Jour 201 ☼ — Le juste vivra par sa fidélité
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Résumé : Le frère Paul-Adrien poursuit les visions et les chants « chamanistiques » d'Ézéchiel, en assumant l'étrangeté du prophète aux yeux de ses contemporains. Faute de temps, il n'y a pas de commentaire aujourd'hui : il présente simplement les trois chapitres lus. Le chapitre 17 déroule l'allégorie des deux aigles et de la vigne, qui s'achève sur une prophétie messianique du rameau planté par Dieu sur la haute montagne. Le chapitre 18, très célèbre, affirme le primat de la responsabilité individuelle : « Celui qui a péché, c'est lui qui mourra. » Le chapitre 19 est une lamentation sur deux lionceaux, figures du roi du Nord et du roi de Juda.
Introduction
Notre secours est dans le nom du Seigneur qui a fait le ciel et la terre.
On continue les visions et les chants chamanistiques d'Ézéchiel. Peut-être que ça vous chagrine que j'utilise ce mot, mais je voudrais quand même rendre à Ézéchiel ce qu'il est vraiment : cet aspect excentrique, ce côté un peu sorcier, magicien de l'ombre, qui reste, rassurez-vous, parfaitement biblique, parfaitement dans la ligne droite du monothéisme. Mais je voudrais lui rendre l'étrangeté qu'il avait aux yeux de ses propres contemporains.
La vie étant mal faite et les lectures longues, à nouveau, je ne pourrai pas faire de commentaire. Alors, avant que vous râliez, mes petits bichons, pour me dire : « Oui, scandale, tromper sur la marchandise, le frère Paul-Adrien ne commente plus » — je me suis cassé la tête pour Ézéchiel, pour essayer de tout répartir. Mais vous ne pouvez pas savoir, je vous jure, je vous jure que j'ai passé trois semaines à essayer de résoudre mon problème. Donc faites-moi confiance, c'est pour le mieux comme ça.
Chapitre 17 : l'allégorie des deux aigles ; le nouveau rameau qui sera planté sur une montagne est déjà une prophétie messianique. Chapitre 18 : extrêmement connu, le primat de la responsabilité individuelle. Et chapitre 19 : une lamentation sur deux lionceaux qui représentent le roi du Nord et le roi de Juda.
Allez, bonne écoute.
Lecture : Ézéchiel 17-19
La parole du Seigneur me fut adressée : « Fils d'homme, propose une énigme et raconte une parabole à la maison d'Israël. Tu leur diras : Ainsi parle le Seigneur Dieu : Le grand aigle, aux grandes ailes, à l'envergure immense, au plumage épais et chamarré, vint au Liban. Il s'empara de la cime du cèdre, cueillit le sommet de sa ramure. Il l'emporta au pays des marchands et, dans une ville de trafiquants, le déposa. Puis il prit une des semences du pays, la mit dans un champ prêt aux semailles, au bord des eaux abondantes. Telle une pousse de saule, il la planta. Elle devint une vigne florissante à taille basse, tournant ses pampres vers l'aigle. C'était une vigne : elle donna des sarments et lança des branches.
Il y eut encore un grand aigle, aux grandes ailes, au plumage abondant. Et voici que cette vigne dirigea vers lui ses racines et vers lui tendit ses pampres, pour qu'il l'arrose, loin des terrasses où elle était plantée. C'est dans un champ fertile, au bord des eaux abondantes, qu'elle était plantée, pour produire des rameaux, porter du fruit, devenir une vigne magnifique.
Tu diras : Ainsi parle le Seigneur Dieu : Réussira-t-elle ? L'aigle ne va-t-il pas arracher ses racines, ôter son fruit pour qu'il sèche ? Ses pousses cueillies sécheront toutes. Nul besoin d'un bras puissant ni d'un peuple nombreux pour la déraciner. La voici plantée : réussira-t-elle ? Dès que l'atteindra le vent d'Est, ne va-t-elle pas se déraciner ? Sur la terrasse même où elle poussait, elle séchera. »
La parole du Seigneur me fut adressée : « Parle donc à l'engeance de rebelles : Ne savez-vous pas ce que cela signifie ? Tu diras : Voici que le roi de Babylone est venu à Jérusalem. Il a enlevé son roi et ses princes, il les a emmenés chez lui, à Babylone. Il a pris quelqu'un de souche royale et a conclu une alliance avec lui, il lui a fait prêter serment, après avoir enlevé les puissants du royaume, pour que le royaume reste modeste, sans s'élever, qu'il garde son alliance et qu'elle subsiste. Mais ce prince s'est révolté contre lui : il a envoyé des messagers en Égypte pour se faire donner des chevaux et un grand nombre de soldats. Réussira-t-il ? En réchappera-t-il, celui qui a fait cela ? Il a rompu l'alliance, et il en réchapperait ?
