Jour 321 ☾ — Une espérance qui transforme tout
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Résumé : Le podcast change de rythme : à la lecture continue des Actes des Apôtres viennent s'ajouter les lettres du Nouveau Testament, pour voir à la fois ce que fait la première Église et ce qu'elle pense. Le frère Paul-Adrien commence par la première lettre de saint Pierre, dont il lit les chapitres 1 et 2 : renaissance pour une vivante espérance, épreuves qui purifient la foi, appel à la sainteté, et l'image des pierres vivantes bâtissant la demeure spirituelle. Le commentaire souligne le caractère quasi encyclique de cette lettre adressée à toutes les Églises d'Asie mineure, la place centrale de l'espérance — souvent oubliée entre la foi et la charité — et la doctrine du sacerdoce commun des baptisés, prêtres, prophètes et rois. L'épisode se termine par une prière pour devenir soi-même pierre vivante du temple de Dieu.
Introduction
Petit changement dans notre podcast « La Bible en un an ». On était jusqu'à présent dans une lecture continue des Actes des Apôtres et j'en avais besoin pour planter le décor, mais maintenant je vais continuer ma lecture des Actes des Apôtres en mettant en parallèle des lettres du Nouveau Testament. Vous allez voir, ça va vraiment enrichir notre manière de voir cette première Église. D'un côté, on va voir ce qu'ils font avec les Actes des Apôtres, et de l'autre côté, on va voir ce qu'ils pensent. En particulier, on va lire plusieurs petites lettres de plusieurs auteurs différents, ce qui va nous permettre de voir les différentes sensibilités qui traversaient cette première Église.
Et j'ai décidé de commencer avec les lettres de Pierre, parce que le personnage central de ces premiers chapitres dans les Actes des Apôtres, c'est Pierre, et il nous a laissé une lettre, la première de Pierre, que l'on va lire. Il ne l'a pas écrite exactement au tout début de l'Église, c'est une rédaction un peu plus tardive. On n'est même pas sûr que ce soit lui qui l'ait directement écrite, mais c'est probablement passé par un secrétaire. On apprendra plus tard, au chapitre 5, qu'il s'agit de Silvain. Ce qui pourrait expliquer la qualité du grec, qui est bien meilleur, avec un style très rhétorique, que ce qu'on pourrait attendre d'un simple pêcheur de Galilée.
Nous commençons avec les deux premiers chapitres.
Lecture : 1 Pierre 1-2
Pierre, apôtre de Jésus-Christ, à ceux qui sont choisis par Dieu, qui séjournent comme étrangers en diaspora, dans les régions du Pont, de Galatie, de Cappadoce, dans la province d'Asie et en Bithynie, qui sont désignés d'avance par Dieu le Père et sanctifiés par l'Esprit, pour entrer dans l'obéissance et pour être purifiés par le sang de Jésus-Christ. Que la grâce et la paix vous soient accordées en abondance.
Béni soit Dieu, le Père de notre Seigneur Jésus-Christ : dans sa grande miséricorde, il nous a fait renaître pour une vivante espérance, grâce à la résurrection de Jésus-Christ d'entre les morts, pour un héritage qui ne connaîtra ni corruption, ni souillure, ni flétrissure. Cet héritage vous est réservé dans les cieux, à vous que la puissance de Dieu garde par la foi, pour un salut prêt à se révéler dans les derniers temps.
Aussi, vous exultez de joie, même s'il faut que vous soyez affligés pour un peu de temps encore par toutes sortes d'épreuves. Elles vérifieront la valeur de votre foi, qui a bien plus de prix que l'or : cet or voué à disparaître est pourtant vérifié par le feu ; afin que votre foi reçoive louange, gloire et honneur quand se révélera Jésus-Christ, lui que vous aimez sans l'avoir vu ; en lui, sans le voir encore, vous mettez votre foi, vous exultez d'une joie inexprimable et remplie de gloire, car vous allez obtenir le salut des âmes, qui est l'aboutissement de votre foi.
Sur le salut, les prophètes ont fait porter leurs interrogations et leurs recherches, eux qui ont prophétisé pour annoncer la grâce qui vous est destinée. Ils cherchaient en quel temps, et en quelle situation, et en quelles circonstances voulait indiquer l'Esprit du Christ présent en eux, quand il attestait par avance les souffrances du Christ et la gloire qui s'ensuivrait. Il leur fut révélé que ce n'était pas pour eux-mêmes, mais pour vous, qu'ils étaient au service de ce message, annoncé maintenant par ceux qui vous ont évangélisés dans l'Esprit Saint envoyé du ciel. Et même des anges désirent se pencher pour scruter ce message.
