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Jour 363 ☼ — Jean : marcher dans la vérité et la lumière

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Résumé : Avant-dernière étape du parcours des lettres du Nouveau Testament : le frère Paul-Adrien introduit le corpus johannique, né de l'école fondée par saint Jean à Éphèse, et choisit de lire les trois lettres dans leur ordre historique — la troisième d'abord, puis la deuxième, puis la première. La troisième lettre dévoile les coulisses d'un conflit d'autorité dans les premières communautés ; la deuxième combat le docétisme et s'adresse à l'Église comme à « la Dame élue de Dieu » ; la première ouvre par un prologue qui fait écho à celui de l'Évangile. Le commentaire s'arrête sur les quatre verbes de perception du prologue et sur le « Logos de vie » compris comme le sens de la vie devenu quelqu'un — cœur même de l'évangélisation. L'épisode s'achève sur le Psaume 148, premier des trois psaumes d'action de grâce gardés pour la fin du podcast.

Introduction

Notre secours est dans le nom du Seigneur, qui a fait le ciel et la terre.

Eh les enfants, on arrive vers la fin. On a terminé la lettre aux Hébreux. C'est notre dernier bloc de lettres, les lettres johanniques. Et après, après il va se passer quoi ? J'ose même pas y penser. On n'y est pas encore.

Alors, les lettres de saint Jean. Déjà, est-ce que c'est vraiment saint Jean qui a écrit ces lettres ? Euh, oui. On va la faire simple. Alors maintenant, c'est peut-être pas saint Jean lui-même, c'est peut-être un de ses secrétaires ou de ses disciples. De fait, on pense que saint Jean, à Éphèse, avait fondé une école johannique. Éphèse, on ne présente plus. Saint Jean a déménagé là-bas. Il a ensuite été exilé à Patmos et il est revenu, ou il est mort, à Éphèse. Alors, autour d'Éphèse, il y avait énormément de petites églises qui dépendaient de cette métropole. Et en fait, ces lettres étaient des missives qu'on envoyait depuis Éphèse auprès de ces petites villes.

Alors, ces lettres, Jean en a écrit au moins trois qu'on va lire, mais qu'on va lire dans un ordre inhabituel. Normalement, on lit d'abord 1 Jean, puis 2 Jean, puis 3 Jean. Sauf que nous, on va faire exactement le chemin inverse. Alors, je sais pourquoi je le fais. On va d'abord lire 3 Jean, puis 2 Jean, puis 1 Jean. Pourquoi cet ordre-là ? Tout simplement parce que c'est l'ordre historique. Jean a d'abord écrit la troisième lettre de saint Jean, puis la deuxième, puis la première. Et simplement, comme la troisième c'est la plus courte, c'est celle qui se retrouve dans le Nouveau Testament à la fin. Il ne faut pas confondre la longueur d'une lettre avec sa date de parution.

Dans la troisième lettre de saint Jean, très courte, vous verrez apparaître un conflit d'autorité dans les premières communautés. Il y a un petit côté « inside ». C'est comme si jamais on voyait les coulisses des premières communautés chrétiennes.

Et puis après, on va aller sur la deuxième lettre de saint Jean, là aussi très courte, qui s'adresse à des problèmes de faux docteurs, des gens qui prêchent que Jésus n'est pas venu dans la chair, mais qu'il n'avait qu'une apparence. On en a déjà parlé dans notre liste des hérésies : ce qu'on appelle le docétisme. Vous verrez, dans cette lettre-là, on essaye d'articuler l'amour fraternel et l'hospitalité avec, de l'autre côté, la fermeté doctrinale. Ce n'est pas toujours simple de mettre les deux ensemble. Vous remarquerez que cette lettre s'adresse à une Église en entier, qu'il appelle « la Dame élue de Dieu ». C'est très beau, c'est très intéressant, et c'est de là en partie d'où procède la coutume catholique d'appeler les églises « Notre-Dame ». C'est un petit clin d'œil à la Vierge Marie, mais c'est aussi le fait que l'Église est l'épouse du Christ. Eh bien ça, ça vous vient de la Bible.

Bon, et dans les commentaires, on parlera de la première lettre de Jean, parce que c'est elle qui va terminer notre lecture. On lira le prologue, le premier chapitre de cette lettre.

Lecture : 3 Jean

Moi, l'Ancien, à Gaïus le bien-aimé, que j'aime en vérité.

Bien-aimé, je prie pour qu'en toute chose tu ailles bien et que tu sois en bonne santé, comme c'est déjà le cas pour ton âme. J'ai eu beaucoup de joie quand des frères sont venus et qu'ils ont rendu témoignage à la vérité qui est en toi. Ils ont dit comment tu marches dans la vérité. Rien ne me donne plus de joie que d'apprendre que mes enfants marchent dans la vérité.

Bien-aimé, tu agis fidèlement dans ce que tu fais pour les frères, et particulièrement pour des étrangers. En présence de l'Église, ils ont rendu témoignage à ta charité. Tu feras bien de faciliter leur voyage d'une manière digne de Dieu, car c'est pour son nom qu'ils se sont mis en route, sans rien recevoir des païens. Nous devons donc apporter notre soutien à de tels hommes, pour être des collaborateurs de la vérité.

