Jour 197 ☼ — La vision la plus effrayante de la Bible
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Résumé : Le frère Paul-Adrien lit d'une traite les chapitres 8 à 11 d'Ézéchiel, qui forment la grande vision annoncée depuis le début du livre. Le prophète, saisi par la main du Seigneur, est transporté à Jérusalem où il découvre les abominations commises jusque dans le Temple : l'idole de la jalousie, les anciens encensant des reptiles gravés, les femmes pleurant Tammuz, les hommes se prosternant vers le soleil. Suit le châtiment : six hommes armés parcourent la ville et exterminent tous ceux qui ne portent pas la marque au front. Et surtout, la gloire du Seigneur quitte les kéroubim, quitte le seuil du Temple, quitte la ville — la chose la plus effrayante qui puisse arriver à un juif. La lecture s'achève sur la promesse d'un cœur de chair et d'un rassemblement, puis sur les Proverbes.
Introduction
Notre secours est dans le nom du Seigneur qui a fait le ciel et la terre.
Ça y est, elle est là, la grande vision d'Ézéchiel. La grande vision, ce n'était pas le chapitre 1. Vous avez d'ailleurs vu le prophète se préparer à autre chose, à coup de rituels, à coup d'incantations. Et puis, pour que tout le monde comprenne bien, vous l'avez entendu la dernière fois lancer son chant d'incantation. Et maintenant, l'orage éclate.
Pour que vous puissiez profiter plus pleinement de ce qui est la grande vision, dans laquelle vous allez retrouver les chars, dans laquelle vous allez retrouver les kéroubim, mais cette fois-ci dans un contexte bien plus effrayant, je vous ai mis tous ces chapitres ensemble, donc une grande lecture : chapitre 8, 9, 10, 11. On n'aura pas le temps de commenter après, on ira directement dans la lecture des Proverbes. Mais rassurez-vous, vous allez très bien comprendre de quoi il s'agit.
La vision qu'Ézéchiel va vous donner est la plus effrayante de toute la Bible. Oh, peut-être pas en termes d'imagerie ou de cris d'indignation, mais ce qu'elle veut dire pour un juif, c'est ce qu'il y a de plus effrayant.
Lecture : Ézéchiel 8–11
La sixième année de la première déportation, le sixième mois, le 5 du mois, j'étais assis dans ma maison et les anciens de Juda étaient assis devant moi. Et là s'abattit sur moi la main du Seigneur Dieu.
J'ai vu : il y avait quelqu'un qui avait l'aspect d'un homme. À partir de ce qui semblait être ses reins et au-dessous, c'était du feu. À partir de ses reins et au-dessus, c'était une sorte d'éclat, comme un scintillement de vermeil.
Il étendit comme une main et me saisit par une mèche de cheveux, et l'esprit me souleva entre ciel et terre. Il m'emmena jusqu'à Jérusalem, en des visions divines, à l'entrée de la porte intérieure, celle qui est tournée vers le nord. Là se trouve le siège de l'idole de la jalousie qui provoque l'ardeur jalouse de Dieu.
La gloire du Dieu d'Israël était là, pareille à la vision que j'avais eue dans la vallée. Il me dit : « Fils d'homme, lève donc les yeux en direction du nord. » Je levai les yeux en direction du nord, et voici : au nord de la porte, il y avait un autel, et dans le passage se trouvait cette idole de la jalousie.
Il me dit : « Fils d'homme, vois-tu ce qu'ils font ? Vois-tu les grandes abominations que la maison d'Israël commet ici pour m'éloigner de mon sanctuaire ? Tu vas voir encore de grandes abominations. »
Il m'emmena jusqu'à la porte de la cour. Je regardai : il y avait un trou dans le mur. Il me dit : « Fils d'homme, perce donc le mur. » Je perçai le mur. Il y eut alors une ouverture. Il me dit : « Entre et regarde les affreuses abominations qu'ils commettent ici. »
J'entrai et je regardai. Il y avait là quantité d'images de reptiles et de bêtes immondes, et toutes les idoles de la maison d'Israël, gravées tout autour sur le mur. Soixante-dix hommes, des anciens de la maison d'Israël, se tenaient debout devant elles. Yaazanyahou, fils de Shafane, était parmi eux. Chacun avait son encensoir à la main, et le parfum d'un nuage d'encens montait.
