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Jour 336 ☼ — De la mort à la vie : libres en Christ

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Résumé : Le frère Paul-Adrien poursuit la lettre aux Romains et situe les chapitres 5 et 6 dans un « voyage dans le temps » : après le passé de la loi et le présent du Christ mort et ressuscité, voici le futur, c'est-à-dire les fruits de la justification par la foi. Le commentaire dégage trois temps : la paix et la réconciliation qui ouvrent le monde de la grâce, la comparaison entre Adam et Jésus qui fonde une humanité nouvelle solidaire dans la grâce, et le baptême comme mort au péché et résurrection dans une condition libre. Cette liberté n'est pas la porte ouverte à n'importe quoi : c'est une liberté pour faire le bien, un transfert de servitude du péché vers Dieu. L'épisode se termine par trois versets du livre des Proverbes sur la fortune et la partialité.

Introduction

Notre secours est dans le nom du Seigneur qui a fait le ciel et la terre.

Alors, la lettre aux Romains, ça vous plaît ? Ça se mérite, hein ? C'est chaud, c'est chaud bouillant. Mais je vous dis, il y a quelque chose de génial là-dedans. Et surtout, mes petits bichons, moi, je suis là pour vous aider. Donc, pas de panique : si jamais vous décrochez, je vous récupère dans les commentaires. Laissez-vous juste porter par la lecture.

En fait, pour l'instant, vous pouvez considérer qu'on est en train de faire une sorte de petit voyage dans le temps dans la lettre aux Romains. On aura commencé au passé, quand c'était le temps de la loi et que tout le monde s'est retrouvé pécheur, enfermé dans la culpabilité. Ensuite, on était dans les temps présents : c'était le maintenant du Christ qui est mort et qui est ressuscité, la justification par la foi, ce qui avait été préfiguré par Abraham. Et maintenant, on bascule vers le futur. Quels vont être les fruits de cette nouvelle alliance ? Une fois qu'on est justifié par la foi, ça donne quoi ? Ça, c'est ce qu'on appellera les fruits de l'Esprit Saint. Et on commence aujourd'hui sur ce thème-là.

Ça vous donne le passé, le présent, le futur. Bah, c'est toute une nouvelle vision du monde que la lettre aux Romains envisage.

Lecture : Romains 5

Nous, qui sommes donc devenus justes par la foi, nous voici en paix avec Dieu par notre Seigneur Jésus Christ, Lui qui nous a donné, par la foi, l'accès à cette grâce dans laquelle nous sommes établis, et nous mettons notre fierté dans l'espérance d'avoir part à la gloire de Dieu.

Bien plus, nous mettons notre fierté dans la détresse elle-même, puisque la détresse, nous le savons, produit la persévérance, la persévérance produit la vertu éprouvée, la vertu éprouvée produit l'espérance, et l'espérance ne déçoit pas, puisque l'amour de Dieu a été répandu dans nos cœurs par l'Esprit Saint qui nous a été donné.

Alors que nous n'étions encore capables de rien, le Christ, au temps fixé par Dieu, est mort pour les impies que nous étions. Accepter de mourir pour un homme juste, c'est déjà difficile ; peut-être quelqu'un s'exposerait-il à mourir pour un homme de bien. Or, la preuve que Dieu nous aime, c'est que le Christ est mort pour nous alors que nous étions encore pécheurs.

À plus forte raison, maintenant que le sang du Christ nous a fait devenir des justes, serons-nous sauvés par lui de la colère de Dieu. En effet, si nous avons été réconciliés avec Dieu par la mort de son Fils alors que nous étions ses ennemis, à plus forte raison, maintenant que nous sommes réconciliés, serons-nous sauvés en ayant part à sa vie. Bien plus, nous mettons notre fierté en Dieu, par notre Seigneur Jésus Christ, par qui, maintenant, nous avons reçu la réconciliation.

Ainsi, par un seul homme, le péché est entré dans le monde, et par le péché est venue la mort, et ainsi la mort est passée en tous les hommes, étant donné que tous ont péché.

Avant la loi de Moïse, le péché était déjà dans le monde, mais le péché ne peut être imputé à personne tant qu'il n'y a pas de loi. Pourtant, depuis Adam jusqu'à Moïse, la mort a établi son règne, même sur ceux qui n'avaient pas péché par une transgression semblable à celle d'Adam. Or, Adam préfigure celui qui devait venir.

Mais il n'en va pas du don gratuit comme de la faute. En effet, si la mort a frappé la multitude par la faute d'un seul, combien plus la grâce de Dieu s'est-elle répandue en abondance sur la multitude, cette grâce qui est donnée en un seul homme, Jésus Christ.

Le don de Dieu et les conséquences du péché d'un seul n'ont pas la même mesure non plus. D'un côté, en effet, pour la faute d'un seul, le jugement a conduit à la condamnation ; de l'autre côté, pour une multitude de fautes, le don gratuit de Dieu a conduit à la justification.

