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Livre de · 6 chapitres

Baruch

Baruch 1, 15-22
AELF · Bible liturgique

15 Vous direz Au Seigneur notre Dieu la justice, mais pour nous, la honte au visage, comme il en est aujourd'hui, pour l'homme de Juda et les habitants de Jérusalem,
16 pour nos rois et nos princes, pour nos prêtres et nos prophètes, pour nos pères,
17 parce que nous avons péché devant le Seigneur,
18 nous lui avons désobéi et n'avons point écouté la voix du Seigneur notre Dieu, pour marcher selon les ordres que le Seigneur avait mis devant nous.
19 Dès le jour où le Seigneur tira nos pères du pays d'Egypte jusqu'aujourd'hui, nous avons été indociles au Seigneur notre Dieu et nous nous sommes rebellés en n'écoutant pas sa voix.
20 Alors se sont attachés à nous les malheurs et la malédiction que le Seigneur dicta à son serviteur Moïse, le jour où il tira nos pères d'Egypte pour nous donner une terre qui ruisselle de lait et de miel, comme aujourd'hui encore.
21 Nous n'avons pas écouté la voix du Seigneur notre Dieu, selon toutes les paroles des prophètes qu'il nous envoya;
22 nous sommes allés, chacun suivant l'inclination de son cœur mauvais, servir d'autres dieux, faire ce qui déplaît au Seigneur notre Dieu.

Baruch 1, 15-22
Commentaire

DU LIVRE DE BARUCH

Commentaire

1. Situation

Le Livre de Baruch est une collection de plusieurs pièces distinctes, regroupées parce qu'elles se rattachent à la ruine de Jérusalem en 587 et à l'exil des Israélites à Babylone.

Les différentes parties en sont : - confession et prière de Baruch 1, 1 - 3, 8), - Un poème de Sagesse (3, 9 - 4, 4), - Un message prophétique à différents destinataires (4, 5 - 5, 9), - Le morceau intitulé "Lettre de Jérémie" (6,1 -72).

Notre passage se situe dans le premier de ces textes regroupés, qui, lui-même, comprend : - une introduction du narrateur (1, 1 - 14), - la confession des péchés (1, 15 - 2, 10) dont notre page fait partie, - prière au Seigneur (2, 11I - 3, 8).

D'après l'introduction du narrateur (1, 1b - 2), la confession des péchés et la prière se présentent comme composés à Babylone, 5 ans après la destruction de Jérusalem. Cependant, cette datation est contredite par d'autres affirmations de l'introduction, qui laissent entendre que le Temple du Seigneur (détruit en 587) est toujours debout et fonctionne normalement (1, 10 - 14). Il semblerait plutôt que cette confession des péchés et cette prière au Seigneur doivent être situées environ 10 ans plus tôt, alors qu'lsraël avait déjà été emmené en exil en 597, et que ceux qui ont été laissés sur place peuvent encore fréquenter le Temple.

Le livre se présente comme l'oeuvre de Baruch, fils de Nerias (1, 1 et Jérémie, 32, 12 - 16; 36, 4 - 32; 45, 1 - 5). En réalité, Baruch, le secrétaire de Jérémie, ne peut être l'auteur de ce livret qui porte son nom. D'autre part, le style des différentes pièces de ce livre variant d'un élément à un autre, on s'accorde à considérer que ce Libre de "Baruch" fut écrit entre 300 et les premières décennies de notre ère chrétienne (certains parlent même de 130 avant J.C.), et par plusieurs auteurs différents.

2. Message

Cette confession est un témoignage fait dans la communauté. Elle est une constatation réaliste et rigoureuse que, depuis les origines du peuple, tous ont péché, sans exception, que ce péché de désobéissance consiste à ne pas avoir écouté le Seigneur ni tenu compte de la Loi qu'il avait donnée à Israêl, pour se lancer dans le culte des faux dieux, que donc le péché commis est la seule cause des malheurs du peuple, selon ce que le Seigneur avait annoncé dès la sortie d'Egypte, si le peuple ne jouait pas le jeu de l'Alliance.

Cette confession, faite au nom du peuple, rejoint l'analyse très sévère du prophète Ezéchiel, qui tirait de l'histoire d'Israël la même conclusion d'infidélité permanente, tout en ajoutant que le Seigneur, au nom de sa fidélité absolument gratuite, n'en continuerait pas moins de sauver son peuple.

3. Decouvertes

Cette confession, comme la prière qui la suit, présente de fortes ressemblances avec les prières d'Esdras (Esdras, 9, 6 - 15), de Néhémie (Néhémie, 1, 5 - 11; 9, 6 - 37), et surtout de Daniel (9, 4 - 19).

