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Jour 273 ☼ — Fin d'un royaume, espoir d'un relèvement

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Résumé : Dans cet épisode, le frère Paul-Adrien lit la fin du chapitre 35 et le chapitre 36 du deuxième livre des Chroniques : la mort de Josias à la bataille de Megiddo, la succession précipitée de rois infidèles, la ruine de Jérusalem, la déportation à Babylone, puis l'édit de Cyrus. Le commentaire s'interroge sur l'incompréhensible bravade de Josias, ce roi réformateur qui n'a peut-être jamais réussi à rassembler son peuple autour de Dieu. Il montre comment la ruine arrive non pour une faute précise mais par saturation, la terre elle-même rejetant son peuple, et souligne l'ironie mordante de la fin du livre : ce sont deux rois païens qui prophétisent, et c'est un roi païen qui reprendra le programme de David et de Salomon.

Introduction

Notre secours est dans le nom du Seigneur, qui a fait le ciel et la terre.

Souvenez-vous, l'épisode dernier, je vous ai présenté un bon roi, un bon grand prêtre, le roi Josias, un bon prophète, Jérémie, et même un bon scribe, Shafan, dont on avait parlé dans le livre des Rois. Bref, un alignement des planètes tel qu'on n'en a jamais eu depuis Salomon. Est-ce que l'histoire va enfin changer ?

Aujourd'hui, dernier chapitre du livre des Chroniques. L'histoire, normalement, vous la connaissez. Je n'en dis pas plus. Livre des Chroniques, fin du chapitre 35 et chapitre 36.

Lecture : 2 Chroniques 35-36

Après tous ces événements, lorsque Josias eut réparé la maison du Seigneur, Nékao, roi d'Égypte, monta pour combattre à Karkemish sur l'Euphrate, et Josias marcha à sa rencontre.

Nékao lui envoya des messagers pour lui dire : « Que me veux-tu, roi de Juda ? Ce n'est pas contre toi que je marche aujourd'hui, mais contre une autre maison royale avec laquelle je suis en guerre, et Dieu m'a dit de me hâter. Laisse donc agir Dieu qui est avec moi, de peur qu'il ne te détruise. »

Mais Josias ne changea pas d'avis. Bien plus, il se déguisa pour l'attaquer. Il n'écouta pas les paroles de Nékao, qui venaient de la bouche de Dieu. Il vint livrer bataille dans la plaine de Megiddo.

Les archers tirèrent sur le roi Josias, qui dit à ses serviteurs : « Emportez-moi, car je suis gravement blessé. » Ses serviteurs le sortirent de son char, le placèrent sur un autre de ses chars et l'emmenèrent à Jérusalem où il mourut. On l'ensevelit dans les tombeaux de ses pères. Tout Juda et Jérusalem prirent le deuil de Josias.

Jérémie composa une lamentation sur Josias. Tous les chanteurs et les chanteuses ont mentionné Josias dans leur lamentation jusqu'à ce jour. Et ses chants sont consignés dans les Lamentations.

Le reste des actions de Josias, ce qu'il a fait avec fidélité, conformément à ce qui est écrit dans la loi du Seigneur, ces actions donc, des premières aux dernières, voilà qu'elles sont écrites dans le livre des rois d'Israël et de Juda.

Les gens du pays prirent alors Yoakaz, fils de Josias. Ils le firent roi à la place de son père à Jérusalem. Yoakaz avait vingt-trois ans lorsqu'il devint roi et il régna trois mois à Jérusalem. Le roi d'Égypte le destitua à Jérusalem et il imposa au pays un tribut de cent talents d'argent et d'un talent d'or.

Le roi d'Égypte fit roi Éliakim, frère de Yoakaz, sur Juda et sur Jérusalem, et il changea son nom en celui de Yoakim. Quant à son frère Yoakaz, Nékao le prit et l'emmena en Égypte.

Yoakim avait vingt-cinq ans lorsqu'il devint roi et il régna onze ans à Jérusalem. Il fit ce qui est mal aux yeux du Seigneur son Dieu. Nabuchodonosor, roi de Babylone, monta contre lui et l'enchaîna d'une double chaîne de bronze pour l'emmener à Babylone. Nabuchodonosor emporta à Babylone une partie des objets de la maison du Seigneur et les déposa dans son palais à Babylone. Le reste des actions de Yoakim, les abominations qu'il commit et ce qui lui est arrivé, voici que cela est écrit dans le livre des rois d'Israël et de Juda. Son fils Jéconias régna à sa place.

Jéconias avait dix-huit ans lorsqu'il devint roi et il régna trois mois et dix jours à Jérusalem. Il fit ce qui est mal aux yeux du Seigneur. Au retour du printemps, le roi Nabuchodonosor l'envoya chercher et le fit emmener à Babylone avec les objets précieux de la maison du Seigneur, et il fit roi sur Juda et sur Jérusalem Sédécias, frère de Jéconias.