Si, en effet, à cause d'un seul homme, par la faute d'un seul, la mort a établi son règne, combien plus, à cause de Jésus Christ et de lui seul, règneront-ils dans la vie ceux qui reçoivent en abondance le don de sa grâce qui les rend justes.

Bref, de même que la faute commise par un seul a conduit tous les hommes à la condamnation, de même l'accomplissement de la justice par un seul a conduit tous les hommes à la justification qui donne la vie. En effet, de même que par la désobéissance d'un seul être humain la multitude a été rendue pécheresse, de même par l'obéissance d'un seul la multitude sera-t-elle rendue juste.

Quant à la loi de Moïse, elle est intervenue pour que se multiplie la faute ; mais là où le péché s'est multiplié, la grâce a surabondé. Ainsi donc, de même que le péché a établi son règne de mort, de même la grâce doit établir son règne en rendant juste pour la vie éternelle, par Jésus le Christ, notre Seigneur.

Lecture : Romains 6

Que dire alors ? Allons-nous demeurer dans le péché pour que la grâce se multiplie ? Pas du tout, puisque nous sommes morts au péché. Comment pourrions-nous vivre encore dans le péché ?

Ne le savez-vous pas ? Nous tous qui, par le baptême, avons été unis au Christ Jésus, c'est à sa mort que nous avons été unis par le baptême. Si donc, par le baptême qui nous unit à sa mort, nous avons été mis au tombeau avec lui, c'est pour que nous menions une vie nouvelle, nous aussi, comme le Christ qui, par la toute-puissance du Père, est ressuscité d'entre les morts. Car si nous avons été unis à lui par une mort qui ressemble à la sienne, nous le serons aussi par une résurrection qui ressemblera à la sienne.

Nous le savons : l'homme ancien qui est en nous a été fixé à la croix avec lui pour que le corps du péché soit réduit à rien et qu'ainsi nous ne soyons plus esclaves du péché. Car celui qui est mort est affranchi du péché. Et si nous sommes passés par la mort avec le Christ, nous croyons que nous vivrons aussi avec lui.

Nous le savons, en effet : ressuscité d'entre les morts, le Christ ne meurt plus ; la mort n'a plus de pouvoir sur lui. Car lui qui est mort, c'est au péché qu'il est mort une fois pour toutes ; et lui qui est vivant, c'est pour Dieu qu'il est vivant. De même, vous aussi, pensez que vous êtes morts au péché, mais vivants pour Dieu en Jésus Christ.

Que le péché ne règne donc plus dans vos corps mortels pour vous faire obéir à ses désirs. Ne présentez pas au péché les membres de votre corps comme des armes au service de l'injustice. Au contraire, présentez-vous à Dieu comme des vivants revenus d'entre les morts ; présentez à Dieu vos membres comme des armes au service de la justice. Car le péché n'aura plus de pouvoir sur vous : en effet, vous n'êtes plus sujets de la loi, vous êtes sujets de la grâce de Dieu.

Alors, puisque nous ne sommes pas soumis à la loi mais à la grâce, allons-nous commettre le péché ? Pas du tout. Ne le savez-vous pas ? Celui à qui vous vous présentez comme esclave pour lui obéir, c'est de celui-là à qui vous obéissez que vous êtes esclave : soit du péché, qui mène à la mort, soit de l'obéissance à Dieu, qui mène à la justice.

Mais rendons grâce à Dieu : vous qui étiez esclaves du péché, vous avez maintenant obéi de tout votre cœur au modèle présenté par l'enseignement qui vous a été transmis. Libérés du péché, vous êtes devenus esclaves de la justice.

J'emploie un langage humain adapté à votre faiblesse. Vous aviez mis les membres de votre corps au service de l'impureté et du désordre, ce qui mène au désordre ; de la même manière, mettez-les à présent au service de la justice, ce qui mène à la sainteté.

Quand vous étiez esclaves du péché, vous étiez libres par rapport aux exigences de la justice. Qu'avez-vous récolté alors à commettre des actes dont vous avez maintenant honte ? En effet, ces actes-là aboutissent à la mort. Mais maintenant que vous avez été libérés du péché et que vous êtes devenus les esclaves de Dieu, vous récoltez ce qui mène à la sainteté, et cela aboutit à la vie éternelle. Car le salaire du péché, c'est la mort ; mais le don gratuit de Dieu, c'est la vie éternelle dans le Christ Jésus, notre Seigneur.

Commentaire

L'accès à la vie nouvelle. On commence avec la première partie, le début du chapitre 5 : ce qu'apporte la justification. Citation :

Nous qui sommes donc devenus justes par la foi, nous voici en paix avec Dieu par notre Seigneur Jésus Christ.

Le premier fruit de la justification, c'est la paix. Cette paix est en lien avec la réconciliation : réconciliation avec nous-mêmes, avec Dieu et avec notre prochain. Réconciliation avec nous-mêmes, parce que, comme on a été pardonnés, on n'est plus tiraillés de l'intérieur par la culpabilité. Réconciliation avec Dieu, parce que Jésus a pris sur lui la colère de Dieu et que maintenant on peut accéder à Dieu en paix. Et réconciliation avec notre prochain, parce qu'en répandant l'amour dans nos cœurs, Dieu nous a rendus capables d'aimer notre prochain.