Il me dit : « Tu as vu, fils d'homme, ce que font les anciens de la maison d'Israël dans l'obscurité, chacun dans la pièce où se trouve l'effigie de son idole ? Et ils disent : "Le Seigneur ne peut pas nous voir, le Seigneur a abandonné le pays." »
Et il me dit : « Tu verras encore les grandes abominations qu'ils commettent. » Il m'emmena à l'entrée de la porte de la maison du Seigneur, celle qui est tournée vers le nord. Voici que des femmes étaient assises là, pleurant le dieu Tammouz.
Il me dit : « Tu as vu, fils d'homme ? Tu verras encore des abominations plus grandes que celles-ci. » Il m'emmena vers la cour intérieure de la maison du Seigneur. Et voici qu'à l'entrée du sanctuaire du Seigneur, entre le vestibule et l'autel, il y avait environ vingt-cinq hommes, tournant le dos au sanctuaire du Seigneur et le visage vers l'orient. Ils se prosternaient en direction de l'orient, vers le soleil.
Et il me dit : « Tu as vu, fils d'homme ? Est-ce trop peu pour la maison de Juda de commettre les abominations qu'ils commettent ici ? Oui, ils remplissent le pays de violences, ils provoquent encore mon indignation, et les voici qui élèvent le rameau jusqu'à leur nez. À mon tour d'agir avec fureur. Je n'aurai pas un regard de pitié, je n'épargnerai personne. Ils auront beau crier à mes oreilles d'une voix forte, je ne les écouterai pas. »
J'entendis le Seigneur crier d'une voix forte : « Ils sont tout proches, les châtiments de Jérusalem. Chacun tient à la main son arme de mort. »
Alors six hommes s'avancèrent, venant de la porte supérieure, celle qui est du côté nord. Chacun tenait à la main son arme de destruction. Au milieu d'eux, un homme vêtu de lin, portant à la ceinture un écritoire de scribe. Ils s'avancèrent et s'arrêtèrent près de l'autel de bronze.
La gloire du Dieu d'Israël s'éleva au-dessus des kéroubim où elle reposait, et se dirigea vers le seuil de la maison du Seigneur. Alors le Seigneur appela l'homme vêtu de lin, portant à la ceinture un écritoire de scribe. Il lui dit : « Passe à travers la ville, à travers Jérusalem, et marque d'une croix au front ceux qui gémissent et qui se lamentent sur toutes les abominations qu'on y commet. »
Puis j'entendis le Seigneur dire aux autres : « Passez derrière lui à travers la ville et frappez ! N'ayez pas un regard de pitié, n'épargnez personne : vieillards et jeunes gens, jeunes filles, enfants, femmes, tuez-les, exterminez-les ! Mais tous ceux qui sont marqués au front, ne les touchez pas. Et commencez l'extermination par mon sanctuaire. » Ils commencèrent donc par les vieillards qui adoraient les idoles à l'entrée de la maison du Seigneur.
Le Seigneur ajouta : « Rendez impure cette maison, emplissez les cours de cadavres, et sortez ! » Ils sortirent donc et frappèrent à travers la ville.
Or, pendant qu'ils frappaient, j'étais resté seul. Je tombai face contre terre et je criai : « Ah ! Seigneur Dieu, vas-tu exterminer tout ce qui reste d'Israël en déversant ta fureur sur Jérusalem ? »
Il me dit : « La faute de la maison d'Israël et de Juda est grande, immense. Le pays est rempli de sang, la ville est pleine de perversité. Ils disent : "Le Seigneur a abandonné le pays, le Seigneur ne voit plus rien." Eh bien, moi, je n'aurai pas un regard de pitié, je n'épargnerai personne. Je ferai retomber leur conduite sur leur tête. »
Et voici que l'homme vêtu de lin, portant à la ceinture un écritoire, revint et rendit compte en ces termes : « J'ai fait comme tu me l'avais ordonné. »
J'ai vu : sur le firmament qui était au-dessus de la tête des kéroubim, on voyait, apparaissant sur eux comme une pierre de saphir dont la forme ressemblait à celle d'un trône.
