Jour 321 ☼ — La foi qui fait marcher le monde
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Résumé : Après l'Ascension et la Pentecôte, l'action commence enfin : Pierre et Jean guérissent au nom de Jésus l'infirme de naissance installé à la Belle-Porte du Temple. Le miracle déclenche le discours de Pierre au peuple, puis la comparution devant le Sanhédrin, la première interdiction de prêcher et la prière d'audace de la communauté. Le commentaire souligne que cette première mission ne vient d'aucune stratégie mais de la compassion de Pierre, que la conversion demandée est un changement de vie obtenu par contraste et non par reproche, et que la persécution est aussitôt relue comme une preuve. Le vrai miracle de l'Esprit Saint reste la multitude qui n'a qu'un seul cœur et une seule âme.
Introduction
Notre secours est dans le nom du Seigneur, qui a fait le ciel et la terre. Après l'Ascension et la Pentecôte, il serait peut-être temps d'y aller. Eh bien, de fait, l'action commence. Bonne écoute.
Lecture : Actes des Apôtres 3-4
Pierre et Jean montaient au Temple pour la prière de l'après-midi, à la neuvième heure. On y amenait alors un homme, infirme de naissance, que l'on installait chaque jour à la porte du Temple appelée la Belle-Porte, pour qu'il demande l'aumône à ceux qui y entraient. Voyant Pierre et Jean qui allaient entrer dans le Temple, il leur demanda l'aumône. Alors Pierre, ainsi que Jean, fixa les yeux sur lui et lui dit : « Regarde-nous. » L'homme les observait, s'attendant à recevoir quelque chose de leur part. Pierre déclara : « De l'argent et de l'or, je n'en ai pas ; mais ce que j'ai, je te le donne : au nom de Jésus Christ le Nazaréen, lève-toi et marche. » Alors, le prenant par la main droite, il le releva, et à l'instant même ses pieds et ses chevilles s'affermirent. D'un bond il fut debout, et il marchait. Entrant avec eux dans le Temple, il marchait, bondissait et louait Dieu.
Et tout le peuple le vit marcher et louer Dieu. On le reconnaissait : c'était bien lui qui était assis à la Belle-Porte du Temple pour demander l'aumône. Et les gens étaient frappés de stupeur, désorientés devant ce qui lui était arrivé. Mais l'homme ne lâchait plus Pierre et Jean. Tout le peuple accourut vers eux, au portique dit de Salomon. Les gens étaient stupéfaits.
Voyant cela, Pierre interpella le peuple : « Hommes d'Israël, pourquoi vous étonner ? Pourquoi fixer les yeux sur nous, comme si c'était en vertu de notre puissance personnelle ou de notre piété que nous lui avons donné de marcher ? Le Dieu d'Abraham, d'Isaac et de Jacob, le Dieu de nos pères, a glorifié son serviteur Jésus, alors que vous, vous l'aviez livré, vous l'aviez renié en présence de Pilate, qui était décidé à le relâcher. Vous avez renié le Saint et le Juste, et vous avez demandé qu'on vous accorde la grâce d'un meurtrier. Vous avez tué le Prince de la vie, lui que Dieu a ressuscité d'entre les morts, nous en sommes témoins. Tout repose sur la foi dans le nom de Jésus Christ : c'est ce nom lui-même qui vient d'affermir cet homme que vous regardez et connaissez ; oui, la foi qui vient par Jésus, c'est elle qui l'a rétabli dans son intégrité physique, en présence de vous tous.
D'ailleurs, frères, je sais bien que vous avez agi dans l'ignorance, vous et vos chefs. Et Dieu a ainsi accompli ce qu'il avait d'avance annoncé par la bouche de tous les prophètes : que le Christ, son Messie, souffrirait. Convertissez-vous donc et tournez-vous vers Dieu pour que vos péchés soient effacés. Ainsi viendront les temps de la fraîcheur de la part du Seigneur, et il enverra le Christ Jésus, qui vous est destiné. Il faut en effet que le Ciel l'accueille jusqu'à l'époque où tout sera rétabli, comme Dieu l'a dit : “Le Seigneur votre Dieu suscitera pour vous, du milieu de vos frères, un prophète comme moi. Vous l'écouterez en tout ce qu'il vous dira. Quiconque n'écoutera pas ce prophète sera retranché du peuple.”
