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Jour 220 ☼ — Quand le peuple demande pardon

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Résumé : Après Isaïe et Ézéchiel, le frère Paul-Adrien ouvre les trois derniers livres de la période exilique — Baruc, Daniel et Esther — et commence par Baruc, le secrétaire de Jérémie. Il en présente les difficultés chronologiques (le livre est un écrit tardif) et surtout son intérêt : pour la première fois, ce n'est plus le prophète qui tance le peuple, c'est le peuple lui-même qui prend la parole pour confesser ses fautes et demander pardon. La lecture couvre la mise en contexte historique, le rappel des fautes et la grande prière de repentir et de supplication. Faute de temps, le commentaire est reporté à l'épisode suivant, qui terminera le livre de Baruc.

Introduction

Notre secours est dans le nom du Seigneur, qui a fait le ciel et la terre.

Fini Ézéchiel, fini Isaïe. Alors, c'est quoi la suite du programme ? Eh bien, la suite du programme, ce sera la fin de la période exilique. J'ai encore trois petits livres à vous lire qui se réfèrent encore à cette période : Baruc, Daniel et Esther. Et avec ça, en fait, ça vous fera l'immense arc de la période exilique. Un arc qu'on aura ouvert avec Tobie, qu'on aura parcouru en long, en large et en travers avec Isaïe et Ézéchiel. Et que là, on va terminer. Ça vous donnera la trajectoire entière de ce peuple pendant son exil, du début à la fin. Vous allez voir, ça va être passionnant.

Je commence avec le livre de Baruc. Baruc, si jamais je pouvais dire, ce serait : quand il n'y en a plus, il y en a encore. Jérémie, suite et fin. En fait, une manière de retourner au prophète Jérémie. Baruc, souvenez-vous, c'était son secrétaire. Ah, mais si, quand même ! Souvenez-vous, Baruc, on a vu que c'était le secrétaire de Jérémie, que c'était lui que Jérémie envoyait au feu pour dénoncer l'injustice dans le temple de Jérusalem. Bon, eh bien, Baruc, il s'est dit : marre d'être le secrétaire de Jérémie, je vais écrire mon petit livre. Ça vous donne le livre de Baruc qu'on va lire aujourd'hui.

Bon, sauf qu'en même temps, je dis ça, mais on a quand même un petit problème avec ce livre-là. On n'est pas sûr qu'il ait été écrit vraiment, en fait, par Baruc. On a un petit problème de cohérence chronologique. Là, vous allez voir tout de suite, dans le premier verset, on va vous dire que Baruc est parti à Babylone, alors que, de source sûre, dans Jérémie, Baruc n'est jamais parti à Babylone. Bon, c'est pas très grave, on ne prête qu'aux riches. En tout cas, ça vous explique pourquoi est-ce que je le mets après Jérémie, après Isaïe, après Ézéchiel : un écrit tardif, du deuxième siècle.

Un livre très intéressant — alors que je vous préviens tout de suite, je n'aurai probablement pas le temps de commenter, la vie est ainsi faite, et elle est mal faite — mais un écrit très intéressant. Parce que jusqu'à présent, on a entendu les prophètes qui tançaient le peuple israélien pour lui dire : repentez-vous. Cette fois-ci, on donne la parole au peuple. C'est un livre qui va nous permettre d'approfondir le processus psychologique qui s'est passé en exil, quand le peuple est revenu à lui-même pour retourner à Dieu, demander pardon. C'est le moment de bascule, si vous voulez.

Donc, qu'est-ce que vous allez entendre ? On va commencer par une mise en contexte historique — alors, à prendre avec des pincettes, parce que c'est une reconstitution. Puis on va vous rappeler les fautes du peuple : que l'exil, ce n'est pas arrivé de nulle part, quand même. Pour ensuite se tourner vers Dieu : une prière au repentir et à la miséricorde. C'est très, très beau. Baruc, chapitre 1 jusqu'au début du chapitre 3.

