L'accueil
👁 Contemplation · Ps 130 ; Ap 3, 20
Sœur Michèle Marchant · Parcours 3 — Pratiquer : la retraite en 6 étapes · diffusé en oct. 2021
🎧 Écouter sur Radio Grand Ciel📖 Ce texte à la messe : Mardi 17 novembre 2026 · mardi, 33ᵉ sem. ordinaire (paire)
En bref : Cette deuxième étape de retraite vous invite à accueillir Dieu comme on accueille un ami à sa porte. Sœur Michèle vous montre comment préparer concrètement votre temps de prière — le lieu, la durée, le calme — puis vous conduit dans le psaume 130. Trois attitudes vous sont proposées à méditer : la simplicité, la confiance et l'espérance.
Bonjour à tous, je suis Sœur Michèle, du Prieuré Saint-Thomas à Épernon. Je suis ravie de vous retrouver pour la deuxième étape de notre retraite. J'espère que vous avez aimé et bien vécu notre première étape, « s'arrêter ». Donnez-moi vos impressions sur le site du Prieuré Saint-Thomas : cela nous est très précieux.
Accueillir la présence de Dieu
Le thème de cette deuxième étape est l'accueil, et pas n'importe lequel : accueillir la présence de Dieu dans ma vie. Tout un programme, direz-vous ? Oui et non, car, comme le soulignent les évangiles et tout l'Ancien Testament, accueillir l'autre revient toujours à accueillir une présence de Dieu.
Imaginez que votre meilleure amie arrive chez vous, qu'elle frappe à la porte ou sonne à l'interphone. Vous n'allez pas commencer à lui parler à travers la porte ou par interphone interposé, sans l'inviter à entrer, sans lui faire la bise ou, en respectant bien sûr les gestes barrières, sans échanger une bonne poignée de main, sans prendre le temps de lui proposer un siège, un verre d'eau : bref, sans l'accueillir.
Le texte : Apocalypse 3, 20
Voici que je me tiens à la porte, et je frappe. Si quelqu'un entend ma voix et ouvre la porte, j'entrerai chez lui, je prendrai mon repas avec lui, et lui avec moi.
Mon Seigneur, tu es là, à ma porte, et je t'ai entendu.
Il en est de même pour notre prière. Trop souvent, sans le savoir, nous laissons Dieu à la porte de nos vies, à l'interphone de nos cœurs.
Pour accueillir Dieu, c'est très simple : il faut le faire avec nos mots. Accueillez Dieu, dites-lui que vous désirez passer ce temps avec lui. Demandez que tout ce que vous êtes et tout ce qui vous habite vous aide à le rejoindre, à vous laisser rejoindre par lui. Votre humeur du jour, les questions qui vous tracassent, les désirs qui sont en vous : présentez-lui tout cela.
Ignace de Loyola nous propose une formule qui reprend, en quelques mots, tout ce que nous venons de dire. Il invite à demander à Dieu notre Seigneur la grâce
que toutes mes intentions, mes actions et mes opérations soient purement ordonnées au service et à la louange de sa divine Majesté.
Si les mots datent d'un autre âge, le sens en est assez simple : que tout ce que je suis soit dirigé vers Dieu ; que je l'accueille avec mon histoire, mon être, ainsi que mes désirs — c'est-à-dire mon passé et mon présent.
Se préparer
Et maintenant, comment faire ? D'abord, comme j'en ai l'habitude, je choisis mon lieu de prière. En fonction de mon agenda, ce lieu peut varier. Cela peut être à la maison : je choisis la pièce, puis l'endroit dans la pièce. Au bureau ou au travail. Dans une chapelle, à l'église : vais-je rester dans la nef principale ? Me placer dans une chapelle devant le Saint-Sacrement ? Cela peut être à pied, dans les transports en commun même.
Et puis je choisis la durée. Quand on débute une retraite, on est souvent plein d'un élan généreux, prêt à de longues prières. Mais souvent, la réalité nous rappelle à l'ordre, et le risque de baisser les bras est grand. Comme la fois dernière, voici ce que je vous propose. Vous débutez dans la prière ? Prenez vingt minutes. Vous avez déjà suivi une retraite ? Prenez trente minutes, ou un peu plus. Mais n'hésitez pas à commencer petit et à augmenter par la suite, pour éviter les courbatures.
Je prends aussi les dispositions pour être calme : le téléphone éteint. J'arrange un environnement calme, convivial. Par exemple, chez moi, avec un petit coin prière. Y a-t-il assez de lumière ? Je peux préparer une bougie, placer une icône, ou bien une croix, ou une image que j'aime bien. Et même devant mon ordinateur ou ma tablette, je peux mettre une image qui me porte à la prière.
Et je n'oublie pas de me protéger des perturbations. Je vérifie que je ne peux pas être dérangée durant ma prière : pas de rendez-vous, le téléphone en mode silencieux, la porte fermée, les alertes mail, Facebook ou Twitter désactivées. J'ai à portée de bras ce qui me sera nécessaire : la Bible, une montre pour savoir l'heure.