Sédécias avait vingt et un ans lorsqu'il devint roi et il régna onze ans à Jérusalem. Il fit ce qui est mal aux yeux du Seigneur son Dieu et ne s'humilia pas devant le prophète Jérémie qui parlait au nom du Seigneur. Il se révolta même contre le roi Nabuchodonosor qui lui avait fait prêter serment par Dieu. Il raidit sa nuque et endurcit son cœur plutôt que de revenir au Seigneur, Dieu d'Israël.

Tous les chefs des prêtres et du peuple multipliaient les infidélités en imitant toutes les abominations des nations païennes, et ils profanaient la maison que le Seigneur avait consacrée à Jérusalem. Le Seigneur, le Dieu de leurs pères, sans attendre et sans se lasser, leur envoyait des messagers, car il avait pitié de son peuple et de sa demeure. Mais eux tournaient en dérision les envoyés de Dieu, méprisaient ses paroles et se moquaient de ses prophètes. Finalement, il n'y eut plus de remède à la fureur grandissante du Seigneur contre son peuple.

Alors, le Seigneur fit monter contre eux le roi des Chaldéens qui tua par l'épée les jeunes gens à l'intérieur du sanctuaire et n'épargna ni le jeune homme, ni la jeune fille, ni le vieillard, ni l'infirme. Le Seigneur les livra tous entre ses mains. Tous les objets, grands ou petits, de la maison de Dieu, les trésors de la maison du Seigneur et les trésors du roi et de ses princes, Nabuchodonosor emporta tout cela à Babylone. Les Babyloniens brûlèrent la maison de Dieu, détruisirent le rempart de Jérusalem, incendièrent tous ses palais et réduisirent à rien tous leurs objets précieux. Nabuchodonosor déporta à Babylone ceux qui avaient échappé au massacre. Ils devinrent les esclaves du roi et de ses fils, jusqu'au temps de la domination des Perses.

Ainsi s'accomplit la parole du Seigneur proclamée par Jérémie : la terre sera dévastée et elle se reposera durant soixante-dix ans, jusqu'à ce qu'elle ait compensé par ce repos tous les sabbats profanés.

Or, la première année du règne de Cyrus, roi de Perse, pour que soit accomplie la parole du Seigneur proclamée par Jérémie, le Seigneur inspira Cyrus, roi de Perse, et celui-ci fit publier dans tout son royaume, et même consigner par écrit : « Ainsi parle Cyrus, roi de Perse : le Seigneur, le Dieu du ciel, m'a donné tous les royaumes de la terre, et il m'a chargé de lui bâtir une maison à Jérusalem en Juda. Quiconque parmi vous fait partie de son peuple, que le Seigneur son Dieu soit avec lui, et qu'il monte à Jérusalem. »

Commentaire

La bataille de Megiddo. Ah ! Bon, c'est pas comme si on n'en avait pas parlé dans le livre des Rois. Donc moi, je sais bien que c'est toujours difficile de faire un effort de mémoire, mais quand même ! J'ose espérer que ce que vous avez entendu, ça ne vous a pas surpris. Vous l'aviez en tête.

Cette bataille de Megiddo est incompréhensible. Qu'est-ce que Josias est venu faire dans cette bataille, à se mettre entre le marteau et l'enclume, à se mettre entre l'Égypte et l'Assyrie d'un côté et Babylone de l'autre ? Il y a quelque chose d'incompréhensible. On l'avait dit, on le redit. Au début, j'y voyais comme une certaine forme d'arrogance. Un roi qui se disait : « Ben, j'ai fait une belle réforme, donc Dieu va me donner la victoire à la guerre. » Mais ce n'est jamais tout à fait comme ça que ça se passe.

À la réflexion, vous vous souvenez de ce que je vous avais dit la dernière fois ? Le contraste entre ces cercles à Jérusalem qui faisaient réforme sur réforme, et le peuple qui refusait constamment la religion qu'on lui proposait. Et il y avait un problème qui n'était pas résolu. Et peut-être que la tâche du roi, la tâche du roi dans le livre des Chroniques, ce n'est pas d'abord de partir à la guerre, c'est d'organiser le culte et de rassembler son peuple. Peut-être que Josias, qui présente sur le papier tous les gages de la réussite et du grand réformateur, est peut-être celui qui a le plus raté sa réforme, qui n'a pas réussi à rassembler son peuple autour de Dieu. À preuve, ces autels païens qui poussaient, je vous avais dit, comme du chiendent partout. Là, il y a eu un défaut de discernement, une bravade. Il a tenté sa chance et ce n'est pas passé.