Le Seigneur dit à l'homme vêtu de lin : « Entre par les espaces du cercle sous le kéroub, prends à pleines mains des braises ardentes par les espaces entre les kéroubim et répands-les sur la ville. » L'homme y entra sous mes yeux.
Les kéroubim se tenaient à droite de la maison lorsque l'homme entra, et la nuée remplissait la cour intérieure. La gloire du Seigneur s'éleva de dessus les kéroubim vers le seuil de la maison, la maison fut remplie de la nuée, et la cour était remplie par l'éclat de la gloire du Seigneur. Le bruit des ailes des kéroubim s'entendait jusque dans la cour extérieure, comme la voix du Dieu tout-puissant lorsqu'il parle.
Quand il ordonna à l'homme vêtu de lin : « Prends du feu par les espaces du cercle, par les espaces entre les kéroubim », l'homme y entra, il se tint près de la roue. Le kéroub étendit la main par les espaces entre les kéroubim, vers le feu qui est dans les espaces entre les kéroubim, et il en préleva et le mit dans la main de l'homme vêtu de lin. Celui-ci le saisit et sortit.
Alors apparut sous les ailes des kéroubim comme une main humaine. J'ai vu quatre roues près des kéroubim, une roue près de chaque kéroub. Les roues scintillaient comme une pierre de chrysolithe, toutes les quatre paraissaient avoir même forme, elles étaient comme imbriquées l'une dans l'autre. Quand ils avançaient, ils allaient dans les quatre directions, ils avançaient sans s'écarter, car ils avançaient du côté où était dirigée la tête, ils avançaient sans s'écarter. Tout leur corps, leur dos, leurs mains, leurs ailes, ainsi que les roues, étaient remplis de scintillements autour des quatre roues. À ces roues fut donné le nom de Galgal, c'est-à-dire cercle : je l'ai entendu.
Ils avaient chacun quatre faces : la première face était une face de kéroub, la deuxième une face d'homme, la troisième une face de lion et la quatrième une face d'aigle. Les kéroubim s'élevèrent : c'était le vivant que j'avais vu près du fleuve Kebar.
Quand les kéroubim avançaient, les roues avançaient à côté d'eux. Quand les kéroubim déployaient leurs ailes pour s'élever de terre, les roues ne s'écartaient pas mais demeuraient à côté d'eux. Quand ils s'arrêtaient, elles s'arrêtaient. Quand les kéroubim s'élevaient, elles s'élevaient avec eux : l'esprit du vivant était en elles.
Et la gloire du Seigneur quitta le seuil de la maison et s'arrêta au-dessus des kéroubim. Ceux-ci déployèrent leurs ailes, et je les vis partir en s'élevant de terre, et les roues avec eux. Ils s'arrêtèrent à l'entrée de la porte orientale de la maison du Seigneur. La gloire du Dieu d'Israël était au-dessus d'eux.
C'étaient les vivants que j'avais vus au-dessous du Dieu d'Israël, près du fleuve Kebar, et je reconnus que c'étaient des kéroubim. Chacun avait quatre faces et quatre ailes, et une forme de main humaine sous ses ailes. Leurs faces étaient semblables aux faces que j'avais vues près du fleuve Kebar. Tel était leur aspect, et chacun allait droit devant lui.
L'esprit me souleva et m'emmena jusqu'à la porte orientale de la maison du Seigneur, celle qui fait face à l'orient. À l'entrée de la porte, il y avait vingt-cinq hommes, parmi lesquels je vis Yaazanya, fils d'Azzour, et Pelatyahou, fils de Benayahou, des princes du peuple.