Lecture : Baruc 1 – 3, 8

Voici les paroles du document que Baruc, fils de Nérias, fils de Maasias, fils de Sédécias, fils d'Asadias, fils de Helkias, écrivit à Babylone, la cinquième année, le septième jour du mois, à l'époque même où les Chaldéens avaient pris Jérusalem et l'avaient livré au feu.

Baruc donna lecture de ce document en présence de Jéconias, fils de Joachim, roi de Juda, et de tout le peuple venu pour entendre le livre, en présence des notables et des fils des rois, en présence des anciens et de tout le peuple, du plus petit jusqu'au plus grand, tous ceux qui résidaient à Babylone au bord de la rivière Soud. On pleurait, on jeûnait et on priait devant le Seigneur.

On récolta de l'argent selon les possibilités de chacun, et on l'envoya à Jérusalem, au prêtre Joachim, fils de Helkias, fils de Salom, ainsi qu'aux autres prêtres, et à tout le peuple, ceux qui se trouvaient avec lui à Jérusalem.

Joachim, en effet, avait récupéré les objets de la maison du Seigneur, enlevés du temple, pour les rapporter au pays de Juda, le dixième jour du mois nommé Sivan. C'étaient les objets d'argent fabriqués sur l'ordre de Sédécias, fils de Josias, roi de Juda, après que Nabuchodonosor, roi de Babylone, eut déporté Jéconias, les princes, les forgerons, les notables et le peuple du pays, de Jérusalem à Babylone.

Ils dirent : « Voici que nous vous envoyons de l'argent. Avec cette somme, achetez-vous de quoi faire des holocaustes et des sacrifices pour le péché. Achetez de l'encens, préparez des offrandes que vous déposerez sur l'autel du Seigneur notre Dieu. Priez pour la vie de Nabuchodonosor, roi de Babylone, et pour celle de son fils Balthasar, afin que leurs jours se prolongent aussi longtemps que le ciel demeurera au-dessus de la terre. Alors le Seigneur nous donnera la force et illuminera nos yeux. Nous vivrons sous la protection de Nabuchodonosor, roi de Babylone, et de son fils Balthasar. Nous les servirons durant de nombreux jours et nous trouverons grâce devant eux. Priez aussi pour nous le Seigneur notre Dieu, car nous avons péché contre le Seigneur notre Dieu, et jusqu'à ce jour, la fureur et la colère du Seigneur ne se sont pas détournées de nous.

Vous lirez ce document que nous vous envoyons, pour le proclamer dans la maison du Seigneur, au jour de la fête et aux jours appropriés. »

Et vous direz : « Au Seigneur notre Dieu appartient la justice, et à nous la honte sur le visage, comme on le voit aujourd'hui. Honte pour l'homme de Juda et les habitants de Jérusalem, pour nos rois et nos chefs, pour nos prêtres, nos prophètes et nos pères.

Oui, nous avons péché. Nous avons péché contre le Seigneur. Nous lui avons désobéi. Nous n'avons pas écouté la voix du Seigneur notre Dieu, qui nous disait de suivre les préceptes que le Seigneur nous avait mis sous les yeux.

Depuis le jour où le Seigneur a fait sortir nos pères du pays d'Égypte jusqu'à ce jour, nous n'avons pas cessé de désobéir au Seigneur notre Dieu. Dans notre légèreté, nous n'avons pas écouté sa voix. Aussi, comme on le voit aujourd'hui, le malheur s'est attaché à nous, avec la malédiction que le Seigneur avait fait prononcer par son serviteur Moïse, au jour où il a fait sortir nos pères du pays d'Égypte pour nous donner une terre ruisselante de lait et de miel.

Nous n'avons pas écouté la voix du Seigneur notre Dieu à travers toutes les paroles des prophètes qu'il nous envoyait. Chacun de nous, selon la pensée de son cœur mauvais, est allé servir d'autres dieux et faire ce qui est mal aux yeux du Seigneur notre Dieu.

