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Jour 366 — Psaume 1

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Résumé : La Bible en un an est terminée : avant de tout recommencer au 1er janvier avec une saison 2, le frère Paul-Adrien propose quinze jours consacrés à ses plus beaux psaumes. Il rappelle que le psautier est la grande prière officielle de l'Église, celle que Jésus lui-même a priée, et explique la double numérotation grecque et hébraïque. Il lit ensuite le psaume 1, le psaume des deux voies, qui ouvre le psautier par une béatitude. Le commentaire détaille la triple gradation du mal — entrer, marcher, s'asseoir — et l'image de l'arbre planté près du ruisseau, fécond, résistant et pont entre le ciel et la terre.

Introduction

On a terminé la Bible en un an. Alors, pour ceux qui étaient en retard, il y aura une saison 2 et on va recommencer. On va essayer de bien caler les agendas avant qu'on recommence, et rebelote, on va republier la Bible en un an, parce que voilà quoi : 1er janvier, 1er épisode ; 2 janvier, 2e épisode, et puis comme ça tout marchera bien. Sauf que j'ai besoin de 15 petits jours, à peu près, pour arriver à caler mon calendrier.

Donc, ce que je vous propose, c'est que pendant 15 jours — alors pour les uns, ça fera comme on a du mal à se quitter, une sorte d'appendice final ; pour les autres, ce sera une période de motivation pour dire « voilà ce qui va vous arriver, le début de la Bible en un an » — mais pendant 15 jours, les plus beaux psaumes. En tout cas mon best-of, ce que je préfère, que je vais commenter. Mais pour le plaisir de commenter les psaumes. Pour les uns, le plaisir de se dire au revoir, parce que mince, l'aventure est terminée, c'est triste ; pour les autres, courage les petits gars, ça arrive bientôt, au 1er janvier on recommence avec le premier épisode. En attendant, les 15 plus beaux psaumes, rapidement commentés, parce que la vie est belle.

Je vais utiliser la traduction liturgique, qui est la traduction que j'ai utilisée pour la Bible en un an, parce qu'en fait, dans le bréviaire, quand les moines, quand les prêtres disent les psaumes, ils utilisent cette traduction-là.

Alors, vous savez peut-être — ou vous ne savez peut-être pas, d'ailleurs — que les psaumes, c'est la grande prière de l'Église. Alors, parfois on nous dit que le chapelet, c'est la grande dévotion de l'Église. C'est pas tout à fait vrai : certainement la dévotion la plus populaire, mais la dévotion officielle de l'Église, avant le chapelet, je m'excuse, mais ce sont les psaumes. En fait, c'est simple : le bréviaire, c'est que normalement, toutes les 4 semaines, je suis censé avoir récité les 150 psaumes. Il y en a 150, ce sont les hymnes, ce sont les prières d'Israël. Et on nous dit que c'est la dévotion officielle de l'Église parce qu'en fait, Jésus priait les psaumes. Il est à la fois celui qui les a inspirés, il est à la fois celui qui les a priés et celui qui les a exaucés. Dans l'Évangile, on nous dit que Jésus priait les psaumes. Donc réciter les psaumes, c'est imiter la prière de Jésus. La prière de Jésus, c'est pas seulement le Notre Père, c'est prier avec les mots mêmes de la Bible, ce que l'on va lire en ce moment.

Et alors, les psaumes ont quelque chose d'extraordinaire, quelque chose qui n'appartient qu'aux psaumes : c'est qu'ils sont d'une variété émotionnelle, ça va de la joie aux pleurs, du rire à la douleur. Enfin, une des traditions, c'est que quand un moine meurt, on laisse un psautier à côté de son lit, et celui qui va le veiller va lire le psautier en entier. Et une fois qu'on a lu le psautier, les 150 psaumes, on a fait le tour de la vie humaine, de toutes les émotions. Et vous allez voir, c'est extraordinaire.

Alors, peut-être un tout petit point technique avant qu'on y aille. Il y a deux manières de numéroter les psaumes — alors c'est là où les Athéniens s'atteignirent, c'est là où ça devient parfois un peu compliqué : il y a ce qu'on appelle la numérotation hébraïque et la numérotation grecque. Par exemple, d'après les manuscrits grecs, « Le Seigneur est mon berger », le psaume qui commence avec cette phrase-là, c'est le psaume 22 ; mais ce même psaume, d'après les manuscrits hébraïques, c'est le psaume 23. Donc je vais quand même indiquer les deux : numérotation grecque, numérotation hébraïque. Et puis alors, là où ça devient génial, c'est que ça change au fur et à mesure du psautier. Parfois, il n'y a pas de différence, c'est le même numéro : dans ce cas-là, je n'indiquerai pas. Parfois, il y a un numéro d'écart, et là, je l'indiquerai.

Bon, on va commencer, nous, évidemment, avec le psaume numéro 1, celui qui ouvre le psautier, qui commence avec une béatitude : « Heureux celui qui… » Et puis, vous verrez, on appelle ce psaume le psaume des deux voies, qui vous donnera plus tard, dans le sermon sur la montagne avec Jésus, les deux maisons. Il y a deux manières de construire sa vie, c'est à vous de faire votre choix. Et le psaume commence par une question que Dieu vous pose. On vous montre où est le bonheur — « Heureux celui qui… » — et après, Dieu vous demande de choisir.

Lecture : Psaume 1

Heureux est l'homme qui n'entre pas au conseil des méchants, qui ne suit pas le chemin des pécheurs, ne siège pas avec ceux qui ricanent, mais se plaît dans la loi du Seigneur et murmure sa loi jour et nuit.

Il est comme un arbre planté près d'un ruisseau, qui donne du fruit en son temps, et jamais son feuillage ne meurt. Tout ce qu'il entreprend réussira.

