Jour 372 — Psaume 50
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Résumé : Pour des raisons de calendrier, le frère Paul-Adrien propose une série de psaumes avant la reprise de la Bible en un an le 1er janvier. Il commence par le psaume 50, le psaume de la pénitence que les moines récitent chaque vendredi matin et connaissent par cœur. Le commentaire montre comment ce psaume, traditionnellement attribué à David après son péché avec Bethsabée, déploie toute la structure spirituelle de la conversion : reconnaissance du péché, retour à Dieu, demande de purification, renouvellement intérieur, engagement missionnaire et louange. Il relève au passage les trois mots hébreux du péché, l'évocation du péché originel et la dimension créatrice du pardon.
Introduction
Avant de reprendre la Bible en un an et pour des raisons de calendrier, je vous propose aujourd'hui un petit psaume. Courage, ça reprend bientôt, ça reprend le 1er janvier.
Ah, le psaume 50 ! Alors, c'est toujours la même chose, 50-51. On s'en sort pas, hein ? C'est un psaume que, généralement, les moines connaissent par cœur, même s'il est assez long. Mais ils le connaissent par cœur parce qu'en fait, ils le récitent toutes les semaines. Toutes les semaines, le vendredi matin, psaume 50. Et là, en plus, il est assez beau parce que c'est assez simple à retenir. C'est des structures, à chaque fois, il y a quatre versets.
Et c'est le psaume de la pénitence. C'est le psaume que j'ai appris quand je faisais éducateur à mes élèves, pour qu'ils apprennent à demander pardon. C'est extraordinaire. La confession, l'humilité qu'il y a derrière, c'est une des plus belles manières de se mettre devant le regard de Dieu.
On le récite toutes les semaines, le vendredi, parce que le Christ est mort pour nous, pour nous pardonner nos péchés. Comme dit un autre psaume : « L'abîme appelant l'abîme à la voix de tes cataractes » — le souffle de ta force et de ton amour a passé sur moi. À la confession du péché d'Israël à travers ce psaume 50 correspond la miséricorde divine.
Je vous laisse l'écouter. Il est vraiment extrêmement beau. Enfin, c'est que des pépites, les psaumes.
Lecture : Psaume 50
Pitié pour moi, mon Dieu, dans ton amour. Selon ta grande miséricorde, efface mon péché. Lave-moi tout entier de ma faute. Purifie-moi de mon offense.
Oui, je connais mon péché. Ma faute est toujours devant moi. Contre toi et toi seul, j'ai péché. Ce qui est mal à tes yeux, je l'ai fait.
Ainsi, tu peux parler et montrer ta justice, être juge et montrer ta victoire. Moi, je suis né dans la faute. J'étais pécheur dès le sein de ma mère.
Mais tu veux au fond de moi la vérité. Dans le secret, tu m'apprends la sagesse. Purifie-moi avec l'hysope et je serai pur. Lave-moi et je serai blanc, plus que la neige.
Fais que j'entende les chants et la fête. Ils danseront, les os que tu broyais. Détourne ta face de mes fautes. Enlève tous mes péchés.
Crée en moi un cœur pur, ô mon Dieu. Renouvelle et raffermis au fond de moi mon esprit. Ne me chasse pas loin de ta face. Ne me reprends pas ton esprit saint.
Rends-moi la joie d'être sauvé. Que l'esprit généreux me soutienne. Aux pécheurs, j'enseignerai tes chemins. Vers toi reviendront les égarés.
Libère-moi du sang versé, Dieu, mon Dieu sauveur, et ma langue acclamera ta justice. Seigneur, ouvre mes lèvres et ma bouche annoncera ta louange.
Si j'offre un sacrifice, tu n'en veux pas. Tu n'acceptes pas d'holocauste. Le sacrifice qui plaît à Dieu, c'est un esprit brisé. Tu ne repousses pas, ô mon Dieu, un cœur brisé et broyé.
Accorde à Sion le bonheur. Relève les murs de Jérusalem. Alors tu accepteras de justes sacrifices, oblations et holocaustes. Alors on offrira des taureaux sur ton autel.
Commentaire
Un psaume magnifique, traditionnellement attribué à David. Vous allez me dire que tous les psaumes sont attribués à David. Oui, mais celui-là a quelque chose de particulier : c'est qu'il est attribué à David à cause de son péché. Souvenez-vous, Bethsabée. Il trompe Urie en couchant avec sa femme Bethsabée, et finalement il fait tuer Urie. Et on dit que ce psaume, c'est la confession que David fit devant le Seigneur.
Et qui est devenu le modèle de la confession biblique. C'est qu'il ne se contente pas d'exprimer des regrets : il vous montre toute la structure spirituelle de la conversion. Ce n'est pas simplement « j'ai péché », c'est « je me convertis ». On commence par reconnaître le péché. Ensuite, on retourne à Dieu. On lui demande la purification. On lui demande d'être renouvelé intérieurement. Et ensuite, ça termine par un engagement missionnaire et une louange.
