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Jour 342 ☾ — L'Esprit qui écrit dans nos cœurs

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Résumé : Deuxième épisode de la journée, en parallèle des Actes des Apôtres : le frère Paul-Adrien lit la grande section de 2 Corinthiens 2,14 à 5,5, où Paul, en difficulté avec la communauté de Corinthe, se justifie et dit à cœur ouvert ce qu'est la vie d'un apôtre. Le commentaire éclaire l'image du cortège triomphal — Paul se comparant à un captif de guerre promené par le Christ comme un parfum d'agréable odeur —, le refus des lettres de recommandation au profit d'une lettre gravée par l'Esprit dans les cœurs, et l'opposition entre la lettre qui tue et l'Esprit qui vivifie. Paul se décrit enfin comme un vase d'argile pressé de toutes parts, portant la mort de Jésus pour que la vie de Jésus soit manifestée. Le frère souligne que Paul est le premier à avoir vécu, dit et théorisé tout ce que nous entendons d'homélie en homélie.

Introduction

Dans le premier épisode de cette journée, on est retourné sur les Actes des Apôtres. Dans le deuxième épisode, on continue en parallèle nos lectures de Paul. Parce qu'on a peut-être eu la masterclass de la lettre aux Romains, de la première aux Corinthiens, mais enfin, il y a aussi d'autres lettres à lire. Et en ce moment, on est dans la deuxième lettre aux Corinthiens.

Vous vous souvenez ? Ça se passe plus ou moins bien. Ça se passe même d'ailleurs carrément mal avec les Corinthiens. Paul est obligé de se justifier. Et là, il va vous parler à cœur ouvert. Il va vous dire c'est quoi la vie d'un apôtre, parce qu'il n'arrête pas de s'en prendre plein la figure. Il va dire : « Écoutez, moi, j'en ai ras-le-bol. Voilà ce que moi, je vis, en fait. » Et là, c'est pareil, on arrive à des hauteurs, on se tait, on écoute.

Lecture : 2 Corinthiens 2,14-17

Rendons grâce à Dieu qui nous entraîne sans cesse en son cortège triomphal dans le Christ, et qui répand par nous, en tout lieu, le parfum de sa connaissance.

Car nous sommes pour Dieu la bonne odeur du Christ, parmi ceux qui accueillent le salut comme parmi ceux qui vont à leur perte. Pour les uns, c'est un parfum de mort qui conduit à la mort, pour les autres, un parfum de vie qui conduit à la vie. Et qui donc est capable de cela ?

En effet, nous ne sommes pas comme tous ces gens qui sont des trafiquants de la parole de Dieu. Au contraire, c'est avec sincérité, c'est de la part de Dieu et devant Dieu que, dans le Christ, nous parlons.

Lecture : 2 Corinthiens 3

Sommes-nous une fois de plus en train de nous recommander nous-mêmes ? Ou alors avons-nous besoin, comme certains, de lettres de recommandation qu'il faudrait vous présenter ou obtenir de vous ?

Mais notre lettre de recommandation, c'est vous. Elle est écrite dans nos cœurs, et tout le monde peut en avoir connaissance et la lire. De toute évidence, vous êtes cette lettre du Christ produite par notre ministère, écrite non pas avec de l'encre, mais avec l'Esprit du Dieu vivant, non pas comme la loi sur des tables de pierre, mais sur des tables de chair, sur vos cœurs.

Et si nous avons une telle confiance en Dieu par le Christ, ce n'est pas à cause d'une capacité personnelle que nous pourrions nous attribuer. Notre capacité vient de Dieu. Lui nous a rendus capables d'être les ministres d'une alliance nouvelle, fondée non pas sur la lettre, mais dans l'Esprit. Car la lettre tue, mais l'Esprit fait vivre.

