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Livre de · 12 chapitres

Ecclésiaste (Qohélet)

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AELF · Bible liturgique

    Réjouis-toi, jeune homme, dans ton adolescence,
et sois heureux aux jours de ta jeunesse.
Suis les sentiers de ton cœur
et les désirs de tes yeux !
Mais sache que pour tout cela
Dieu t’appellera en jugement.
    Éloigne de ton cœur le chagrin,
écarte de ta chair la souffrance
car l’adolescence et le printemps de la vie
ne sont que vanité.

    Souviens-toi de ton Créateur,
aux jours de ta jeunesse,
avant que viennent les jours mauvais,
et qu’approchent les années dont tu diras :
« Je ne les aime pas » ;
    avant que s’obscurcissent le soleil et la lumière,
la lune et les étoiles,
et que reviennent les nuages après la pluie ;
    au jour où tremblent les gardiens de la maison,
où se courbent les hommes vigoureux ;
où les femmes, l’une après l’autre, cessent de moudre,
où le jour baisse aux fenêtres ;
    quand la porte se ferme sur la rue,
quand s’éteint la voix de la meule,
quand s’arrête le chant de l’oiseau,
et quand se taisent les chansons ;
    lorsqu’on redoute la montée
et qu’on a des frayeurs en chemin ;
l’amandier est en fleurs, la sauterelle s’alourdit,
et la câpre ne produit aucun effet ;
lorsque l’homme s’en va vers sa maison d’éternité,
et que les pleureurs sont déjà au coin de la rue ;
    avant que le fil d’argent se détache,
que la lampe d’or se brise,
que la cruche se casse à la fontaine,
que la poulie se fende sur le puits ;
    et que la poussière retourne à la terre
comme elle en vint,
et le souffle de vie, à Dieu qui l’a donné.

    Vanité des vanités, disait Qohèleth,
tout est vanité !

            – Parole du Seigneur.

— Qo 11,9—12,8 —
Commentaire

DU LIVRE DE QOHELET

Commentaire

1. Situation

Ce Livre, en forme de monologue, où s'exprime un personnage appelé le Qohélet (c'est-à-dire l'Enseignant ou le Rassembleur), et qui se présente comme ayant été roi d'Israël, semble avoir été écrit entre le 5ème et le 2ème siècle avant Jésus Christ. Il s'agit donc d'une composition tardive de l'Ancien Testament.

Son message, appremment plein de contradictions, contient cependant un fil conducteur. Qohélet présente le monde comme une réalité inchangeable, et peuplé d'hommes et de femmes qui sont totalement incapables de le comprendre et de le changer.

D'où la question de base : comment vivre pour tirer parti d'un tel monde ? La réponse de Qohélet est simple : se contenter de bien profiter du positif qui nous est donné, sans chercher davantage.

De façon difficile à comprendre, l'auteur, à travers ce message "négatif", rend cependant hommage à Dieu, tout en intégrant un regard critique sur les limites et les contradictions de toute réflexion de sagesse, y compris la sienne.

2. Message

Cette page finale de Qohélet reprend d'abord la philosophie générale du Livre sur la vanité et l'inconsistance de toute situation humaine, avec l'invitation à tirer profit au mieux des occasions favorables que nous procure l'existence, comme, en particulier, le temps de la jeunesse.

Cependant, dans leur accueil des moments de satisfaction de leur vie, les hommes et femmes doivent se savoir face à Dieu, qui leur demandera des comptes. Le monde quasi bouché dans lequel nous sommes est le lieu de notre relation à Dieu, notre créateur.

Il en va de même de la fin de la vie humaine. Après une description très poétique et très réaliste des diminutions que la personne âgée connaît dans toutes les dimensions de sa vie humaine, Qohélet parle de la mort comme d'un retour aux éléments fondateurs de notre humanité, selon les récits de la création et de la chute aux chapitres 2 et 3 de la Genèse : la poussière de la terre et le souffle qui vient de Dieu.

3. Decouvertes

Dans ce passage Qohélet nous résume donc sa position : la vie a du bon et il faut en tirer profit, surtout lorsqu'on est jeune, mais sans oublier que cela ne durera pas et que Dieu, notre créateur, sera notre juge.

Rien ne nous est dit néanmoins selon quels critères ou règles de conduite ce jugement aura lieu. Qohélet se contente de nous en avertir, et, ce faisant, on a l'impression qu'il ne nous demande rien de plus que d'accueillir dans la vérité toute situation, telle qu'elle se présente.

Les versets 12, 2 - 5 sont généralement lus comme une description symbolique et métaphorique de la dégénérescence humaine : la vue diminue (12, 2), les membres tremblent (12, 3), le dos se courbe, les dents tombent, le regard s'éteint, les oreilles se ferment, la voix disparaît (12, 3 - 5). Le verset 12, 5 souligne, semble-t-il, le contraste entre la renaissance de la nature et la désintégration humaine.

Ces images demeurent au moins partiellement obscures et énigmatiques, probablement par volonté de l'auteur, et elles autorisent ainsi des interprétations différentes. Il est tout-à-fait clair, cependant, que les versets 12, 6 - 7 désignent la mort et renvoient à Genèse 2, 7 et 3, 19.

4. Prolongement

Notre foi en la résurrection de Jésus, qui nous sera donnée en partage, nous permet de relire Qohélet, en le dépassant dans l'achèvement apporté par Jésus le Christ :

13 Mais, possédant ce même esprit de foi, selon ce qui est écrit : J'ai cru, c'est pourquoi j'ai parlé, nous aussi, nous croyons, et c'est pourquoi nous parlons,

14 sachant que Celui qui a ressuscité le Seigneur Jésus nous ressuscitera nous aussi avec Jésus, et nous placera près de lui avec vous.

15 Car tout cela arrive à cause de vous, pour que la grâce, se multipliant, fasse abonder l'action de grâces chez un plus grand nombre, à la gloire de Dieu.

16 C'est pourquoi nous ne faiblissons pas. Au contraire, même si notre homme extérieur s'en va en ruine, notre homme intérieur se renouvelle de jour en jour.

17 Car la légère tribulation d'un instant nous prépare, jusqu'à l'excès, une masse éternelle de gloire,

18 à nous qui ne regardons pas aux choses visibles, mais aux invisibles ; les choses visibles en effet n'ont qu'un temps, les invisibles sont éternelles.

1 Nous savons en effet que si cette tente - notre maison terrestre - vient à être détruite, nous avons un édifice qui est l'œuvre de Dieu, une maison éternelle qui n'est pas faite de main d'homme, dans les cieux.

Prière

*Seigneur Jésus, tu es venu, nous as tu déclaré, pour que nous ayons la vie et la vie en abondance, et cette vie est celle de ta résurrection partagée, et déjà inaugurée, dans notre existence de chaque jour, dans la transfiguration qu'y opère ton Esprit Saint : aide-moi à accueillir cette puissance de vie, qui est toute faite de vérité et d'amour miséricordieux, et à la laisser s'epanouir en moi de façon à ce qu'elle porte des fruits qui temoignent visiblement de la plénitude que tu offres à tout homme et à toute femme qui acceptent de te reconnaître comme Seigneur, et de te suivre en disciples. AMEN.

28.09.2002.*