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Jour 364 ☾ — La bataille finale et les noces de l'Agneau

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Résumé : Le frère Paul-Adrien lit les chapitres 19 et 20 de l'Apocalypse : l'Alléluia de la foule immense au ciel, les noces de l'Agneau, le cavalier au cheval blanc nommé Verbe de Dieu, la capture de la bête et du faux prophète, puis l'enchaînement de Satan pour mille ans, sa libération, sa défaite définitive et le jugement dernier devant le grand trône blanc. Il souligne d'abord la mystique nuptiale de l'Église épouse et l'un des versets les plus explicites du Nouveau Testament sur l'enfer. Le commentaire s'arrête surtout sur la question du millénarisme, en passant en revue le pré-millénarisme, le post-millénarisme et le dispensationalisme, avant de présenter la position augustinienne et catholique de l'amillénarisme : les mille ans désignent le temps actuel où l'Église règne déjà sur la terre. L'épisode s'achève par le cantique de l'Agneau.

Introduction

On retourne dans le ciel pour une bataille contre le diable. Vous allez me dire : on n'y était pas déjà avant, chapitre 12, quand Michel avait jeté le diable par terre ? Ah, attention, le chapitre 12, c'était la bataille décisive ; ici, c'est la bataille finale. Ce n'est pas tout à fait la même chose. Tout le monde voit la différence. C'est un peu comme dans la Seconde Guerre mondiale : la bataille décisive, ce serait le débarquement — peut-être que les historiens ne seraient pas d'accord, mais vous avez compris — et la bataille finale, c'est la prise de Berlin.

Et puis, en plus, cette première bataille, chapitre 12, a eu comme conséquence de rejeter le diable du ciel sur la terre. Et c'était sur la terre qu'il avait reporté sa fureur, d'où la persécution de l'Église. Ça veut donc dire qu'il y a bien encore une victoire à avoir. On retourne dans le ciel et cette fois-ci, je ne vous dis pas, mais vous verrez le résultat final.

Alors, juste un petit point pour raviver votre attention. Vous ferez attention : ce sera une bataille qui va se dérouler en deux temps. Je n'en dis pas plus, je vous laisse ça comme exercice de lecture. Ça ravivera votre attention.

Lecture : Apocalypse 19

Après cela, j'entendis comme la voix forte d'une foule immense dans le ciel, qui proclamait : « Alléluia ! Le salut, la gloire, la puissance à notre Dieu. Ils sont vrais, ils sont justes, ces jugements. Il a jugé la grande prostituée qui corrompait la terre par sa prostitution. Il a réclamé justice du sang de ses serviteurs qu'elle a versé de sa main. »

Et la foule reprit : « Alléluia ! La fumée de l'incendie s'élève pour les siècles des siècles. »

Les vingt-quatre Anciens et les quatre Vivants se prosternèrent et adorèrent Dieu qui siège sur le Trône. Ils proclamaient : « Amen ! Alléluia ! »

Et du Trône sortit une voix qui disait : « Louez notre Dieu, vous tous qui le servez, vous tous qui le craignez, les petits et les grands. »

Alors j'entendis comme la voix d'une foule immense, comme la voix des grandes eaux ou celle de violents coups de tonnerre. Elle proclamait : « Alléluia ! Il règne, le Seigneur notre Dieu, le Souverain de l'univers. Soyons dans la joie, exultons et rendons gloire à Dieu, car elles sont venues, les noces de l'Agneau, et pour lui son épouse a revêtu sa parure ; un vêtement de lin fin lui a été donné, splendide et pur. » Car le lin, ce sont les actions justes des saints.

Puis l'ange me dit : « Écris : Heureux les invités au repas des noces de l'Agneau ! » Il ajouta : « Ce sont les paroles véritables de Dieu. » Je me jetai à ses pieds pour me prosterner devant lui. Il me dit : « Non, ne fais pas cela ! Je suis un serviteur comme toi, comme tes frères qui portent le témoignage de Jésus. Prosterne-toi devant Dieu, car c'est le témoignage de Jésus qui inspire la prophétie. »

Puis j'ai vu le ciel ouvert, et voici un cheval blanc ; celui qui le monte s'appelle Fidèle et Vrai. Il juge et fait la guerre avec justice. Ses yeux sont comme une flamme ardente. Il a sur la tête plusieurs diadèmes. Il porte un nom écrit que nul ne connaît, sauf lui-même. Le vêtement qui l'enveloppe est trempé de sang, et on lui donne ce nom : le Verbe de Dieu. Les armées du ciel le suivaient sur des chevaux blancs ; elles étaient vêtues de lin fin, d'un blanc pur. De sa bouche sort un glaive acéré pour en frapper les nations. Lui-même les conduira avec un sceptre de fer. Lui-même foulera la cuve du vin de la fureur et de la colère de Dieu, Souverain de l'univers. Et sur son vêtement et sur sa cuisse, il porte un nom écrit : « Roi des rois et Seigneur des seigneurs. »

