9 Écoute, Israël, les commandements de vie,
Prête l'oreille pour acquérir la connaissance.
Le Thème Des Deux Voies
Certains pensent que ce texte est une homélie prononcée à l'occasion d'une célébration pénitentielle. C'est un auditoire, en tout cas, qui traverse une période d'éloignement, de détresse. Il se sent exilé en quelque sorte. On en a la preuve dans ces versets : « Pourquoi, donc, Israël, pourquoi es-tu exilé chez tes ennemis, vieillissant sur une terre étrangère ? »
La réponse, on la connaît d'avance, elle est celle de tous les prophètes : on pourrait la résumer en quelques mots : tu récoltes ce que tu as semé, tu t'es coupé toi-même de la source de la vie et du bonheur. À partir du moment où tu as cessé d'être fidèle à l'Alliance, tu as été l'artisan de ton propre malheur.
Le Livre du Deutéronome, les psaumes, les prophètes développent souvent ce thème qu'on appelle des « deux voies » : il y a deux manières de vivre, la bonne et la mauvaise, le bon chemin et le mauvais ; « se convertir », littéralement, c'est faire demi-tour quand on découvre qu'on a pris le mauvais chemin.
Écoute, Israël
« Écoute, Israël » : vous avez reconnu : ce sont les deux premiers mots de notre texte d'aujourd'hui ; ce sont également les mots de la profession de foi juive ; à eux seuls, ils remettent en mémoire toute la méditation du livre du Deutéronome.
La conviction des prophètes, de Baruc et de tous les autres, est double : d'une part, Dieu seul connaît le secret du bonheur de l'homme, sa créature. Ce qui est normal, après tout, puisqu'il nous a créés. D'autre part, ce secret, qu'il appelle la Sagesse et que Dieu seul détient, il l'a révélé à son peuple choisi, son Serviteur, son Bien-Aimé : « Il a découvert les chemins du savoir et il les a confiés à Jacob, son serviteur, à Israël, son bien-aimé ».
Ce texte de Baruc a dessiné en quelque sorte la fresque du projet de Dieu : il évoque la Création puis le don de la Loi par Dieu à son peuple comme un chemin de vie et de liberté ; il dit aussi les fausses routes et les malheurs du peuple quand il oublie la Loi ; dans la nuit pascale, l'évangile de la résurrection achèvera la fresque : en Jésus-Christ, c'est l'humanité tout entière qui entre dans la vie.