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Livre de · 4 chapitres

Joël

Joël 1, 1-15
AELF · Bible liturgique

13 Prêtres, revêtez-vous du sac! Poussez des cris de deuil! Lamentez-vous, serviteurs de l'autel! Venez, passez la nuit vêtus du sac, serviteurs de mon Dieu! Car la maison de votre Dieu est privée d'oblation et de libation.
14 Prescrivez un jeûne, publiez une solennité, réunissez, anciens, tous les habitants du pays à la maison de Yahvé votre Dieu. Criez vers Yahvé :
15 Ah! Quel jour! Car il est proche, le jour de Yahvé, il arrive comme une dévastation venant de Shaddaï
...
1 Sonnez du cor à Sion, donnez l'alarme sur ma montagne sainte! Que tous les habitants du pays tremblent, car il vient, le jour de Yahvé, car il est proche!
2 Jour d'obscurité et de sombres nuages, jour de nuées et de ténèbres! Comme l'aurore, se déploie sur les montagnes un peuple nombreux et fort, tel que jamais il n'y en eut, tel qu'il n'en sera plus après lui, de génération en génération.

Joël 1, 1-15
Commentaire

DU LIVRE DE JOËL

Commentaire

1. Situation

On ne connaît rien de Joël (dont le nom signifie "Yahvé est Dieu"), fils de Pethuel (dont le nom peut signifier "homme de Dieu").

Même si de nombreux spécialistes pensent qu'il a vécu son ministère au milieu du 4ème siècle, il vaut mieux le situer quelques années avant l'an 600, du fait qu'un certain nombre de détails de son texte font allusion à des situations du 7ème siècle, après la disparition du royaume du Nord et avant la destruction de Jérusalem. De plus, ce Livre est écrit dans un hébreu d'avant l'exil.

Cette oeuvre esst analysée de façons différentes, soit comme un seul discours prophétique, soit selon la juxtaposition de 2 parties (réaction du prophète à une invasion de sauterelles aux chapitres 1 et 2, suivie d'une annonce de la fin des temps en langage apocalyptique, de 2, 28 à 3, 21), qui viendraient d'auteurs différents, soit encore comme une liturgie utilisée lors d'une invasion de sauterelles.

Les 8 premières unités littéraires de ce Livre (1, 1 - 2, 27) nous proposent des paroles du prophète concernant Israël et Juda, tandis que les 4 dernières unités nous partagent des paroles de Dieu visant les relations de Dieu avec toutes les nations (2, 28 - 3, 21).

L'idée de la proximité du Jour du Seigneur établit un lien très fort entre ces deux parties, et nous invitent à considérer ce Livre prophétique comme un "tout" bien unifié.

Le message du Livre concerne : d'abord le "Jour de Yahvé", triomphe de Dieu sur ses ennemis et théophanie de Dieu, ensuite, l'effusion de l'énergie de l'Esprit de Dieu qui va causer de grands changements dans la mentalité des hommes (3, 1 - 2), enfin, la dimension de destruction de la manifestation de Dieu, arrivèe de futures bénédictions à venir : d'où l'importance de retourner à Dieu dans la prière, en lui demandant sa miséricorde.

La valeur de ce message est permanente dans la mesure où il annonce le passage terrible et purifiant de Dieu, et invite à la conversion. Ce message est si prenant qu'on est allé jusqu'à dire que la parole de Joël créait les calamités qu'elle annonçait. Ce message dépasse les limites de temps et d'espace et s'applique à tous les moments de l'histoire.

2. Message

Comment réagir face à une catastrophe naturelle ? Des sauterelles ont envahi le pays et détruit les récoltes, et vont continuer de le faire. Joël interprète cet événement comme une signe du jugement définitif de Dieu sur son peuple.

D'où l'appel du prophète : s'il en est ainsi, il faut se convertir, pour se préparer à ce jugement attendu de Dieu, considéré comme l'enjeu suprême de nos existences.

Après s'être adressé aux ivrognes et autres jouisseurs, ainsi qu'aux laboureurs et aux vignerons, le prophète interpelle maintenant les prêtres : il leur faut faire pénitence, prendre le deuil, se lamenter, jeûner, puis organiser des célébrations de pénitence pour le peuple (jeûne, imploration du Seigneur), avec la proclamation du Jour du Seigneur qui vient.

Cette invitation lancée au peuple doit se faire le plus solennellement possible, afin que les gens frémissent de peur devant cette perspective du Jour du Seigneur, dont ils ont à souligner l'ampleur terrifiante que décrit bien l'image d'une immense et puissante armée menaçante, aussi prête à se répandre que l'aurore qui couvre les montagnes.

3. Decouvertes

Face à une invasion catastrophique et désastreuse de sauterelles, le peuple, animé par ses prêtres, doit se réveiller, jeûner, se rassembler et prier.

L'invasion de sauterelles est présentée ici comme la forme visible de l'attaque d'une étrange puissance.

Le Jour du Seigneur est une manifestation terrible de Dieu que le prophète se trouve obligé d'évoquer. Ce Jour du Seigneur crée la sécheresse et le désespoir.

Cette manifestation de Dieu, en ce Jour-là, ressemblera à la marche d'une puissante armée, arrivant de nuit, contre Jérusalem.

4. Prolongement

Pour situer notre position devant Dieu après la mort et la résurrection de Jésus, Luther employait cette formule, que l'Eglise catholique romaine a toujours contestée, mais qui n'en a pas moins le mérite de montrer les différentes données de l'enjeu de notre salut dans le Christ : "le croyant est à la fois toujours juste, toujours pécheur et toujours pénitent".

Jésus, et ses disciples qui ont présenté et commenté son Evangile dans le Nouveau Testament, nous ont annoncé une libération effective et transformante, qui fait de nous des "hommes nouveaux", véritablement devenus "fils", appelés à reproduire de plus en plus l'image du Christ (Romains, 8).

Mais tout cela nous est accordé gratuitement, sans aucun mérite de notre part : Dieu nous offre son salut, son pardon, sa grâce, le partage de sa vie, proposition devant laquelle nous avons sans cesse à demeurer ouverts, en attente, avec un coeur de pauvre, qui s'exprime selon la prière du publicain que cite Jésus dans l'une de ses paraboles : "Seigneur, aie pitié de moi qui suis pécheur".

En effet, chaque fois que nous essayons de vivre à partir de nous mêmes comme référence de départ, et non à partir de Dieu, nous sommes pécheurs.

Jésus nous redit : "Hors de moi, vous ne pouvez rien faire" (Jean, 15). Et Paul de commenter : "c'est par grâce que vous êtes sauvés... vous n'y êtes pour rien, c'est un don de Dieu" (Ephésiens, 2, 5 - 11).

Prière

*Seigneur Jésus, tu t'es engagé jusqu'au bout de tes possibilités humaines pour nous révéler et nous partager la miséricorde de Dieu, qui dépasse tout ce que nous pouvons imaginer, c'est ainsi que tu nous partages la vie même de Dieu, et tu n'attends de nous que cette ouverture de notre coeur à ta Parole et à ta venue en nous dans la lumière, la vérité et la force de ton Esprit Saint : re-crée en moi, augmente en moi, cette ouverture profonde à cette transformation que tu me proposes, et dont tu me demandes de devenir le témoin devant tous mes frères et soeurs. AMEN.

10.10.2003.*