Tous les prophètes qui ont parlé depuis Samuel et ses successeurs, aussi nombreux furent-ils, ont annoncé les jours où nous sommes. C'est vous qui êtes les fils des prophètes et de l'alliance que Dieu a conclue avec vos pères, quand il disait à Abraham : “En ta descendance seront bénies toutes les familles de la terre.” C'est pour vous d'abord que Dieu a suscité son serviteur, et il l'a envoyé vous bénir, pourvu que chacun de vous se détourne de sa méchanceté. »
Le lendemain se réunirent à Jérusalem les chefs du peuple, les anciens et les scribes. Il y avait là Anne, le grand prêtre, Caïphe, Jean, Alexandre et tous ceux qui appartenaient aux familles des grands prêtres. Ils firent amener Pierre et Jean au milieu d'eux et les questionnèrent : « Par quelle puissance, par le nom de qui avez-vous fait cette guérison ? »
Alors Pierre, rempli de l'Esprit Saint, leur déclara : « Chefs du peuple et anciens, nous sommes interrogés aujourd'hui pour avoir fait du bien à un infirme, et l'on nous demande comment cet homme a été sauvé. Eh bien ! sachez-le donc, vous tous, ainsi que tout le peuple d'Israël : c'est par le nom de Jésus le Nazaréen, lui que vous avez crucifié et que Dieu a ressuscité d'entre les morts, c'est par lui que cet homme se trouve là devant vous, bien portant. Ce Jésus est la pierre méprisée de vous, les bâtisseurs, mais devenue la pierre d'angle. En nul autre que lui, il n'y a de salut, car, sous le ciel, aucun autre nom n'est donné aux hommes qui puisse nous sauver. »
Constatant l'assurance de Pierre et de Jean, et se rendant compte que c'étaient des hommes sans culture et de simples particuliers, ils étaient surpris. D'autre part, ils reconnaissaient en eux ceux qui étaient avec Jésus. Mais comme ils voyaient debout avec eux l'homme qui avait été guéri, ils ne trouvaient rien à redire.
Après leur avoir ordonné de quitter la salle du Conseil suprême, ils se mirent à discuter entre eux. Ils disaient : « Qu'allons-nous faire de ces gens-là ? Il est notoire, en effet, qu'ils ont opéré un miracle : cela fut manifeste pour tous les habitants de Jérusalem et nous ne pouvons pas le nier. Mais pour en limiter la diffusion dans le peuple, nous allons les menacer afin qu'ils ne parlent plus à personne en ce nom-là. »
Ayant rappelé Pierre et Jean, ils leur interdirent formellement de parler ou d'enseigner au nom de Jésus. Ceux-ci leur répliquèrent : « Est-il juste devant Dieu de vous écouter plutôt que d'écouter Dieu ? À vous de juger ! Quant à nous, il ne nous est pas possible de nous taire sur ce que nous avons vu et entendu. »
Après de nouvelles menaces, ils les relâchèrent, faute d'avoir trouvé le moyen de les punir : c'était à cause du peuple, car tout le peuple rendait gloire à Dieu pour ce qui était arrivé. En effet, l'homme qui avait bénéficié de ce miracle de guérison avait plus de quarante ans.
Lorsque Pierre et Jean eurent été relâchés, ils se rendirent auprès des leurs et rapportèrent tout ce que les grands prêtres et les anciens leur avaient dit. Après les avoir écoutés, tous, d'un même cœur, élevèrent leur voix vers Dieu, en disant : « Maître, toi qui as fait le ciel et la terre, la mer et tout ce qu'ils renferment, par l'Esprit Saint tu as mis dans la bouche de notre père David, ton serviteur, les paroles que voici : “Pourquoi ce tumulte des nations, ce vain murmure des peuples ? Les rois de la terre se sont dressés, les chefs se sont ligués entre eux contre le Seigneur et contre son Christ.” Et c'est vrai : dans cette ville, Hérode et Ponce Pilate, avec les nations et le peuple d'Israël, se sont ligués contre Jésus, ton saint, ton serviteur, le Christ à qui tu as donné l'onction. Ils ont fait tout ce que tu avais décidé d'avance dans ta puissance et selon ton dessein. Et maintenant, Seigneur, sois attentif à leurs menaces : donne à tous ceux qui te servent de dire ta parole avec une totale assurance, et étends donc ta main pour que se produisent guérisons, signes et prodiges par le nom de Jésus, ton saint, ton serviteur. »
Et quand ils eurent fini de prier, le lieu où ils étaient réunis se mit à trembler. Ils furent tous remplis du Saint-Esprit et ils disaient la parole de Dieu avec toute assurance.