Par ma vie, oracle du Seigneur Dieu, là où réside le roi qui l'a fait régner, dont il a méprisé le serment et rompu l'alliance, c'est là, en plein milieu de Babylone, qu'il mourra. Avec sa grande armée, avec ses troupes nombreuses, Pharaon ne pourra agir en sa faveur lors de la guerre, quand on élèvera un remblai et que l'on bâtira des retranchements pour retrancher tant de vies humaines. Il a méprisé le serment et rompu son alliance ; pourtant, il lui avait donné la main, et il a fait tout cela : il n'en réchappera pas.
C'est pourquoi, ainsi parle le Seigneur Dieu : Par ma vie, mon serment qu'il a méprisé, mon alliance qu'il a rompue, je les ferai retomber sur sa tête. J'étendrai sur lui mon filet et il sera pris au piège. Je l'emmènerai à Babylone : là-bas, j'entrerai en jugement contre lui à cause de son infidélité envers moi. Et toute son élite, celle de tous ses bataillons, elle tombera par l'épée. Et ceux qui resteront seront éparpillés à tous les vents. Alors vous saurez que je suis le Seigneur : j'ai parlé.
Ainsi parle le Seigneur Dieu : À la cime du grand cèdre, je prendrai une tige ; au sommet de sa ramure, j'en cueillerai une toute jeune, et je la planterai moi-même sur une montagne très élevée : sur la haute montagne d'Israël, je la planterai. Elle portera des rameaux et produira du fruit, elle deviendra un cèdre magnifique. En dessous d'elle habiteront tous les passereaux et toutes sortes d'oiseaux ; à l'ombre de ses branches, ils habiteront. Alors tous les arbres des champs sauront que je suis le Seigneur : je renverse l'arbre élevé et relève l'arbre renversé, je fais sécher l'arbre vert et reverdir l'arbre sec. Je suis le Seigneur, j'ai parlé et je le ferai. »
La parole du Seigneur me fut adressée : « Qu'avez-vous donc, dans le pays d'Israël, à répéter ce proverbe : "Les pères mangent du raisin vert, mais ce sont les dents des fils qui en sont irritées" ? Par ma vie, oracle du Seigneur Dieu, vous n'aurez plus à répéter ce proverbe en Israël. En effet, toutes les vies m'appartiennent : la vie du père aussi bien que celle du fils, elles m'appartiennent. Celui qui a péché, c'est lui qui mourra.
L'homme qui est juste, qui observe le droit et la justice, qui ne va pas au festin sur les montagnes, ne lève pas les yeux vers les idoles immondes de la maison d'Israël, ne rend pas impure la femme de son prochain, ne s'approche pas d'une femme en état de souillure ; l'homme qui n'exploite personne, qui restitue ce qu'on lui a laissé en gage, ne commet pas de fraude, donne son pain à celui qui a faim et couvre d'un vêtement celui qui est nu ; l'homme qui ne prête pas à intérêt, ne pratique pas l'usure, qui détourne sa main du mal, tranche équitablement entre deux adversaires, qui marche selon mes décrets et observe mes ordonnances pour agir avec vérité — un tel homme est juste : c'est certain, il vivra, oracle du Seigneur Dieu.
Mais si cet homme a un fils violent et sanguinaire, coupable d'une de ces fautes, alors que lui n'en a commise aucune ; un fils qui, de plus, va au festin sur les montagnes et rend impure la femme de son prochain, qui exploite le pauvre et le malheureux, qui commet des fraudes, ne restitue pas un gage, lève les yeux vers les idoles immondes et se livre à l'abomination, qui prête à intérêt et pratique l'usure — ce fils-là vivra-t-il ? Il ne vivra pas. Il s'est livré à toutes ces abominations : il sera mis à mort, son sang retombera sur lui.
Mais voici : un homme a un fils qui voit tous les péchés qu'a commis son père ; il les voit sans les imiter. Il ne va pas au festin sur les montagnes, ne lève pas les yeux vers les idoles immondes de la maison d'Israël, ne rend pas impure la femme de son prochain, il n'exploite personne, ne prend pas de gage, ne commet pas de fraude, donne son pain à celui qui a faim et couvre d'un vêtement celui qui est nu, il détourne sa main du mal, ne prélève pas d'intérêt, ne pratique pas l'usure, il accomplit mes ordonnances et marche selon mes décrets. Eh bien, ce fils-là ne mourra pas à cause des fautes de son père : c'est certain, il vivra. Mais son père, s'il a pratiqué la violence, commis des fraudes et n'a pas bien agi au milieu de son peuple, il mourra en raison de sa faute.
