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Jour 200 ☼ — Israël, vigne brûlée et épouse infidèle

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Résumé : Cet épisode ouvre une nouvelle partie du livre d'Ézéchiel, celle des oracles regroupés autour des mêmes années d'exil. Le frère Paul-Adrien lit d'abord le chant de la vigne : un bois mort qui ne sert à rien, sinon à être jeté au feu — image d'Israël qui a rejeté son Dieu. Il lit ensuite le long chapitre 16, l'allégorie de Jérusalem enfant abandonnée, recueillie, parée par Dieu, puis devenue prostituée effrénée, d'une crudité telle que son usage liturgique en était interdit. Les lectures étant longues, il n'y a pas de commentaire : l'épisode se termine par quelques versets des Proverbes.

Introduction

Notre secours est dans le nom du Seigneur, qui a fait le ciel et la terre.

On commence dans Ézéchiel une nouvelle partie, tous ces oracles qui sont situés autour de la même période historique, sixième, neuvième année du roi Joakin, et ils ont ceci de particulier que… ils sont magnifiques. Vous allez voir, c'est très très beau.

On va commencer avec un chant sur une vigne. La vigne, c'est l'image de la plénitude de vie, ici. Sauf que là, elle est morte, elle ne sert plus à rien, et la question, c'est : à quoi peut servir une vigne qui est morte ? Alors on prend les morceaux de bois, on essaye d'en faire quelque chose, et en fait, on s'aperçoit que la seule chose qui peut permettre d'utiliser du bois mort, c'est de le brûler. À quoi sert Israël, quand elle a rejeté Dieu ? À rien. Sinon à manifester la colère de Dieu et son jugement.

Ensuite, chapitre 16, l'image de l'épouse nymphomaniaque. Exactement. Vous verrez, il y a une telle crudité là-dedans que l'usage liturgique en était interdit. Donc j'allais dire « bonne écoute »… je ne sais pas si là, c'est très approprié. En tout cas, ça vous rappelle qu'Ézéchiel, c'est quand même à part dans tout le reste de la prophétie.

Les lectures sont longues, je n'aurai pas le temps de faire un commentaire après. Rassurez-vous, ce n'est pas comme si jamais vous n'alliez pas comprendre. Ézéchiel, chapitres 15 et 16.

Lecture : Ézéchiel 15-16

La parole du Seigneur me fut adressée : « Fils d'homme, pour quelle raison le bois de la vigne vaudrait-il mieux que tous les autres bois ? Pourquoi ses branches seraient-elles meilleures que celles des arbres de la forêt ? En tire-t-on du bois pour en faire un ouvrage ? En tire-t-on une cheville pour y suspendre un objet ? Voilà qu'on le jette au feu pour le consumer. Le feu consume ses deux extrémités, et le milieu est brûlé. Peut-il servir à quelque ouvrage ? Déjà, lorsqu'il était intact, on n'en faisait nul ouvrage. Pourrait-on encore en faire quelque ouvrage ? »

C'est pourquoi, ainsi parle le Seigneur Dieu : « Comme je jette au feu le bois de la vigne, pour le consumer de préférence au bois de la forêt, ainsi je jette au feu les habitants de Jérusalem. Je porte mon regard sur eux. Ils sont sortis du feu, mais le feu les consumera. Alors vous saurez que je suis le Seigneur, quand j'aurai posé mon regard sur eux. Je ferai de ce pays un lieu désolé, à cause de l'infidélité qu'ils ont commise, oracle du Seigneur Dieu. »

La parole du Seigneur me fut adressée : « Fils d'homme, fais connaître à Jérusalem ses abominations. Tu diras : Ainsi parle le Seigneur Dieu à Jérusalem : Par tes origines et ta naissance, tu es du pays de Canaan. Ton père était un Amorite et ta mère une Hittite.

À ta naissance, le jour où tu es née, on ne t'a pas coupé le cordon, on ne t'a pas plongée dans l'eau pour te nettoyer, on ne t'a pas frottée de sel ni enveloppée de linge. Aucun regard de pitié pour toi, personne. Personne pour te donner le moindre de ces soins par compassion. On t'a jetée en plein champ, avec dégoût, le jour de ta naissance.

Je suis passé près de toi et je t'ai vue te débattre dans ton sang. Quand tu étais dans ton sang, je t'ai dit : Je veux que tu vives. Je t'ai fait croître comme l'herbe des champs. Tu as poussé, tu as grandi, tu es devenue femme. Ta poitrine s'est formée, ta chevelure s'est développée, mais tu étais complètement nue.

Je suis passé près de toi et je t'ai vue : tu avais atteint l'âge des amours. J'étendis sur toi le pan de mon manteau et je couvris ta nudité. Je me suis engagé envers toi par serment, je suis entré en alliance avec toi, oracle du Seigneur Dieu. Et tu as été à moi.