Le ministère de la mort, celui de la loi gravé en des lettres sur des pierres, avait déjà une telle gloire que les fils d'Israël ne pouvaient pas fixer le visage de Moïse, à cause de la gloire, pourtant passagère, qui rayonnait de son visage. Combien plus grande alors sera la gloire du ministère de l'Esprit !

Le ministère qui entraînait la condamnation, celui de la loi, était déjà rayonnant de gloire. Combien plus grande encore sera la gloire du ministère qui fait de nous des justes ! Non, vraiment, ce qui, dans une certaine mesure, a été glorieux ne l'est plus, parce qu'il y a maintenant une gloire incomparable. Si, en effet, ce qui était passager a connu un moment de gloire, combien plus ce qui demeure restera-t-il dans la gloire !

Et puisque nous avons une telle espérance, c'est avec une grande assurance que nous nous comportons. Nous ne sommes pas comme Moïse qui mettait un voile sur son visage pour empêcher les fils d'Israël de voir la fin de ces rayonnements passagers. Mais leurs pensées se sont endurcies. Jusqu'à ce jour, en effet, le même voile demeure quand on lit l'Ancien Testament. Il n'en est pas retiré, car c'est dans le Christ qu'il disparaît. Et aujourd'hui encore, quand les fils d'Israël lisent les livres de la loi, un voile couvre leur cœur.

Quand on se convertit au Seigneur, le voile est enlevé. Or, le Seigneur, c'est l'Esprit. Et là où l'Esprit du Seigneur est présent, là est la liberté. Et nous tous qui n'avons pas de voile sur le visage, nous reflétons la gloire du Seigneur, et nous sommes transformés en son image, avec une gloire de plus en plus grande, par l'action du Seigneur qui est Esprit.

Lecture : 2 Corinthiens 4

C'est pourquoi, ayant reçu ce ministère par la miséricorde de Dieu, nous ne perdons pas courage. Nous avons rejeté toute dissimulation honteuse, nous n'agissons pas avec ruse, et nous ne falsifions pas la parole de Dieu. Au contraire, nous manifestons la vérité, et ainsi nous nous recommandons nous-mêmes à toute conscience humaine devant Dieu.

Et même si l'Évangile que nous vous annonçons reste voilé, il n'est voilé que pour ceux qui vont à leur perte, pour les incrédules dont l'intelligence a été aveuglée par le dieu mauvais de ce monde. Celui-ci les empêche de voir clairement, dans la splendeur de l'Évangile, la gloire du Christ, lui qui est l'image de Dieu.

En effet, ce que nous proclamons, ce n'est pas nous-mêmes, c'est ceci : Jésus Christ est le Seigneur, et nous sommes vos serviteurs à cause de Jésus. Car Dieu, qui a dit : « Du milieu des ténèbres brillera la lumière », a lui-même brillé dans nos cœurs pour faire resplendir la connaissance de sa gloire qui rayonne sur le visage du Christ.

Mais ce trésor, nous le portons comme dans des vases d'argile, ainsi on voit bien que cette puissance extraordinaire appartient à Dieu et ne vient pas de nous-mêmes.

En toutes circonstances, nous sommes dans la détresse, mais sans être angoissés. Nous sommes déconcertés, mais non désemparés. Nous sommes pourchassés, mais non pas abandonnés ; terrassés, mais non pas anéantis.

Toujours nous portons dans notre corps la mort de Jésus, afin que la vie de Jésus, elle aussi, soit manifestée dans notre corps. En effet, nous les vivants, nous sommes continuellement livrés à la mort à cause de Jésus, afin que la vie de Jésus, elle aussi, soit manifestée dans notre condition charnelle vouée à la mort. Ainsi la mort fait son œuvre en nous, et la vie en vous.

L'Écriture dit : « J'ai cru, et c'est pourquoi j'ai parlé. » Et nous aussi, qui avons le même esprit de foi, nous croyons, et c'est pourquoi nous parlons. Car nous le savons : celui qui a ressuscité le Seigneur Jésus nous ressuscitera nous aussi avec Jésus, et il nous placera près de lui, avec vous. Et tout cela, c'est pour vous, afin que la grâce, plus largement répandue dans un plus grand nombre, fasse abonder l'action de grâce pour la gloire de Dieu.

