3, 9 Écoute, Israël, les commandements de vie,
Prête l'oreille pour acquérir la connaissance.
10 Pourquoi, donc, Israël, pourquoi es-tu exilé chez tes ennemis,
vieillissant sur une terre étrangère,
11 souillé par le contact des cadavres,
inscrit parmi les habitants du séjour des morts ?
12 - Parce que tu as abandonné la Source de la Sagesse !
13 Si tu avais suivi les chemins de Dieu,
tu vivrais dans la paix pour toujours.
14 Apprends où se trouvent et la connaissance, et la force, et l'intelligence ;
pour savoir en même temps où se trouvent de longues années de vie,
la lumière des yeux, et la paix.
15 Mais qui donc a découvert la demeure de la Sagesse,
qui a pénétré jusqu'à ses trésors ?
32 Celui qui sait tout en connaît le chemin,
Il l'a découvert par son intelligence.
Il a pour toujours aménagé la terre, et l'a peuplée de troupeaux.
33 Il lance la lumière, et elle prend sa course ; il la rappelle, et elle obéit en tremblant.
34 Les étoiles brillent, joyeuses, à leur poste de veille ;
35 il les appelle, et elles répondent : « Nous voici ! »
Elles brillent avec joie pour celui qui les a faites.
36 C'est lui qui est notre Dieu :
aucun autre ne lui est comparable.
37 Il a découvert les chemins du savoir,
et il les a confiés à Jacob, son serviteur,
à Israël, son bien-aimé.
38 Ainsi la Sagesse est apparue sur la terre, elle a vécu parmi les hommes.
4, 1 Elle est le livre des préceptes de Dieu, la Loi qui demeure éternellement :
tous ceux qui l'observent vivront, ceux qui l'abandonnent mourront.
2 Reviens, Jacob, saisis-la de nouveau ; à sa lumière, marche vers la splendeur :
3 ne laisse pas ta gloire à un autre, tes privilèges à un peuple étranger.
4 Heureux sommes-nous, Israël ! Car ce qui plaît à Dieu, nous le connaissons.
Le Thème Des Deux Voies
Certains pensent que ce texte est une homélie prononcée à l'occasion d'une célébration pénitentielle. C'est un auditoire, en tout cas, qui traverse une période d'éloignement, de détresse. Il se sent exilé en quelque sorte. On en a la preuve dans ces versets : « Pourquoi, donc, Israël, pourquoi es-tu exilé chez tes ennemis, vieillissant sur une terre étrangère ? »
La réponse, on la connaît d'avance, elle est celle de tous les prophètes : on pourrait la résumer en quelques mots : tu récoltes ce que tu as semé, tu t'es coupé toi-même de la source de la vie et du bonheur. À partir du moment où tu as cessé d'être fidèle à l'Alliance, tu as été l'artisan de ton propre malheur.
Le Livre du Deutéronome, les psaumes, les prophètes développent souvent ce thème qu'on appelle des « deux voies » : il y a deux manières de vivre, la bonne et la mauvaise, le bon chemin et le mauvais ; « se convertir », littéralement, c'est faire demi-tour quand on découvre qu'on a pris le mauvais chemin.
Écoute, Israël
« Écoute, Israël » : vous avez reconnu : ce sont les deux premiers mots de notre texte d'aujourd'hui ; ce sont également les mots de la profession de foi juive ; à eux seuls, ils remettent en mémoire toute la méditation du livre du Deutéronome.
La conviction des prophètes, de Baruc et de tous les autres, est double : d'une part, Dieu seul connaît le secret du bonheur de l'homme, sa créature. Ce qui est normal, après tout, puisqu'il nous a créés. D'autre part, ce secret, qu'il appelle la Sagesse et que Dieu seul détient, il l'a révélé à son peuple choisi, son Serviteur, son Bien-Aimé : « Il a découvert les chemins du savoir et il les a confiés à Jacob, son serviteur, à Israël, son bien-aimé ».
Ce texte de Baruc a dessiné en quelque sorte la fresque du projet de Dieu : il évoque la Création puis le don de la Loi par Dieu à son peuple comme un chemin de vie et de liberté ; il dit aussi les fausses routes et les malheurs du peuple quand il oublie la Loi ; dans la nuit pascale, l'évangile de la résurrection achèvera la fresque : en Jésus-Christ, c'est l'humanité tout entière qui entre dans la vie.