Cette confession se distingue de la prière qui lui fait suite (2, 11 - 3, 8), par ses destinataires. En effet, si la prière s'adresse directement au Seigneur, dans la confession faite au nom des exilés, ceux-ci s'adressent à leurs compatriotes restés à Jérusalem.

D'un bout à l'autre de la confession, revient le thème que Dieu a fait à son peuple le don de sa Loi, qu'obéir à la Loi engendre la prospérité, que la désobéissance conduit au désastre et à l'exil, et donc que la repentance et le renouvellement de l'obéissance sont les conditions de la restauration. C'est dans cet esprit que la prière de supplication qui suit cette confession des péchés, va être formulée. .

4. Prolongement

Notre seule vraie prière est reconnaissance que nous sommes pécheurs et que nous comptons sur la miséricorde gratuite de Dieu pour être sauvés.

Tout est grâce, et tout, dans notre existence, est essai d'ouverture et de réponse à cette grâce, sans laquelle nous ne pouvons recevoir le Royaume de Dieu.

Quelques textes s'imposent toujours à nous, suite à la nouveauté radicale inauguée par la mort-résurrection de Jésus et le don de I'Esprit, nouveauté de la création nouvelle (2 Corinthiens, 5, 17 - 21), et de la fin des temps réalisée en Jésus, et communiquée à ceux qui croient en lui :

21 Mais maintenant, sans la Loi, la justice de Dieu s'est manifestée, attestée par la Loi et les Prophètes,

22 justice de Dieu par la foi en Jésus Christ, à l'adresse de tous ceux qui croient - car il n'y a pas de différence :

23 tous ont péché et sont privés de la gloire de Dieu -

24 et ils sont justifiés par la faveur de sa grâce en vertu de la rédemption accomplie dans le Christ Jésus :

4 Mais Dieu, qui est riche en miséricorde, à cause du grand amour dont Il nous a aimés,

5 alors que nous étions morts par suite de nos fautes, nous a fait revivre avec le Christ - c'est par grâce que vous êtes sauvés ! -

6 avec lui Il nous a ressuscités et fait asseoir aux cieux, dans le Christ Jésus.

7 Il a voulu par là démontrer dans les siècles à venir l'extraordinaire richesse de sa grâce, par sa bonté pour nous dans le Christ Jésus.

8 Car c'est bien par la grâce que vous êtes sauvés, moyennant la foi. Ce salut ne vient pas de vous, il est un don de Dieu ;

9 il ne vient pas des œuvres, car nul ne doit pouvoir se glorifier.

10 Nous sommes en effet son ouvrage, créés dans le Christ Jésus en vue des bonnes œuvres que Dieu a préparées d'avance pour que nous les pratiquions.

9 Il dit encore, à l'adresse de certains qui se flattaient d'être des justes et n'avaient que mépris pour les autres, la parabole que voici :

10 " Deux hommes montèrent au Temple pour prier ; l'un était Pharisien et l'autre publicain.

11 Le Pharisien, debout, priait ainsi en lui-même : "Mon Dieu, je te rends grâces de ce que je ne suis pas comme le reste des hommes, qui sont rapaces, injustes, adultères, ou bien encore comme ce publicain ;

12 je jeûne deux fois la semaine, je donne la dîme de tout ce que j'acquiers. "

13 Le publicain, se tenant à distance, n'osait même pas lever les yeux au ciel, mais il se frappait la poitrine, en disant : "Mon Dieu, aie pitié du pécheur que je suis ! "

14 Je vous le dis : ce dernier descendit chez lui justifié, l'autre non. Car tout homme qui s'élève sera abaissé, mais celui qui s'abaisse sera élevé. "

Prière

*Seigneur Jésus, à nous rendre compte de la gratuité de ta mission, de ta Parole et de ton obéissance engagée jusqu'au bout dans une fidélité sans faille au Père qui t'avait envoyé, nous sommes confondus par notre indignité radicale et absolue face à une telle générosité qui nous révèle que Dieu est amour, plénitude de pardon et de grâce à notre égard, nous qui sommes toujours portés à nous appuyer sur nous-mêmes pour faire notre vie, en oubliant que même nos réussites humaines sont le fruit de tout ce que nous avons reçu, de façon ou d'une autre, depuis notre apparition en ce monde, et donc, à vrai dire, ne nous appartiennent pas : apprends-moi ce discernement, en Vérité, de mon incapacité à me sauver sans toi, et à en vivre chaque jour dans l'accueil et l'action de grâces de tout ce qsue tu m'offres pour me saisir dans cet Amour infini qui doit être ma seule raison d'être et d'agir. AMEN.

03.10.2003.*