Je t'ai plongée dans l'eau, je t'ai nettoyée de ton sang, je t'ai parfumée avec de l'huile. Je t'ai revêtue d'habits chamarrés, je t'ai chaussée de souliers en cuir fin, je t'ai donné une ceinture de lin précieux, je t'ai couverte de soie. Je t'ai parée de joyaux : des bracelets à tes poignets, un collier à ton cou, un anneau à ton nez, des boucles à tes oreilles, et sur ta tête un diadème magnifique. Tu étais parée d'or et d'argent, vêtue de lin précieux, de soie et d'étoffes chamarrées. La fleur de farine, le miel et l'huile étaient ta nourriture. Tu devins de plus en plus belle, et digne de la royauté. Ta renommée se répandit parmi les nations à cause de ta beauté, car elle était parfaite grâce à ma splendeur dont je t'avais revêtue, oracle du Seigneur Dieu.

Mais tu t'es fiée à ta beauté. Tu t'es prostituée en usant de ta renommée. Tu as prodigué tes faveurs à tout passant. Tu as été à n'importe qui. Tu as pris de tes vêtements, tu as fait des lieux sacrés aux riches couleurs, et tu t'y es prostituée. Mais cela ne s'était jamais fait et ne se fera plus.

Tu as pris tes bijoux d'or et d'argent que je t'avais donnés, et tu t'es fabriqué des idoles masculines, et tu t'es prostituée avec elles. Tu as pris tes vêtements chamarrés et tu les en as recouvertes. Mon huile et mon encens, tu les as déposés devant elles. Mon pain que je t'ai donné, la fleur de farine, l'huile et le miel dont je te nourrissais, tu les as déposés devant elles en parfum d'apaisement. Ainsi, oracle du Seigneur Dieu.

Tu as pris tes fils et tes filles que tu m'avais enfantés, et tu les as sacrifiés pour qu'elles s'en nourrissent. Était-ce donc trop peu que ta prostitution ? Tu as égorgé mes fils et tu les as livrés en les faisant passer par le feu pour elles. Dans toutes tes abominations et toutes tes prostitutions, tu ne t'es pas souvenue des jours de ta jeunesse, quand tu étais complètement nue et que tu te débattais dans ton sang.

Et après tant de méchanceté — quel malheur, quel malheur pour toi, oracle du Seigneur Dieu — tu t'es bâti un podium, tu t'en es fait une estrade sur toutes les places. À l'entrée de chaque chemin, tu t'es construit une estrade pour y souiller ta beauté et livrer ton corps à tout passant. Et ainsi tu as multiplié tes prostitutions.

Tu t'es prostituée aux fils d'Égypte, tes voisins au corps puissant. Tu as multiplié tes prostitutions au point de provoquer mon indignation. Voici donc que j'ai étendu la main contre toi. Je t'ai coupé les vivres. Je t'ai livrée à la merci de tes ennemis, les filles des Philistins, déshonorées elles-mêmes par ta conduite de débauchée.

Et tu t'es prostituée aux fils d'Assour, faute d'être rassasiée. Tu t'es prostituée à eux et tu n'as pas été davantage rassasiée. Alors tu as multiplié tes prostitutions au pays des marchands, chez les Chaldéens, et cette fois encore tu n'as pas été rassasiée.

Comme ton cœur était lâche, oracle du Seigneur Dieu, quand tu faisais tout cela, agissant comme une prostituée effrénée, te bâtissant un podium à l'entrée de chaque chemin, quand tu te faisais une estrade sur toutes les places, tu n'as même pas agi comme une prostituée, car tu dédaignais le salaire.

La femme adultère, au lieu de son mari, prend des étrangers. À toutes les prostituées, on fait des cadeaux, mais c'est toi qui faisais des cadeaux à tous tes amants. C'est toi qui les payais pour qu'ils viennent vers toi, de tous côtés, se prostituer avec toi. Toi, tu as fait le contraire de ce qu'ont fait les prostituées. On ne courait pas après toi, on ne te donnait pas de salaire. C'est toi, au contraire, qui en donnais.

Eh bien, prostituée, écoute la parole du Seigneur. Ainsi parle le Seigneur Dieu : Puisque ton argent a été dilapidé et ta nudité dévoilée dans tes prostitutions avec tes amants, avec toutes tes idoles immondes, abominables, et à cause du sang de tes fils que tu leur as livrés, eh bien, voici que je rassemble tous tes amants à qui tu as plu, tous ceux que tu as aimés comme tous ceux que tu as haïs. De tous côtés, je les rassemble contre toi, et je dévoile ta nudité devant eux, et ils voient toute ta nudité.

