CapBibliqueCapBiblique
Livre de · 27 chapitres

Lévitique

12345678910111213141516171819 (2)2021222324252627
Lévitique 19, 1-18
AELF · Bible liturgique

1 Yahvé parla à Moïse et dit :
2 Parle à toute la communauté des Israélites. Tu leur diras : Soyez saints, car moi, Yahvé votre Dieu, je suis saint.
...
11 Nul d'entre vous ne commettra vol, dissimulation ou fraude envers son compatriote.
12 Vous ne commettrez point de fraude en jurant par mon nom ; tu profanerais le nom de ton Dieu. Je suis Yahvé.
13 Tu n'exploiteras pas ton prochain et ne le spolieras pas : le salaire de l'ouvrier ne demeurera pas avec toi jusqu'au lendemain matin.
14 Tu ne maudiras pas un muet et tu ne mettras pas d'obstacle devant un aveugle, mais tu craindras ton Dieu. Je suis Yahvé.
15 Vous ne commettrez point d'injustice en jugeant. Tu ne feras pas acception de personnes avec le pauvre ni ne te laisseras éblouir par le grand : c'est selon la justice que tu jugeras ton compatriote.
16 Tu n'iras pas diffamer les tiens et tu ne mettras pas en cause le sang de ton prochain. Je suis Yahvé.
17 Tu n'auras pas dans ton cœur de haine pour ton frère. Tu dois réprimander ton compatriote et ainsi tu n'auras pas la charge d'un péché.
18 Tu ne te vengeras pas et tu ne garderas pas de rancune envers les enfants de ton peuple. Tu aimeras ton prochain comme toi-même. Je suis Yahvé.

Lévitique 19, 1-18
Commentaire

DU LIVRE DU LEVITIQUE

Commentaire

1. Situation

Ce Livre du Lévitique, l'un des 5 du groupe des premiers Livres de toute la Bible, appelé le Pentateuque, et rattaché à la tradition de Moïse et de sa législation, a été dans sa forme actuelle mis au point après le retour de l'Exil babylonien, soit vers le début du 5ème siècle.

C'est à la fois un manuel liturgique pour les prêtres du Sacerdoce Lévitique, et un enseignement pour tous les Israélites sur la nécessité de tendre vers la sainteté dans tous les aspects de leur vie.

Le Lévitique traite d'abord de la législation concernant le sacrifice à offrir à Dieu ( 1, 1 - 7, 30), puis de la cérémonie d'ordination d'Aaron et de ses fils, ainsi que des sacrifices qui y sont joints (8, 1 - 10, 20), ensuite, de tout ce qui concerne la pureté légale (11, 1 - 15, 33). Une 4ème partie est consacrée à la célébration du Jour des Expiations (16, 1 - 34), une 5ème, dans laquelle se trouve notre page, au Code de Sainteté en IsraëL (17, 1 - 26, 46). La 6ème et dernière section s'occupe du rachat des offrandes votives (27, 1 - 34).

Dans le Code de Sainteté, après une définition du caractère sacré du sang et de la sexualité (17 - 18), un certain nombre de règles de conduite nous sont offertes en ce chapitre 19 de notre page de ce jour.

2. Message

Ces règles de conduite concernent l'application de la plupart des commandements du Décalogue. L'extrait que nous en lisons traite des responsabilités que chacun doit assumer dans la vie sociale par une prattique de la justice et de la charité.

Ce qui frappe le plus dans ce chapitre, et donc dans notre page, c'est le refrain qui revient après la mention de la mise en pratique de chacun des commandements de Dieu : "Je suis (Yahvé) le Seigneur". Mais ce refrain n'est que la reprise, en une formule plus brève et raccourcie, du premier verset de ce chapitre : "soyez saints, car je suis saint, moi, le Seigneur votre Dieu". Ce qui donne une résonnance à chacune des reprises de ce refrain, qu'il faut interpréter ainsi : "Car je suis saint, moi, qui suis le Seigneur".

Tout ce qui nous est prescrit dans les 10 Paroles du Sinaï, dont quelques unes sont citées ici, nous est demandé avec cette seule raison : c'est parce que Dieu est le Seigneur, éblouissant de sainteté, que nous faisons nôtres tous ces commandements relatifs à notre attitude à l'égard de nos frères et soeurs en humanité. Notre qualité de vie, c'est d'accueillir ces exigences comme une reconnaissance par nous-mêmes de la Seigneurerie et de la sainteté de Dieu.

