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Jour 363 ☾ — La chute de Babylone dévoilée

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Résumé : Dans cet épisode, le frère Paul-Adrien lit les chapitres 17 et 18 de l'Apocalypse : la vision de la grande prostituée assise sur la bête écarlate, l'explication du mystère des sept têtes et des dix cornes, puis la chute de Babylone la Grande et les trois lamentations des rois, des marchands et des marins. Le commentaire montre comment Babylone parodie la femme drapée de soleil : là où l'une est l'épouse légitime, l'autre est la prostituée, sacralisation du pouvoir et de la richesse. Derrière les sept collines de Rome se cache toute civilisation fondée sur le luxe, le profit et la persécution des témoins. L'ironie suprême est que l'alliance avec la bête se retourne contre Babylone : le mal finit par se dévorer lui-même.

Introduction

Livre de l'Apocalypse. Petit récap pour raccrocher les wagons. La série des sept coupes que nous avions vue la dernière fois était la dernière des séries de sept. Avec cette dernière coupe, on avait commencé à parler de Babylone la Grande. Verset 19, c'était hier :

Et la grande ville se disloqua en trois parties et les villes des nations tombèrent, et Dieu se souvint de Babylone la Grande pour lui donner à boire le vin de sa fureur, la coupe de sa colère.

L'image se fige, zoom sur cette dernière coupe : le jugement de Babylone. Ça faisait déjà longtemps qu'on avait annoncé sa chute, et voilà qu'on vous l'offre aujourd'hui. Ce sera le premier verset du chapitre 17 :

L'un des sept anges aux sept coupes vint me parler. « Viens, dit-il, je vais te montrer ce que sera la condamnation de la grande prostituée assise au bord des grandes eaux. »

Aujourd'hui, l'Apocalypse vous offre la chute de Babylone la Grande.

Lecture : Apocalypse 17

L'un des sept anges aux sept coupes vint me parler. « Viens, dit-il, je vais te montrer ce que sera la condamnation de la grande prostituée assise au bord des grandes eaux. Les rois de la terre se sont prostitués avec elle, et ceux qui habitent la terre se sont enivrés du vin de sa prostitution. »

Et il me transporta en esprit au désert. Et j'ai vu une femme assise sur une bête écarlate. Elle était couverte de noms blasphématoires et qui avait sept têtes et dix cornes. Cette femme était vêtue de pourpre et d'écarlate, toute parée d'or, de pierres précieuses et de perles. Elle avait dans sa main une coupe remplie d'abominations avec les impuretés de sa prostitution. Il y avait sur son front un nom écrit, un mystère : « Babylone la Grande, la mère des prostitutions et des abominations de la terre. » Et j'ai vu la femme ivre du sang des saints et du sang des témoins de Jésus.

En la voyant, je fus saisi d'un grand étonnement. Et l'ange me dit : « Pourquoi es-tu étonné ? Moi, je te le dirai, le mystère de la femme et de la bête qui la porte, celle qui a les sept têtes et les dix cornes. La bête que tu as vue, elle était, mais elle n'est plus. Elle va monter de l'abîme pour aller à sa perdition. Quant aux habitants de la terre, dont le nom n'est pas inscrit dans le livre de la vie depuis la fondation du monde, ils seront étonnés au spectacle de la bête qui était, qui n'est plus et qui va reparaître.

Ici, il faut l'intelligence, mais avec la sagesse. Les sept têtes, ce sont sept collines sur lesquelles réside la femme. Elles sont aussi sept rois : cinq sont tombés, un est là maintenant, mais l'autre n'est pas encore venu. Mais quand il viendra, il ne devra rester que peu de temps. Et la bête qui était et qui n'est plus est elle-même un huitième roi, mais elle fait partie des sept et elle va à sa perdition.

Les dix cornes que tu as vues sont dix rois qui n'ont pas encore la royauté, mais reçoivent le pouvoir royal avec la bête pour une heure. Ceux-ci ont un même projet : donner leur puissance et leur pouvoir à la bête. Ils feront la guerre à l'Agneau et l'Agneau les vaincra, car il est Seigneur des seigneurs et Roi des rois. Et les siens, les appelés, les élus, les fidèles, vaincront avec lui. »

