Jour 367 — Psaume 8
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Résumé : Dans cet épisode d'intersaison, le frère Paul-Adrien propose le psaume 8, un psaume court et lumineux sur la création et la place de l'homme dans l'univers. Il confie que ce psaume a pour lui une histoire particulière : il l'a choisi pour l'enterrement de son père, homme de science fasciné par la création. Le commentaire s'attarde sur la louange universelle qui ouvre et referme le psaume, sur les tout-petits dont Dieu fait un rempart contre l'adversaire, et sur la disproportion entre Dieu et l'homme que Dieu lui-même vient combler. Il y voit une spiritualité de l'émerveillement : accueillir la création comme un don, vivre dans la gratitude et s'étonner de ce qu'est l'homme aux yeux de Dieu.
Introduction
Nous sommes dans l'intersaison, avant de reprendre le 1er janvier, 1er épisode de la Bible en un an : quinze jours, quinze psaumes.
Oh, un autre psaume très beau, assez court, assez étonnant dans le sens où il emploie des images assez belles, assez simples et qui me touchent au plus profond : le psaume 8, qui est un psaume qui parle de la création et de la place de l'homme dans l'univers. Un psaume qui, pour moi, a une histoire particulière, parce que je me souviens de l'avoir utilisé pour l'enterrement de mon père. Mon père était quelqu'un qui était fasciné par la création, c'était un homme de science, et donc d'imaginer Dieu qui crée les océans, qui crée la vie, etc., ça évoquait beaucoup de choses pour lui.
Et ce psaume commence par « Ô Seigneur notre Dieu, qu'il est grand ton nom par toute la terre ». Un psaume qui loue les merveilles de Dieu. Je vous laisse l'écouter, on le commente ensuite.
Lecture : Psaume 8
Ô Seigneur notre Dieu, qu'il est grand ton nom par toute la terre ! Jusqu'aux cieux, ta splendeur est chantée par la bouche des enfants. Des tout-petits, remparts que tu opposes à l'adversaire, et où l'ennemi se brise en sa révolte.
À voir ton ciel, ouvrage de tes doigts, la lune et les étoiles que tu fixas, qu'est-ce que l'homme pour que tu penses à lui ? Le fils d'un homme, que tu en prennes souci ?
Tu l'as voulu un peu moindre qu'un dieu, le couronnant de gloire et d'honneur. Tu l'établis sur l'œuvre de tes mains. Tu mets toutes choses à ses pieds, les troupeaux de bœufs et de brebis, et même les bêtes sauvages, les oiseaux du ciel et les poissons de la mer, tout ce qui va son chemin dans les eaux.
Ô Seigneur notre Dieu, qu'il est grand ton nom par toute la terre !
Commentaire
Une louange universelle qui ouvre et qui conclut le psaume :
Ô Seigneur notre Dieu, qu'il est grand ton nom par toute la terre !
Le nom, c'est le mystère de Dieu, et la terre chante la grandeur de Dieu. C'est magnifique. Il y a besoin juste simplement de le dire pour que je m'émerveille.
On vous parle des enfants. On vous dit que les enfants, c'est un rempart contre l'ennemi. Comme si la petitesse… on pense à l'humilité, on pourrait penser à la faiblesse, on pourrait peut-être même penser à la fragilité. Ce qui est insignifiant, c'est ce que Dieu utilise pour réduire à rien l'adversaire. Je pense que là, il y a un motif de consolation pour chacun d'entre nous.
Et à la fin, on vous montre la contemplation cosmique.
À voir ton ciel, ouvrage de tes doigts, la lune et les étoiles que tu fixas…
La disproportion radicale qu'il y a entre Dieu et l'homme, et que pourtant Dieu finit par combler : « Tu l'as voulu un peu moindre qu'un dieu. » « Qu'est-ce que l'homme pour que tu penses à lui ? » C'est une dignité unique pour l'humanité.
C'est un psaume qui vous chante la grandeur de la vocation humaine. Parce que nous, on n'est rien, mais par Dieu, nous sommes tout. Dieu nous a tout donné. Il nous a donné la domination. Il nous a donné un mandat royal. Il nous a établis maîtres sur l'univers. Pourquoi ? Pour rien. Pour que simplement ce qui est insignifiant dans le monde puisse réduire à rien les puissances infernales.
Et c'est un psaume qui vous fait finalement rentrer dans la louange, dans la gratitude. Il vous présente la création comme étant une liturgie silencieuse, un temple consacré à l'adoration de Dieu, et qui vous apprend à vous émerveiller.
Ici, l'exercice spirituel que vous propose ce psaume, c'est une spiritualité de l'émerveillement. Reconnaître sa place, accueillir la création comme un don, se réjouir de la beauté du monde, vivre dans la gratitude, et puis s'étonner de ce qu'est l'homme aux yeux de Dieu. C'est extraordinaire.
Je vous laisse à nouveau l'écouter.
Psaume 8
Ô Seigneur, notre Dieu, qu'il est grand, ton nom, par toute la terre ! Jusqu'aux cieux, ta splendeur est chantée par la bouche des enfants. Des enfants, des tout-petits, remparts que tu opposes à l'adversaire, et où l'ennemi se brise en sa révolte.
À voir ton ciel, ouvrage de tes doigts, la lune et les étoiles que tu fixas, qu'est-ce que l'homme pour que tu penses à lui ? Le fils d'un homme, que tu en prennes souci ?
Tu l'as voulu un peu moindre qu'un dieu, le couronnant de gloire et d'honneur. Tu l'établis sur l'œuvre de tes mains. Tu mets toutes choses à ses pieds, les troupeaux de bœufs et de brebis, et même les bêtes sauvages, les oiseaux du ciel et les poissons de la mer, tout ce qui va son chemin dans les eaux.
Ô Seigneur, notre Dieu, qu'il est grand, ton nom, par toute la terre !