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Livre de · 48 chapitres

Ézéchiel

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Ézéchiel 9, 1 – 10, 22
AELF · Bible liturgique

1 Puis il cria d'une voix forte à mes oreilles: Approchez, vous qui devez châtier la ville, chacun son instrument de destruction à la main!
2 Et voici, six hommes arrivèrent par le chemin de la porte supérieure du côté du septentrion, chacun son instrument de destruction à la main. Il y avait au milieu d'eux un homme vêtu de lin, et portant une écritoire à la ceinture. Ils vinrent se placer près de l'autel d'airain.
3 La gloire du Dieu d'Israël s'éleva du chérubin sur lequel elle était, et se dirigea vers le seuil de la maison; et il appela l'homme vêtu de lin, et portant une écritoire à la ceinture.
4 L'Éternel lui dit: Passe au milieu de la ville, au milieu de Jérusalem, et fais une marque sur le front des hommes qui soupirent et qui gémissent à cause de toutes les abominations qui s'y commettent.
5 Et, à mes oreilles, il dit aux autres: Passez après lui dans la ville, et frappez; que votre oeil soit sans pitié, et n'ayez point de miséricorde!
6 Tuez, détruisez les vieillards, les jeunes hommes, les vierges, les enfants et les femmes; mais n'approchez pas de quiconque aura sur lui la marque; et commencez par mon sanctuaire! Ils commencèrent par les anciens qui étaient devant la maison.
7 Il leur dit: Souillez la maison, et remplissez de morts les parvis!... Sortez!... Ils sortirent, et ils frappèrent dans la ville.
...
18 La gloire de l'Éternel se retira du seuil de la maison, et se plaça sur les chérubins.
19 Les chérubins déployèrent leurs ailes, et s'élevèrent de terre sous mes yeux quand ils partirent, accompagnés des roues. Ils s'arrêtèrent à l'entrée de la porte de la maison de l'Éternel vers l'orient; et la gloire du Dieu d'Israël était sur eux, en haut.
20 C'étaient les animaux que j'avais vus sous le Dieu d'Israël près du fleuve du Kebar, et je reconnus que c'étaient des chérubins.
21 Chacun avait quatre faces, chacun avait quatre ailes, et une forme de main d'homme était sous leurs ailes.
22 Leurs faces étaient semblables à celles que j'avais vues près du fleuve du Kebar; c'était le même aspect, c'était eux-mêmes. Chacun marchait droit devant soi.

Ézéchiel 9, 1 – 10, 22
Commentaire

DU LIVRE D'EZECHIEL

Commentaire

1. Situation

Ezéchiel a prêché durant l'exil des déportés du royaume de Juda à Babylone, à une période des plus dramatiques de l'histoire d'Israël. Emmené en exil avec les premiers déportés de 598, donc avant la ruine de Jérusalem et le second départ en exil un peu plus de 10 ans plus tard, il y a prêché des années 593 à environ 571.

Son livre se développe en trois grandes parties : - des oracles de jugement (1, 1 - 24, 27), - des oracles contre les nations étrangères (25, 1 - 32, 32), des oracles de restauration (33, 1 - 48, 35), parmi lesquels les derniers chapitres (40, 1 - 48, 35) concernent le nouveau Temple et le nouveau Culte à Jérusalem.

Ezéchiel est connu pour la puissance de ses visions, particulièrement celle de son appel prophétique, également par ses mimes prophétiques, autant que par son insistance sur la fidélité à l'Alliance conclue avec Dieu, son sens de la grandeur, de la sainteté et de la fidélité de Yahvé-Dieu, et des exigences de la vie morale et de l'exercice du culte authentique à rendre à Dieu

2. Message

Ce passage au contenu de violence et de sang est la description d'une nouvelle vision du prophète Ezéchiel en exil, vision concernant le sort prochain de Jérusalem, dont le roi vassal mis en place par Nabuchodonosor lors de la 1ère conquête et de la 1ère déportation va se révolter et entraîner, avec une seconde déportation, la destruction totale du Temple et de la Ville Sainte.

Derrière cette attitude politique se trouve dénoncé un refus de servir Yahvé le Dieu d'Israël qui avait appelé son peuple à témoigner de lui dans le cadre et les conditions d'une Alliance qui demandait au peuple une attitude de sainteté et de fidélité au Véritable Dieu unique, dans le concert des nations, ce qui n'était plus le cas à l'époque de l'exil où le peuple avait perdu le sens de sa vocation particulière et détourné le culte de Yahvé vers un culte idolâtrique tous azimuths.

Dans sa vision, qui avait commencé bien avant notre passage et qui se continue bien après, Ezéchiel voit la gloire de Yahvé quitter le Temple où elle demeurait, en raison de cette infidélité et de cette idolâtrie du peuple. Ce qui signifie que Dieu ne protège plus son peuple, proclame l'inutilité de ce Temple profané, et abandonne le royaume de Juda et Jérusalem au châtiment qu'ils ont ainsi choisi et mérité.

Néanmoins, ceux qui sont restés fidèles à Yahvé seront épargnés.

3. Decouvertes

Ce passage est un extrait d'une longue vision sur la profanation du Temple et son abandon par Dieu, dont Ezéchiel fait l'expérience, vision qui nous est rapportée dans son Livre, des chapitres 8, 5 à 11, 25.