Et on l'avait dit, on le redit : de cette bataille de Megiddo, Juda ne se remettra jamais. Il perd son armée, il perd son indépendance nationale et devient le jouet tantôt d'un empire, l'Égypte, tantôt de l'autre, Babylone.

Finalement, il y a un premier exil. Et dans cet exil, c'est un roi qui est emmené en exil. Mais non seulement un roi, mais aussi une bonne partie de cette bureaucratie sacrée, probablement les meilleurs. Ce qui fait que tout est cassé. L'administration, ce sont les pires qui restent. Et on vous a parlé maintenant de ces prêtres qui ne suivaient pas la loi de Dieu.

Au total, la ruine de Jérusalem arrive sans qu'on ne sache très bien formellement pour quelle faute. On a plutôt le sentiment d'un ras-le-bol. C'était la goutte d'eau qui a fait déborder le vase. La terre était recouverte de péchés. C'était le sens de cette prophétie de Jérémie que, curieusement, on a insérée dans le livre des Chroniques, dans l'épisode que vous venez d'entendre. Verset 21 :

La terre sera dévastée et elle se reposera durant soixante-dix ans, jusqu'à ce qu'elle ait compensé par ce repos tous les sabbats profanés.

C'est le mal qui avait imprégné jusqu'au sol de Jérusalem. La terre n'en pouvait plus. Ce n'est même plus Dieu qui a rejeté ce peuple, c'est la terre elle-même qui l'a rejeté.

Petite parenthèse en passant : à cause des sabbats profanés, c'est ce qui vous expliquera, au temps de Jésus, pourquoi est-ce que le sabbat était devenu une question de sécurité nationale. Et Jésus, qui donnait l'impression de briser le sabbat, forcément, il y avait la police religieuse qui lui tombait dessus. On n'avait pas envie de retourner en exil.

Bon, en tout cas, maintenant, on arrive au dernier paragraphe du livre des Chroniques. Dans la bouche de Cyrus, un roi païen. C'est le deuxième roi païen qui prophétise dans ce chapitre. Le premier, c'était le roi d'Égypte : on disait que c'était le Seigneur qui parlait à travers sa bouche. Voilà maintenant que c'est un deuxième roi païen qui prophétise. Ça en dit long sur ce peuple, tellement dépravé que maintenant, Dieu est obligé de passer par d'autres moyens.

Toujours est-il que Cyrus dit :

Ainsi parle Cyrus, roi de Perse : le Seigneur, le Dieu du ciel, m'a donné tous les royaumes de la terre et il m'a chargé de lui bâtir une maison à Jérusalem en Juda.

C'est lui, maintenant, qui a repris le programme de David et de Salomon. Et c'est ainsi que s'achève le livre des Chroniques, sur cette ironie mordante, sur cette ironie cruelle : ce que le peuple d'Israël n'a pas réussi à faire, ce sera un roi païen qui le fera. C'était un cadeau qu'il lui faisait, de pouvoir construire une maison, mais il n'est pas lié à lui. Et si jamais ce peuple refuse de le construire, c'est quelqu'un d'autre qui le fera.

En attendant, on l'a dit et on l'a redit, mais vous avez vu tout au long de ce livre des Chroniques tous les déplacements que l'on a opérés. Préparer la théologie du temple, faire changer la figure du roi pour qu'il devienne quasiment à l'instar d'un pape, celui qui doit organiser le culte. On a parlé de cet essor de la bureaucratie sacrée. On a vu à travers chacun des rois comment est-ce que Dieu glissait, ça et là, des messages de réconfort pour le peuple le jour où il reviendrait.

Vous aviez dans le livre des Chroniques la théorie, ce que l'on appelle la théologie du temple. Maintenant, il s'agira de la réaliser. Ce sera après l'exil, les livres de Néhémie et d'Esdras, l'instauration d'une théocratie, d'un empire liturgique à Jérusalem. Est-ce qu'ils y arriveront ? Ça, on verra la suite au prochain épisode.

Proverbes 22,16-21

Oula, celui-là, faites attention.

Qui opprime le faible, le rend fort ; qui donne aux riches, ce n'est que pour le rendre pauvre.

Tends l'oreille et écoute les paroles des sages, que ton cœur s'attache à mon savoir. Tu prendras plaisir à garder en toi ces paroles, toutes prêtes à venir sur tes lèvres. Pour que ta confiance soit dans le Seigneur, je vais t'instruire aujourd'hui, toi aussi.

N'ai-je pas écrit pour toi trente chapitres pleins de conseils et de science, afin que tu reconnaisses la parole vraie, que tu fasses un rapport sûr à celui qui t'envoie ?


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