La multitude de ceux qui étaient devenus croyants avait un seul cœur et une seule âme ; et personne ne disait que ses biens lui appartenaient en propre, mais ils avaient tout en commun. C'est avec une grande puissance que les Apôtres rendaient témoignage de la résurrection du Seigneur Jésus Christ, et une grâce abondante reposait sur eux tous. Aucun d'entre eux n'était dans l'indigence, car tous ceux qui étaient propriétaires de domaines ou de maisons les vendaient, et ils apportaient le montant de la vente pour le déposer aux pieds des Apôtres ; puis on le distribuait en fonction des besoins de chacun.
Il y avait un lévite originaire de Chypre, Joseph, surnommé Barnabé par les Apôtres, ce qui se traduit : « homme de réconfort ». Il vendit un champ qu'il possédait et en apporta l'argent, qu'il déposa aux pieds des Apôtres.
Commentaire
Je note que ce premier miracle, qui amène les premières conversions et la première persécution, ne correspond pas à un plan. Il n'a pas été pensé, ce n'est pas une stratégie missionnaire. Il découle simplement de la compassion de Pierre devant la détresse de cet indigent, et parce que Pierre ne peut rien faire, c'est là que Dieu prend le relais pour donner à sa compassion le moyen de s'exprimer. La mission, ici, commence par un sentiment de détresse et par une surabondance que Dieu a mise en nous et qui ne demande qu'à s'épancher. Ce qui vous rappelle que la mission, c'est d'abord l'expression de votre charité.
Tiens, d'ailleurs, regardez aussi cette charité à l'œuvre dans la manière dont saint Pierre s'exprime devant la foule. Ce qu'il leur demande, c'est de se convertir — non pas au sens de changer de religion, ce n'est pas d'abord ça la conversion, mais au sens de changer de vie, ce qui passe par la repentance. Cette repentance, Pierre l'obtient de la foule non pas en leur tirant sur les oreilles — ce qui, d'ailleurs, généralement marche assez peu — mais en contrastant leur vie et celle de Jésus. D'un côté, il y a Dieu qui donne sa vie pour nous ; de l'autre côté, il y a nous qui, par égoïsme, la gardons pour nous. Et c'est ce contraste-là qui, en fait, permet à la foule de prendre conscience de son péché et de demander pardon. Et paf, pris de regret, ils se convertissent.
Vous notez d'ailleurs, dans son discours, ce mot extraordinaire de « fraîcheur » qui désigne le bienfait que Jésus va apporter à vos âmes. C'est beau, ça. C'est beau de voir cette transformation morale, cette transformation missionnaire, cette transformation intellectuelle des apôtres, qui est en train de s'opérer sous nos yeux.
Bref, ils sont arrêtés, et là, le courage de Pierre qui s'exprime devant le Sanhédrin, qui avait crucifié Jésus :
En nul autre que lui, il n'y a de salut, car, sous le ciel, aucun autre nom n'est donné aux hommes qui puisse nous sauver.
Il n'y a que Jésus, c'est la puissance de son nom, et elle seule, qui est capable de sauver. On appelle ça l'exclusivisme. C'est toute la théologie de l'Église qui est en train de se mettre en place là.
Et d'ailleurs, vous voyez comment, de retour chez eux après s'être fait bastonner, ils réinterprètent la persécution dont ils sont les victimes en termes de preuve. Pour eux, la persécution, loin de les décourager, est le signe qu'ils sont rentrés dans les derniers temps et qu'ils sont du bon côté. D'ailleurs, tout de suite après, l'Esprit Saint fait encore plus de miracles : c'est bien la preuve.
Et le chapitre se termine par une mention de l'Église qui, décidément, épouse du Christ, n'a jamais été aussi belle :
La multitude de ceux qui étaient devenus croyants avait un seul cœur et une seule âme.
Il est là, encore une fois, le vrai miracle de l'Esprit Saint.