C'est pourquoi nous ne perdons pas courage. Et même si, en nous, l'homme extérieur va vers sa ruine, l'homme intérieur, lui, se renouvelle de jour en jour. Car notre détresse du moment présent est légère par rapport au poids vraiment incomparable de gloire éternelle qu'elle produit pour nous. Et notre regard ne s'attache pas à ce qui se voit, mais à ce qui ne se voit pas. Ce qui se voit est provisoire, mais ce qui ne se voit pas est éternel.

Lecture : 2 Corinthiens 5,1-5

Nous le savons, en effet : même si notre corps, cette tente qui est notre demeure sur la terre, est détruit, nous avons un édifice construit par Dieu, une demeure éternelle dans les cieux qui n'est pas l'œuvre des hommes.

En effet, actuellement nous gémissons dans l'ardent désir de revêtir notre demeure céleste par-dessus l'autre, si toutefois le Seigneur ne doit pas nous trouver dévêtus, mais vêtus de notre corps.

En effet, nous qui sommes dans cette tente, nous sommes accablés et nous gémissons, car nous ne voudrions pas nous dévêtir, mais revêtir un vêtement par-dessus l'autre, pour que notre être mortel soit absorbé par la vie.

C'est lui qui nous a formés pour cela même, c'est Dieu, lui qui nous a donné l'Esprit comme première avance sur ses dons.

Commentaire

Ça marche très bien d'écouter en parallèle les Actes des Apôtres, où vous avez saint Paul, sa vie, son œuvre, et puis la deuxième lettre aux Corinthiens, où vous avez le côté « inside ».

L'image par laquelle on ouvrait cette section, c'était Paul qui vous disait qu'il était comme entraîné par le cortège triomphal du Christ, qui le promenait à travers les rues des villes, les rues de Corinthe, comme un parfum d'agréable odeur. Alors, le cortège triomphal, tout le monde trouve ça extraordinaire, sauf qu'à l'époque de saint Paul, dans la Rome antique, les cortèges triomphaux, c'est quand les généraux vainqueurs promenaient les captifs de guerre enchaînés à travers les rues d'une ville. Saint Paul, ici, se compare à un esclave, à un butin de guerre, que le Christ emmène avec lui dans son triomphe.

C'est à la fois très bizarre et magnifique. Parce que ça, en fait, saint Paul vous dit que c'est la manière dont il conçoit son apostolat, que c'est ce qui fait sa gloire : être entraîné comme un captif. Il est devenu comme la bonne odeur du Christ, une bonne odeur ambivalente, parce qu'elle est vie pour ceux qui croient, mort pour ceux qui refusent de croire. Bon, ça, c'était l'introduction générale : moi, Paul, apôtre, voilà comment je vis mon apostolat.

Ensuite, on arrivait sur : qui est apôtre ? Est-ce qu'il faut des lettres de créance, des lettres de recommandation ? Parce que les Corinthiens — on a dit que ça se passait mal avec Paul, ils ne voulaient plus de lui — du coup, ils disent à Paul : « Tu veux venir chez nous ? Très bien, montre-nous tes lettres de recommandation. » Paul, il est censé avoir ses lettres. Après tout, il avait quand même été envoyé par le concile de Jérusalem. Sauf qu'il refuse.

OK, quand vous êtes une communauté déjà existante et que vous voyez quelqu'un venir à vous, vous lui demandez d'où il vient. Mais l'église de Corinthe, ce n'est pas comme si ce n'était pas Paul qui l'avait fondée. C'est comme si vous aviez des enfants qui allaient voir leur père pour lui dire : « Prouve-moi que tu es bien mon père. » Bravo, merci la confiance.

