Jour 223 ☾ — Quatre monstres et un trône de feu
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Résumé : Nous arrivons au cœur du livre de Daniel avec la grande vision du chapitre 7, source de presque toutes les images étranges de l'Apocalypse. Quatre bêtes surgissent d'une mer agitée par les vents — lion, ours, panthère et bête aux dix cornes — figurant la valse des empires que le peuple juif devra traverser. Au centre apparaît le vieillard sur un trône de flammes, puis un fils d'homme venant avec les nuées du ciel. Le commentaire montre que ces quatre monstres reprennent terme à terme, mais de manière inversée, le chariot divin d'Ézéchiel : c'est un trône démoniaque qui agit dans le monde à travers les empires idolâtres. L'épisode se termine par la suite de la prière des trois jeunes gens dans la fournaise.
Introduction
Ah, on arrive au centre de Daniel, le chapitre 7, qui est la grande vision centrale. Alors, quand on expliquait ça, je vous avais dit que ça partait dans tous les sens et qu'on était dans un film d'horreur. Ça va continuer, sauf que c'est hyper compliqué. En fait, c'est très simple : tout ce qu'il y a de bizarre et d'effrayant dans l'Apocalypse vient de ce chapitre.
Alors, juste une indication pour ne pas que vous soyez complètement perdus. Il y aura quatre monstres qui vont arriver. Il y aura d'abord un lion qui va symboliser l'Empire babylonien, suivi d'un ours vorace qui va symboliser l'Empire mède, suivi d'une panthère — et là, cette fois-ci, ce sera l'Empire perse — et une quatrième bête immonde, et ça, ce sera l'hellénisme, l'Empire issu d'Alexandre le Grand. Est-ce que vous vous en souvenez ? On avait déjà parlé des grandes étapes de cette valse des empires que le peuple juif en exil va devoir successivement traverser. Donc on est en train de vous dépeindre toute la fresque historique qui va arriver. Et au milieu de tout ça, vous aurez… je ne spoile pas.
Daniel, chapitre 7.
Lecture : Daniel 7
La première année du règne de Balthazar, roi de Babylone, Daniel eut sur son lit un songe et des visions dans son esprit. Alors il mit le songe par écrit.
Daniel prit la parole et dit :
La deuxième bête ressemblait à un ours. Elle était à moitié debout et elle avait trois côtes d'animal dans la gueule, entre les dents. On lui dit : « Lève-toi, dévore beaucoup de viande. »
Je continuais à regarder. Je vis une autre bête qui ressemblait à une panthère. Elle avait quatre ailes d'oiseau sur le dos. Elle avait aussi quatre têtes. La domination lui fut donnée.
Puis, au cours de la nuit, je regardais encore. Je vis une quatrième bête, terrible, effrayante, extraordinairement puissante. Elle avait des dents de fer énormes. Elle dévorait, déchiquetait, piétinait tout ce qui restait. Elle était différente des trois autres bêtes et elle avait dix cornes. Comme je considérais ces cornes, il en poussa une autre, plus petite, au milieu. Trois des premières cornes furent arrachées devant celle-ci, et cette corne avait des yeux comme des yeux d'homme et une bouche qui tenait des propos délirants.
Je continuais à regarder. Des trônes furent disposés et un vieillard prit place. Son habit était blanc comme la neige et les cheveux de sa tête comme de la laine immaculée. Son trône était fait de flammes de feu avec des roues de feu ardent. Un fleuve de feu coulait, qui jaillissait devant lui. Des milliers de milliers le servaient. Des myriades de myriades se tenaient devant lui. Le tribunal prit place et l'on ouvrit des livres.
Je regardais. J'entendais les propos délirants que vomissait la corne. Je regardais, et la bête fut tuée. Son cadavre fut jeté au feu. Quant aux autres bêtes, la domination leur fut retirée, mais une prolongation de vie leur fut donnée pour une période et un temps déterminés.
Je regardais, au cours des visions de la nuit, et je voyais venir, avec les nuées du ciel, comme un fils d'homme. Il parvint jusqu'au vieillard. Sa domination est une domination éternelle, qui ne passera pas, et sa royauté, une royauté qui ne sera pas détruite.
Moi, Daniel, j'avais l'esprit angoissé, car les visions que j'avais eues me bouleversaient. Je m'approchai de l'un de ceux qui entouraient le trône et je l'interrogeai sur la vérité de tout cela. Il me répondit et me révéla l'interprétation : « Ces bêtes énormes, au nombre de quatre, ce sont quatre rois qui surgiront de la terre. Mais ce sont les saints du Très-Haut qui recevront la royauté et la posséderont pour toute l'éternité. »
Puis je l'interrogeai sur la quatrième bête, celle qui était différente de toutes les autres, cette bête terriblement puissante, avec ses dents de fer et ses griffes de bronze, qui dévorait, déchiquetait et piétinait tout ce qui restait. Je l'interrogeai sur les dix cornes de sa tête et sur cette corne qui lui avait poussé en faisant tomber les trois autres, cette corne qui avait des yeux et une bouche qui tenait des propos délirants, cette corne qui était plus imposante que les autres. Je l'avais vue faire la guerre aux saints et l'emporter sur eux, jusqu'à la venue du vieillard qui avait prononcé le jugement en faveur des saints du Très-Haut, et le temps était arrivé où les saints avaient pris possession de la royauté.
