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Jour 370 — Psaume 41

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Résumé : Nous sommes dans l'intersaison du podcast : quinze jours, quinze psaumes avant de reprendre la Bible en un an au 1er janvier. Le frère Paul-Adrien lit le psaume 41 (42 en hébreu), techniquement un psaume de lamentation, mais qui est pour lui le texte d'introduction à la mystique par excellence. Le commentaire déplie l'image du cerf traqué et altéré — soif de Dieu au péril de la vie —, les larmes comme unique pain, le dialogue de l'âme avec elle-même pour maintenir l'espérance, et l'énigme de « l'abîme appelant l'abîme ». Le psaume est ensuite redonné en entier, pour être simplement écouté.

Introduction

Nous sommes dans l'intersaison, avant de reprendre le 1er janvier, premier épisode de la Bible en un an : quinze jours, quinze psaumes.

Ah, évidemment, quand même, le psaume 41 — 41 en grec, 42 en hébreu, on finira par comprendre. Vous notez simplement que ce n'est pas toujours vrai qu'il y a un numéro d'écart : parfois ça redevient exactement le même, et puis parfois, à nouveau, ça se sépare.

Bon, enfin bref, c'est un des plus beaux psaumes. Alors, techniquement parlant, c'est un psaume de lamentation. Mais dans ma tête, c'est assez curieux, vous voyez, c'est un texte… pour moi, c'est le texte qui introduit la mystique par excellence. Je vous laisse l'écouter.

Lecture : Psaume 41

Comme un cerf altéré cherche l'eau vive, ainsi mon âme te cherche, toi, mon Dieu. Mon âme a soif de Dieu, le Dieu vivant. Quand pourrai-je m'avancer, paraître face à Dieu ?

Je n'ai d'autre pain que mes larmes, le jour, la nuit, moi qui chaque jour entends dire : « Où est-il, ton Dieu ? »

Je me souviens, et mon âme déborde. En ce temps-là, je franchissais les portails. Je conduisais vers la maison de mon Dieu la multitude en fête, parmi les cris de joie et les actions de grâce.

Pourquoi te désoler, ô mon âme, et gémir sur moi ? Espère en Dieu ! De nouveau je rendrai grâce : il est mon Sauveur et mon Dieu.

Si mon âme se désole, je me souviens de toi, depuis les terres du Jourdain et de l'Hermon, depuis mon humble montagne.

L'abîme appelant l'abîme, à la voix de tes cataractes, la masse de tes flots et de tes vagues a passé sur moi.

Au long du jour, le Seigneur m'envoie son amour ; et la nuit, son chant est avec moi, prière au Dieu de ma vie.

Je dirai à Dieu, mon Rocher : « Pourquoi m'oublies-tu ? Pourquoi vais-je assombri, pressé par l'ennemi ? »

Outragé par mes adversaires, je suis meurtri jusqu'aux os, moi qui chaque jour entends dire : « Où est-il, ton Dieu ? »

Pourquoi te désoler, ô mon âme, et gémir sur moi ? Espère en Dieu ! De nouveau je rendrai grâce : il est mon Sauveur et mon Dieu.

Commentaire

Mais qu'est-ce que vous voulez que je vous dise ? C'est quand même pas extraordinaire ?

Comme un cerf altéré cherche l'eau vive…

Dans la Bible, le cerf est l'image de l'animal traqué, de l'animal épuisé, de celui qui cherche de l'eau non pas par confort, mais pour survivre. Parce que si jamais il n'arrive pas à étancher sa soif rapidement, il ne pourra pas courir ; et si jamais il ne peut pas courir, il y a les chasseurs derrière lui, et il va être traqué.

Le cerf, aussi, d'ailleurs, petite note de bas de page, c'est aussi celui qui est capable de fouler au sol le serpent. Et puis le cerf, toujours petite note de bas de page, c'est celui dont les bois repoussent : image de la résurrection. Et toujours dans les petites notes de bas de page : nous, les dominicains, on a une maison d'édition qui s'appelle les Éditions du Cerf. C'est comme ça qu'on prononce : on ne prononce pas « le cerf », on prononce « le cerf ». Et c'est en référence à ce psaume.