Accueillir le regard du Père
Alors, avec les mots qui viennent à mon cœur, j'accueille la présence de Dieu auprès de moi. Il est là, et me regarde avec le regard d'un Père qui m'aime tel que je suis. J'ai mes talents et mes travers, mes joies et mes peines, mes forces et mes faiblesses. C'est lui qui m'a fait, qui m'a faite. C'est moi tout entier qu'il aime, comme je n'ai jamais été aimé, comme je n'ai jamais été aimée. Je prends un instant pour accueillir ce regard.
Que tout ce que je suis soit dirigé vers toi, Seigneur. Je t'accueille avec mon histoire, mon être, ainsi que mes désirs. Je t'accueille avec mon passé, mon présent et mon futur.
(Temps de silence.)
Le texte : psaume 130
Aujourd'hui, je vous propose d'accueillir Dieu avec le psaume 130. Le voici :
Seigneur, je n'ai pas le cœur fier ni le regard ambitieux ; je ne poursuis ni grands desseins ni merveilles qui me dépassent.
Non, mais je tiens mon âme égale et silencieuse ; mon âme est en moi comme un enfant, comme un petit enfant contre sa mère.
Attends le Seigneur, Israël, maintenant et à jamais.
Je lis ce psaume plusieurs fois et, pourquoi pas, puisqu'il est court, je l'apprends par cœur. Je le répète, je répète des phrases, pour le laisser faire son œuvre de paix en moi.
(Temps de silence.)
Trois attitudes : la simplicité, la confiance, l'espérance
Je vous propose ensuite trois attitudes à admirer et à méditer, trois attitudes que je peux prendre dans ce psaume, trois attitudes qui vont m'attirer : la simplicité, la confiance et l'espérance.
La simplicité, d'abord. Je répète en moi, plusieurs fois :
Seigneur, je n'ai pas le cœur fier ni le regard ambitieux ; je ne poursuis ni grands desseins ni merveilles qui me dépassent.
La confiance. Je répète en moi, plusieurs fois :
Non, mais je tiens mon âme égale et silencieuse ; mon âme est en moi comme un enfant, comme un petit enfant contre sa mère.
Et puis l'espérance :
Attends le Seigneur, Israël, maintenant et à jamais.
Je prends le temps de m'imprégner de ces paroles et de les redire tant qu'elles me nourrissent.
(Temps de silence.)
Méditer avec le peuple de l'Alliance
Je vous propose ensuite de méditer ce psaume avec le peuple de l'Alliance. Le psalmiste — cette personne qui a prié ce psaume — a renoncé à l'orgueil du cœur, des yeux, des actes, pour lui-même et pour son peuple. Je peux goûter le fruit que cela donne au peuple de l'Alliance, le fruit que cela donne à nous, peuple de l'Église.
Seigneur, je n'ai pas le cœur fier ni le regard ambitieux ; je ne poursuis ni grands desseins ni merveilles qui me dépassent. Non, mais je tiens mon âme égale et silencieuse.
Je goûte la grâce de l'Église. Les paroles produisent la paix en moi, une paix qui est contagieuse d'une personne à l'autre.
Contempler Marie et l'Enfant
Après, vous pouvez peut-être redire ce psaume en contemplant une image de Marie tenant dans ses bras son enfant Jésus.
Mon âme est en moi comme un enfant, comme un petit enfant contre sa mère.
Un enfant contre sa mère : ce fut l'attitude de Jésus dans les bras de Marie. Le Verbe de Dieu, dans la petitesse de l'enfant, remis en confiance dans nos mains. Et je n'arrête pas de m'étonner de cela ; je regarde cela avec admiration.
Le colloque
Pour finir, je parle à Dieu, ou à Jésus, comme un ami parle à un ami, mais aussi comme un serviteur parle à son maître, avec un grand respect. Je lui partage ce qui est venu dans la prière, avec une grande confiance. Cette prière de fin de méditation, c'est vraiment une prière personnelle, qui vient de ma vie et qui a rencontré la parole de Dieu.
Pour cette semaine : oser le bonjour
La vie courante nous offre de multiples occasions de saluer nos amis, nos proches, et puis des inconnus : dans les transports en commun, dans les boutiques, les supermarchés, dans la rue, dans un ascenseur, sur un pas de porte, à la sortie de l'église. Durant ces quelques jours, je m'efforce de saluer celui qui me croise, celui que je rejoins, celui qui me rejoint.
Facile, me direz-vous ? Essayez, et faites le bilan en fin de journée. Il y a des bonjours automatiques, mais qui sont vides de sens : ce ne sont pas ceux-là que je désire entendre, ce n'est pas ainsi que je désire entendre Jésus quand il me rejoint en chemin. Je donnerai du sens à mes bonjours.
Je vous souhaite une bonne semaine. Et bien sûr, si vous désirez faire quelques jours de retraite en centre spirituel, regardez le site du Prieuré Saint-Thomas. Je vous rejoindrai la semaine du 25 octobre. Au revoir.
Transcription de l'émission Foi, chemin de liberté, produite et diffusée par Radio Grand Ciel (Chartres). L'écoute reste la référence : épisode original.