Tel n'est pas le sort des méchants, mais ils sont comme la paille balayée par le vent. Au jugement, les méchants ne se lèveront pas, ni les pécheurs au rassemblement des justes.

Le Seigneur connaît le chemin des justes, mais le chemin des méchants se perdra.

Commentaire

Notre psautier ne commence pas par une prière, mais par un enseignement sapientiel, c'est-à-dire un enseignement de sagesse, qui fait comme une sorte de prologue qui est censé vous donner la clé de lecture de tous les autres psaumes.

Celui qui prie les psaumes — c'est-à-dire vous, parce que moi les psaumes je vous les dis, mais le but, c'est que vous les priiez ; donc ce que je vous proposerai, c'est, à la fin, de relire ce psaume — vous êtes appelé à choisir : soit la voie du juste, qui est enracinée dans la Torah, c'est-à-dire la loi, l'enseignement ; soit la voie du méchant. Et puis là, vous êtes voué à la dispersion, à la paille que l'on disperse dans le vent. Souvenez-vous de Jean le Baptiste : en parlant de Jésus, il disait « Il tient dans sa main la pelle à vanner, il mettra le bon grain dans les greniers, mais la paille, il la brûlera dans le feu qui ne s'éteint pas. »

Alors j'aime bien la manière dont le psaume commence, parce que c'est vraiment très prudent. On commence par vous dire : la première manière d'être heureux — « Heureux est l'homme » — c'est de faire attention à ne pas être quelqu'un de mauvais. Mauvais, méchant, je ne sais pas si ça parle, mais enfin, si jamais vous êtes un peu vieux dans la vie, vous savez qu'il y a mille et une manières de finir comme… enfin même, d'avoir des actes dont on n'est pas fier, j'allais dire, de faire des saloperies. Le mot est vulgaire, mais enfin, ça vient quand même plus facilement que ça n'en a l'air, cette affaire. Donc on commence par une mise en garde : attention. Faire attention, c'est la première manière d'être heureux.

Heureux est l'homme qui n'entre pas au conseil des méchants, qui ne suit pas le chemin des pécheurs, qui ne siège pas avec ceux qui ricanent.

Et là, on vous a parlé de marcher, de vous arrêter, de vous asseoir. On pourrait presque vous montrer trois gradations dans le mal. Entrer dans le conseil des méchants, ça veut dire entretenir en soi des pensées perverses, méchantes, mauvaises. Suivre le chemin des pécheurs, ça veut dire cette fois-ci passer à l'acte, chuter, commettre des actions mauvaises. Et siéger avec ceux qui ricanent, ça veut dire être assis, être endurci dans la voie du mal. Et là, vous voyez comment est-ce que vous êtes passé de méchant à pécheur, et de pécheur à ceux qui ricanent. Le mal commence par une influence extérieure, puis ensuite ça devient une habitude, et après, ça devient votre identité.

Bon, au méchant est opposé le juste : celui qui se plaît dans la loi du Seigneur, c'est-à-dire celui qui médite sa parole. Il y a des bonnes chances que ce soit vous. Alors, vous avez votre caractère et vous avez vos problèmes aussi. N'empêche qu'à méditer la parole du Seigneur, ça veut dire quand même que ce deuxième verset, il a été écrit pour vous :

et murmure sa loi jour et nuit.

Ça, c'est très beau. Murmurer, on a le sentiment que c'est comme poser sur son cœur. C'est se parler à soi-même. C'est-à-dire que vous êtes en train de faire vôtre l'enseignement de Dieu, et c'est avec ça que vous-même, vous vous enseignez.

Et là, le psaume vous dit : vous devenez comme un arbre.

Il est comme un arbre planté près d'un ruisseau.

Je vous rappelle que l'arbre est un symbole classique dans la Bible, dans le monde mésopotamien. C'est un pont entre le ciel et la terre, parce qu'il a ses racines qui plongent dans la terre, et il a son feuillage qui sont comme les racines qui plongent vers le ciel. Donc vous êtes un pont, un médiateur entre le ciel et la terre. C'est-à-dire que vous êtes planté dans les réalités concrètes, mais en même temps, votre âme est déjà dans le ciel.

Ici, on vous dit de cet arbre trois caractéristiques. Il porte du fruit en son temps : ça, c'est la maturité, la patience, la fécondité spirituelle. Son feuillage ne flétrit pas : ça, c'est la résistance. Tout lui réussit, « tout ce qu'il entreprend réussira » : alors, non pas une réussite mondaine, mais une réussite selon la volonté de Dieu. Donc réussite, fécondité, résistance. Et de là, on vous dit que cet arbre, il est planté près d'un ruisseau : ça, c'est l'image du temple, de la sagesse, du don de l'Esprit-Saint.

Et de là, on passe après au dernier temps, au jugement. Et le jugement, ici, est présenté non pas comme une punition, mais comme une révélation : voilà en fait ce qu'étaient les pécheurs.

Bon, je vous redonne le psaume, en espérant qu'après l'avoir expliqué, cette fois-ci, vous arriviez à le prier.

Psaume 1

Heureux est l'homme qui n'entre pas au conseil des méchants, qui ne suit pas le chemin des pécheurs, ne siège pas avec ceux qui ricanent, mais se plaît dans la loi du Seigneur et murmure sa loi jour et nuit.

Il est comme un arbre planté près d'un ruisseau, qui donne du fruit en son temps, et jamais son feuillage ne meurt. Tout ce qu'il entreprend réussira.

Tel n'est pas le sort des méchants, mais ils sont comme la paille balayée par le vent. Au jugement, les méchants ne se lèveront pas, ni les pécheurs au rassemblement des justes.

Le Seigneur connaît le chemin des justes, mais le chemin des méchants se perdra.


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