Jour 364 ☼ — Demeurer en Dieu, aimer en vérité
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Résumé : Le frère Paul-Adrien poursuit la première lettre de saint Jean, dernière lettre du podcast, en soulignant que l'auteur progresse en spirale autour de trois tests d'authenticité de l'amour : doctrinal (confesser Jésus venu dans la chair), moral (garder les commandements) et communautaire (aimer ses frères en acte et en vérité). Il invite à repérer chaque occurrence du verbe « demeurer », qui signifie vivre avec, persévérer, être en communion et reposer. Le commentaire explique les trois âges de la foi (enfants, parents, jeunes gens), la triple concupiscence écho de la triple tentation au désert, puis développe longuement la vision béatifique : nous verrons Dieu tel qu'il est, et c'est pourquoi nous lui serons semblables, aimant à la mesure de Dieu. L'épisode se termine par le psaume 149.
Introduction
Notre secours est dans le nom du Seigneur qui a fait le ciel et la terre.
Nous continuons notre première lettre de saint Jean, notre dernière lettre de ce podcast « La Bible en un an », qui est une méditation sur l'amour. Qu'est-ce que ça veut dire que d'aimer son frère ?
La lettre avance comme en spirale. En fait, ce qui paraît à peu près acquis, c'est que l'auteur revient cycliquement sur trois tests d'authenticité pour savoir si on aime vraiment. Il y a un premier test doctrinal : est-ce qu'on confesse que Jésus, le Christ, est venu dans la chair ? Il y a un autre test moral, moral individuel : est-ce qu'on fait la justice ? Est-ce qu'on garde ses commandements ? Et il y a un troisième test communautaire : est-ce qu'on aime ses frères en acte et en vérité ?
Et petite indication, vous avez un verbe qui revient sans cesse : demeurer. Alors « demeurer » là, il faut vraiment lui donner tout son poids. Ça veut dire vivre avec, ça veut dire persévérer, vivre avec Dieu. Vivre dans la justice, vivre dans l'amour, vivre dans l'Esprit. Ça veut dire être en communion et reposer. Donc repérez-moi, s'il vous plaît, chaque verbe « demeurer » à l'infinitif. Et ça vous permet de voir comment est-ce qu'on passe d'une péricope à une autre péricope.
Bonne lecture !
Lecture : 1 Jean 2-3
Mes petits enfants, je vous écris cela pour que vous évitiez le péché. Mais si l'un de nous vient à pécher, nous avons un défenseur devant le Père, Jésus-Christ, le juste, celui qui, par son sacrifice, obtient le pardon de nos péchés, non seulement des nôtres, mais encore de ceux du monde entier.
Voici comment nous savons que nous le connaissons : si nous gardons ses commandements. Celui qui dit : « Je le connais » et qui ne garde pas ses commandements est un menteur. La vérité n'est pas en lui. Mais en celui qui garde sa parole, l'amour de Dieu atteint vraiment la perfection. Voilà comment nous savons que nous sommes en lui. Celui qui déclare demeurer en lui doit, lui aussi, marcher comme Jésus lui-même a marché.
Bien-aimés, ce n'est pas un commandement nouveau que je vous écris, mais un commandement ancien que vous aviez depuis le commencement. La parole que vous avez entendue, c'est le commandement ancien. Et pourtant, c'est un commandement nouveau que je vous écris. Ce qui est vrai en cette parole l'est aussi en vous. En effet, les ténèbres passent et déjà brille la vraie lumière.
Celui qui déclare être dans la lumière et qui a de la haine contre son frère est dans les ténèbres jusqu'à maintenant. Celui qui aime son frère demeure dans la lumière et il n'y a en lui aucune occasion de chute. Mais celui qui a de la haine contre son frère est dans les ténèbres. Il marche dans les ténèbres sans savoir où il va, parce que les ténèbres ont aveuglé ses yeux.
Je vous l'écris, petits enfants : vos péchés vous sont remis à cause du nom de Jésus. Je vous l'écris, parents : vous connaissez celui qui existe depuis le commencement. Je vous l'écris, jeunes gens : vous avez vaincu le mauvais. Je vous l'écris, enfants : vous connaissez le Père. Je vous l'écris, parents : vous connaissez celui qui existe depuis le commencement. Je vous l'écris, jeunes gens : vous êtes forts, la parole de Dieu demeure en vous, vous avez vaincu le mauvais.
N'aimez pas le monde, ni ce qui est dans le monde. Si quelqu'un aime le monde, l'amour du Père n'est pas en lui. Tout ce qu'il y a dans le monde — la convoitise de la chair, la convoitise des yeux, l'arrogance de la vie — tout cela ne vient pas du Père, mais du monde. Or, le monde passe, et sa convoitise avec lui. Mais celui qui fait la volonté de Dieu demeure pour toujours.