Ils infligent le châtiment des femmes adultères et des femmes sanguinaires. Je répands ton sang avec fureur et jalousie. Je te livre entre leurs mains. Ils nivelleront ton podium et démoliront tes estrades. Ils t'arracheront tes vêtements et te prendront tes bijoux. Ils te laisseront complètement nue. Puis ils dresseront l'assemblée contre toi. Ils te lapideront et, de leur épée, te démembreront. Ils incendieront tes maisons. Ils feront justice de toi, sous les yeux d'une multitude de femmes. Je mettrai fin à ta vie de prostituée. Tu ne pourras même plus donner de salaire. J'assouvirai ma fureur contre toi, puis ma jalousie se détournera de toi. Je m'apaiserai, je ne serai plus irrité.

Parce que tu ne t'es plus souvenue des jours de ta jeunesse et que tu m'as provoqué par ta conduite, voici qu'à mon tour je la fais retomber sur ta tête, oracle du Seigneur Dieu. N'as-tu pas pratiqué la débauche avec toutes tes abominations ?

Tous les faiseurs de proverbes en diront un à ton sujet : Telle mère, telle fille. Tu es bien la fille de ta mère, qui détestait son mari et ses fils. Tu es bien la sœur de tes sœurs, qui ont détesté leur mari et leurs fils. Votre mère était une Hittite, et votre père un Amorite. Ta sœur aînée, c'est Samarie, qui habite à ta gauche avec ses filles. Ta sœur cadette, c'est Sodome, qui habite à ta droite avec ses filles.

Il n'a pas suffi que tu imites leur conduite, ni que tu commettes leurs abominations : tu t'es montrée plus corrompue qu'elles dans toute ta conduite. Par ma vie, oracle du Seigneur Dieu, ta sœur Sodome et ses filles n'en ont pas fait autant que toi et tes filles.

Voici quelle fut la faute de Sodome, ta sœur : orgueil, voracité, insouciance désinvolte. Oui, telles furent ses fautes et celles de ses filles. Elles ne fortifiaient pas la main du pauvre et du malheureux. Elles ont été pleines d'orgueil et ont commis devant moi ce qui est abominable. C'est pourquoi je les ai rejetées, comme tu l'as vu.

Quant à Samarie, elle n'a pas commis la moitié de tes péchés. Tu as multiplié bien plus qu'elle tes abominations. Tes sœurs, tu les as fait paraître justes par toutes les abominations que toi tu as commises. À ton tour, porte ton déshonneur, toi qui as innocenté tes sœurs. Tes péchés, qui t'ont rendue plus abominable qu'elles, les font paraître plus justes que toi. Sois donc pleine de honte et porte ton déshonneur, toi qui fais paraître justes tes sœurs.

Je changerai leur destinée, la destinée de Sodome et de ses filles, la destinée de Samarie et de ses filles. Et puis je changerai ta propre destinée au milieu d'elles, pour que tu portes ton déshonneur et que tu sois déshonorée par tout ce que tu as fait. Et c'est ainsi que tu les consoleras. Tes sœurs, Sodome et ses filles, reviendront à leur état ancien. Samarie et ses filles reviendront à leur état ancien. Toi et tes filles, vous reviendrez à votre état ancien.

De Sodome, ta sœur, n'as-tu pas fait des gorges chaudes au jour de ton orgueil, avant que soit découverte ta méchanceté ? Comme elle, tu es maintenant l'objet de la raillerie des fils d'Aram, de toutes celles d'alentour et des filles des Philistins qui te narguent de partout. Tu portes le poids de ta débauche et de tes abominations, oracle du Seigneur.

Car ainsi parle le Seigneur Dieu : Je vais agir avec toi comme tu as agi, toi qui as méprisé le serment et rompu l'alliance. Cependant, moi, je me ressouviendrai de mon alliance, celle que j'ai conclue avec toi au temps de ta jeunesse, et j'établirai pour toi une alliance éternelle. Tu te souviendras de ta conduite et tu seras déshonorée quand tu recueilleras tes sœurs, tes aînées et tes cadettes, c'est-à-dire Sodome et Samarie, et quand je te les donnerai pour filles, sans que cela découle de ton alliance. Moi, je rétablirai mon alliance avec toi, alors tu sauras que je suis le Seigneur. Alors tu te souviendras, tu seras couverte de honte. Dans ton déshonneur, tu n'oseras même plus ouvrir la bouche, quand je te pardonnerai tout ce que tu as fait, oracle du Seigneur Dieu. »

Proverbes 11,21-25

Promis, juré : le malfaiteur ne restera pas impuni, mais c'est la race des justes qui sera sauvée.

Comme l'anneau d'or au groin d'un pourceau, une jolie femme dépourvue de tact.

Les justes n'ont qu'un désir : le bien. Pour les méchants, rien d'autre à espérer que la colère.

Telle est prodigue et s'enrichit encore, telle autre, économe à l'excès, n'y gagne que misère.

Une personne généreuse deviendra prospère, qui donne à boire sera lui-même désaltéré.


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