Il me dit : « Fils d'homme, ces hommes-là préparent leurs mauvais coups, conseillent le mal dans cette ville. "On n'est pas près de bâtir des maisons, disent-ils, voici la marmite et nous sommes la viande." C'est pourquoi prophétise contre eux, prophétise, fils d'homme. »
Et l'esprit du Seigneur tomba sur moi, et il me dit : « Parle. Ainsi parle le Seigneur : c'est ainsi que vous avez parlé, maison d'Israël. Ce qui vous monte à l'esprit, moi, je le connais. Ah ! elles sont nombreuses dans cette ville, vos victimes, elles remplissent les rues. C'est pourquoi, ainsi parle le Seigneur Dieu : vos victimes, que vous avez mises au milieu de la ville, ce sont elles la viande, et c'est elle la marmite. Quant à vous, je vous en ferai sortir. L'épée, vous la craignez ; l'épée, je la ferai venir contre vous — oracle du Seigneur Dieu. Je vous ferai sortir de la ville, je vous livrerai aux mains des étrangers, et de vous je ferai justice. Vous tomberez par l'épée ; sur le territoire d'Israël, je vous jugerai, alors vous saurez que je suis le Seigneur. Cette ville ne sera pas pour vous une marmite, et dedans vous ne serez pas comme de la viande : c'est sur le territoire d'Israël que je vous jugerai, alors vous saurez que je suis le Seigneur, dont vous n'avez pas suivi les décrets ni observé les coutumes, mais vous avez observé les coutumes des peuples qui vous entourent. »
Or, comme je prophétisais, Pelatyahou, fils de Benayahou — c'est-à-dire « rescapé de Dieu » — mourut. Alors je tombai face contre terre et criai d'une voix forte : « Ah ! Seigneur Dieu, vas-tu exterminer le reste d'Israël ? »
Alors la parole du Seigneur me fut adressée : « Fils d'homme, c'est à chacun de tes frères, à tes parents et à toute la maison d'Israël que les habitants de Jérusalem disent : "Restez loin du Seigneur, c'est à nous que le pays fut donné en possession."
C'est pourquoi tu diras : ainsi parle le Seigneur Dieu : oui, je les ai éloignés parmi les nations, oui, je les ai dispersés dans les pays étrangers, mais j'ai été pour eux comme un sanctuaire dans les pays où ils sont allés.
Ainsi parle le Seigneur Dieu : je vous rassemblerai du milieu des peuples, je vous réunirai de tous les pays où vous avez été dispersés, puis je vous donnerai la terre d'Israël. Ils y entreront, ils en supprimeront toutes les horreurs et toutes les abominations. Et je leur donnerai un cœur loyal, je mettrai en eux un esprit nouveau, j'enlèverai de leur chair le cœur de pierre et je leur donnerai un cœur de chair, afin qu'ils suivent mes décrets, qu'ils gardent mes coutumes et qu'ils les observent. Alors ils seront mon peuple, et moi, je serai leur Dieu. Quant à ceux dont le cœur s'est attaché aux horreurs et aux abominations, je ferai retomber leur conduite sur leur tête — oracle du Seigneur Dieu. »
Les kéroubim levèrent leurs ailes, et les roues étaient auprès d'eux. La gloire du Dieu d'Israël était au-dessus d'eux. La gloire du Seigneur s'éleva du milieu de la ville et s'arrêta sur la montagne qui est à l'est de la ville.
L'esprit me souleva et m'emmena chez les Chaldéens, vers les exilés. Ce fut en vision, dans l'esprit de Dieu. Et au-dessus de moi s'éleva la vision que j'avais vue. Je racontai aux exilés tout ce que le Seigneur m'avait fait voir.
Proverbes 11,6-10
La justice des honnêtes gens les rendra libres, les fourbes restent prisonniers de leur convoitise.
À la mort du méchant, son espoir périt : peines perdues que de compter sur les richesses.
Le juste est tiré de l'angoisse, un méchant y tombe à sa place.
Par sa langue, l'impie détruit son voisin, les justes le savent et se tirent d'affaire.
Le succès des justes réjouit la cité, mais la perte des méchants fait exploser sa joie.
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