J'ai écrit une lettre à l'Église, mais Diotréphès, qui aime tant être le premier d'entre eux, ne nous accueille pas. Alors, si je viens, je dénoncerai les œuvres qu'il accomplit. Il se répand en paroles méchantes contre nous. Non content de cela, il n'accueille pas les frères, et ceux qui voudraient le faire, il les en empêche et les chasse de l'Église.

Bien-aimé, n'imite pas le mal, mais le bien. Celui qui fait le bien vient de Dieu. Celui qui fait le mal n'a pas vu Dieu.

Quant à Démétrios, il fait l'objet d'un bon témoignage de la part de tous et de la vérité elle-même. Nous aussi, nous lui rendons témoignage, et tu sais que notre témoignage est vrai.

J'aurais bien des choses à t'écrire, mais je ne veux pas le faire avec l'encre et la plume. J'espère te voir bientôt, et nous parlerons de vive voix. La paix soit avec toi. Les amis te saluent, et toi, salue les amis, chacun par son nom.

Amen. Chacun par son nom.

Lecture : 2 Jean

Moi, l'Ancien, à la Dame élue de Dieu et à ses enfants, que j'aime en vérité, non pas moi seul, mais tous ceux qui connaissent la vérité, à cause de la vérité qui demeure en nous et qui sera avec nous pour toujours. Avec nous seront la grâce, la miséricorde, la paix, de la part de Dieu le Père et de Jésus Christ, le Fils du Père, dans la vérité et dans l'amour.

J'ai beaucoup de joie à trouver plusieurs de tes enfants qui marchent dans la vérité, selon le commandement que nous avons reçu du Père. Et maintenant, Dame élue, je t'adresse une demande : aimons-nous les uns les autres. Ce que je t'écris là n'est pas un commandement nouveau, nous l'avions depuis le commencement. L'amour, c'est que nous marchions selon ses commandements. Tel est le commandement selon lequel vous devez marcher, comme, depuis le commencement, vous l'avez appris.

Beaucoup d'imposteurs se sont répandus dans le monde. Ils refusent de proclamer que Jésus Christ est venu dans la chair. Celui qui agit ainsi est l'imposteur et l'antéchrist. Prenez garde à vous-mêmes, pour ne pas perdre le fruit de notre travail, mais pour recevoir intégralement votre salaire.

Quiconque va trop loin et ne se tient pas à l'enseignement du Christ, celui-là se sépare de Dieu. Mais celui qui se tient à cet enseignement, celui-là reste attaché au Père et au Fils. Si quelqu'un vient chez vous sans apporter cet enseignement, ne le recevez pas dans votre maison, et ne lui adressez pas votre salutation, car celui qui le salue participe à ses œuvres mauvaises.

J'ai bien des choses à vous écrire. Je n'ai pas voulu le faire avec du papier et de l'encre, mais j'espère me rendre chez vous et vous parler de vive voix, afin que notre joie soit parfaite.

Lecture : 1 Jean 1

Ce qui était depuis le commencement, ce que nous avons entendu, ce que nous avons vu de nos yeux, ce que nous avons contemplé et que nos mains ont touché du Verbe de vie, nous vous l'annonçons.

Oui, la vie s'est manifestée. Nous l'avons vue, et nous rendons témoignage. Nous vous annonçons la vie éternelle qui était auprès du Père et qui s'est manifestée à nous. Ce que nous avons vu et entendu, nous vous l'annonçons à vous aussi, pour que vous aussi vous soyez en communion avec nous. Or, nous sommes, nous aussi, en communion avec le Père et avec son Fils Jésus Christ, et nous écrivons cela afin que notre joie soit parfaite.

Quel est le message que nous avons entendu de Jésus Christ et que nous vous annonçons ? Dieu est lumière. En lui, il n'y a pas de ténèbres. Si nous disons que nous sommes en communion avec lui, alors que nous marchons dans les ténèbres, nous sommes des menteurs : nous ne faisons pas la vérité. Mais si nous marchons dans la lumière, comme il est lui-même dans la lumière, nous sommes en communion les uns avec les autres, et le sang de Jésus, son Fils, nous purifie de tout péché.

Si nous disons que nous n'avons pas de péché, nous nous égarons nous-mêmes et la vérité n'est pas en nous. Si nous reconnaissons nos péchés, lui qui est fidèle et juste va jusqu'à pardonner nos péchés et nous purifier de toute injustice. Si nous disons que nous sommes sans péché, nous faisons de lui un menteur et sa parole n'est pas en nous.

Commentaire

C'est beau de terminer toutes ces lettres du Nouveau Testament par la première lettre de saint Jean. J'avoue que je l'avais un peu fait exprès : je vous ai gardé le meilleur pour la fin. On dit de saint Jean qu'à la fin de sa vie, il ne cessait de répéter « Aimez-vous les uns les autres, aimez-vous les uns les autres ». Il ne disait plus que cela.