Et puis j'ai vu un ange, debout dans le soleil. Il cria d'une voix forte à tous les oiseaux qui volent en plein ciel : « Venez, rassemblez-vous pour le grand repas de Dieu, pour manger la chair des rois, celle des chefs de l'armée, celle des puissants, celle des chevaux et de ceux qui les montent, celle de tous les hommes, libres ou esclaves, des petits et des grands. »

Et j'ai vu la bête, les rois de la terre et leurs armées, rassemblés pour faire la guerre au cavalier et à son armée. La bête fut capturée, et avec elle le faux prophète, lui qui, en produisant des signes devant elle, avait égaré ceux qui portent la marque de la bête et se prosternent devant son image. Ils furent jetés vivants tous les deux dans l'étang de feu embrasé de soufre. Les autres furent tués par le glaive du cavalier, le glaive qui sort de sa bouche, et tous les oiseaux se rassasièrent de leur chair.

Lecture : Apocalypse 20

Alors j'ai vu un ange qui descendait du ciel. Il tenait à la main la clef de l'abîme et une énorme chaîne. Il s'empara du dragon, le serpent des origines, qui est le diable, le Satan, et il l'enchaîna pour une durée de mille ans. Il le précipita dans l'abîme, qu'il referma sur lui, puis il mit les scellés, pour que le dragon n'égare plus les nations, jusqu'à ce que les mille ans arrivent à leur terme. Après cela, il faut qu'il soit relâché, mais pour un peu de temps.

Puis j'ai vu des trônes : à ceux qui vinrent y siéger fut donné le pouvoir de juger. Et j'ai vu les âmes de ceux qui ont été décapités à cause du témoignage pour Jésus et à cause de la parole de Dieu, eux qui ne se sont pas prosternés devant la bête et son image, eux qui n'ont pas reçu sa marque sur le front ou sur la main. Ils revinrent à la vie, et ils régnèrent avec le Christ pendant mille ans. Le reste des morts ne revint pas à la vie, tant que les mille ans ne furent pas arrivés à leur terme.

Et telle est la première résurrection. Heureux et saints ceux qui ont part à la première résurrection ! Sur eux, la seconde mort n'a pas de pouvoir. Ils seront prêtres de Dieu et du Christ, et régneront avec lui pendant les mille ans.

Et quand les mille ans seront arrivés à leur terme, Satan sera relâché de sa prison. Il sortira pour égarer les gens des nations qui sont aux quatre coins de la terre, Gog et Magog, afin de les rassembler pour la guerre : ils sont aussi nombreux que le sable de la mer. Ils montèrent, couvrant l'étendue de la terre. Ils encerclèrent le camp des saints et la ville bien-aimée. Mais un feu descendit du ciel et les dévora. Et le diable qui les égarait fut jeté dans l'étang de feu et de soufre, où sont aussi la bête et le faux prophète. Ils y seront torturés jour et nuit pour les siècles des siècles.

Puis j'ai vu un grand trône blanc et celui qui siégeait sur ce trône. Devant sa face, le ciel et la terre s'enfuirent : nulle place pour eux. J'ai vu aussi les morts, les grands et les petits, debout devant le Trône. On ouvrit des livres, puis un autre encore : le livre de la vie. D'après ce qui était écrit dans les livres, les morts furent jugés selon leurs actes. La mer rendit les morts qu'elle retenait. La mort et le séjour des morts rendirent aussi ceux qu'ils retenaient, et ils furent jugés, chacun selon ses actes. Puis la mort et le séjour des morts furent précipités dans l'étang de feu. L'étang de feu, c'est la seconde mort. Et si quelqu'un ne se trouvait pas inscrit dans le livre de la vie, il était précipité dans l'étang de feu.

Commentaire

Un texte d'une richesse, d'une densité, d'une portée théologique majeure. Par exemple, quand on vous parle de l'Église comme une épouse vêtue de fin lin resplendissant et pur : c'est la reprise de saint Paul dans la lettre aux Éphésiens, quand il disait que l'Église était fiancée au Christ. Mais voilà que la fiancée devient maintenant une épouse consommée. C'est un thème qui va nourrir toute la mystique nuptiale et toute une vision de l'Église à venir.

Autre verset important : on a une préfiguration de l'enfer ici.

Et le diable qui les égarait fut jeté dans l'étang de feu et de soufre, où sont aussi la bête et le faux prophète. Ils y seront torturés jour et nuit pour les siècles des siècles.

L'enfer comme lieu de torture éternelle. Eh bien, il n'y a pas beaucoup de versets dans le Nouveau Testament qui soient aussi explicites que celui-là.

Alors, il y a un autre verset sur lequel je voudrais revenir. C'était juste avant que Satan soit définitivement jeté en enfer, parce que le texte vous disait qu'il serait mis en captivité pendant mille ans, puis relâché, puis ensuite définitivement, cette fois-ci, rejeté en enfer. On appelle ça la question du millénarisme. Il se trouve que c'est une question qui a vraiment agité la théologie et qui a donné lieu à pas mal de dérives sectaires qu'on peut encore voir de nos jours. Donc je pense que ça vaut le coup qu'on s'arrête sur cette question.