À ces questions, il me fut répondu : « C'est un quatrième royaume sur la terre, qui sera différent de tous les royaumes. Il dévorera toute la terre, la piétinera et l'écrasera. Les dix cornes, ce sont dix rois qui surgiront de ce royaume-là. Un autre roi surgira ensuite, il sera différent des précédents et il renversera trois rois. Il prononcera des paroles hostiles au Très-Haut, il persécutera les saints du Très-Haut, et il entreprendra de changer la date des fêtes et la loi. Les saints seront livrés à son pouvoir pendant un temps, des temps et la moitié d'un temps. Puis le tribunal siégera et la domination sera enlevée à ce royaume, qui sera détruit et totalement anéanti. La royauté, la domination et la puissance de tous les royaumes de la terre sont données au peuple des saints du Très-Haut. Sa royauté est une royauté éternelle, et tous les empires le serviront et lui obéiront. »
Ici, fini le récit. Moi, Daniel, ce que je pensais m'épouvanta fortement et mon visage changea de couleur. Je gardais dans mon cœur ces événements.
Commentaire
Alors évidemment, vous pensez bien qu'à travers tous ces détails — les quatre visages, les trois côtes, les différentes cornes — on ne cesse de reconnaître des allusions à tel ou tel roi, tel ou tel empereur. Je ne vais pas vous les donner, parce que sinon là, là, je vous jure, je vous perds. Nous, on va plonger tout de suite au centre de cette vision.
Le centre, c'était au verset 9 :
Je continuais à regarder. Des trônes furent disposés et un vieillard prit place. Son habit était blanc comme la neige et les cheveux de sa tête comme de la laine immaculée.
Et puis verset 13 :
Je regardais, au cours des visions de la nuit, et je voyais venir avec les nuées du ciel comme un fils d'homme. Et il vint jusqu'au vieillard.
Bon, tous ces termes, c'est là où il faut à nouveau sortir Ézéchiel, parce qu'on les a déjà vus, toujours lors de cette grande vision inaugurale : le chariot divin. Parce que sur le chariot, vous aviez l'Ancien des jours, et on le décrivait de la même manière. Et le terme de « fils d'homme » était déjà apparu dans ce chapitre. Donc, au centre de cette vision, vous avez le chariot divin qui, normalement, est porté par nos quatre tétramorphes. Sauf que là, on a le sentiment de le voir comme de loin. Du coup, c'est normal qu'on n'ait pas tous les détails qu'on avait dans Ézéchiel. Il est vu de loin. C'est comme s'il s'était caché à l'arrière-fond de la scène, parce que le devant de la scène, lui, est pris par une autre vision extraordinaire et extraordinairement effrayante : celle de ces quatre monstres. Et c'est eux qui occupent le devant de la scène.
Ces quatre monstres, ils sont associés à des empires, des empires qui vont régner, qui vont se faire la guerre à coups de cornes, de visages, etc. Maintenant, regardez comment ils sont décrits. Le premier monstre est un lion avec des ailes d'aigle, et on lui donne un cœur d'homme. Alors évidemment, on pense tout de suite à Nabuchodonosor qui s'était transformé en animal — vous voyez comment les chapitres se suivent et s'appellent les uns les autres. N'empêche qu'un lion, un aigle, un homme, ça me fait penser aussi aux tétramorphes d'Ézéchiel.
Le deuxième monstre, lui, est un ours qui mange de la viande. Un ours, ce n'est pas carnivore. En fait, mes notes de bas de page me disent que dans la Bible, l'ours est associé au lion. Le troisième monstre, notre panthère, elle a encore des ailes. Tiens, et elle a, tenez-vous bien, elle a quatre faces — tétramorphe. Il ne manque plus que le bœuf. Ça tombe bien : vous avez une quatrième bête qui a des cornes. Et dans la Bible, quelle bête est symbole de la puissance à travers ses cornes ? Si ce n'est le taureau. C'est ça, l'image : c'est le symbole de la puissance, le bœuf qui donne de la corne.
Alors, mes notes de bas de page me disent que, à nouveau, ces dix cornes correspondent à dix rois successifs. Oui, c'est vrai, on aura l'occasion d'en reparler. Mais on interprète la Bible d'abord à partir de la Bible. Donc, avant que ça nous fasse penser à des rois historiques, ça fait d'abord penser à la vision d'Ézéchiel. C'est toujours la même vision : les quatre vivants, les quatre chérubins. Sauf que là, ce sont des chérubins démoniaques, ce sont des démons.