Puis il me dit : « Les eaux que tu as vues, là où la prostituée est assise, ce sont des peuples et des foules, des nations et des langues. Quant aux dix cornes que tu as vues ainsi que la bête, elles se prendront de haine pour la prostituée. Elles la laisseront dépouillée et nue, elles mangeront ses chairs et la brûleront au feu. Car Dieu leur a mis au cœur de réaliser son projet : donner à la bête leur royauté, jusqu'à ce que s'accomplissent les paroles de Dieu. La femme que tu as vue, c'est la grande ville qui exerce la royauté sur les rois de la terre. »

Lecture : Apocalypse 18

Après cela, j'ai vu descendre du ciel un autre ange, ayant un grand pouvoir, et la terre fut illuminée de sa gloire. Il s'écria d'une voix puissante : « Elle est tombée, elle est tombée, Babylone la Grande ! La voilà devenue tanière des démons, repaire de tous les esprits impurs, repaire de tous les oiseaux impurs, repaire de toutes les bêtes impures et répugnantes. Car toutes les nations ont bu du vin de la fureur de sa prostitution. Les rois de la terre se sont prostitués avec elle, et les marchands de la terre se sont enrichis de son luxe insolent. »

Et j'entendis une autre voix venant du ciel qui disait : « Sortez de la ville, vous, mon peuple, afin de ne pas prendre part à ses péchés et de ne rien subir des fléaux qui l'affligent, car ses péchés se sont amoncelés jusqu'au ciel et de ces injustices Dieu s'est souvenu. Traitez-la comme elle vous a traités. Rendez-lui au double selon ses actes. Dans la coupe qu'elle a préparée, préparez-lui le double. À la mesure de la gloire et du luxe qu'elle a étalés, donnez-lui torture et deuil, car elle dit dans son cœur : "Je trône, je suis reine, je ne suis pas veuve, je ne verrai jamais le deuil." C'est pourquoi des fléaux en un seul jour viendront sur elle : mort, deuil, famine, et elle sera brûlée au feu, car il est fort, le Seigneur Dieu qui l'a jugée. »

Alors ils pleureront et se lamenteront, les rois de la terre qui se sont prostitués avec elle et qui ont partagé son luxe, quand ils verront la fumée de son incendie. Ils se tiendront à distance par peur de ses tortures et ils diront : « Malheur, malheur, la grande ville, Babylone, ville puissante ! En une heure ton jugement est arrivé. »

Et les marchands de la terre pleurent et prennent le deuil à cause d'elle, puisque personne n'achète plus leur cargaison : d'or, d'argent, de pierres précieuses et de perles, de lin fin, de pourpre, de soie et d'écarlate, toutes sortes de bois odorants, d'objets en ivoire, en bois très précieux, en bronze, en fer et en marbre, cannelle, épices, parfums, baumes et encens, vins, huiles, fleur de farine et blé, bestiaux et moutons, chevaux et chariots, esclaves et marchandises humaines.

« Les fruits mûrs de tes convoitises sont partis loin de toi. Tout ce qui était brillance et splendeur est perdu pour toi et cela plus jamais ne se retrouvera. »

Les marchands qu'elle avait enrichis se tiendront à distance par peur de ses tortures, dans les pleurs et le deuil, et ils diront : « Malheur ! Malheur ! La grande ville vêtue de lin fin, de pourpre et d'écarlate, toute parée de pierres précieuses et de perles, car en une heure tant de richesses furent dévastées. »

Tous les capitaines de navires et ceux qui font le cabotage, les marins et tous les travailleurs de la mer se tenaient à distance, et ils criaient en voyant la fumée de son incendie. Ils disaient : « Quelle ville fut comparable à la grande ville ? » Et jetant de la poussière sur leur tête, ils criaient dans les pleurs et le deuil, et ils disaient : « Malheur ! Malheur ! La grande ville dont l'opulence enrichissait tous ceux qui avaient des bateaux sur la mer, en une heure elle a été dévastée. Ciel, sois dans la joie à cause d'elle, ainsi que vous, les saints, les apôtres et les prophètes, car Dieu, en la jugeant, vous a rendu justice. »

Alors un ange plein de force prit une pierre pareille à une grande meule et la précipita dans la mer, en disant : « Ainsi, d'un coup, sera précipitée Babylone, la grande ville, et on ne la retrouvera jamais plus. La voix des joueurs de cithare et des musiciens, des joueurs de flûte et des trompettes, chez toi ne s'entendra jamais plus. Aucun artisan d'aucun métier chez toi ne se trouvera jamais plus. La voix du jeune époux et de son épouse chez toi ne s'entendra jamais plus. Pourtant tes marchands étaient les magnats de la terre et tes sortilèges égaraient toutes les nations. Mais c'est chez toi qu'on a trouvé le sang des prophètes et des saints et de tous ceux qui furent immolés sur la terre. »