Je vous redonne le verset, parce qu'il est important dans l'histoire de la théologie : chapitre 20, verset 4. Satan est enchaîné pendant mille ans et là, on fait revivre les fidèles. Le texte dit :

Ils revinrent à la vie, et ils régnèrent avec le Christ pendant mille ans.

Alors vous avez, en gros, la thèse littérale, ce qu'on appelle le pré-millénarisme, qui était très courant au début de l'Église. Justin martyr, Irénée : on pensait que le Christ allait vraiment revenir et qu'il allait régner littéralement mille ans à Jérusalem avant le jugement final. Bon, petit problème quand même : ça amenait pas mal d'excès. Si je vous disais le nombre de sectes ou de combats politiques dévoyés qui ont été justifiés au nom de ça, vous seriez étonnés. D'où cette phrase du Catéchisme de l'Église catholique : « L'imposture antichristique se dessine déjà dans le monde chaque fois qu'on prétend accomplir dans l'histoire l'espérance messianique. L'Église a rejeté même des formes mitigées de cette falsification, comme le millénarisme. »

Deuxième position : on appelle ça le post-millénarisme. C'est un peu plus subtil. C'est de dire que, cette fois-ci, l'histoire, en gros, va aller vers du mieux ; il y aura un progrès, et qu'à la fin, l'Église va régner, parce que l'évangélisation aura réussi. Ça, c'est une position qui est très intéressante : c'est l'optimisme de l'histoire, le culte du progrès. C'était très courant aux XIXe et XXe siècles chez les protestants américains. Maintenant, la conviction dans le progrès et dans l'histoire est un peu plus modérée.

Troisième interprétation, cette fois-ci au sens littéral : ce qu'on appelle le dispensationalisme. On en avait parlé lors de la lettre aux Romains, donc on va aller rapidement là-dessus. C'est l'idée qu'à la fin, le Christ va revenir et qu'il va vraiment régner sur terre pendant mille ans à Jérusalem, et qu'il y aura, à côté de l'Église, qui permettra de sauver les païens, la restauration de la royauté juive, au sens littéral du terme, pour sauver les Juifs. On en avait parlé lors de la lettre aux Romains, d'accord ? Et je vous avais dit que ça reposait sur une lecture très partisane de la Bible, pour ne pas dire franchement hérétique.

Face à toutes ces interprétations, je vous donne maintenant la position classique, qui est aussi la mienne, qui est aussi celle de saint Augustin, qui est Père de l'Église, qui est aussi celle de l'Église catholique : ce qu'on appelle — alors ce n'est pas joli — ce qu'on appelle l'amillénarisme, avec un « a » privatif, c'est-à-dire que ce n'est pas à prendre au sens littéral du terme. Ces mille ans, ça désignerait en fait la période actuelle dans laquelle nous nous trouvons et où l'Église règne dans le monde.

En fait, ça explique bien pourquoi Satan est enchaîné une première fois, libéré, et ensuite réenchaîné. La première fois qu'il est enchaîné, ça correspond à la victoire de Jésus, quand il est mort et qu'il est ressuscité : l'accusateur de nos frères a été rejeté. Pendant ce temps-là, l'Église règne sur la terre, c'est-à-dire suit et pratique les commandements du Christ. Et ensuite, il y aura le retour du Christ pour que Satan soit à nouveau rejeté en enfer, mais cette fois-ci de manière définitive : il ne pourra même plus tenter l'Église.

Alors vous allez me dire : « Bah oui, peut-être, mais en attendant, nous, ces mille ans, ce n'est pas vraiment la prospérité et l'abondance. Le règne de l'Église pendant mille ans, ce n'est pas d'une évidence folle, folle, folle, quand même. » Eh bien, précisément, c'est le but de l'Apocalypse que de vous dévoiler ce règne qui n'est peut-être pas évident pour vous. Parce que vous voyez qu'il y a déjà une manière de régner sur terre avec le Christ : vous pouvez faire le bien, ce qui est une manière de régner ; et votre prière vous amène déjà dans le ciel, ce qui est encore une manière de régner ; et l'espérance et la joie ont été répandues dans votre cœur, ce qui est aussi une forme d'abondance.

En prière finale, tout simplement le cantique de l'Agneau. On ne va pas faire mieux, quand même.

Prière

Au nom du Père, et du Fils, et du Saint-Esprit. Amen.

Alléluia ! Le salut, la gloire, la puissance à notre Dieu. Alléluia ! Ils sont justes, ils sont vrais, ces jugements. Alléluia ! Louez notre Dieu, vous tous qui le servez. Alléluia ! Vous tous qui le craignez, les petits et les grands. Alléluia ! Il règne, le Seigneur notre Dieu, le Souverain de l'univers. Alléluia ! Soyons dans la joie, exultons et rendons gloire à Dieu. Alléluia ! Car elles sont venues, les noces de l'Agneau. Alléluia ! Et pour lui, son épouse a revêtu sa parure. Alléluia !


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