dit qu'il avait une théologie qui, pour le coup, était assez sensiblement différente de celle de Paul. Eh bien, voilà un moment de communion parfaite. Bref, on a envie d'y croire.

Sauf qu'à Jérusalem, ce qui devait arriver arriva : ça se passe mal. Parce que Paul, il a passé sa vie dans la diaspora juive à essayer de faire des ponts entre les pagano-chrétiens et les judéo-chrétiens. Et à Jérusalem, les Juifs ont pensé qu'il était en train de détruire le judaïsme. Et comme Paul n'était pas présent à Jérusalem — et pour cause — il ne pouvait pas présenter sa défense. Et donc, les gens fantasmaient ce que Paul disait.

Il faut que tout le monde réalise : pour les Juifs zélés, le fait que vous soyez en train d'abolir la distinction rituelle entre Juifs et païens, ça met en danger la sainteté du peuple élu. Et si le peuple élu n'est plus saint devant l'Éternel, l'Éternel va lui enlever sa bénédiction et sa protection. Ça devenait une question non seulement d'identité, mais de protection civile, militaire, tout ce que vous voulez, quoi. Pour les Juifs zélés, si Paul continue, on va se retrouver avec une deuxième destruction du Temple.

Alors il y a un côté : c'est toujours le même drame qui continue, entre Jésus et les pharisiens d'un côté, et maintenant entre Paul et les pharisiens de l'autre côté. La tension ne s'est pas apaisée, mais même, elle s'est aggravée. Et maintenant, la situation devient vraiment explosive.

Et là, quand même, il faut le dire : idée géniale des colonnes de l'Église, saint Jacques le Juste, le frère du Seigneur, en tête, qui se dit : « Tiens, super idée. Ce qu'on va faire, dans ce climat hyper explosif — saint Paul, pour bien montrer à tout le monde que tu es de bonne composition, tu vas aller au Temple, et on va prévenir absolument tout le monde pour dire que ce sera tel jour, telle heure, que tu vas aller offrir un sacrifice. » À votre avis, il s'est passé quoi ? Eh bien, tous les petits fachos, ils ont pris ça pour de la provocation. Ils se sont rassemblés et ils ont chopé Paul.

Aujourd'hui, il est accusé d'avoir introduit un païen, Trophime d'Éphèse, dans l'enceinte sacrée. Ce qui est une accusation très grave. Il y avait dans le Temple une inscription — qu'on a retrouvée par l'archéologie — qui interdisait aux païens de franchir la barrière sous peine de mort. Même si c'est faux, il suffit qu'il y en ait un qui se mette à le crier dans le Temple pour enflammer la foule et que Paul y passe.

Cette idée était complètement débile. Comment est-ce que vous vouliez que ça se passe bien, cette affaire ? Enfin, moi, moine, j'entends un de mes supérieurs me donner cet ordre et je me dis : « Mais vous avez complètement craqué. Ça ne peut pas bien se passer. » Et là, de manière très étonnante, on voit Paul qui obéit, docile.

Je suis dépassé, je ne suis pas capable de le commenter, ça. Je le prends, je le regarde et j'écarquille les yeux. La grandeur de Paul, qui passe par-delà la bêtise de cet ordre et qui, en fait, y voit l'accomplissement de son destin personnel. Enfin, j'aimerais obéir comme ça. Je dis ça parce que l'obéissance, c'est l'imitation de Jésus-Christ. Ça fait des miracles.

Proverbes 29,16-18

Plus les méchants se multiplient, plus le crime prolifère, mais les justes seront témoins de leur chute.

Corrige ton fils, il te donnera du repos, il fera tes délices.

Faute de prophétie, le peuple se relâche. Heureux celui qui observe la loi !


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