La messe n'en lit qu'une partie. Le passage complet est dans la Crampon ou la Segond.
Seigneur, mon partage et ma coupe :
de toi dépend mon sort.
Je garde le Seigneur devant moi sans relâche ;
il est à ma droite : je suis inébranlable.
Mon cœur exulte, mon âme est en fête,
ma chair elle-même repose en confiance :
tu ne peux m’abandonner à la mort
ni laisser ton ami voir la corruption.
Tu m’apprends le chemin de la vie :
devant ta face, débordement de joie !
À ta droite, éternité de délices !
— Ps 15,5-11 —
Commentaire
Ce passage de Baruch médite sur l'exil comme conséquence de l'abandon de la Sagesse. La question « qui a découvert la demeure de la Sagesse ? » (3,15) reçoit une réponse stupéfiante : Dieu lui-même en a confié le chemin à Israël sous forme de Loi (4,1). Mais la tradition patristique lit ce texte christologiquement : « la Sagesse est apparue sur la terre, elle a vécu parmi les hommes » (3,38) est interprétée comme une prophétie de l'Incarnation. Origène (De Principiis, I,2) identifie cette Sagesse au Fils éternel, Verbe fait chair. Saint Irénée de Lyon (Adversus Haereses, IV,20) voit dans la révélation de la Sagesse à Israël une pédagogie divine préparant la pleine révélation en Christ. À la Vigile pascale, ce texte éclaire la résurrection comme triomphe définitif de la divine Sagesse sur la mort et le péché — la vraie « splendeur » (4,2) vers laquelle marchent les baptisés. L'exhortation finale « Reviens, Jacob, saisis-la de nouveau » résonne comme l'appel à la conversion qui précède le baptême : c'est en saisissant le Christ-Sagesse que le catéchumène « vivra » (4,1), passant de l'exil du péché à la patrie de la grâce.