Si le 1er verset du chapitre, et de notre page, donne sens à tous les refrains qui reviennent ensuite, le dernier verset résume, en une formule, toutes ces exigences, qui viennent de Dieu, concernant notre vie en société et en communauté : "tu aimeras ton prochain comme toi-même".

3. Decouvertes

Quand il est écrit, au verset 14, qu'il ne faut pas "insulter un sourd", qu'est-ce que cela veut dire ? Tout simplement que toute malédiction, une fois proférée, est considérée comme irrévocable, qu'elle ait été entendue ou non par celui, ou celle, à qui elle est adressée.

Au verset 15, notons les exigences attachées à l'exercice de la justice dans les tribunaux, tant au niveau des juges qu'à celui des témoins : égalité pour tous, pas de parti pris ni de privilèges à l'égard de qui que ce soit, respect absolu de la vérité.

Aux versets 17 et 18, remarquons l'équilibre proposé dans le refus de toute pensée de haine, de toute violence et de toute rancune, refus qui va de pair avec la nécessité de pratiquer la correction fraternelle.

4. Prolongement

Jésus a repris et fait totalement sienne cette unité entre l'amour et le respect à manifester à Dieu, qui est le Seigneur, et au prochain qu'il faut "aimer comme soi-même" (Marc, 12, 28 - 31).

De même, Jésus fait référence à Dieu comme notre "modèle parfait" à imiter, lorsqu'il nous invite à certains comportements pour la cause même de Dieu :

36 " Montrez-vous compatissants, comme votre Père est compatissant.

37 Ne jugez pas, et vous ne serez pas jugés ; ne condamnez pas, et vous ne serez pas condamnés ; remettez, et il vous sera remis.

38 Donnez, et l'on vous donnera ; c'est une bonne mesure, tassée, secouée, débordante, qu'on versera dans votre sein ; car de la mesure dont vous mesurez on mesurera pour vous en retour. "

39 Il leur dit encore une parabole : " Un aveugle peut-il guider un aveugle ? Ne tomberont-ils pas tous les deux dans un trou ?

40 Le disciple n'est pas au-dessus du maître ; tout disciple accompli sera comme son maître.

41 Qu'as-tu à regarder la paille qui est dans l'œil de ton frère ? Et la poutre qui est dans ton œil à toi, tu ne la remarques pas !

42 Comment peux-tu dire à ton frère : "Frère, laisse-moi ôter la paille qui est dans ton œil", toi qui ne vois pas la poutre qui est dans ton œil ? Hypocrite, ôte d'abord la poutre de ton œil ; et alors tu verras clair pour ôter la paille qui est dans l'œil de ton frère.

Cette dignité, cette sainteté de Dieu, nous est commuiquée par le Christ, dans l'Esprit, comme un don gratuit qui fait de nous une humanité nouvelle totalement associée à Dieu. En conséquence, notre imitation de Dieu dans la reprise des comportements de Jésus, n'est que l'expression d'une configuration intérieure de notre être à l'être de Dieu, qui nous est offerte comme une transfiguration et une participation déjà inaugurée à la résurrection de Jésus Christ :

26 Car vous êtes tous fils de Dieu, par la foi, dans le Christ Jésus.

27 Vous tous en effet, baptisés dans le Christ, vous avez revêtu le Christ :

28 il n'y a ni Juif ni Grec, il n'y a ni esclave ni homme libre, il n'y a ni homme ni femme ; car tous vous ne faites qu'un dans le Christ Jésus.

...

4 Mais quand vint la plénitude du temps, Dieu envoya son Fils, né d'une femme, né sujet de la Loi,

5 afin de racheter les sujets de la Loi, afin de nous conférer l'adoption filiale.

6 Et la preuve que vous êtes des fils, c'est que Dieu a envoyé dans nos cœurs l'Esprit de son Fils qui crie : Abba, Père !

7 Aussi n'es-tu plus esclave mais fils ; fils, et donc héritier de par Dieu.

Prière

*Seigneur Jésus, c'est en découvrant qui tu es , "le Saint de Dieu", le "Fils bien-aimé, en qui le Père se complaît", et ce que tu nous as fait devenir, lors de ton "passage" au Père et dans le don de ton Esprit Saint, qui nous partage ta dignité de "fils", et nous configure à ton image, que nous nous découvrons appelés à imiter la vérité et la sainteté de ton comportement de "Fils" qui nous révèle le Père, comme Dieu d'amour, de Vérité et de Lumière : apprends-moi à produire en tous temps les fruits de sainteté, de vérité et d'amour, que tu attends de moi, lorsque tu me demandes, comme à tous tes disciples, d'être l'expression de ta présence et de ton image au coeur de ce monde. AMEN.

10.03.2003.*