C'est pourquoi, après avoir disposé votre intelligence pour le service, restez sobres. Mettez toute votre espérance dans la grâce que vous apporte la révélation de Jésus-Christ. Comme des enfants qui obéissent, cessez de vous conformer aux convoitises d'autrefois, quand vous étiez dans l'ignorance, mais à l'exemple du Dieu saint qui vous a appelés, devenez saints, vous aussi, dans toute votre conduite, puisqu'il est écrit : « Vous serez saints, car moi, je suis saint. »
Si vous invoquez comme Père celui qui juge impartialement chacun selon son œuvre, vivez donc dans la crainte de Dieu pendant le temps où vous résidez ici-bas en étranger. Vous le savez : ce n'est pas par des biens corruptibles, l'or ou l'argent, que vous avez été rachetés de la conduite superficielle héritée de vos pères, mais c'est par un sang précieux, celui d'un agneau sans défaut et sans tache, le Christ. Dès avant la fondation du monde, Dieu l'avait désigné d'avance, et il l'a manifesté à la fin des temps à cause de vous. C'est bien par lui que vous croyez en Dieu, qui l'a ressuscité d'entre les morts et qui lui a donné la gloire ; c'est ainsi que vous mettez votre foi et votre espérance en Dieu.
En obéissant à la vérité, vous avez purifié vos âmes pour vous aimer sincèrement comme des frères. Aussi, d'un cœur pur, aimez-vous intensément les uns les autres, car Dieu vous a fait renaître, non pas d'une semence périssable, mais d'une semence impérissable : sa parole vivante qui demeure. C'est pourquoi il est écrit : « Toute chair est comme l'herbe, toute sa gloire comme la fleur des champs ; l'herbe se dessèche et la fleur tombe, mais la parole du Seigneur demeure pour toujours. » Or, cette parole, c'est celle de la bonne nouvelle qui vous a été annoncée.
Rejetez donc toute méchanceté, toute ruse, les hypocrisies, les jalousies et toutes les médisances. Comme des enfants nouveau-nés, soyez avides du lait non dénaturé de la parole, qui vous fera grandir pour arriver au salut, puisque vous avez goûté combien le Seigneur est bon.
Approchez-vous de lui : il est la pierre vivante, rejetée par les hommes, mais choisie et précieuse devant Dieu. Vous aussi, comme des pierres vivantes, entrez dans la construction de la demeure spirituelle, pour devenir le sacerdoce saint et présenter des sacrifices spirituels agréables à Dieu, par Jésus-Christ. En effet, il y a ceci dans l'Écriture : « Je vais poser en Sion une pierre angulaire, une pierre choisie, précieuse ; celui qui met en elle sa foi ne saurait connaître la honte. »
Ainsi donc, honneur à vous les croyants ; mais pour ceux qui refusent de croire, il est écrit : « La pierre qu'ont rejetée les bâtisseurs est devenue la pierre d'angle », « une pierre d'achoppement, un rocher sur lequel on trébuche ». Ils achoppent, ceux qui refusent d'obéir à la parole, et c'est bien ce qui devait leur arriver.
Mais vous, vous êtes une descendance choisie, un sacerdoce royal, une nation sainte, un peuple destiné au salut, pour que vous annonciez les merveilles de celui qui vous a appelés des ténèbres à son admirable lumière. Autrefois, vous n'étiez pas un peuple, mais maintenant vous êtes le peuple de Dieu. Vous n'aviez pas obtenu miséricorde, mais maintenant vous avez obtenu miséricorde.
Bien-aimés, puisque vous êtes comme des étrangers résidents ou de passage, je vous exhorte à vous abstenir des convoitises nées de la chair, qui combattent contre l'âme. Ayez une belle conduite parmi les gens des nations. Ainsi, sur le point même où ils disent du mal de vous en vous traitant de malfaiteurs, ils ouvriront les yeux devant vos belles actions et rendront gloire à Dieu le jour de sa visite.
Soyez soumis à toute institution humaine à cause du Seigneur : soit à l'empereur, qui est le souverain, soit aux gouverneurs, qui sont ses délégués pour punir les malfaiteurs et reconnaître les mérites des gens bien. Car la volonté de Dieu, c'est qu'en faisant le bien vous fermiez la bouche aux insensés qui parlent sans savoir. Soyez des hommes libres, sans toutefois utiliser la liberté pour voiler votre méchanceté, mais soyez plutôt les esclaves de Dieu. Honorez tout le monde, aimez la communauté des frères, craignez Dieu, honorez l'empereur.
Vous, les domestiques, soyez soumis en tout respect à vos maîtres, non seulement à ceux qui sont bons et bienveillants, mais aussi à ceux qui sont difficiles. En effet, c'est une grâce de supporter, par motif de conscience devant Dieu, des peines que l'on souffre injustement. En effet, si vous supportez des coups pour avoir commis une faute, quel honneur en attendre ? Mais si vous supportez la souffrance pour avoir fait le bien, c'est une grâce aux yeux de Dieu.