Alors, je reprends avec vous quand même ce prologue, qui est digne du prologue de l'Évangile selon saint Jean. « Au commencement était le Verbe », le Logos. Ici, c'est :

Ce qui était depuis le commencement.

C'est le temps de l'éternité et du principe. Cela veut dire que la révélation est inscrite dans le plan divin éternel.

Ensuite, on continue :

ce que nous avons entendu, ce que nous avons vu, ce que nous avons contemplé, ce que nos mains ont touché.

Vous voyez, quatre verbes de perception, mais de plus en plus forts. On va du plus lointain au plus proche : entendre, voir, contempler — qui est la plénitude de la vision — et toucher, qui indique un rapport de proximité et d'immédiateté.

Ce qu'ils ont entendu, vu, contemplé et touché, c'est quoi ? C'est le Verbe de vie. Et là, je pense que c'est pas mal de retourner au grec : le Logos de vie, qu'on pourrait traduire encore par « le sens de la vie ». Ce qu'ils ont vu, ce qu'ils ont entendu, ce qu'ils ont touché, c'est le sens de la vie. Pour nous, le sens de la vie, c'est une idée abstraite. Eh bien non, en fait : c'était quelqu'un qui est venu dans la chair, c'était une personne. Ils ont vu devant leurs yeux le sens de la vie. C'est extraordinaire. Du coup, toucher le sens de la vie, c'est avoir la vie éternelle en soi.

Et c'est ça qu'eux annoncent. C'est ça, l'évangélisation.

Et nous écrivons cela afin que notre joie soit parfaite.

L'évangélisation, c'est pas simplement proclamer que Jésus Christ est mort et ressuscité. J'allais dire, c'est même pas simplement proclamer l'amour de Dieu ou l'amour du prochain. L'évangélisation, c'est donner le sens de la vie aux hommes.

Vous savez, je crois qu'il faut ne pas avoir été chrétien, s'être converti, pour comprendre ce que ça veut dire. Ce qui a été mon cas : pendant quelques années j'étais athée, et je croyais que ma vie n'avait pas de sens. Et le jour où je suis devenu chrétien, j'ai compris ce que ça voulait dire que d'avoir une vie qui avait un sens. Eh bien ça, c'est l'évangélisation. Et le jour où on m'a dit que c'était Jésus Christ, où on m'a dit que ça existait et où j'y ai cru, eh bien ce jour-là, oui, je peux dire que ma vie a été sauvée et que j'ai été sauvé.

Je vous redis cette phrase : « et nous écrivons cela afin que notre joie soit parfaite ». Ce qui vous conduit jusqu'à l'allégresse finale, jusqu'à la jouissance éternelle, jusqu'au ciel, voir Dieu.

Bon, ensuite ça continue, et on pourra pas tout dire, on pourra pas tout faire parce qu'il y en a trop, mais :

Dieu est lumière. En lui, il n'y a pas de ténèbres.

Ici, c'est étonnant, parce que c'est pas une image, c'est une affirmation ontologique. Dieu est lumière, c'est-à-dire il est la pureté, il est la sainteté, il est la vie à l'état pur. Et on en est juste au début.

On termine ? Ah tiens, si ! On a terminé hier les Proverbes. Normalement, le chapitre 31 se poursuit par le poème de la femme parfaite, mais on l'avait déjà lu avant. Alors ça, en fait, je l'ai fait exprès, parce que je vous ai gardé quelque chose pour la fin. Il nous restait en suspens trois psaumes : le psaume 148, 149 et 150, que j'ai fait exprès de garder pour les trois derniers chapitres. Saint Jean, la fin, l'Apocalypse, la fin du podcast. Trois psaumes d'action de grâce. La vie est bien faite, et ce podcast aussi. Régalez-vous.

Psaume 148

Alléluia !

Louez le Seigneur du haut du ciel, louez-le dans les hauteurs. Vous, tous ses anges, louez-le, louez-le, toutes ses armées.

Louez-le, soleil et lune, louez-le, tous les astres de lumière. Vous, cieux des cieux, louez-le, et les eaux des hauteurs des cieux.

Qu'ils louent le nom du Seigneur : sur son ordre ils furent créés. C'est lui qui les posa pour toujours sous une loi qui ne passera pas.

Louez le Seigneur depuis la terre, monstres marins, tous les abîmes, feu et grêle, neige et brouillard, vent d'ouragan qui accomplit sa parole.

Les montagnes et toutes les collines, les arbres des vergers et tous les cèdres, les bêtes sauvages et tous les troupeaux, le reptile et l'oiseau qui vole.

Les rois de la terre et tous les peuples, les princes et tous les juges de la terre, tous les jeunes gens et jeunes filles, les vieillards comme les enfants.

Qu'ils louent le nom du Seigneur, le seul au-dessus de tout nom. Sur le ciel et sur la terre, sa splendeur !

Il accroît la vigueur de son peuple, louange de tous ses fidèles, des fils d'Israël, le peuple de ses proches.

Alléluia !


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