Paul refuse de rentrer dans des logiques administratives. Il dit :

Vous êtes vous-mêmes notre lettre, écrite dans nos cœurs, connue et lue par tous les hommes.

Ce qui veut dire que la preuve de son ministère, ce n'est pas une attestation bureaucratique, c'est son petit cœur à lui, Paul. Et si jamais ils veulent vraiment une lettre, ils n'ont qu'à lire dans son cœur à lui, Paul. Parce que ce n'est pas comme s'il n'était pas en train de le mettre à nu devant eux.

Et là, Paul approfondit l'image pour expliquer que cette lettre qui a été gravée dans son cœur, c'est l'Esprit. C'est l'Esprit Saint lui-même qui l'a gravée. Et ça permet à Paul d'avoir une des plus belles phrases pour caractériser la Nouvelle Alliance :

Il nous a rendus capables d'être ministres d'une alliance nouvelle, non de la lettre, mais de l'Esprit, car la lettre tue, mais l'Esprit vivifie.

Et ce qu'il dit, c'est que lui, ministre de la Nouvelle Alliance, son but à lui, Paul, c'est de transfigurer les Corinthiens :

Nous tous qui, le visage découvert, reflétons comme un miroir la gloire du Seigneur, nous sommes transformés en la même image, de gloire en gloire, comme par le Seigneur qui est Esprit.

Et de là, maintenant, Paul revient sur lui. Il va se comparer à un vase d'argile pressé de toutes parts, pour bien montrer qu'à travers lui, c'est le Christ qui vit :

Nous portons toujours dans notre corps la mort de Jésus, afin que la vie de Jésus soit aussi manifestée dans notre corps.

Donc là, Paul est en train de leur dire : « Si jamais je ne ressemble pas à grand-chose, si jamais je passe par toutes sortes d'épreuves, c'est peut-être aussi la preuve que je vis dans ma chair ce qu'a vécu Jésus. » Et Paul continue en leur disant : « Maintenant, ne soyez pas dupes, parce que mon corps est peut-être en train de se corrompre, j'ai bien compris que pour vous je ne ressemblais pas à grand-chose ; mais à l'intérieur de moi, ça, c'est autre chose. Il y a une puissance de résurrection, il y a une puissance de vie, mais vous n'imaginez même pas. »

Eh bien là, Paul vient de vous parler de tout ce qu'était être un pasteur chrétien, un ministre de l'Évangile. C'est vivre son ministère comme une liturgie pour glorifier le Christ, être sa bonne odeur. C'est porter le souci des églises et des gens comme une lettre gravée sur son cœur. C'est vouloir proposer une nouvelle alliance qui n'enferme pas dans les règles de la Torah, mais qui ouvre à la liberté, et celle du Christ. C'est proposer aux hommes à qui on parle de l'Évangile de les glorifier, de les renouveler. Et c'est vivre soi-même ses propres tribulations comme un gage de la vie éternelle à venir.

Et ça, évidemment, vous, il n'y a plus rien qui vous choque, il n'y a plus rien qui vous surprend là-dedans, parce que la vérité, c'est qu'on est blasés : on entend ça toujours, d'homélie en homélie. Mais n'empêche que le premier à l'avoir dit, le premier à l'avoir vécu, le premier à l'avoir théorisé, c'est Paul, et c'est ce que vous venez d'entendre. Eh bien moi, je dis que celui qui fait mieux s'avance, et on verra.

Au nom du Père, et du Fils, et du Saint-Esprit. Amen.

Prière

Seigneur, toi qui as écrit ton Évangile non sur des pierres, mais dans mon cœur, fais de ma vie une lettre vivante. Que ton Esprit soit mon encre, que mes gestes reflètent ta gloire, et que, de gloire en gloire, je sois transformé à ton image.

Ne permets pas que je cherche des garanties humaines, mais que je trouve ma confiance dans ton Oui, dans ton Amen fidèle, et dans l'Esprit qui vivifie.


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