Est-ce que vous voyez là toute la structure ? Oui. Un : reconnaissance du péché.
Ce qui est mal à tes yeux, je l'ai fait.
Retour à Dieu.
Pitié pour moi, mon Dieu, dans ton amour.
Demande de purification.
Purifie-moi avec l'hysope et je serai pur. Lave-moi et je serai blanc, plus que la neige.
Ça, c'est quand on enlève la faute, la coulpe. Renouvellement de l'intérieur — parce qu'il ne s'agit pas seulement d'être pardonné, il faut aussi que nos désirs, qui ont été abîmés par le péché, soient renouvelés.
Ne me reprends pas ton esprit saint. Rends-moi la joie d'être sauvé.
Engagement missionnaire.
Aux pécheurs, j'enseignerai tes chemins.
Et à la fin, on termine par une action de louange. C'est magnifique.
Puis, je pense qu'on a tous fait des péchés, et il y en a dont on n'est pas fier. David, lui, n'était pas fier d'avoir tué le mari qu'il avait trompé en couchant avec sa femme — ce qui est assez grave dans l'ordre des péchés. Mais nous, je pense qu'on peut facilement se relier à une telle confession, parce que c'est vrai que le péché abîme le regard qu'on se porte devant nos yeux. Et c'est bien que la Bible nous donne des mots pour le dire, parce que je ne sais pas si on les trouverait de nous-mêmes.
Alors, quelques remarques au fil de l'eau. On ne va peut-être pas le voir, mais en hébreu, le psalmiste utilise trois mots techniques. On vous parle de la faute. On vous parle d'une déformation intérieure. Et on vous parle d'une rébellion consciente. C'est tout ça, le péché. Ce n'est pas seulement une action, c'est un état intérieur qui blesse la relation à Dieu, à soi-même et aux hommes. Sauf que la pointe du péché, c'est d'être une offense à Dieu, avant d'être une offense à soi-même ou aux autres. C'est d'abord Dieu qu'on blesse. « Contre toi et toi seul, j'ai péché », dit le psaume.
Toujours dans les petites remarques au fil de l'eau : une courte évocation du péché originel. « Dans le péché, ma mère m'a conçu » — c'était le verset 7. Ce n'est pas que l'acte sexuel soit un péché. Ça veut dire que quand l'homme naît, quand même, il y a des fautes morales, il y a des fragilités qui se transmettent de génération en génération. Ce qu'il faut comprendre ici, c'est que David invoque les circonstances atténuantes : ce n'est pas uniquement de sa faute, il y a une fragilité constitutive de l'être humain.
Ensuite, ce très beau verset : « Crée en moi un cœur pur. » Ce qui vous redit que le pardon est un acte créateur. Il s'agit de recréer à nouveau.
Bon, il y aurait certainement plein d'autres choses à dire, mais je crois que je vous ai suffisamment mis l'eau à la bouche pour que vous le réécoutiez, cette fois-ci en priant et en pensant à votre propre péché. Courage les petits gars, sachez qu'il y a la confession. On est tous passés par là. Dieu vous aime.
Psaume 50
Pitié pour moi, mon Dieu, dans ton amour. Selon ta grande miséricorde, efface mon péché. Lave-moi tout entier de ma faute. Purifie-moi de mon offense.
Oui, je connais mon péché. Ma faute est toujours devant moi. Contre toi et toi seul, j'ai péché. Ce qui est mal à tes yeux, je l'ai fait.
Ainsi, tu peux parler et montrer ta justice, être juge et montrer ta victoire. Moi, je suis né dans la faute. J'étais pécheur dès le sein de ma mère.
Mais tu veux au fond de moi la vérité. Dans le secret, tu m'apprends la sagesse. Purifie-moi avec l'hysope et je serai pur. Lave-moi et je serai blanc, plus que la neige.
Fais que j'entende les chants et la fête. Ils danseront, les os que tu broyais. Détourne ta face de mes fautes. Enlève tous mes péchés.
Crée en moi un cœur pur, ô mon Dieu. Renouvelle et raffermis au fond de moi mon esprit. Ne me chasse pas loin de ta face. Ne me reprends pas ton esprit saint.
Rends-moi la joie d'être sauvé. Que l'esprit généreux me soutienne. Aux pécheurs, j'enseignerai tes chemins. Vers toi reviendront les égarés.
Libère-moi du sang versé, Dieu, mon Dieu sauveur, et ma langue acclamera ta justice. Seigneur, ouvre mes lèvres et ma bouche annoncera ta louange.
Si j'offre un sacrifice, tu n'en veux pas. Tu n'acceptes pas d'holocauste. Le sacrifice qui plaît à Dieu, c'est un esprit brisé. Tu ne repousses pas, ô mon Dieu, un cœur brisé et broyé.
Accorde à Sion le bonheur. Relève les murs de Jérusalem. Alors tu accepteras de justes sacrifices, oblations et holocaustes. Alors on offrira des taureaux sur ton autel.