Alors vous allez me dire : bon, ben d'accord, il fallait bien les décrire d'une manière ou d'une autre. Euh, je ne crois pas que vous ayez encore vu ce qu'il y avait derrière. Laissez-moi tout remettre dans l'ordre. On a, au loin, un chariot divin, le trône de Dieu, et, devant la scène, les quatre bêtes. Eh bien, essayons de les mettre en correspondance et vous allez voir.
Notre chariot divin : normalement, tout au-dessus, il y avait un trône qui était posé comme une mer de saphir, qui représentait le firmament. Ça, c'était dans Ézéchiel. Là, vous l'avez, la mer, mais elle est tout en bas. Et la mer n'est plus le symbole du ciel, mais de la mort. Dans Ézéchiel, notre chariot divin, cette mer de saphir était portée par quatre tétramorphes qui étaient animés d'un souffle, d'un esprit. Là, vous avez quatre monstres qui viennent de cette mer, parce qu'elle était agitée par quatre vents — mais des vents, cette fois-ci, morbides.
Là où je veux en venir, c'est que ces quatre monstres qui surgissent d'une mer agitée par le vent, ça reprend complètement, mais de manière inversée, le chariot, le trône divin. Eh bien ici, vous avez la vision d'un trône démoniaque.
Il manque juste deux petites choses à notre trône démoniaque : ce qu'il y a tout en haut et ce qu'il y a tout en bas. Ce qu'il y a tout en bas, c'est ce qui est censé trôner sur ce siège démoniaque, qui est caché dans la mer. Là, on ne vous le décrit pas. Un peu comme dans la vision mésopotamienne, où vous aviez Tiamat, la déesse des eaux primordiales du chaos, qui, au fond des mers, l'agitait de son haleine de mort pour en faire surgir des hydres, des dragons et des monstres infernaux. Ici, on ne vous décrit pas ce qu'il y a dans la mer. Il faudra attendre l'Apocalypse. Mais n'en doutez pas : il y a quelque chose dans la mer. Donc ça, c'est ce qui manque tout en bas.
Et ce qui manque tout en haut, c'est nos roues. Souvenez-vous : dans le chariot divin, il n'y avait pas seulement des tétramorphes, il n'y avait pas seulement un firmament, il n'y avait pas seulement un trône — il y avait des roues qui permettaient à ce trône de se déplacer. Eh bien ici, ces roues, elles sont quand même là. Ce sont ces empires humains animés par ces monstres qui vont gouverner la terre. Il y aura des roues : l'Empire babylonien, l'Empire perse, l'Empire hellénique, qui seront portés par des bêtes immondes, des sortes d'antichrists, des puissances démoniaques qui vont les animer, elles-mêmes suscitées par un vent qui vient de la mer, le royaume de la mort. Et dans cette mer, on ne sait pas très bien ce qu'il y a, mais comme une sorte d'être dont on n'ose pas dire le nom.
Voilà ce que cette vision, en creusant le sens de notre toute première vision — vous vous souvenez, cette statue avec quatre métaux —, voilà ce qu'on découvre à travers elle en creusant de vision en vision. Il n'y a pas seulement un trône divin et un chariot mystique : il y a aussi dans le monde un trône démoniaque, un trône qui agit dans le monde à travers des empires idolâtres et orgueilleux.
Ah, quand je vous disais que notre songe initial, cette statue avec quatre métaux qu'avait vue Daniel, elle allait ensuite devenir quelque chose de totalement hallucinant ! Et on n'est pas allé jusqu'au bout de cette vision. On va en reparler, parce qu'on n'a pas encore tout dit des rapports entre le fils de l'homme, ces mondes, ces bêtes, etc. Le livre de Daniel n'est pas fini.
En attendant, il est temps de retourner à notre prière, parce qu'on n'a pas terminé cette prière des trois jeunes gens dans la fournaise. On continue.
Prière
Au nom du Père, et du Fils, et du Saint-Esprit. Amen.
Puis, d'une seule voix, les trois jeunes gens se mirent à louer, à glorifier, à bénir Dieu, en disant :
« Béni sois-tu, Seigneur, Dieu de nos pères : à toi, louange et gloire éternellement !
Béni soit le nom très saint de ta gloire : à toi, louange et gloire éternellement !
Béni sois-tu dans ton saint temple de gloire : à toi, louange et gloire éternellement !
Béni sois-tu sur le trône de ton règne : à toi, louange et gloire éternellement !
Béni sois-tu, toi qui sondes les abîmes : à toi, louange et gloire éternellement !
Toi qui sièges au-dessus des Kéroubim : à toi, louange et gloire éternellement ! »
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