3 Car c'est nous qui sommes les circoncis, nous qui offrons le culte selon l'Esprit de Dieu et tirons notre gloire du Christ Jésus, au lieu de placer notre confiance dans la chair.
4 J'aurais pourtant sujet, moi, d'avoir confiance même dans la chair ; si quelque autre croit avoir des raisons de se confier dans la chair, j'en ai bien davantage :
5 circoncis dès le huitième jour, de la race d'Israël, de la tribu de Benjamin, Hébreu fils d'Hébreux ; quant à la Loi, un Pharisien ;
6 quant au zèle, un persécuteur de l'Église ; quant à la justice que peut donner la Loi, une homme irréprochable.
7 Mais tous ces avantages dont j'étais pourvu, je les ai considérés comme un désavantage, à cause du Christ.
8 Bien plus, désormais je considère tout comme désavantageux à cause de la supériorité de la connaissance du Christ Jésus mon Seigneur. A cause de lui j'ai accepté de tout perdre, je considère tout comme déchets, afin de gagner le Christ,
DE LA LETTRE AUX PHILIPPIENS
Commentaire
1. Situation
La Lettre aux Philippiens est, avec le billet à Philémon, la letre la plus personnelle de Paul, lettre d'amicale exhortation, mais aussi d'encouragement de la part d'un fondateur de communauté.
Dans cette lettre, Paul vise surtout, par delà les situations pratiques qu'il évoque, à fortifier l'engagrment des Philippiens dans leur vie chrétienne. Paul les invite ainsi à imiter le Christ, comme il le fait lui-même, de façon à croître à l'image de Jésus dans leur foi et dans leur action.
D'un bout à l'autre de cette épître, telle qu'elle se présente à nous aujourd'hui, Paul invite ses lecteurs à approfondir le message du Christ, ainsi qu'à le vivre dans la joie.
Dans cette lettre, Paul fait allusion également aux souffrances éprouvées par les Philippiens à cause du Christ (1, 27 - 30 et 2, 15 - 17). Il parle également d'opposants (1, 28) : il peut s'agir soit d'autorités civiles, soit de paîens, soit de Juifs non convertis, soit de chrétiens issus du Judaïsme et opposés à Paul.
Certains pensent que Paul a écrit cette lettre de Rome, où il était, sinon emprisonné, du moins en résidence imposée et surveillée, au début des années 60. D'autres datent cette lettre du milieu des années 50, et la disent écrite depuis Ephèse, où Paul aurait été en détention.
D'autres enfin, distinguent, dans le texte qui nous est parvenu, trois différentes lettres aux Philippiens, toutes écrites vers 53 - 54 depuis Ephèse : - une lettre, " A", la première, très courte, comprenant les versets 4, 10 - 20, et remerciant les P¨hilippiens de leur assistance financière, - une 2ème lettre, "B", envoyée un peu plus tard de prison, où Paul se trouve alors, jouissant cependant d'une certaine marge de liberté, et comprenant les extraits 1, 3 - 3,1 et 4, 2 - 9, de notre présente lettre canonique, - une 3ème lettre, "C", lettre d'avertissement aux Philippiens (3, 2 - 4, 1), face à la perspective d'arrivée chez eux de chrétiens issus du Judaïsme, opposés à l'enseignement de Paul, et prônant la nécessité de la circoncision et de la pratique de la Loi de Moïse pour tous les disciples de Jésus, comme l'atteste fortement, de son côté, la Lettre aux Galates.
2. Message
Ce message d'avertissement de Paul aux Philippiens, pour les mettre en garde face à ceux qui voulaient ajouter à l'Evangile de Jésus un retour aux pratiques et aux textes du judaïsme, les invite à bien saisir l'originalité du Christ et de sa Bonne Nouvelle, qui ont pris désormais, dans le peuple de Dieu, la place de la Loi Juive et de ses rites.
Paul fait état ici de sa propre expérience et rappelle à quel point il s'était comporté comme un Juif pieux et zélé pour sa religion, jusqu'au moment de sa rencontre avec Jésus Christ, qui lui a fait abandonner tous ses "avantages" liés à son passé Juif.
Seul compte maintenant pour lui le Christ Jésus, dont la connaissance constitue pour lui le bien suprême face auquel tout le reste n'est que "balayures".
3. Decouvertes
Cette page fait partie d'un ensemble 3, 1 - 11, dans lequel Paul nous fait découvrir la transformation absolument radicale qu'a effectuée dans sa vie sa propre conversion. Il s'est alors "vidé" de tout ce dont il pouvait auparavant se glorifier, pour être avec le Christ qui l'a "saisi". Depuis lors, il n'a plus d'autre but que de le rencontrer davantage.
C'est un véritable et total transfert de valeurs qui s'est opéré en lui : en passant de la Loi à la foi au Christ, tout ce qui était "gain" est devenu "perte".
On s'est demandé si la "tentation" pour des chrétiens d'origine païenne de se rattacher comme chrétiens au Judaïsme n'était pas liée, pour une part, à une situation "politique". En effet, le Judaïsme était alors une religion autorisée comme telle dans l'Empire Romain, qu'on soit Juif tout simplement, ou Juif devenu chrétien. Les païens d'origine devenus disciples de Jésus ne pouvaient bénéficier de ce privilège, et demeuraient, en principe, tenus au culte de l'empereur, sous peine d'encourir la persécution.
4. Prolongement
Cette "confession" de Paul ne peut que nous interroger sur notre propre attachement au Christ : Jésus Christ est-il vraiment pour nous l'unique référence, l'unique "moteur" de notre existence, notre première raison d'être, notre seul chemin de vérité et de vie (Jean, 14, 6), le "seul Nom par lequel" nous considérsons que "nous pouvons être sauvés" (Actes, 4, 12) ?
Prière
*Seigneur Jésus, une fois de plus nous nous découvrons appelés à te choisir de façon absolue : c'est toi ou rien, et toutes nos autres références doivent disparaître ou être totalement retournées, pour se trouver transformées en "lieux" de ta présence, de ta parole, de ta manifestation, et de ton accomplissement du plan de salut de Dieu : ecarte de mon existence tout ce qui pourrait, d'une façon où d'une autre, te faire concurrence, toute loi ou tout projet, même religieux ou spirituel, auquel je serais tente de me raccrocher, au nom, finalement, d'une recherche de moi-même, change mon regard vis à vis de toutes les réalités humaines qui m'attirent, afin que je les situe désormais à la place accessoire qui leur revient, en relation avec ta lumière et ta vérité, evitant ainsi qu'elles demeurent, ou deviennent, de réels obstacles à ta rencontre. AMEN.
07.11.2002.*