Or vous, vous dites : "Pourquoi le fils ne porte-t-il pas la faute de son père ?" Le fils a pratiqué le droit et la justice, il a observé tous mes décrets et les a pratiqués : c'est certain, il vivra. Celui qui a péché, c'est lui qui mourra. Le fils ne portera pas la faute de son père, ni le père la faute de son fils. La justice sera la part du juste, la méchanceté celle du méchant.
Mais le méchant, s'il se détourne de tous les péchés qu'il a commis, s'il observe tous mes décrets, s'il pratique le droit et la justice, c'est certain, il vivra : il ne mourra pas. On ne se souviendra d'aucun des crimes qu'il a commis ; il vivra à cause de la justice qu'il a pratiquée. Prendrais-je donc plaisir à la mort du méchant, oracle du Seigneur Dieu, et non pas plutôt à ce qu'il se détourne de sa conduite et qu'il vive ?
Mais le juste, s'il se détourne de sa justice et fait le mal en imitant toutes les abominations du méchant, il le ferait, et il vivrait ? Toute la justice qu'il avait pratiquée, on ne s'en souviendra plus. À cause de son infidélité et de son péché, il mourra.
Et pourtant, vous dites : "La conduite du Seigneur n'est pas la bonne." Écoutez, fils d'Israël : est-ce ma conduite qui n'est pas la bonne ? N'est-ce pas plutôt la vôtre ? Si le juste se détourne de sa justice, commet le mal et meurt dans cet état, c'est à cause de son mal qu'il mourra. Si le méchant se détourne de sa méchanceté pour pratiquer le droit et la justice, il sauvera sa vie. Il a ouvert les yeux et s'est détourné de ses crimes : c'est certain, il vivra, il ne mourra pas.
Pourtant, la maison d'Israël répète : "La conduite du Seigneur n'est pas la bonne." Est-ce ma conduite qui n'est pas la bonne, maison d'Israël ? N'est-ce pas votre conduite qui n'est pas la bonne ? C'est pourquoi, oracle du Seigneur Dieu, je vous jugerai chacun selon sa conduite, maison d'Israël. Retournez-vous, détournez-vous de vos crimes, et vous ne trébucherez plus dans la faute. Rejetez tous les crimes que vous avez commis. Faites-vous un cœur nouveau, un esprit nouveau. Pourquoi vouloir mourir, maison d'Israël ? Je ne prends plaisir à la mort de personne, oracle du Seigneur Dieu. Convertissez-vous et vous vivrez ! »
Et toi, entonne une complainte sur les princes d'Israël. Tu diras : Ta mère, une lionne parmi les lions, couchée au milieu des lionceaux, elle nourrissait ses petits. Elle éleva un de ses petits, qui devint un jeune lion. Il apprit à déchirer sa proie, il dévora des hommes. Des nations en entendirent parler : il fut pris dans leur fosse. Avec des crochets, on l'emmena au pays d'Égypte.
Alors la lionne vit son attente déçue, sans espoir. Elle prit un autre de ses petits et en fit un jeune lion. Il rôdait parmi les lions ; devenu un jeune lion, il apprit à déchirer sa proie, il dévora des hommes. Il démolit leurs palais, il détruisit leurs villes. Le pays, avec ce qu'il contient, fut terrorisé au bruit de son rugissement. On dressa contre lui des nations d'alentour, venues de leurs provinces. Elles étendirent sur lui leur filet : il fut pris dans leur fosse. Avec des crochets, ils le mirent en cage, ils le menèrent au roi de Babylone. Ils le menèrent en lieu sûr, pour qu'on n'entende plus sa voix sur les montagnes d'Israël.
Ta mère était comme une vigne plantée au bord des eaux. Elle était féconde et touffue, car les eaux étaient abondantes. Elle eut des tiges vigoureuses qui devinrent des sceptres royaux. Elle grandit en taille et s'éleva au milieu des branchages. On l'admira pour sa hauteur et le grand nombre de ses pampres.
Mais elle a été arrachée avec fureur et jetée à terre. Le vent d'Est a desséché son fruit. Elle a été brisée. Ses tiges vigoureuses ont séché, le feu les a dévorées. Et maintenant, elle est plantée au désert, dans un pays de soif et d'aridité. Un feu est sorti de ses tiges, il a dévoré ses sarments et ses fruits. Plus de tiges vigoureuses, plus de sceptres royaux.
Ce chant est une complainte ; qu'il serve de complainte.
Proverbes 11,26-31
Le peuple maudit celui qui accapare le blé, il bénit celui qui le met sur le marché.
Qui poursuit le bien recherche aussi à plaire ; tendre au mal, c'est en faire les frais.
Qui se fie à sa richesse tombera ; comme un arbre verdoyant, le juste fleurira.
Qui perturbe sa maison héritera le vent, et le sot sera l'esclave de l'homme au cœur sage.
Le sage entraîne les autres à sa suite.
Si le juste reçoit rétribution sur cette terre, combien plus le méchant et le pécheur !
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