Mes enfants, c'est la dernière heure. Et comme vous l'avez appris, un Antichrist, un adversaire du Christ, doit venir. Or, il y a dès maintenant beaucoup d'antichrists. Nous savons ainsi que c'est la dernière heure.
Ils sont sortis de chez nous, mais ils n'étaient pas des nôtres. S'ils avaient été des nôtres, ils seraient demeurés avec nous. Mais pas un d'entre eux n'est des nôtres, et cela devait être manifesté.
Quant à vous, c'est de celui qui est saint que vous tenez l'onction, et vous avez tous la connaissance. Je ne vous ai pas écrit que vous ignorez la vérité, mais que vous la connaissez, et que de la vérité ne vient aucun mensonge. Le menteur n'est-il pas celui qui refuse que Jésus soit le Christ ? C'est celui-là l'Antichrist. Il refuse à la fois le Père et le Fils. Quiconque refuse le Fils n'a pas non plus le Père. Celui qui reconnaît le Fils a aussi le Père.
Quant à vous, que demeure en vous ce que vous avez entendu depuis le commencement. Si ce que vous avez entendu depuis le commencement demeure en vous, vous aussi vous demeurerez dans le Fils et dans le Père. Et telle est la promesse que lui-même nous a faite : la vie éternelle.
Je vous ai écrit cela à propos de ceux qui vous égarent. Quant à vous, l'onction que vous avez reçue de lui demeure en vous, et vous n'avez pas besoin d'enseignement. Cette onction vous enseigne toutes choses, elle qui est vérité, et non pas mensonge. Et selon ce qu'elle vous a enseigné, vous demeurez en lui.
Et maintenant, petits enfants, demeurez en lui. Ainsi, quand il se manifestera, nous aurons de l'assurance, et non pas la honte d'être loin de lui à son avènement. Puisque vous savez que lui, Jésus, est juste, reconnaissez que celui qui pratique la justice est, lui aussi, né de Dieu.
Voyez quel grand amour nous a donné le Père, pour que nous soyons appelés enfants de Dieu, et nous le sommes. Voici pourquoi le monde ne nous connaît pas : c'est qu'il n'a pas connu Dieu. Bien-aimés, dès maintenant nous sommes enfants de Dieu, mais ce que nous serons n'a pas encore été manifesté. Nous le savons : quand cela sera manifesté, nous lui serons semblables, car nous le verrons tel qu'il est. Et quiconque met en lui une telle espérance se rend pur, comme lui-même est pur.
Qui commet le péché transgresse la loi, car le péché, c'est la transgression. Or, vous savez que lui, Jésus, s'est manifesté pour enlever les péchés, et qu'il n'y a pas de péché en lui. Quiconque demeure en lui ne pèche pas. Quiconque pèche ne l'a pas vu et ne le connaît pas.
Petits enfants, que nul ne vous égare. Celui qui pratique la justice est juste comme lui, Jésus, est juste. Et celui qui commet le péché est du diable, car depuis le commencement le diable est pécheur. Et c'est pour détruire les œuvres du diable que le Fils de Dieu s'est manifesté. Quiconque est né de Dieu ne commet pas de péché, car ce qui a été semé par Dieu demeure en lui. Il ne peut donc pas pécher, puisqu'il est né de Dieu.
Et voici comment se manifestent les enfants de Dieu et les enfants du diable. Quiconque ne pratique pas la justice n'est pas de Dieu, et pas davantage celui qui n'aime pas son frère. Tel est le message que vous avez entendu depuis le commencement : aimons-nous les uns les autres.
Ne soyons pas comme Caïn. Il appartenait au mauvais et il égorgea son frère. Et pourquoi l'a-t-il égorgé ? Parce que ses œuvres étaient mauvaises. Au contraire, celles de son frère étaient justes.
Ne soyez pas étonnés, frères, si le monde a de la haine contre vous. Nous, nous savons que nous sommes passés de la mort à la vie, parce que nous aimons nos frères. Celui qui n'aime pas demeure dans la mort. Quiconque a de la haine contre son frère est un meurtrier. Et vous savez que pas un meurtrier n'a la vie éternelle demeurant en lui.
Voici comment nous avons reconnu l'amour : lui, Jésus, a donné sa vie pour nous. Nous aussi, nous devons donner notre vie pour les frères. Celui qui a de quoi vivre en ce monde, s'il voit son frère dans le besoin sans faire preuve de compassion, comment l'amour de Dieu pourrait-il demeurer en lui ? Petits enfants, n'aimons pas en paroles ni par des discours, mais par des actes et en vérité.
Voilà comment nous reconnaissons que nous appartenons à la vérité. Et devant Dieu, nous apaiserons notre cœur. Car si notre cœur nous accuse, Dieu est plus grand que notre cœur, et il connaît toutes choses. Bien-aimés, si notre cœur ne nous accuse pas, nous avons de l'assurance devant Dieu. Quoi que nous demandions à Dieu, nous le recevons de lui, parce que nous gardons ses commandements et que nous faisons ce qui est agréable à ses yeux.