Ce que saint Paul vous dit concrètement, c'est que cette paix s'apparente à un monde nouveau auquel nous avons accès : le monde de la grâce. Ce monde de la grâce, c'est une nouvelle manière d'expérimenter la vie humaine. Tout va être rechristianisé.

Par exemple, de quoi sommes-nous fiers ? Avant, on était fiers de nous-mêmes et ça donnait l'arrogance. Et maintenant, on est fiers de Dieu, on est fiers de l'amour que Dieu a pour nous. Regardez : Dieu nous a aimés alors que nous étions, un, sans force ; deux, impies ; trois, pécheurs ; quatre, ennemis. Alors que nous n'étions capables de rien, sans force. Dieu est mort pour les impies, c'est-à-dire les rebelles. Le Christ est mort pour nous alors que nous étions encore pécheurs, c'est-à-dire qu'on commettait le mal. Et alors que nous étions ses ennemis : non seulement on faisait le mal, mais en plus on voulait, nous aussi, tuer Dieu.

Donc c'est un amour gratuit, qu'on ne méritait pas, et dans lequel il y a une pureté qui ne peut appartenir qu'à Dieu. Et c'est ça, c'est ce visage de Dieu que nous avons connu qui fait notre fierté. Nous sommes fiers de Dieu et c'est ce qui fait notre gloire. Parce que c'est cet amour dont nous sommes si fiers qui, par l'Esprit Saint, a été répandu dans notre cœur. Nous devenons, nous aussi, glorieux de la gloire de Dieu.

Bon, ça, c'est une première partie un peu générale. De là, le texte passait à une deuxième partie, sur Adam et Ève. On avait parlé d'Abraham, notre père dans la foi ; on parle maintenant d'un autre patriarche, Adam. Parce que comparer Adam et Jésus, ça permet de dire deux choses. Et de un : de la même manière qu'Adam était le premier homme, avec le Christ c'est une création nouvelle qui commence. Et de deux : de la même manière qu'avec Adam s'était mise en place une solidarité dans le péché, avec Jésus se met en place une nouvelle solidarité dans la grâce.

En fait, notre salut, ce n'est pas un salut individuel : c'est une nouvelle humanité qui commence avec Jésus. C'est une nouvelle condition humaine, non seulement pour nous, mais pour tous les hommes. C'est pour ça qu'on dit que Jésus est un nouvel Adam. La solidarité dans le mal et dans la mort qui marquait l'humanité depuis Adam a été remplacée par une nouvelle solidarité. Petite parenthèse : c'est exactement à partir de ce texte que s'est développée plus tard la doctrine du péché originel.

Alors, comment est-ce qu'on passe de cette première humanité caractérisée par le péché et la mort à cette deuxième humanité caractérisée par la grâce et le pardon ? Justement, c'est par le saut de la foi. Sauf qu'à ce moment-là, Paul va en profiter pour développer un nouvel aspect, qui est l'aspect sacramentel : le baptême.

Hop, troisième et dernière partie, sur le baptême. La grande allégorie du baptême, c'est que plonger quelqu'un dans les eaux, c'est symboliquement le faire mourir. On se rappelle d'Adam, par qui le péché est entré dans le monde ; là, maintenant, il s'agit de mourir au péché. Et quand on relève, quand on ressort la personne hors de l'eau dans le baptême, symboliquement, c'est la résurrection, l'entrée dans une nouvelle condition humaine, marquée par la liberté. Du coup, ça vous enlève la malédiction liée au péché originel et ça vous introduit dans ce monde de la grâce.

Il y a un mot nouveau qui va caractériser ce passage, c'est le mot de liberté. Est-ce que vous vous souvenez ? Je vous avais dit qu'un des stress de cette première communauté, c'est que si on enlevait la loi — on a vu qu'on ne l'enlevait pas, qu'on l'accomplissait —, mais leur grande crainte, c'était que si jamais on basculait de la loi au régime de la foi, c'était la porte ouverte à n'importe quoi.

Et ce que Paul va faire, c'est qu'il va redéfinir cette liberté qu'accorde le baptême en vous disant que c'est une liberté pour faire le bien. Vous étiez esclaves du péché et de la mort ; par le baptême, on a transféré cette servitude pour un nouveau maître, et là, maintenant, vous allez devenir esclaves de Dieu et du bien. La liberté humaine, c'est de pouvoir choisir le bien. Ça, c'est la liberté. Et de ce point de vue là, le baptême nous rend libres.

Proverbes 28,20-22

Un homme de confiance est comblé de bénédictions ; courir après la fortune n'a rien d'innocent.

Être partiel dans un jugement n'est jamais bon : pour une bouchée de pain, un homme s'en rend coupable.

L'envieux louche sur la fortune, sans voir que l'indigence s'abat sur lui.


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