Le Seigneur a donc accompli la parole qu'il avait prononcée contre nous, contre nos juges qui gouvernèrent Israël, contre nos rois et nos chefs, contre les gens d'Israël et de Juda. Sous l'immensité du ciel, il ne se produisit jamais rien de semblable à ce que le Seigneur fit advenir à Jérusalem, conformément à ce qui est écrit dans la loi du Seigneur, à savoir que nous mangerions, l'un la chair de son fils, l'autre la chair de sa fille.

Et le Seigneur a livré nos pères aux mains de tous les royaumes, à l'outrage et à la désolation parmi tous les peuples d'alentour, où il les a dispersés. Ils ont été soumis au lieu de dominer, car nous avons péché contre le Seigneur notre Dieu en n'écoutant pas sa voix.

Au Seigneur notre Dieu appartient la justice, mais à nous et à nos pères, la honte sur le visage, comme on le voit aujourd'hui. Ces malheurs que le Seigneur avait prononcés contre nous se sont tous abattus. Nous n'avons pas apaisé la face du Seigneur. Nous ne nous sommes pas détournés, chacun, des pensées de son cœur mauvais. Aussi, dans sa vigilance, le Seigneur a déclenché contre nous ses malheurs. Oui, il est juste, le Seigneur, en tout ce qu'il nous a commandé de faire. Mais nous, nous n'avons pas écouté sa voix, qui nous disait de suivre les préceptes que le Seigneur nous avait mis sous les yeux.

Et maintenant, Seigneur, Seigneur Dieu d'Israël, écoute. Toi qui as fait sortir ton peuple du pays d'Égypte par la force de tes mains, avec signes et prodiges, par ta grande puissance et la vigueur de ton bras, toi qui t'es fait un nom comme on le voit aujourd'hui : nous avons péché, nous avons été impies, nous avons été injustes, Seigneur notre Dieu, en raison de tous tes jugements.

Que ta fureur se détourne de nous, car nous ne sommes plus qu'un tout petit nombre parmi les nations où tu nous as dispersés. Entends, Seigneur, notre prière et notre supplication. Délivre-nous à cause de toi-même. Fais-nous trouver grâce devant ceux qui nous ont déportés, afin que la terre entière sache que tu es le Seigneur notre Dieu, puisque ton nom a été invoqué sur Israël et sur sa descendance.

Regarde, Seigneur, du haut de ta demeure sainte, et pense à nous. Incline ton oreille, Seigneur, écoute. Ouvre les yeux, Seigneur, et vois, car ce ne sont pas les défunts dans le séjour des morts, eux dont le souffle est enlevé des entrailles, qui rendront gloire et justice au Seigneur, mais l'âme comblée de tristesse, l'homme qui marche courbé et sans force, les yeux défaillants et l'âme affamée : ceux-là te rendront gloire et justice, Seigneur.

Non, ce n'est pas à cause des actions justes de nos pères et de nos rois que nous déposons notre supplique devant ta face, Seigneur notre Dieu, car tu as déchaîné sur nous ta fureur et ta colère, comme tu l'avais déclaré par tes serviteurs les prophètes, lorsque tu disais : « Ainsi parle le Seigneur : courbez les épaules et servez le roi de Babylone, alors vous resterez dans le pays que j'ai donné à vos pères. Mais si vous n'écoutez pas l'appel du Seigneur à servir le roi de Babylone, je ferai cesser, dans les villes de Juda et dans les rues de Jérusalem, le chant d'allégresse et le chant de joie, le chant de l'époux et le chant de l'épouse. Tout le pays sera désolé, vidé de ses habitants. »

Or, nous n'avons pas écouté ton appel à servir le roi de Babylone, et tu as accompli les paroles que tu avais prononcées par tes serviteurs les prophètes, à savoir que les ossements de nos rois et de nos pères seraient arrachés à leur tombeau. Et voici qu'ils furent jetés dehors, à la brûlure du jour et au gel de la nuit. Nos rois et nos pères sont morts dans de cruelles souffrances, par la famine, l'épée et l'exil.