Et là, « comme un cerf altéré cherche l'eau vive », non seulement on vous parle de la détresse humaine, mais on vous parle d'un élan vital, d'un désir spirituel qui vous habite au péril même de votre vie. Voir Dieu, la soif de Dieu. Parce que c'est ça qu'il y a derrière : c'est l'image de l'âme qui est en manque de Dieu.

Alors après, au fil de l'eau :

Quand pourrai-je m'avancer, paraître face à Dieu ?

C'est la soif de Dieu, mais en même temps la peur de Dieu, l'humilité. Parce qu'en fait, on a conscience de qui est Dieu et de qui nous sommes. Et ça vous montre toute la détresse existentielle, l'homme qui se fait petit devant Dieu.

Les larmes comme nourriture :

Je n'ai d'autre pain que mes larmes, le jour, la nuit, moi qui entends dire : « Où est-il, ton Dieu ? »

C'est beau, ça ! Dans une société où il y a beaucoup de personnes qui ne croient pas en Dieu, la Bible vous dit que la meilleure attitude possible, c'est de pleurer pour ceux qui ne pleurent pas, c'est d'avoir soif pour ceux qui n'ont pas soif, et c'est de chercher Dieu pour ceux qui ne le cherchent pas.

Et puis ensuite, vous avez une sorte de dialogue avec vous-même, de refrain intérieur :

Pourquoi te désoler, ô mon âme, et gémir sur moi ?

C'est là, c'est au moment où vous parlez à votre propre cœur, à votre propre petit cœur, pour le réconforter. C'est la lutte pour maintenir la foi, la lutte pour maintenir l'espérance, et la conscience que Dieu, malgré tout, existe — malgré toutes vos détresses.

Et ensuite, on vous dit l'image de l'abîme :

L'abîme appelant l'abîme, à la voix de tes cataractes… a passé sur moi.

On ne sait pas ce que ça veut dire. Alors là, on n'a aucune idée de ce que ça veut dire. Alors, les mystiques vous disent que « l'abîme appelant l'abîme », c'est la détresse, la petitesse humaine, qui appelle — par la miséricorde et la pitié qu'elle suscite en Dieu — l'abondance de sa grâce. « L'abîme appelant l'abîme, à la voix de tes cataractes » : ça, c'est les grandes images de la création. Mais c'est en même temps l'eau, l'amour qui arrive de Dieu jusqu'à vous.

C'est extraordinaire. Je vous le redonne une fois, d'accord ? Et vous l'écoutez, s'il vous plaît.

Psaume 41

Comme un cerf altéré cherche l'eau vive, ainsi mon âme te cherche, toi, mon Dieu. Mon âme a soif de Dieu, le Dieu vivant. Quand pourrai-je m'avancer, paraître face à Dieu ?

Je n'ai d'autre pain que mes larmes, le jour, la nuit, moi qui chaque jour entends dire : « Où est-il, ton Dieu ? »

Je me souviens, et mon âme déborde. En ce temps-là, je franchissais les portails. Je conduisais vers la maison de mon Dieu la multitude en fête, parmi les cris de joie et les actions de grâce.

Pourquoi te désoler, ô mon âme, et gémir sur moi ? Espère en Dieu ! De nouveau je rendrai grâce : il est mon Sauveur et mon Dieu.

Si mon âme se désole, je me souviens de toi, depuis les terres du Jourdain et de l'Hermon, depuis mon humble montagne.

L'abîme appelant l'abîme, à la voix de tes cataractes, la masse de tes flots et de tes vagues a passé sur moi.

Au long du jour, le Seigneur m'envoie son amour ; et la nuit, son chant est avec moi, prière au Dieu de ma vie.

Je dirai à Dieu, mon Rocher : « Pourquoi m'oublies-tu ? Pourquoi vais-je assombri, pressé par l'ennemi ? »

Outragé par mes adversaires, je suis meurtri jusqu'aux os, moi qui chaque jour entends dire : « Où est-il, ton Dieu ? »

Pourquoi te désoler, ô mon âme, et gémir sur moi ? Espère en Dieu ! De nouveau je rendrai grâce : il est mon Sauveur et mon Dieu.


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