Commentaire

Babylone la Grande. On avait déjà vu comment est-ce que le dragon, la première et la deuxième bête mimaient et parodiaient la Trinité. La parodie va jusqu'au bout. Cette prostituée qui chevauche la bête reprend une autre image, qui était d'ailleurs celle de la femme dans le ciel, pour la parodier : c'était cette femme drapée par le soleil, la lune sous ses pieds, qu'on avait identifiée à l'Église, vrai Israël. Voilà qu'on la retrouve parodiée ici, sous les traits d'une prostituée.

Là où l'une est une épouse légitime, l'autre est une prostituée, symbole de l'idolâtrie et de la corruption. Sur son front est gravé un nom mystérieux, dit le texte, comme un titre divin. Là où la femme dans le ciel était drapée du soleil, image de la vérité, Babylone chevauche la bête : l'alliance entre la séduction et le pouvoir politico-religieux. Elle tient dans sa main une coupe en or, qui servait avant à faire des libations religieuses et qui là sert à sacrifier le sang des martyrs, dont elle s'enivre. Elle est vêtue de pourpre, d'écarlate : sacralisation du pouvoir politique et de la richesse.

Babylone la Grande, c'est plus qu'un visage humain, même si derrière il y avait peut-être un ange et peut-être que quelqu'un viendra par la suite. C'est une civilisation. C'est un système qui est combattu. Laquelle ? Le texte vous donnait des indices. Elle était fondée sur sept collines, ce qui est une allusion transparente à la ville de Rome. Mais derrière Rome, il y a plus que Rome. D'ailleurs, cette prostituée, on l'appelle Babylone parce qu'en elle revit le grand ennemi de Jérusalem. Derrière Babylone et Rome, c'est tous les empires, toutes les civilisations humaines fondées sur le luxe, le profit et la persécution de la vérité et des témoins. Et ça, ça existe encore de nos jours. Il suffit de lever les yeux et d'ouvrir les journaux.

Je vous cite un verset qui, pour moi, est important. Le verset 16 :

Quant aux dix cornes que tu as vues ainsi que la bête, elles se prendront de haine pour la prostituée. Elles la laisseront dépouillée et nue, elles mangeront ses chairs et la brûleront au feu.

C'est cette ironie suprême qui entraîne la chute de Babylone : c'est son alliance avec la bête qui se retourne contre elle. Une violence interne qui finit par la dévorer de l'intérieur. C'est le mal qui s'auto-détruit. L'alliance avec la bête était un jeu de dupes.

Et c'est là qu'on arrivait au chapitre 18, avec la destruction de Babylone, qui était précédée par une longue lamentation. La lamentation des rois : « Hélas, hélas, la grande ville ! » La lamentation des marchands : « Hélas, hélas, personne n'achète plus nos cargaisons. » Et la lamentation des marins : « Quelle ville était semblable à la grande ville ? » Tiens, encore une parodie, cette fois-ci de Michel, qui disait : « Qui est comme Dieu ? » Là, ce sont les marins qui disent : « Qui était comme cette ville ? » Ce sont tous ceux qui profitaient de ce système, mais qui ne peuvent pas s'empêcher de rester attachés à ce qu'ils ont perdu.

Vous notez aussi que, dans la liste des objets que l'on regrette avec la chute de Babylone, ce que l'on regrette le plus, c'est qu'avec Babylone la Grande on pouvait acheter des esclaves. Pas seulement les esclaves au sens de ceux qu'on achète sur les marchés aux esclaves, mais c'était réduire les âmes humaines en esclavage.

Et à ce moment-là, l'ange prend une pierre comme une meule énorme et la jette dans la mer en disant : « Ainsi sera précipitée Babylone. » Un geste qu'on avait déjà vu dans les Évangiles : « Celui qui scandalise l'un de ces petits, disait Jésus, il serait préférable qu'on l'attache à une meule et qu'on jette la meule dans la mer. »

Au nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit, Amen.

Prière

Seigneur, Dieu de gloire, délivre-nous de la fascination de Babylone. Délivre-moi de l'or qui aveugle, du luxe qui enivre, du pouvoir qui dévore et du mensonge qui me séduit. Donne-moi d'en sortir, que je puisse suivre l'Agneau avec ceux que tu as choisis.


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