Tu as réduit la maison sur laquelle tu as invoqué ton nom telle qu'elle est en ce jour, à cause de la méchanceté de la maison d'Israël et de la maison de Juda.

Tu as agi envers nous selon ton entière bienveillance et ton immense tendresse, Seigneur notre Dieu, comme tu l'avais déclaré par ton serviteur Moïse, le jour où tu lui ordonnas de mettre par écrit ta loi en présence des fils d'Israël, en disant : « Vraiment, si vous n'écoutez pas ma voix, cette grande, cette immense multitude elle-même sera réduite à un petit nombre parmi les nations où je les disperserai. Oui, je sais bien qu'ils ne m'écouteront pas, car c'est un peuple à la nuque raide. Mais dans le pays de leur exil, ils rentreront en eux-mêmes, et ils sauront que moi, je suis le Seigneur leur Dieu. Je leur donnerai un cœur et des oreilles qui entendent. Et là, dans le pays de leur exil, ils me loueront. Ils se souviendront de mon nom. Ils se repentiront de leur obstination et de leurs actions mauvaises, au souvenir du destin de leurs pères qui avaient péché devant le Seigneur. Alors je les ferai revenir dans le lieu que j'ai promis par serment à leurs pères, Abraham, Isaac et Jacob, et ils y seront maîtres. Je les multiplierai, ils ne diminueront plus. J'établirai pour eux une alliance éternelle : je serai leur Dieu, et eux, ils seront mon peuple. Jamais plus je ne déplacerai mon peuple Israël loin du pays que je leur ai donné. »

Seigneur, souverain de l'univers, Dieu d'Israël, une âme angoissée, un esprit découragé crient vers toi. Écoute, Seigneur, et prends pitié, car nous avons péché contre toi. Toi, en effet, tu demeures à jamais ; nous, nous sommes à jamais perdus.

Seigneur, souverain de l'univers, Dieu d'Israël, écoute donc la prière des morts d'Israël, des fils de ceux qui ont péché contre toi, qui n'ont pas écouté la voix du Seigneur leur Dieu, de sorte que les malheurs se sont attachés à nous.

Ne te souviens pas des injustices de nos pères, mais souviens-toi, en cette heure, de ta main et de ton nom, car tu es le Seigneur notre Dieu, et nous voulons te louer, Seigneur. Oui, c'est pour cela que tu as mis ta crainte en notre cœur, pour que nous invoquions ton nom. Et nous voulons te louer en notre exil, puisque nous avons détourné de notre cœur toute l'injustice de nos pères qui ont péché contre toi.

Nous voici aujourd'hui dans cet exil où tu nous as dispersés, pour y être objet d'outrage et de malédiction, et pour notre amendement, après toutes les fautes de nos pères qui s'étaient éloignés du Seigneur notre Dieu.

Commentaire

Bon, les lectures étaient longues, la vie est courte. Je vous avais dit que je n'aurais probablement pas le temps de faire les commentaires : eh bien, j'avoue, là, ça ne passe pas. On va se tourner directement vers le livre des Proverbes. Et dans le prochain épisode, on terminera le livre de Baruc.

Proverbes 15,1-5

Une réponse paisible calme la fureur, un mot blessant déclenche la colère.

La langue des sages rend la science aimable, la bouche des insensés ne débite que des sottises.

En tout lieu, les yeux du Seigneur observent les méchants et les bons.

La langue qui réconforte est un arbre de vie ; perfide, elle vous coupe le souffle.

Un sot se moque des leçons de son père ; bien avisé qui tient compte des avertissements.


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