Et c'est bien à cela que vous avez été appelés, car c'est pour vous que le Christ, lui aussi, a souffert : il vous a laissé un modèle afin que vous suiviez ses traces. Lui n'a pas commis de péché ; dans sa bouche, on n'a pas trouvé de mensonge. Insulté, il ne rendait pas l'insulte ; dans la souffrance, il ne menaçait pas, mais il s'abandonnait à celui qui juge avec justice. Lui-même a porté nos péchés dans son corps, sur le bois, afin que, morts à nos péchés, nous vivions pour la justice. Par ses blessures, nous sommes guéris. Car vous étiez errants comme des brebis ; mais à présent, vous êtes retournés vers votre berger, le gardien de vos âmes.
Commentaire
Deux petites choses dans la manière dont cette lettre commence. D'abord, Pierre s'adresse aux chrétiens comme étant ceux qui sont dans la diaspora. Il nous présente la vie chrétienne comme un pèlerinage : nous sommes en étranger sur la terre, en route vers notre cité céleste.
Et deuxième chose, il énumère toutes les Églises qui sont en train de se fonder en Asie mineure. Alors, dans les Actes des Apôtres, on n'en est pas encore là, mais ça va venir très vite : la région du Pont, de Galatie, de Cappadoce, de l'Asie, de la Bithynie, bref, toutes les premières Églises. Ce qui donne à cette lettre de Pierre un caractère assez particulier. Je pense, quitte à utiliser un anachronisme, je pense qu'on peut parler d'une lettre encyclique. Les lettres encycliques, ce sont des lettres que le pape écrit à destination de l'Église entière. Encyclique, c'est-à-dire qui fait le tour de la terre. On a l'habitude des encycliques de Jean-Paul II, de Benoît XVI, du pape François, et de celles de Léon XIV qui vont venir. La toute première encyclique, c'était peut-être cette lettre de Pierre que nous sommes en train de lire.
Un premier fil rouge que vous aurez entendu sur ces deux premiers chapitres est la notion d'espérance.
Béni soit Dieu, qui nous a fait renaître pour une espérance nouvelle par la résurrection de Jésus-Christ d'entre les morts.
Et c'est beau parce que, vous savez, quand on parle de la religion chrétienne, on parle souvent de la foi et on parle souvent de la charité, et on oublie un peu l'espérance. Et pourtant, c'est cette espérance qui nous fait dire que notre vie a un but, et qui fait dire que les persécutions, les difficultés qu'on vit ont un sens aussi. Quand Pierre vous dit que ces épreuves vous permettent de purifier votre foi, ça vous permet d'intégrer ces épreuves dans le récit de votre vie. C'est pas rien. Ça n'enlève pas la difficulté, hein, on est d'accord. Mais n'empêche qu'on a l'espérance qu'elles servent à quelque chose. Et toujours, cette espérance nous permet de voir par-delà, le trésor incorruptible qui nous attend dans le ciel. Eh bien, ça change la lumière de votre vie.
L'autre thème, c'est la manière dont Pierre est en train de parler de l'Église qui est en train de se mettre en place. Vous voyez, par exemple, quand il vous parle de pierres vivantes — c'était les versets 4 à 7 — pour montrer comment le peuple des chrétiens devient un sacerdoce saint.
Alors, petite pause. Quand je vous dis que le peuple des chrétiens est en train de devenir un sacerdoce saint, je pense que j'ai perdu tout le monde. Pourtant, c'est hyper important. Sacerdoce veut dire prêtre : ça veut dire que le peuple chrétien est un peuple de prêtres, ce qui veut dire que chacun d'entre nous est prêtre. Ça, c'est ce qu'on appelle le sacerdoce commun. Tous les chrétiens sont appelés à être prêtre, prophète et roi, ce que l'on dit d'ailleurs dans la liturgie du baptême. Prêtre parce qu'ils sont appelés à offrir leur vie, prophète parce qu'ils sont appelés à témoigner de l'Évangile, et roi parce qu'ils sont appelés à régner en s'occupant de ceux qui sont dans le besoin.
Alors, tout ceci n'empêche pas, à côté, l'existence d'un sacerdoce institué, qui, lui, reprend de manière symbolique et sacramentaire le sacrifice du Christ ; mais le prêtre, le prêtre que je suis, offre le sacrifice du Christ pour que vous puissiez lui unir votre propre sacrifice. Donc, ne sous-estimons pas l'importance de la lettre que vous êtes en train de lire.
Nous terminons par une prière.
Prière
Au nom du Père, et du Fils, et du Saint-Esprit. Amen.
Seigneur, donne-moi de t'offrir ma vie. Donne-moi de prêcher l'Évangile. Donne-moi de servir les pauvres. Et c'est ainsi que je serai une pierre vivante dans le sanctuaire de Dieu, dans son temple saint, et que je deviendrai membre du corps du Christ.
Seigneur, donne-moi cette espérance qui me fera exulter avec les anges, en contemplant ta face et en voyant le Père de toute bénédiction.
Seigneur, donne-moi, à travers les épreuves que je subis, de voir la gloire à laquelle je suis appelé.
Seigneur, c'est toi qui m'as choisi. C'est toi qui veilles sur moi.