Cette vision survient à Ezéchiel alors qu'il est assis chez lui, en exil, avec des anciens de Juda, c'est-à-dire un groupe de Juifs crioyants, déportés comme lui, qui le reconnaissent comme prophète, et par lui viennent consulter le Seigneur..

En cette occasion, Ezéchiel fait de nouveau l'expérience de la "main de Dieu sur lui" d'une façon semblable à ce qu'il avait vécu lors de sa grande vision inaugurale relatée au chapitre 1.

Dans cette vision il est "happé", saisi à l'intérieur de ce qui se déroule sous ses yeux, jusqu'à faire partie en quelque sorte de la vision elle-même et se trouver, ainsi en vision, emmené au Temple très lointain de Jérusalem, où le Seigneur lui fait constater toutes les abominations sacrilèges et idolâtres qui s'y déroulent, au-delà de l'imaginable, jusqu'à des célébrations où les gens tournent le dos au Seigneur pour adorer le Soleil.

Tous les cultes païens, qu'ils soient cananéens, mésopotamiens ou égyptiens (suite, peut-être pour ces derniers, à une incursion victorieuse du pharaon Ptomélée d'Egypte en Palestine, en fin 592, c'est-à-dire à peu près à l'époque à laquelle l'on date la présente vision d'Ezéchiel), tous ces cultes donc sont présentés comme rassemblés et célébrés dans le Temple du Dieu d'Israël, au mépris suprême de ce dernier.

Ce qui explique "logiquement" la colère de Yahvé, et son envoi de 7 "bourreaux" massacreurs de tous ceux qui n'ont pas été marqués comme étant demeurés fidèles au Seigneur. Bien sûr cette extermination, décrite en vision, est une expression symbolique, à ne pas prendre à la lettre, du jugement de Dieu, bien qu'elle semble revêtue de l'efficacité de la Parole prophétique pour signifier que le destin de Jérusalem est désormais scellé.

De fait, Jérusalem sera détruite totalement, ainsi que le Temple, par l'armée de Nabuchodonosor après un siège épuisant pour les habitants restés dans la Ville Sainte.

Le char de feu de la Gloire de Yahvé, avec ses 4 Vivants "chérubins", déjà décrits au chapitre 1, réapparaît après le massacre pour indiquer que la Gloire de Yahvé, qui habitait dans le Saint des Saints du Temple, et qui s'était déjà déplacée jusqu'au seuil du Temple, monte sur ce char de lumière et de feu et se prépare à quitter tout-à-fait le Temple.

4. Prolongement

Que penser aujourd'hui, après la mission, la mort et la résurrection de Jésus Christ, d'une pareille vision et de son contenu si violent ?

A lire le Nouveau Testament, il et clair que, d'une part, Jésus a été le prophète de l'accueil des pécheurs publics des rejetés et des petits en tous genres, de la miséricorde sans limites, de la non-violence et du pardon, et que, d'autre part, il a manifesté les exigences illimtées de la vérité à faire et à suivre, avec les conséquences de jugement qui sont attachées à notre réponse.

Si Jésus a évoqué des images eschatologiques, et apocalyptiques, telles celles de la "géhene de feu" ou de ce que l'on a appelé ensuite "l'enfer", il s'est d'abord situé au niveau de la foi-confiance qu'il attend de nous, et qui nous sauve dès que nous nous tournons vers lui, il a toujours fait de la miséricorde incommensurable de Dieu son dernier mot, et c'est cette vision de messie serviteur qui pardonne, et qui met l'homme au dessus de la "Loi" ou du "Sabbat" qui l'a conduit à être rejeté jusqu'à en mourir sur une croix comme un malfaiteur.

Relisons quelques unes de ses paroles et quelques lignes de Paul qui situent au mieux ce qu'il appelle le "jugement" de Dieu :

Jean

5.22 Le Père ne juge personne, mais il a remis tout jugement au Fils,

5.23 afin que tous honorent le Fils comme ils honorent le Père. Celui qui n'honore pas le Fils n'honore pas le Père qui l'a envoyé.

5.24 En vérité, en vérité, je vous le dis, celui qui écoute ma parole, et qui croit à celui qui m'a envoyé, a la vie éternelle et ne vient point en jugement, mais il est passé de la mort à la vie.

1 Corinthiens

3.11 Car personne ne peut poser un autre fondement que celui qui a été posé, savoir Jésus Christ.

3.12 Or, si quelqu'un bâtit sur ce fondement avec de l'or, de l'argent, des pierres précieuses, du bois, du foin, du chaume, l'oeuvre de chacun sera manifestée;

3.13 car le jour la fera connaître, parce qu'elle se révèlera dans le feu, et le feu éprouvera ce qu'est l'oeuvre de chacun.

3.14 Si l'oeuvre bâtie par quelqu'un sur le fondement subsiste, il recevra une récompense.

3.15 Si l'oeuvre de quelqu'un est consumée, il perdra sa récompense; pour lui, il sera sauvé, mais comme au travers du feu.

Prière

*Seigneur Jésus, tu es venu nous proposer, comme une grâce absolument gratuite de Dieu, le pardon, la miséricorde et la réconciliation que le Père nous offre par toi en nous invitant à partager sa vie divine : aide-moi par ton Esprit Saint qui demeure en moi et te rend présent au coeur de ma vie, à tirer toutes les conséquences de cette réconciliation et du pardon que je reçois sans cesse de toi, en me tournant vers mes frères et soeurs comme tu t'es tourné vers moi. AMEN.

11.08.2004.*