Or, voici son commandement : mettons notre foi dans le nom de son Fils Jésus-Christ, et aimons-nous les uns les autres comme il nous l'a commandé. Celui qui garde ses commandements demeure en Dieu et Dieu en lui. Et voilà comment nous reconnaissons qu'il demeure en nous : puisqu'il nous a donné part à son Esprit.
Commentaire
Quelques versets devenus célèbres. La manière dont saint Jean parle à son auditoire : il y a les enfants, il y a les parents, il y a les jeunes gens.
Je vous l'écris, petits enfants : vos péchés sont remis. Je vous l'écris, parents : vous connaissez celui qui existe depuis le commencement. Je vous l'écris, jeunes gens : vous avez vaincu le mauvais.
Ici, ces trois noms désignent trois âges dans la foi, à moins qu'il ne faille être les trois ensemble. Les enfants, c'est nous quand nous naissons à une vie nouvelle. Les parents, c'est nous quand nous enfantons par nos œuvres le Christ. Et les jeunes gens, c'est la pleine force, la vigueur de l'Esprit-Saint qui en nous bouillonne d'une vie nouvelle et assumée.
Autre verset célèbre :
Tout ce qu'il y a dans le monde : la convoitise de la chair, la convoitise des yeux et l'arrogance de la richesse.
Alors, je ne sais pas pourquoi ils ont mis la richesse ici. Normalement, c'est l'arrogance de la vie. La triple concupiscence : la convoitise de la chair, c'est toutes les pulsions en nous. La convoitise des yeux, c'est lié à l'avarice, parce que l'œil n'est jamais rassasié et qu'il veut tout posséder. Et l'arrogance de la vie, c'est l'orgueil. La tradition y a vu là comme un lointain écho de la triple tentation de Jésus au désert. Je vous laisse remettre chaque tentation avec chaque concupiscence, d'accord ?
Autre verset : on vous avait parlé des antichrists. Alors ça, je m'excuse, mais on en a déjà pas mal parlé. C'était dans la première et la deuxième aux Thessaloniciens. Donc, je vous y renvoie.
Et moi, je voudrais commenter un peu plus 1 Jean 3, 1-2 :
Bien-aimés, dès maintenant nous sommes enfants de Dieu, mais ce que nous serons n'a pas encore été manifesté. Nous le savons : quand cela sera manifesté, nous lui serons semblables, car nous le verrons tel qu'il est.
Là, on vous parle de Dieu, on vous parle du ciel. Là, on vous parle de ce qu'on appelle la vision béatifique. C'est quoi le sens de notre vie ? Le sens de notre vie, c'est voir Dieu. Ce sera notre activité principale au ciel.
Et alors, ça n'a l'air de rien, mais c'est juste un petit mot : « nous le verrons tel qu'il est ». Ça veut dire qu'on ne le verra pas seulement en superficie, on ne le verra pas seulement de loin : on le verra dans sa nature même. Dieu restera un mystère pour nous, parce qu'on n'arrivera pas à tout comprendre en Dieu. Ce n'est pas possible, ça nous dépasse. Et puis, ce n'est pas le but. Mais nous verrons vraiment Dieu dans son mystère. C'est un peu comme voir une peinture : on la verra entièrement, on ne verra peut-être pas toutes les couches qu'il y a derrière, mais Dieu se révélera totalement.
Il ne suffit pas de voir Dieu, il faut encore voir Dieu tel qu'il est. Je ne sais pas si vous voyez la toute petite différence, mais elle est colossale. C'est-à-dire que Dieu ne nous cachera rien.
Et comme nous le verrons tel qu'il est, alors nous lui serons semblables. Ça veut dire quoi, nous serons semblables à Dieu ? Dans mes vieux cours de théologie, on disait que comme on allait voir Dieu tel qu'il est, notre esprit serait enflammé. Et qu'on va se mettre à aimer de toutes nos forces, de tout notre être, non seulement Dieu, mais partout où il est. Et que nous serons semblables à Dieu dans la mesure où, le voyant tel qu'il est, nous aimerons à la mesure de Dieu.
Psaume 149
Alléluia ! Chantez au Seigneur un chant nouveau, louez-le dans l'assemblée de ses fidèles.
En Israël, joie pour son Créateur ; dans Sion, allégresse pour son Roi. Dansez à la louange de son nom, jouez pour lui tambourins et cithare.
Car le Seigneur aime son peuple ; il donne aux humbles l'éclat de la victoire. Que les fidèles exultent, glorieux, criant leur joie à l'heure du triomphe, qu'ils proclament les éloges de Dieu, tenant en main l'épée à deux tranchants.
Tirez vengeance des nations, infligez aux peuples un châtiment, chargez de chaînes les rois, jetez les princes dans les fers, leur appliquer la sentence écrite. C'est la fierté de ses fidèles. Alléluia !